22.06.2008
How ?

Comment écrire, sans train ?
Comment dire le tout et le rien ?
Plus de rails ni de ciel changeant,
et les panneaux et les poteaux
emmêlés de fils plus ou moins électriques
câbles noirs, torsadés ou lisses
souvent crasseux, presque abandonnés.
Oubliée la chevauchée fantastique,
en trois – quatre leçons, vers le célèbre
Terminal de Santo Lazaro ?
Cette galopade raillesque
qu’on pourrait prendre pour une galipade.
Cette course vers là-bas,
la ville qui nous attend
pour mieux nous avaler, nous digérer
dans le souterrain de ses entrailles,
le serrement de la foule
qui tangue, hésite et avance
dans le silence bruyant d’un matin ordinaire
bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.
Pourtant La Seine était verte et bleue
comme une mer de bonne humeur.
Elle était haute et caressait les berges
de son clapot incessant
soulevé par la caresse du vent.
Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,
vous me direz : normal, c’est le cœur !
mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?
Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,
d’utiliser une position préférentielle
pour illuminer les hauteurs de Paris,
tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,
des bourgeois du dimanche déguisés en
castro-communistes, défilent sous la pluie…
Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien
que ça tombe sur quelqu’un !
Jeudi 1er mal 2008 – 18h28
10:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.06.2008
Suissesse

Edwatd Hopper, 1938, Compartement C, Car 293
On train.
Une vengeance sur la vie,
sur les femmes que j’aime
et qui ne m’aiment plus.
Le plaisir sans partage
d’inviter dans ma vie
de nouveaux auteurs,
désirés, attendus,
depuis plusieurs semaines, déjà.
Une Suissesse,
Annemarie Schwarzenbach,
pour La mort en Perse,
du grand mythe
pour une authentique
figure de femme
de l’entre deux guerres.
Tragique, comme souvent
les destins de cette époque.
Elle aurait pu connaître Virginia,
la croiser en Grèce, en Italie
ou dans le Sud de la France.
Elle est morte en 1942,
un an après Madame Woolf,
mais elle était plus jeune que Virginia,
l’écrivaine suisse n’avait que 34 ans.
Elle avait beaucoup de talents,
archéologue et photographe
pour dessiner le récit
d’un voyage intérieur,
à l’infini de nous.
Jeudi 19 juin 2008 – 18h20
23:27 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.06.2008
Les mots, l’écrivain et la vie

Ce soir, les mots chantaient. Amy illuminait
le Porchester Hall de Londres, c’était en mars 2007.
Le 29 aout, Elle sera à Saint Cloud, avec nous.
Virginia parlait à la radio :
« Vu que les mots résistent aux incessantes altérations
dues au temps plus que toute autre substance,
c’est donc qu’ils contiennent le plus de vérité. »
Qui mieux qu’elle, dans ces siècles passés,
pourrait mieux en parler. Elle qui est immortelle
et qui pour moi n’a jamais été aussi vivante.
Virginia parlait des mots :
« Les mots, si on les emploie correctement,
semblent capables de vivre toujours. »
Virginia tu me manques tellement,
Virginia, j’ai envie de te voir,
de respirer l’écho de ton esprit en mouvement,
de sentir la présence de ton corps de femme.
J’aime quand tu parles trop vite,
je ne comprends rien et je m’amuse
de ton regard surpris, j’ai l’impression
que tu supportes mon sourire.
Tu as compris que je n’étais qu’un chien
comblé d’être à tes pieds.
J’entends encore ta voix :
« Les mots sont pleins d’échos, de souvenirs,
d’associations.
Ils ont vécu dans le monde, sur les lèvres des gens,
dans leurs demeures, les rues et les champs
depuis des siècles. »
Moi aussi je vis avec des mots de tous les pays
du monde et d’ailleurs. Les murs et les étagères
les abritent. Les derniers sont arrivés
de Slovénie : Sonetni Venec
et de Thaïlande :
ขอบคุณมากๆค่ะ อนันดาเพื่อนรัก
Il y a des Larousse, il y a des Littré,
et des grammaires et des Atlas et des
Dictionnaires encyclopédiques ou de synonymes.
Il y a New York, le Vocabulaire et la Grammaire pratique
Il y a… Une Femme, un génie qui nous apprend :
« Un mot n’est pas un mot
tant qu’il ne fait pas partie d’une phrase. »
Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942
Samedi 14 juin 2008
00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.06.2008
To the Lighthouse

Un phare.
Un clignotant, un rouge et blanc ?
Un phare à éclats,
Une colonne, un repère,
Pour toi la Navigatrice de mon âme.
Il y a quelque part un chenal,
en eau calme,
dans le clapot du petit matin,
signalé par des balises
quelque peu désuètes.
Un cône vert pâle
signale le tribord de mes envies
dans ce Havre, ce Harbour de Paradis
où une femme m’attend,
vêtue de blanc.
Va-t-elle me reconnaître,
après si longtemps ?
Je retournais dans la cabine
et avec frénésie je retrouvais,
je serrais contre mon cœur,
le premier livre qui avait choisi
de m’accompagner :
To the Lighthouse de Virginia Woolf
est pour moi le livre le plus abouti
et le plus riche de ma Reine anglaise.
C’est une œuvre complexe,
un peu plus que Mrs Dalloway
et un peu moins que The Waves.
Dans les trois cas, on retrouve
la construction en trois parties qui joue
sur les époques, les personnages et les lieux.
Dans « La promenade au phare » appelée
parfois « Vers le phare », les trois parties
sont The Window, Time passes et The Lighthouse.
Ici, ce n’est plus Mrs Dalloway, c’est Mrs Ramsay
qui évoque encore plus Julia Stephen,
la mère de Virginia.
Virginia adorait sa mère qui était intelligente,
généreuse et d’une grande beauté.
J’adore la douceur élégante de cette femme
qui est mère sans ostentation quand elle dit,
d’un ton compatissant, en lissant les cheveux
de son petit garçon, au début du chapitre 3 :
« Peut-être découvriras-tu à ton réveil que le soleil
brille et que les oiseaux chantent »
THE WINDOW
3
“Perhaps you will wake up and find the sun shining and the birds singing,”
she said compassionately, smoothing the little boy’s hair, for her husband, with his caustic saying that it would not be fine, had dashed his spirits she could see. This going to the Lighthouse was a passion of his, she saw, and then, as if her husband had not said enough, with his caustic saying that it would not be fine tomorrow, this odious little man went and rubbed it in all over again.
Virginia était alors une petite fille.
Dans la maison de vacances louée par ses parents,
Talland House à Saint Yves en Cornouailles,
il y avait une fenêtre à l’étage
où la vue était attirée par le phare,
le Godrevy Lighthouse.
Elle n’a jamais oublié.
« Perhaps it will be fine tomorrow, » she said, smoothing his hair.
Maintenant, la lumière est blanche.
Nous avons accosté.
Je regarde le ciel argenté.
Un semblant de brise,
je me dis que demain le vent va tourner.
Je ferme la porte du roof,
un bruit sourd sur le pont,
une démarche souple,
deux pieds nus…
Mon rêve est là.
C'est toi.
Lundi 9 juin 2008
17:37 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.06.2008
Blanc, noir

Des éclairs noirs dans le ciel.
Un voile blanc et des éléphants
en transes qui dansent de joie.
C’est la fête du quartier,
la célébration des voisins,
le carnaval des envies.
Tant de choses à faire,
tant de livres à lire
et de pages à écrire,
souvent elles me demandent :
Alors ça avance ?
Certaines s’impatientent,
d’autres m’encouragent…
C’est vrai qu’en ce moment,
je ne suis pas très sérieux.
Pourtant j’écris du matin au soir,
mais je délaisse Ludivine et son histoire,
Norma aussi, d’ailleurs…
Il y a un truc qui ne va pas,
je ne dois pas être assez malheureux,
il me manque ma dose de désespoir.
En plus je suis traqué par les livres,
maintenant même dans le Supermarket
à côté de la maison, là où habite
la plus belle femme du monde,
il y a des bouquins intéressants.
Donc ce matin, calé entre mes 5 kg
de tomates grappe et les poivrons farcis,
j’ai ramené un petit livre lumineux
« Lettres à maman » écrites par les
deux filles d’Ingrid Betancourt,
une mère et une femme, à part.
Nous sommes peu de chose,
et à certains moments,
on se sent encore plus petits.
J’ai envie de partir à New York,
je veux aller à Londres,
en faisant un détour par Bangkok.
J’ai envie d’embrasser la mer
et le ciel à Coney Island,
nager avec les dauphins,
boire une bière avec les ours.
J’ai envie d’entendre
le frou-frou d’une robe trop chère,
le bégaiement d’un canari fiévreux
à Barcelone, après les Ramblas
là où une fille en noir dansait
le soir…
J’ai envie des tes cheveux noirs.
Appelle-moi Ananda.
Vendredi 6 juin 2008 – 18h39
20:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.06.2008
Woolfette

Hier, l’Angleterre était à l’honneur,
enfin, plus que d’habitude,
je veux dire,
dans mon cœur.
J’ai commencé par visiter
un endroit magique,
en plein cœur de Paris,
d’ailleurs, c’était également
la journée du cœur.
Ensuite, à la devanture d’un kiosque
J’ai aperçu Virginia, donc j’ai acheté
Le Monde pour son supplément littéraire,
Le Monde des Livres, avec deux superbes
photos de Virginia et un grand article
consacré à la parution des deux Journaux,
l’Adolescence et l’Intégral.
J’ai pris le métro, puis arrivé à la gare
Saint Lazare, je me trouve nez à nez
avec la dernière livraison du
Magazine Littéraire, consacré aux
romancières anglaises, illustré par un joli
dessin d’une théière où trône le portrait
de Madame Woolf.
Et puis en rentrant chez moi, j’ai fait un
ultime arrêt à la librairie d’à côté
pour prendre le dernier numéro de la
collection « Le Monde de la philosophie »
dédié à David Hume, un contemporain
et un copain d’Adam Smith.
Il y a des jours, comme celui-là,
où la vie est encore plus belle,
où simplement,
tu es là Na Ka.
Vendredi 6 juin 2008 – 18h39
20:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Silence

Une promenade dans les bois,
une ballade en bord de Seine,
un aller et retour à Londres,
une bise à la Tamise,
une prière devant Hyde Park Gate.
Un retour enflammé.
Où irons-nous diner ?
La Brasserie Lipp ou La Coupole.
Déguster quelques souvenirs,
déterrer les pavés en bois
du boulevard Saint Germain,
Là ou régnait Oriane,
Duchesse de Guermantes.
J’ai envie de dormir au premier étage
de la Tate Gallery,
devant le grand tableau jaune,
Venise,
par Turner,
de la magie qui ensorcèle l’art.
Et puis un beau jour,
après une sale nuit (pardon Barbara)
Le train finit par atterrir.
Les parachutes sont sortis.
C’est grisant, grisé comme la conquête
de l’Ouest et des étoiles.
Je ne veux pas entendre,
les mots affichés sur l’écran noir
d’une journée blanche.
Je ne veux pas lire ces saloperies de mots.
Et pourtant, il suffit que je tourne la tête
pour regarder une jupe écossaise qui me frôle,
un instant, un seul instant,
un Moment de pas Being,
je me comprends…
Elle,
Elle m’a dit
« Ne sois pas triste,
tout va bien ! »
Silence,
absurde silence.
Je me sens comme un chien Thaï,
abandonné,
au bord de la route.
Tout est noir,
maintenant,
vivement la fin
Vendredi 6 juin 2008 – 01:23
19:03 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.06.2008
Ecrit

Un compartiment comme les autres,
bien aligné, sans zèle inutile,
juste bleu et gris.
C’est écrit, c’est signé.
Le papier froissé, tirebouchonné,
défroissé.
Dans le train, l’homme écrivait, essayait.
Il pensait qu’il écrivait,
alors forcément il souriait ;
il visitait les pièces de ses rêves,
ouvrait les tiroirs de son cœur,
« Tiens il faudra refaire les murs,
le papier peint a jauni,
les cloisons ont gauchi… »
Et puis l’œil dans le vague,
il se demandait, un sourcil relevé :
« Qu’est-ce qu’on va bien manger ce soir ? »
Sa voisine lui jeta un soupire compatissant,
c’est bien vrai que la vie était dure, maintenant.
Elle plongeait la tête, le nez pincé
dans un Voici-Voilà plus laid qu’un Paris-Match,
A moins que…
C’est pas le tout, mais il faut écrire,
le train ne va pas attendre, personne
n’attend personne, de nos jours.
L’homme au papier froissé range son stylo
à la pointe dorée.
Les yeux fermés, un dernier effort,
il se concentre et puis se rendort…
« Amour de ma vie.
Je suis si heureux, tu sais.
Commencer une journée comme ça,
entouré, bercé par ton amour de femme,
c’est extraordinaire.
Cela fait si longtemps
que je n’ai pas connu une telle plénitude,
que je ne me suis pas senti aussi bien
avec quelqu’un.
Quoiqu’il arrive dans l’avenir,
tu m’auras déjà donné quelques unes
des plus belles heures de ma vie.
Ma Princesse, tout mon être résonne de toi.
Pour la première fois, j’ai emmené
mon Que sais-je ? avec moi,
envie de porter un morceau de Toi.
Vendredi 30 mai 2008 – 8h24
19:54 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Lettre simple
SATURDAY, JANUARY 28, 2006

Ce soir, je suis triste.
Je suis seul.
Tu es partie, tu m'as abandonné.
Ce soir, j'ai envie de pleurer.
Je n'ai pas reçu de lettre de toi.
Aujourd'hui, tu ne m'as pas écrit.
Je n'ai pas envie de travailler.
Je me sens vide, vidé de mon sens.
Je ne ressens rien, anesthésié par la douleur.
Ce soir, je suis seul.
Je savais bien, je le savais.
Tout ce bonheur, toutes ces couleurs,
tes manières et ta grâce,
Tous les jours, autant de mots étoilés
pour moi...
Je n'en suis pas revenu,
tellement tu m'as ému.
Pourtant je savais
que je ne mérite pas tout ça.
L'oasis de ta tendresse
est le mirage de mon coeur.
Tu m'as donné des choses si belles,
des impressions irréelles...
Tu m'as mis entre parenthèses.
Tu as commencé ton week end,
sûrement c'est quelqu'un que tu aimes.
J'ai fini le mien.
Je n'attends plus rien.
Je pleure de t'aimer.
POSTED BY LAPORTESANSPORTE AT 6:03 PM 0 COMMENTS
12:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.06.2008
Le temps

Vivre pour aimer, pour donner,
pour partager.
C’est un programme intéressant.
Un voyage qui me plait.
Comme disait Woolfette Suprême :
« The Voyage Out »
Difficile à traduire mais tellement beau,
d’un sens à elle.
« Virginia, j’aimerai être poussière
sous tes pas. »
Au menu : de l’amour et des jours.
Des heures simples, sans ornement.
Des heures avec le ciel et la mer.
Un temps d’arrêt, un temps d’appel.
Le temps de me réveiller
de la plus belle nuit du monde,
quand tu es dans mes bras,
quand tu respires contre moi,
quand tu es là.
Le temps,
ce n’est pas de l’argent.
Le temps,
c’est de la vie.
Jeudi 29 mai 2008 – 13h26
31.05.2008
Train de vie

Train de jour, train de vie.
Train de nuit, train d’envie.
Toutes ces choses incroyables
qui appartiennent au mystère de la vie.
Comment as-tu réussi,
à partir d’un autre système solaire,
à vaincre toutes les inerties polaires
et à subjuguer ce qui me tient lieu de cerveau,
à savoir : une goutte de folie ordinaire.
Voilà je suis fou de toi.
Est-ce bien raisonnable ?
Bien sûr que non diront les grincheux,
les hargneux, les miteux et les taiseux.
Mais quand on est déjà mort une fois,
qu’est-ce qu’on risque à respirer
le parfum du jasmin,
à pénétrer sur la pointe du cœur
Au Pays du sourire.
Une contrée étrange
où même les éléphants sont élégants !
Je suis là, je vais et je viens,
je travaille, je ramène les souvenirs
qui traînent, j’écris le chemin
d’une vie de grisailles pétillantes,
de morsures indéfinies.
Jeudi 29 mai 2008 – 13h18
15:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Na Ka

C’était là-bas, dans les beaux quartiers,
sur les hauteurs de la place d’Iéna,
dans le seizième arrondissement parisien.
C’était le matin, presque l’été.
Encore un peu tôt, pour se retrouver
sur le trottoir mouillé, encore luisant de nuit,
devant le Musée Guimet,
baptisé pompeusement
Musée national des Arts asiatiques.
C’était aux heures hésitantes d’une matinée de Juin,
je me suis dit que Turner aurait bien aimé
ce ciel là. Surement qu’il l’aurait capturé,
transporté plus loin, au dessus de la Seine,
pour tranquillement le déguster.
J’aime bien l’ambiance chico-cosy
de ce petit musé glacé.
J’ai connu une Bretonne flamboyante
qui venait souvent ici. Elle était belle
et palpitante de vie. Et pourtant si
déroutante, ma mystérieuse,
ma silencieuse. C’était une femme.
Voilà l’explication.
Un jour elle s’était posée chez moi,
comme un papillon, elle m’a dit
qu’elle me regardait depuis longtemps,
qu’elle se sentait prête.
Ce fut une rencontre d’une intensité
rare. Ensuite je suis parti en vacances,
au bout de nulle part, en Calabria.
Quand je suis revenu, elle avait disparu,
en me laissant quelques fils de poussière d’or.
Toujours la Chine et le Japon,
toujours les mêmes,
et pourtant, il y a autre chose,
comme un courant, une lumière
qui se lève et traverse le relief
de l’Asie du Sud Est.
L’autre jour ou bien était-ce
une autre vie, je discutais
avec une ange.
C’était a female angel,
une นางฟ้า ,comme elle disait
ou une naang faa si vous préférez.
Elle m’avait dit « Je viens du Pays
du Sourire Na Ka.
Tu es prêt à partir Thee-Rak ? »
Je ne me rappelle plus ce que j’ai répondu,
à ce moment là j’étais dans le bus,
en train de lire une histoire de là-bas,
dans la Cité des Anges dont le nom
à lui seul est le début du roman d’une vie :
« Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude,
ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée
de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme
Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné,
ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn. »
Je pensais aux tours et aux détours,
aux flashes de couleurs qui ponctuent
les rues de Bangkok,
la ville capitale où les Bouddhas sont vêtus d’or
et se promènent assis en tailleur, posés sur un socle,
la jambe droite repliée sur la gauche.
Tiens celui-ci est recouvert d’un enduit noir luisant,
il effectue de sa main droite, la mudrâ
de la prise de la terre à témoin.
Tu m’avais expliqué déjà ailleurs, dans un autre paradis
que ce geste symbolise la victoire de l’Eveillé sur Mâra,
prince des désirs et personnification de la mort.
Le Bouddha, l’Eveillé comme il est appelé,
me regardait, du moins il me semble
que c’est lui qui avait commencé.
Autour de nous, les murs étaient blancs et purs.
« Ca manque de femme… » Je n’ai pas pu me retenir.
C’est vrai ça, c’est comme toujours, les Dieux devant,
les femmes derrière.
Et alors pourquoi n’y aurait-il pas des Bouddhettes ?
Surtout dans ce pays magique,
surement dans une autre galaxie,
où les femmes sont tellement mères
et tellement femmes qu’elles allaitent
leurs bébés pendant deux ou trois ans…
Incroyable, stupéfiant,
j’ai trouvé, après le magicien Dhôtel,
Le pays qui n’existait pas !
devant moi, s’ouvre une petite salle,
je suis attiré par la présence des dharmacakra
les Roues de la Loi, symboles solaires
comme en connaissaient les Celtes,
Celles –ci provenaient du royaume de Siam,
je lisais, l’émotion me prenait.
Une ombre à côté,
une ombre venait.
Je voyais sans voir
des cheveux plus noirs que noirs,
des pieds dans des sandales dorées,
les larmes tombaient je ne sais plus
de quels souvenirs, sur quels chemins.
Prêt à me retourner, à m’enfuir,
retrouver le métro et le train-train parisien.
Une voix douce murmura :
« Tu te souviens Na Ka ? »
Samedi 31 mai 2008 – 9h08
15:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.05.2008
Le canal

L'homme marchait.
La rue était noire et sale.
C'était près du canal.
Il releva le col de sa veste,
pour se cacher ou
mieux se protéger.
Le froid humide le pourchassait
et lui fuyait, en trébuchant.
Quelle idée, il avait eu !
Et maintenant il était comme perdu.
Il ne pensait plus il marchait,
branché sur pilote automatique,
il croisait le long du canal,
toutes jambes dehors...
Oui, mais il avait froid.
Là-bas, un pont brinquebalant,
un genre de passerelle
époussetée par le vent.
En face, par le trois quart arrière,
il distingue comme un fanal
qui pour lui raisonne comme un signal.
Une terre d'amerrissage,
pour pieds fatigués,
et membres recroquevillés.
Un genre douteux et vaporeux
d'estaminet sans feux.
La porte grince et s'arrache
sur elle-même.
"Messieux-Dames" dit-il
comme pour se parler à lui-même,
car des dames, dans un endroit pareil...
Enfin des vraies dames, je veux dire,
pas des mères-salopes, maquerelles
et filles de joie.
"Et pourtant, pourtant,
Et pourtant, je n'aime que toi..."
Attablé dans le fonds,
près de la fenêtre, il chantait dans sa tête,
ses amours apparus puis disparus.
Machinalement, comme il se réchauffait,
il sortit son carnet, le stylo bleu,
il écrivait, l'encre coulait.
Il respirait.
"Monsieur désire ?"
Il regardait sans comprendre,
il entendait sans voir...
Un ange lui parlait ?
Quelle voix, dans un endroit pareil !
il haussa les épaules, se gratta
l'oreille du coeur, la gauche,
plissa les yeux, continua à écrire.
...
"Que monsieur me pardonne,
je vous dérange, en somme ?"
Il leva les yeux et fut pris
d'une sorte de tremblement.
Il balbutiait, les larmes aux yeux,
il sentait son coeur gémir
et trembler dans lui.
Il répétait :
"Trop belle pour être vraie, trop belle..."
Elle plongea ses yeux dans les miens
et prit ma main.
" C'est mieux comme ça ?"
Je fis oui de la tête, incapable de parler.
Je ne pouvais que la regarder, la respirer.
M'enivrer du flot de ses mots.
J'étais ailleurs, au dessus, au delà du paradis.
Elle me dit : "Je m'ennuie ici, tu m'emmènes ?
- Mais, ma vie, mon travail, mes habitudes,
ma famille, ma patrie ?
- Et moi, alors, je ne suis rien ?
- Tu es tout.
- Tu ne me connais pas !
- Je t'aime
- Tu es fou.
- Oui
-Alors ?
- C'est fini.
Tout est fini.
Je t'emmène.
Le 18 février 2006
19:30 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
28.05.2008
A dog on the train

Un rendez-vous de travail, agréable,
qui débouche sur l’organisation
d’un weekend littéraire à Londres,
autour de Virginia Woolf.
C’est tellement bien
que je me suis senti obligé
d’aller à la Fnac Saint Lazare,
c’est le truc fatal, je passe devant,
pour acquérir Miss Dalloway en anglais.
Après avoir hésité entre trois éditions différentes,
j’ai choisi la Modern Classics,
chez Penguin Books.
C’était la version la plus chère,
mais aussi la plus complète,
avec une introduction, des notes
et surtout une carte du Londres de l’époque.
J’ai également été pris de faiblesse
pour le « Journal intime » de Franz Kafka
dans la très jolie édition Rivages Poche
(la même que « L’écrivain et la vie »
de Virginia Woolf).
C’est étonnant comme les grands écrivains
sont immortels et comme on continue
de trouver des lignes, des mots,
des carnets enfouis…
Dingue !
Les génies ne meurent jamais.
Finalement, c’est plutôt rassurant.
Un vieux chien, tout sage,
est couché dans le train,
à côté de moi.
Il est beau, gris foncé et blanc,
avec un collier bleu.
Il a belle allure,
peut être un chien philosophe ?
C’est sympa, je trouve, un chien avec nous,
ça fait plus vivant, planète plus habitée.
Je pensais à toi, sous la pluie Na Krup.
Tu dois être si mignonne, dans le bus,
en train de lire.
J’espère que tu n’as pas les pieds mouillés.
Je t’imagine.
Je ressens une impression,
un éblouissement,
aux couleurs du bonheur.
Mardi 27 mai 2008 – 14h40
18:53 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Vocation

On train.
Sous la pluie,
je pense à si loin, à là-bas.
Quel plaisir de se promener sans cartable.
Juste un parapluie écossais
et un petit carnet rouge, à spirales,
pour écrire des jours et des instants.
Pour attraper des « Moments de l’être »,
comme disait Virginia,
la femme au dessus des femmes.
Elle aimait les femmes,
elle avait bien raison.
Depuis tout petit,
depuis toujours,
je ne vis que par,
que pour les femmes.
J’ai fait carrière,
car j’ai été bien encouragé,
mais ma seule ambition,
ma seule vocation a toujours été
une femme à aimer, à idéaliser.
Une femme qui me ferait fantasmer,
une femme qui me ferait souffrir.
Je l’attendrai, je suis décidé à l’attendre.
Maintenant que j’ai compris
que je ne trouverai jamais la déesse absolue,
je me regarde autrement,
je vois ma folie différemment.
Je suis un cas désespéré, d’accord.
Mais, qu’est-ce que la vie ?
Sinon une tentative d’exister
et l’amour, alors…
Aimer, c’est dire : j’existe,
c’est regarder tes yeux briller,
c’est embrasser et mordre
tes pieds de femme Na Krup.
Mardi 27 mai 2008 – 11h24
15:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.05.2008
Refrain

Phone Call - 1957 - Saul Leiter
Je suis là,
avec toi.
Tu es là,
Je suis bien.
Parfois, j’ai des envies de refrain,
de la disco-Thaïe ou du Blues Parisien.
Cette nuit, je ne pouvais pas dormir,
trop besoin de toi,
de sentir la chaleur de tes pieds contre moi.
Trop envie de regarder ton sourire dormir
et tes cheveux si noirs,
d’Ange si Thaïe.
Demain j’essayerai d’aller chercher
mon Que-sais-je.
Besoin de comprendre, pas encore,
je ne suis pas si présomptueux,
mais plutôt d’appréhender ta culture,
magique,
si différente de tout ce que je sais
ou que je crois.
J’espère que tu vas bien,
que tu n’auras pas d’orage,
pas trop d’orage aujourd’hui,
que tu es prudente à vélo.
Des fois, j’ai des flashes de peur,
comme ça,
quelques morceaux de seconde,
c’est une secousse qui me fait frémir.
Et puis, je vois ton sourire,
ta démarche décidée,
alors, je suis rassuré.
J’aime te sentir
non loin de moi.
Savoir que tu es là.
C’est mieux que le soleil,
c’est Keng.
Vendredi 23 mai 2008 – 8h25
10:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26.05.2008
Un jour ordinaire

De l'Inde à l'Oxus au Muséum archéologique de Montpellier
On train.
Un jour de grève ordinaire.
Il fait chaud et orageux.
J’ai bien fait de ne pas prendre d’imper.
Ce matin, je me suis éveillé
dans la Cité des Anges Na Krup.
Je suis content d’aller travailler,
de retrouver mes étudiants,
pas très courageux,
mais extrêmement sympathiques.
Et puis, c’est agréable de marcher,
de rêver, de croiser des créatures,
parfois belles, parfois laides,
mais toujours vivantes,
jamais indifférentes.
J’aime bien les étincelles de la rue
et puis le train-train du train.
Les tours de La Défense
s’échappent sur la gauche.
la petite gare de Clichy-Levallois
est adorable, typique de la banlieue,
avec de jolies briques et un toit
de tuiles orangées.
Je pense à toi
et à tes cheveux noirs.
Sur ta bicyclette, sûrement.
Vu que tu es une femme,
donc redoutablement efficace,
je pense que tes cheveux sont attachés,
peut être réunis en une belle queue
de cheval (ou de panthère noire !)
ou bien les cheveux courts,
plus pratique.
Je sens ton souffle.
Tu es toujours pressée,
mais jamais en retard.
C’est Toi.
Jeudi 22 mai 2008 – 13h54
12:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.05.2008
Fleur blanche

Ma douceur blanche,
ma fleur de jasmin.
Tu es la lumière blanche
qui éclaire ces mots, ces lignes,
le plaisir ordinaire d’écrire,
pour te dire, pour apprendre,
pour comprendre.
J’embrasse ta douceur.
Je suis arrivé dans le 9ème arrondissement,
rue du Faubourg Montmartre.
Le lieu de mon rendez-vous est situé
entre la rue D’Uzès, où j’ai travaillé un an,
et la rue de Provence où j’avais
obtenu mon premier job important.
Je me tiens sur le trottoir sale,
presqu’en face du Palace,
tristement barricadé.
Là aussi, quelques souvenirs
me prennent de plein fouet :
les actrices, les sœurs princières,
Gainsbourg entrainant une amazone ;
on me présente le plus grand danseur
de tous les temps qui m’embrasse
à pleine bouche.
J’aurais dû me méfier d’un danseur russe.
Un peu plus loin, j’ai découvert
un joli passage couvert d’antiquaires
et de bouquinistes ainsi qu’une
jolie brasserie, luxueuse et veillotte.
Il me semblait bien que Chartier,
une des plus anciennes et des moins chères
des brasseries parisiennes était dans le quartier,
mais je ne l’ai pas trouvée.
Je suis en avance,
comme d’habitude.
Mardi 20 mai 2008 – 13h30
11:46 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.05.2008
Une autre époque

Virginia Woolf avec sa nièce Angelica en 1932
Je remontais le boulevard Malesherbes,
Un quartier, plein de souvenirs,
douillets et fortunés.
Goldman Sachs et les autres.
L’hôtel particulier où je travaillais,
ma deuxième maison,
transformée en Ambassade,
la maison de Sarah Bernard, toujours là.
A la radio, l’étourdissante nostalgie
du Twist again de Chubby Checker.
J’ai envie de revoir mes souvenirs.
Je me gare rue de Logelbach,
là où la patronne de la pharmacie
était si belle, si snob et si rousse.
Là où le patron de la brasserie
m’appelait Maestro.
Là, c'est-à-dire juste en face
la rotonde du Parc Monceau,
le jardin le plus romantique
de Paris, où j’ai souvent écrit.
J’ai envie de retrouver la senteur
de ces printemps là,
la rougeur d’une robe de satin,
l’éclat d’un collier de perles.
Je marche et je m’assois.
Je suis assis et délicieusement seul.
Je plonge dans mes souvenirs,
mes livres et mes rêves.
Je viens d’acheter la dernière
édition de « La chambre de Jacob »
de Virginia Woolf.
Je pose le livre, sur le banc,
près de moi.
Bien sûr, je l’avais déjà,
mais il s’agit d’une nouvelle traduction,
et puis la collection « La Cosmopolite »
chez Stock est vraiment belle,
alors…
Comment lui refuser, quelque chose
à elle, à Virginia
qui nous a tout donné.
Une jeune femme passe,
dans l’allée ensablée.
Elle me sourit,
je devais parler tout seul,
elle a cru que je parlais aux oiseaux.
Elle s’assoit sur le banc d’à côté.
Je la regarde,
ou plutôt, je regarde ses pieds.
je lui souris,
ou plutôt, je souris à ses pieds.
Je me dis que j’aime bien ses sandales.
Je me dis « C’est du serpent ou la vie ? »
Je regarde Virginia en couverture,
j’ai l’impression qu’elle aussi,
elle est là aujourd’hui.
Mademoiselle Stephen promène son esprit.
Je ferme les yeux, je la vois
dans son jardin au milieu de ses rosiers.
Je me rappelle d’une vieille photo
où la Femme des Femmes
est avec Angelica, la fille de
Nessa sa sœur adorée.
Je prends le livre sur mes genoux.
Je caresse la couverture,
d’un index distrait,
Je savoure.
« Vous permettez ? »
La jeune femme en sandales
s’est assise à côté de moi,
elle tend une main fiévreuse vers le roman.
« Je vous en prie, c’est avec plaisir »
Je suis content de partager ma Woolfette.
Et puis, je me dis que c’est curieux,
toutes ces femmes que j’ai aimées,
elles aimaient si peu les livres,
alors aujourd’hui…
Je respire profondément.
C’est drôle la vie.
Je suis là, à contempler une femme
jeune et de type asiatique,
elle lit mon livre et je suis content.
Un air de Michel Berger
me trotte dans la tête depuis un moment
Je ne peux m’empêcher de fredonner :
« Mademoiselle Cheng, Mademoiselle.. »
Lentement et comme à regret,
elle quitte le livre des yeux et me regarde :
« Pas Cheng, Mademoiselle Keng »
Samedi 24 mai 2008
Listening to you

Bouddha endormi à Pékin
J’attends au soleil,
assis sur un banc,
gris comme du mastic.
Je suis là.
Je t’écoute et j’observe tes interrogations.
J'ai envie que tu m’expliques ta vision du monde.
Les différences abyssales qui peuvent exister
entre les pays (culturelles, géographiques,
économiques et sociales) rendent
incompréhensibles certaines situations.
Par exemple, quand les populations
n’ont pas de quoi se nourrir,
les valeurs ne sont plus les mêmes.
Même la vie humaine a moins de valeur.
Alors, on se vend, on vend les parties
de son corps, on vend ses propres enfants,
simplement pour se nourrir, pour survivre.
Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
On appelle Marx et Jésus,
pour rendre les hommes meilleurs ?
Je n’y crois pas.
Et j’estime que les révolutions
françaises et russes ont constitué
des désastres (et le mot est faible !) inutiles.
Par contre, il y a des espérances,
rendues possibles par la mondialisation,
qui se réalisent timidement
en Chine et en Inde,
ce n’est que le début,
mais c’est un merveilleux commencement.
Mardi 20 mai 2008 – 13h30
19:08 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Dancing on the street

Le Dragon Bleu de Robert Lepage
14h24 - On train again
Une jeune fille danse dans la rue.
Elle est mignonne, pas très grande.
Des cheveux longs, châtains,
un débardeur grège,
un jean serré, gris anthracite
et des ballerines noires.
Je suis surpris de voir
comme elle est à l’aise,
malgré son beau derrière épanoui
et si irrésistiblement féminin.
Ca n’a pas l’air de la gêner pour sautiller
et pour danser au milieu de la rue.
Encore un insondable mystère féminin…
Jeudi 15 mai 2008
21.05.2008
Femme - Panthère

Panthère
ou
Femme ?
C'est un peu pareil, non ?
Si on enlève un peu de poil (c'est la saison)
et la queue, bien que...
J'ai découvert (quand on cherche on trouve,
comme dirait l'autre !) un pays magique
où il existe un temple du tigre.
Là on recueille les bébés tigres orphelins
et on les soigne.
C'est une belle idée on pourrait peut être
essayer avec nos panthères...
Bien sûr c'est un rêve,
ça n'existe nulle part ailleurs
que dans le Pays du Sourire,
ton Royaume.
Mercredi 21 mai 2008
13:35 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Deux vies

Un homme déchiré par la vie
qui lui a tout repris.
Un homme usé,
qui a besoin de marcher.
Un homme banal
qui est là sans être là.
Il apprend à ne rien attendre.
Il n’a plus besoin de fuir les hommes,
il est déjà parti.
Alors il hante les squares,
se fait des amis parmi les oiseaux
et se moque de la futilité de la vie.
Il a côtoyé trop de princes et de princesses
et des actrices et des artistes.
Il était riche à mourir.
Il en est mort.
Et puis, il s’est relevé.
Il est devenu modeste.
Il a renvoyé les titres et les châteaux,
les îles et autres fééries.
Il a regardé la souffrance autour de lui,
il est retourné au milieu des hommes.
Ses jours sont rythmés par l’attente
des yeux noirs qu’il attend de voir briller.
Parfois il arrive trop tard et au détour d’une allée
il aperçoit le flottement des cheveux
noirs comme de la soie.
Une démarche de princesse,
la légèreté d’un pétale de jasmin
que tu déposes dans ma main.
Mercredi 21 mai 2008
01:04 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20.05.2008
J’ai deux amours

J’ai deux amours,
ce sont tes pieds de velours.
J’ai deux amours,
ce sont tes pieds pour toujours.
D’accord c’est une obsession
mais ça change des clichés genre
« elle avait des jambes interminables »
ou alors on a aussi :
« elle me regardait de ses yeux de biche ».
Il y a la bouche sensuelle et les lèvres pulpeuses,
la poitrine plantureuse ou maraichère
avec les pommes/poires.
Mais les pieds c’est mieux,
c’est plus caché, plus recherché.
Les pieds sont les parents pauvres
des attributs des déesses de nos vies,
ces êtres magiques
que nous nommons des femmes
et que nous appelons
depuis que nous sommes nés.
Une étoile dans le ciel
du royaume de Siam.
Une planète qui éclaire mes nuits,
une lumière bizarre
pour de « Strange days ».
Une lumière noire,
dotée d’une énergie quantique
illumine mes deux amours
tes pieds,
pour toujours
Mardi 20 mai 2008
19.05.2008
La Princesse était là.

Un chemin qui serpente à travers des haies de rosiers.
Plus loin, des massifs de jasmins et de bougainvilliers,
la terre sableuse est silencieuse.
Je m’arrête au début d’une allée de lauriers-roses.
Quels parfums !
Le ciel est encore bleu,
pourtant je le sens hésitant,
comme une pointe d’humidité,
derrière un fard violet.
L’allée débouche sur une impression blanche.
C’est un du sable brillant,
presque phosphorescent,
comme argenté.
Je revois des images de plages,
Phuket, Mayflower Beach, Porquerolles…
Mais ce n’est pas ici.
Je n’ai pas envie de réfléchir,
cela fait trop longtemps maintenant
que j’habite ma solitude.
J’ai juste envie de sortir de moi,
de me laisser bercer
par le murmure de la mer.
Sur mes lèvres, je sens le gout de l’océan.
Je m’avance et j’attends,
Je serre les poings.
J’avance et je m’assois,
je ferme les yeux.
Je me lève et je marche
je me noie.
Je me réveille,
tu es là.
Dimanche 18 mai 2008
01:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note