22.06.2008

How ?

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Comment écrire, sans train ?

Comment dire le tout et le rien ?

Plus de rails ni de ciel changeant,

et les panneaux et les poteaux

emmêlés de fils plus ou moins électriques

câbles noirs, torsadés ou lisses

souvent crasseux, presque abandonnés.

Oubliée la chevauchée fantastique,

en trois – quatre leçons, vers le célèbre

Terminal de Santo Lazaro ?

Cette galopade raillesque

qu’on pourrait prendre pour une galipade.

Cette course vers là-bas,

la ville qui nous attend

pour mieux nous avaler, nous digérer

dans le souterrain de ses entrailles,

le serrement de la foule

qui tangue, hésite et avance

dans le silence bruyant d’un matin ordinaire

bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.

Pourtant La Seine était verte et bleue

comme une mer de bonne humeur.

Elle était haute et caressait les berges

de son clapot incessant

soulevé par la caresse du vent.

Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,

vous me direz : normal, c’est le cœur !

mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?

Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,

d’utiliser une position préférentielle

pour illuminer les hauteurs de Paris,

tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,

des bourgeois du dimanche déguisés en

castro-communistes, défilent sous la pluie…

Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien

que ça tombe sur quelqu’un !


Jeudi 1er mal 2008 – 18h28

21.06.2008

Suissesse

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Edwatd Hopper, 1938, Compartement C, Car 293


On train.

Une vengeance sur la vie,

sur les femmes que j’aime

et qui ne m’aiment plus.

Le plaisir sans partage

d’inviter dans ma vie

de nouveaux auteurs,

désirés, attendus,

depuis plusieurs semaines, déjà.

Une Suissesse,

Annemarie Schwarzenbach,

pour La mort en Perse,

du grand mythe

pour une authentique

figure de femme

de l’entre deux guerres.

Tragique, comme souvent

les destins de cette époque.

Elle aurait pu connaître Virginia,

la croiser en Grèce, en Italie

ou dans le Sud de la France.

Elle est morte en 1942,

un an après Madame Woolf,

mais elle était plus jeune que Virginia,

l’écrivaine suisse n’avait que 34 ans.

Elle avait beaucoup de talents,

archéologue et photographe

pour dessiner le récit

d’un voyage intérieur,

à l’infini de nous.

Jeudi 19 juin 2008 – 18h20

15.06.2008

Les mots, l’écrivain et la vie

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Ce soir, les mots chantaient. Amy illuminait
le Porchester Hall de Londres, c’était en mars 2007.
Le 29 aout, Elle sera à Saint Cloud, avec nous.

Virginia parlait à la radio :
« Vu que les mots résistent aux incessantes altérations
dues au temps plus que toute autre substance,
c’est donc qu’ils contiennent le plus de vérité. »


Qui mieux qu’elle, dans ces siècles passés,
pourrait mieux en parler. Elle qui est immortelle
et qui pour moi n’a jamais été aussi vivante.

Virginia parlait des mots :
« Les mots, si on les emploie correctement,
semblent capables de vivre toujours. »


Virginia tu me manques tellement,
Virginia, j’ai envie de te voir,
de respirer l’écho de ton esprit en mouvement,
de sentir la présence de ton corps de femme.
J’aime quand tu parles trop vite,
je ne comprends rien et je m’amuse
de ton regard surpris, j’ai l’impression
que tu supportes mon sourire.
Tu as compris que je n’étais qu’un chien
comblé d’être à tes pieds.

J’entends encore ta voix :
« Les mots sont pleins d’échos, de souvenirs,
d’associations.
Ils ont vécu dans le monde, sur les lèvres des gens,
dans leurs demeures, les rues et les champs
depuis des siècles. »


Moi aussi je vis avec des mots de tous les pays
du monde et d’ailleurs. Les murs et les étagères
les abritent. Les derniers sont arrivés
de Slovénie : Sonetni Venec
et de Thaïlande :
ขอบคุณมากๆค่ะ อนันดาเพื่อนรัก

Il y a des Larousse, il y a des Littré,
et des grammaires et des Atlas et des
Dictionnaires encyclopédiques ou de synonymes.
Il y a New York, le Vocabulaire et la Grammaire pratique
Il y a… Une Femme, un génie qui nous apprend :

« Un mot n’est pas un mot
tant qu’il ne fait pas partie d’une phrase. »


Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Samedi 14 juin 2008

11.06.2008

To the Lighthouse

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Un phare.

Un clignotant, un rouge et blanc ?

Un phare à éclats,

Une colonne, un repère,

Pour toi la Navigatrice de mon âme.

Il y a quelque part un chenal,

en eau calme,

dans le clapot du petit matin,

signalé par des balises

quelque peu désuètes.

Un cône vert pâle

signale le tribord de mes envies

dans ce Havre, ce Harbour de Paradis

où une femme m’attend,

vêtue de blanc.

Va-t-elle me reconnaître,

après si longtemps ?

Je retournais dans la cabine

et avec frénésie je retrouvais,

je serrais contre mon cœur,

le premier livre qui avait choisi

de m’accompagner :

To the Lighthouse de Virginia Woolf

est pour moi le livre le plus abouti

et le plus riche de ma Reine anglaise.

C’est une œuvre complexe,

un peu plus que Mrs Dalloway

et un peu moins que The Waves.

Dans les trois cas, on retrouve

la construction en trois parties qui joue

sur les époques, les personnages et les lieux.

Dans « La promenade au phare » appelée

parfois « Vers le phare », les trois parties

sont The Window, Time passes et The Lighthouse.

Ici, ce n’est plus Mrs Dalloway, c’est Mrs Ramsay

qui évoque encore plus Julia Stephen,

la mère de Virginia.

Virginia adorait sa mère qui était intelligente,

généreuse et d’une grande beauté.

J’adore la douceur élégante de cette femme

qui est mère sans ostentation quand elle dit,

d’un ton compatissant, en lissant les cheveux

de son petit garçon, au début du chapitre 3 :

« Peut-être découvriras-tu à ton réveil que le soleil

brille et que les oiseaux chantent »

THE WINDOW

3


“Perhaps you will wake up and find the sun shining and the birds singing,”
she said compassionately, smoothing the little boy’s hair, for her husband, with his caustic saying that it would not be fine, had dashed his spirits she could see. This going to the Lighthouse was a passion of his, she saw, and then, as if her husband had not said enough, with his caustic saying that it would not be fine tomorrow, this odious little man went and rubbed it in all over again.



Virginia était alors une petite fille.

Dans la maison de vacances louée par ses parents,

Talland House à Saint Yves en Cornouailles,

il y avait une fenêtre à l’étage

où la vue était attirée par le phare,

le Godrevy Lighthouse.

Elle n’a jamais oublié.


« Perhaps it will be fine tomorrow, » she said, smoothing his hair.


Maintenant, la lumière est blanche.

Nous avons accosté.

Je regarde le ciel argenté.

Un semblant de brise,

je me dis que demain le vent va tourner.

Je ferme la porte du roof,

un bruit sourd sur le pont,

une démarche souple,

deux pieds nus…

Mon rêve est là.

C'est toi.

Lundi 9 juin 2008

07.06.2008

Blanc, noir

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Des éclairs noirs dans le ciel.

Un voile blanc et des éléphants

en transes qui dansent de joie.

C’est la fête du quartier,

la célébration des voisins,

le carnaval des envies.

Tant de choses à faire,

tant de livres à lire

et de pages à écrire,

souvent elles me demandent :

Alors ça avance ?

Certaines s’impatientent,

d’autres m’encouragent…

C’est vrai qu’en ce moment,

je ne suis pas très sérieux.

Pourtant j’écris du matin au soir,

mais je délaisse Ludivine et son histoire,

Norma aussi, d’ailleurs…

Il y a un truc qui ne va pas,

je ne dois pas être assez malheureux,

il me manque ma dose de désespoir.

En plus je suis traqué par les livres,

maintenant même dans le Supermarket

à côté de la maison, là où habite

la plus belle femme du monde,

il y a des bouquins intéressants.

Donc ce matin, calé entre mes 5 kg

de tomates grappe et les poivrons farcis,

j’ai ramené un petit livre lumineux

« Lettres à maman » écrites par les

deux filles d’Ingrid Betancourt,

une mère et une femme, à part.

Nous sommes peu de chose,

et à certains moments,

on se sent encore plus petits.

J’ai envie de partir à New York,

je veux aller à Londres,

en faisant un détour par Bangkok.

J’ai envie d’embrasser la mer

et le ciel à Coney Island,

nager avec les dauphins,

boire une bière avec les ours.

J’ai envie d’entendre

le frou-frou d’une robe trop chère,

le bégaiement d’un canari fiévreux

à Barcelone, après les Ramblas

là où une fille en noir dansait

le soir…

J’ai envie des tes cheveux noirs.

Appelle-moi Ananda.

Vendredi 6 juin 2008 – 18h39

06.06.2008

Woolfette

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Hier, l’Angleterre était à l’honneur,

enfin, plus que d’habitude,

je veux dire,

dans mon cœur.

J’ai commencé par visiter

un endroit magique,

en plein cœur de Paris,

d’ailleurs, c’était également

la journée du cœur.

Ensuite, à la devanture d’un kiosque

J’ai aperçu Virginia, donc j’ai acheté

Le Monde pour son supplément littéraire,

Le Monde des Livres, avec deux superbes

photos de Virginia et un grand article

consacré à la parution des deux Journaux,

l’Adolescence et l’Intégral.

J’ai pris le métro, puis arrivé à la gare

Saint Lazare, je me trouve nez à nez

avec la dernière livraison du

Magazine Littéraire, consacré aux

romancières anglaises, illustré par un joli

dessin d’une théière où trône le portrait

de Madame Woolf.

Et puis en rentrant chez moi, j’ai fait un

ultime arrêt à la librairie d’à côté

pour prendre le dernier numéro de la

collection « Le Monde de la philosophie »

dédié à David Hume, un contemporain

et un copain d’Adam Smith.

Il y a des jours, comme celui-là,

où la vie est encore plus belle,

où simplement,

tu es là Na Ka.

Vendredi 6 juin 2008 – 18h39

Silence

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Une promenade dans les bois,

une ballade en bord de Seine,

un aller et retour à Londres,

une bise à la Tamise,

une prière devant Hyde Park Gate.

Un retour enflammé.

Où irons-nous diner ?

La Brasserie Lipp ou La Coupole.

Déguster quelques souvenirs,

déterrer les pavés en bois

du boulevard Saint Germain,

Là ou régnait Oriane,

Duchesse de Guermantes.

J’ai envie de dormir au premier étage

de la Tate Gallery,

devant le grand tableau jaune,

Venise,

par Turner,

de la magie qui ensorcèle l’art.


Et puis un beau jour,

après une sale nuit (pardon Barbara)

Le train finit par atterrir.

Les parachutes sont sortis.

C’est grisant, grisé comme la conquête

de l’Ouest et des étoiles.

Je ne veux pas entendre,

les mots affichés sur l’écran noir

d’une journée blanche.

Je ne veux pas lire ces saloperies de mots.

Et pourtant, il suffit que je tourne la tête

pour regarder une jupe écossaise qui me frôle,

un instant, un seul instant,

un Moment de pas Being,

je me comprends…


Elle,

Elle m’a dit

« Ne sois pas triste,

tout va bien ! »


Silence,

absurde silence.

Je me sens comme un chien Thaï,

abandonné,

au bord de la route.

Tout est noir,

maintenant,

vivement la fin

Vendredi 6 juin 2008 – 01:23

03.06.2008

Ecrit

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Un compartiment comme les autres,

bien aligné, sans zèle inutile,

juste bleu et gris.

C’est écrit, c’est signé.

Le papier froissé, tirebouchonné,

défroissé.

Dans le train, l’homme écrivait, essayait.

Il pensait qu’il écrivait,

alors forcément il souriait ;

il visitait les pièces de ses rêves,

ouvrait les tiroirs de son cœur,

« Tiens il faudra refaire les murs,

le papier peint a jauni,

les cloisons ont gauchi… »

Et puis l’œil dans le vague,

il se demandait, un sourcil relevé :

« Qu’est-ce qu’on va bien manger ce soir ? »

Sa voisine lui jeta un soupire compatissant,

c’est bien vrai que la vie était dure, maintenant.

Elle plongeait la tête, le nez pincé

dans un Voici-Voilà plus laid qu’un Paris-Match,

A moins que…

C’est pas le tout, mais il faut écrire,

le train ne va pas attendre, personne

n’attend personne, de nos jours.

L’homme au papier froissé range son stylo

à la pointe dorée.

Les yeux fermés, un dernier effort,

il se concentre et puis se rendort…

« Amour de ma vie.

Je suis si heureux, tu sais.

Commencer une journée comme ça,

entouré, bercé par ton amour de femme,

c’est extraordinaire.

Cela fait si longtemps

que je n’ai pas connu une telle plénitude,

que je ne me suis pas senti aussi bien

avec quelqu’un.

Quoiqu’il arrive dans l’avenir,

tu m’auras déjà donné quelques unes

des plus belles heures de ma vie.

Ma Princesse, tout mon être résonne de toi.

Pour la première fois, j’ai emmené

mon Que sais-je ? avec moi,

envie de porter un morceau de Toi.

Vendredi 30 mai 2008 – 8h24

Lettre simple

SATURDAY, JANUARY 28, 2006

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Ce soir, je suis triste.
Je suis seul.
Tu es partie, tu m'as abandonné.

Ce soir, j'ai envie de pleurer.
Je n'ai pas reçu de lettre de toi.
Aujourd'hui, tu ne m'as pas écrit.

Je n'ai pas envie de travailler.
Je me sens vide, vidé de mon sens.
Je ne ressens rien, anesthésié par la douleur.
Ce soir, je suis seul.

Je savais bien, je le savais.
Tout ce bonheur, toutes ces couleurs,
tes manières et ta grâce,
Tous les jours, autant de mots étoilés
pour moi...

Je n'en suis pas revenu,
tellement tu m'as ému.
Pourtant je savais
que je ne mérite pas tout ça.

L'oasis de ta tendresse
est le mirage de mon coeur.
Tu m'as donné des choses si belles,
des impressions irréelles...

Tu m'as mis entre parenthèses.
Tu as commencé ton week end,
sûrement c'est quelqu'un que tu aimes.

J'ai fini le mien.
Je n'attends plus rien.

Je pleure de t'aimer.

POSTED BY LAPORTESANSPORTE AT 6:03 PM 0 COMMENTS

01.06.2008

Le temps

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Vivre pour aimer, pour donner,

pour partager.

C’est un programme intéressant.

Un voyage qui me plait.

Comme disait Woolfette Suprême :

« The Voyage Out »

Difficile à traduire mais tellement beau,

d’un sens à elle.

« Virginia, j’aimerai être poussière

sous tes pas. »

Au menu : de l’amour et des jours.

Des heures simples, sans ornement.

Des heures avec le ciel et la mer.

Un temps d’arrêt, un temps d’appel.

Le temps de me réveiller

de la plus belle nuit du monde,

quand tu es dans mes bras,

quand tu respires contre moi,

quand tu es là.

Le temps,

ce n’est pas de l’argent.

Le temps,

c’est de la vie.

Jeudi 29 mai 2008 – 13h26

31.05.2008

Train de vie

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Train de jour, train de vie.

Train de nuit, train d’envie.

Toutes ces choses incroyables

qui appartiennent au mystère de la vie.

Comment as-tu réussi,

à partir d’un autre système solaire,

à vaincre toutes les inerties polaires

et à subjuguer ce qui me tient lieu de cerveau,

à savoir : une goutte de folie ordinaire.

Voilà je suis fou de toi.

Est-ce bien raisonnable ?

Bien sûr que non diront les grincheux,

les hargneux, les miteux et les taiseux.

Mais quand on est déjà mort une fois,

qu’est-ce qu’on risque à respirer

le parfum du jasmin,

à pénétrer sur la pointe du cœur

Au Pays du sourire.

Une contrée étrange

où même les éléphants sont élégants !

Je suis là, je vais et je viens,

je travaille, je ramène les souvenirs

qui traînent, j’écris le chemin

d’une vie de grisailles pétillantes,

de morsures indéfinies.

Jeudi 29 mai 2008 – 13h18

Na Ka

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C’était là-bas, dans les beaux quartiers,

sur les hauteurs de la place d’Iéna,

dans le seizième arrondissement parisien.

C’était le matin, presque l’été.

Encore un peu tôt, pour se retrouver

sur le trottoir mouillé, encore luisant de nuit,

devant le Musée Guimet,

baptisé pompeusement

Musée national des Arts asiatiques.

C’était aux heures hésitantes d’une matinée de Juin,

je me suis dit que Turner aurait bien aimé

ce ciel là. Surement qu’il l’aurait capturé,

transporté plus loin, au dessus de la Seine,

pour tranquillement le déguster.

J’aime bien l’ambiance chico-cosy

de ce petit musé glacé.

J’ai connu une Bretonne flamboyante

qui venait souvent ici. Elle était belle

et palpitante de vie. Et pourtant si

déroutante, ma mystérieuse,

ma silencieuse. C’était une femme.

Voilà l’explication.

Un jour elle s’était posée chez moi,

comme un papillon, elle m’a dit

qu’elle me regardait depuis longtemps,

qu’elle se sentait prête.

Ce fut une rencontre d’une intensité

rare. Ensuite je suis parti en vacances,

au bout de nulle part, en Calabria.

Quand je suis revenu, elle avait disparu,

en me laissant quelques fils de poussière d’or.

Toujours la Chine et le Japon,

toujours les mêmes,

et pourtant, il y a autre chose,

comme un courant, une lumière

qui se lève et traverse le relief

de l’Asie du Sud Est.

L’autre jour ou bien était-ce

une autre vie, je discutais

avec une ange.

C’était a female angel,

une นางฟ้า ,comme elle disait

ou une naang faa si vous préférez.

Elle m’avait dit « Je viens du Pays

du Sourire Na Ka.

Tu es prêt à partir Thee-Rak ? »

Je ne me rappelle plus ce que j’ai répondu,

à ce moment là j’étais dans le bus,

en train de lire une histoire de là-bas,

dans la Cité des Anges dont le nom

à lui seul est le début du roman d’une vie :

« Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude,

ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée

de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme

Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné,

ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn. »


Je pensais aux tours et aux détours,

aux flashes de couleurs qui ponctuent

les rues de Bangkok,

la ville capitale où les Bouddhas sont vêtus d’or

et se promènent assis en tailleur, posés sur un socle,

la jambe droite repliée sur la gauche.

Tiens celui-ci est recouvert d’un enduit noir luisant,

il effectue de sa main droite, la mudrâ

de la prise de la terre à témoin.

Tu m’avais expliqué déjà ailleurs, dans un autre paradis

que ce geste symbolise la victoire de l’Eveillé sur Mâra,

prince des désirs et personnification de la mort.

Le Bouddha, l’Eveillé comme il est appelé,

me regardait, du moins il me semble

que c’est lui qui avait commencé.

Autour de nous, les murs étaient blancs et purs.

« Ca manque de femme… » Je n’ai pas pu me retenir.

C’est vrai ça, c’est comme toujours, les Dieux devant,

les femmes derrière.

Et alors pourquoi n’y aurait-il pas des Bouddhettes ?

Surtout dans ce pays magique,

surement dans une autre galaxie,

où les femmes sont tellement mères

et tellement femmes qu’elles allaitent

leurs bébés pendant deux ou trois ans…

Incroyable, stupéfiant,

j’ai trouvé, après le magicien Dhôtel,

Le pays qui n’existait pas !

devant moi, s’ouvre une petite salle,

je suis attiré par la présence des dharmacakra

les Roues de la Loi, symboles solaires

comme en connaissaient les Celtes,

Celles –ci provenaient du royaume de Siam,

je lisais, l’émotion me prenait.

Une ombre à côté,

une ombre venait.

Je voyais sans voir

des cheveux plus noirs que noirs,

des pieds dans des sandales dorées,

les larmes tombaient je ne sais plus

de quels souvenirs, sur quels chemins.

Prêt à me retourner, à m’enfuir,

retrouver le métro et le train-train parisien.

Une voix douce murmura :

« Tu te souviens Na Ka ? »

Samedi 31 mai 2008 – 9h08

30.05.2008

Le canal

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L'homme marchait.
La rue était noire et sale.
C'était près du canal.

Il releva le col de sa veste,
pour se cacher ou
mieux se protéger.

Le froid humide le pourchassait
et lui fuyait, en trébuchant.

Quelle idée, il avait eu !
Et maintenant il était comme perdu.

Il ne pensait plus il marchait,
branché sur pilote automatique,
il croisait le long du canal,
toutes jambes dehors...

Oui, mais il avait froid.

Là-bas, un pont brinquebalant,
un genre de passerelle
époussetée par le vent.

En face, par le trois quart arrière,
il distingue comme un fanal
qui pour lui raisonne comme un signal.

Une terre d'amerrissage,
pour pieds fatigués,
et membres recroquevillés.

Un genre douteux et vaporeux
d'estaminet sans feux.
La porte grince et s'arrache
sur elle-même.

"Messieux-Dames" dit-il
comme pour se parler à lui-même,
car des dames, dans un endroit pareil...

Enfin des vraies dames, je veux dire,
pas des mères-salopes, maquerelles
et filles de joie.

"Et pourtant, pourtant,
Et pourtant, je n'aime que toi..."

Attablé dans le fonds,
près de la fenêtre, il chantait dans sa tête,
ses amours apparus puis disparus.

Machinalement, comme il se réchauffait,
il sortit son carnet, le stylo bleu,
il écrivait, l'encre coulait.
Il respirait.

"Monsieur désire ?"
Il regardait sans comprendre,
il entendait sans voir...

Un ange lui parlait ?

Quelle voix, dans un endroit pareil !
il haussa les épaules, se gratta
l'oreille du coeur, la gauche,
plissa les yeux, continua à écrire.

...

"Que monsieur me pardonne,
je vous dérange, en somme ?"
Il leva les yeux et fut pris
d'une sorte de tremblement.

Il balbutiait, les larmes aux yeux,
il sentait son coeur gémir
et trembler dans lui.

Il répétait :
"Trop belle pour être vraie, trop belle..."

Elle plongea ses yeux dans les miens
et prit ma main.
" C'est mieux comme ça ?"
Je fis oui de la tête, incapable de parler.

Je ne pouvais que la regarder, la respirer.
M'enivrer du flot de ses mots.
J'étais ailleurs, au dessus, au delà du paradis.

Elle me dit : "Je m'ennuie ici, tu m'emmènes ?
- Mais, ma vie, mon travail, mes habitudes,
ma famille, ma patrie ?
- Et moi, alors, je ne suis rien ?
- Tu es tout.
- Tu ne me connais pas !
- Je t'aime
- Tu es fou.
- Oui
-Alors ?

- C'est fini.
Tout est fini.
Je t'emmène.

Le 18 février 2006

28.05.2008

A dog on the train

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Un rendez-vous de travail, agréable,

qui débouche sur l’organisation

d’un weekend littéraire à Londres,

autour de Virginia Woolf.

C’est tellement bien

que je me suis senti obligé

d’aller à la Fnac Saint Lazare,

c’est le truc fatal, je passe devant,

pour acquérir Miss Dalloway en anglais.

Après avoir hésité entre trois éditions différentes,

j’ai choisi la Modern Classics,

chez Penguin Books.

C’était la version la plus chère,

mais aussi la plus complète,

avec une introduction, des notes

et surtout une carte du Londres de l’époque.

J’ai également été pris de faiblesse

pour le « Journal intime » de Franz Kafka

dans la très jolie édition Rivages Poche

(la même que « L’écrivain et la vie »

de Virginia Woolf).

C’est étonnant comme les grands écrivains

sont immortels et comme on continue

de trouver des lignes, des mots,

des carnets enfouis…

Dingue !

Les génies ne meurent jamais.

Finalement, c’est plutôt rassurant.

Un vieux chien, tout sage,

est couché dans le train,

à côté de moi.

Il est beau, gris foncé et blanc,

avec un collier bleu.

Il a belle allure,

peut être un chien philosophe ?

C’est sympa, je trouve, un chien avec nous,

ça fait plus vivant, planète plus habitée.

Je pensais à toi, sous la pluie Na Krup.

Tu dois être si mignonne, dans le bus,

en train de lire.

J’espère que tu n’as pas les pieds mouillés.

Je t’imagine.

Je ressens une impression,

un éblouissement,

aux couleurs du bonheur.

Mardi 27 mai 2008 – 14h40

Vocation

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On train.

Sous la pluie,

je pense à si loin, à là-bas.

Quel plaisir de se promener sans cartable.

Juste un parapluie écossais

et un petit carnet rouge, à spirales,

pour écrire des jours et des instants.

Pour attraper des « Moments de l’être »,

comme disait Virginia,

la femme au dessus des femmes.

Elle aimait les femmes,

elle avait bien raison.

Depuis tout petit,

depuis toujours,

je ne vis que par,

que pour les femmes.

J’ai fait carrière,

car j’ai été bien encouragé,

mais ma seule ambition,

ma seule vocation a toujours été

une femme à aimer, à idéaliser.

Une femme qui me ferait fantasmer,

une femme qui me ferait souffrir.

Je l’attendrai, je suis décidé à l’attendre.

Maintenant que j’ai compris

que je ne trouverai jamais la déesse absolue,

je me regarde autrement,

je vois ma folie différemment.

Je suis un cas désespéré, d’accord.

Mais, qu’est-ce que la vie ?

Sinon une tentative d’exister

et l’amour, alors…

Aimer, c’est dire : j’existe,

c’est regarder tes yeux briller,

c’est embrasser et mordre

tes pieds de femme Na Krup.

Mardi 27 mai 2008 – 11h24

27.05.2008

Refrain

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Phone Call - 1957 - Saul Leiter

Je suis là,

avec toi.

Tu es là,

Je suis bien.

Parfois, j’ai des envies de refrain,

de la disco-Thaïe ou du Blues Parisien.

Cette nuit, je ne pouvais pas dormir,

trop besoin de toi,

de sentir la chaleur de tes pieds contre moi.

Trop envie de regarder ton sourire dormir

et tes cheveux si noirs,

d’Ange si Thaïe.

Demain j’essayerai d’aller chercher

mon Que-sais-je.

Besoin de comprendre, pas encore,

je ne suis pas si présomptueux,

mais plutôt d’appréhender ta culture,

magique,

si différente de tout ce que je sais

ou que je crois.

J’espère que tu vas bien,

que tu n’auras pas d’orage,

pas trop d’orage aujourd’hui,

que tu es prudente à vélo.

Des fois, j’ai des flashes de peur,

comme ça,

quelques morceaux de seconde,

c’est une secousse qui me fait frémir.

Et puis, je vois ton sourire,

ta démarche décidée,

alors, je suis rassuré.

J’aime te sentir

non loin de moi.

Savoir que tu es là.

C’est mieux que le soleil,

c’est Keng.

Vendredi 23 mai 2008 – 8h25

26.05.2008

Un jour ordinaire

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De l'Inde à l'Oxus au Muséum archéologique de Montpellier

On train.

Un jour de grève ordinaire.

Il fait chaud et orageux.

J’ai bien fait de ne pas prendre d’imper.

Ce matin, je me suis éveillé

dans la Cité des Anges Na Krup.

Je suis content d’aller travailler,

de retrouver mes étudiants,

pas très courageux,

mais extrêmement sympathiques.

Et puis, c’est agréable de marcher,

de rêver, de croiser des créatures,

parfois belles, parfois laides,

mais toujours vivantes,

jamais indifférentes.

J’aime bien les étincelles de la rue

et puis le train-train du train.

Les tours de La Défense

s’échappent sur la gauche.

la petite gare de Clichy-Levallois

est adorable, typique de la banlieue,

avec de jolies briques et un toit

de tuiles orangées.

Je pense à toi

et à tes cheveux noirs.

Sur ta bicyclette, sûrement.

Vu que tu es une femme,

donc redoutablement efficace,

je pense que tes cheveux sont attachés,

peut être réunis en une belle queue

de cheval (ou de panthère noire !)

ou bien les cheveux courts,

plus pratique.

Je sens ton souffle.

Tu es toujours pressée,

mais jamais en retard.

C’est Toi.

Jeudi 22 mai 2008 – 13h54

25.05.2008

Fleur blanche

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Ma douceur blanche,

ma fleur de jasmin.

Tu es la lumière blanche

qui éclaire ces mots, ces lignes,

le plaisir ordinaire d’écrire,

pour te dire, pour apprendre,

pour comprendre.

J’embrasse ta douceur.

Je suis arrivé dans le 9ème arrondissement,

rue du Faubourg Montmartre.

Le lieu de mon rendez-vous est situé

entre la rue D’Uzès, où j’ai travaillé un an,

et la rue de Provence où j’avais

obtenu mon premier job important.

Je me tiens sur le trottoir sale,

presqu’en face du Palace,

tristement barricadé.

Là aussi, quelques souvenirs

me prennent de plein fouet :

les actrices, les sœurs princières,

Gainsbourg entrainant une amazone ;

on me présente le plus grand danseur

de tous les temps qui m’embrasse

à pleine bouche.

J’aurais dû me méfier d’un danseur russe.

Un peu plus loin, j’ai découvert

un joli passage couvert d’antiquaires

et de bouquinistes ainsi qu’une

jolie brasserie, luxueuse et veillotte.

Il me semblait bien que Chartier,

une des plus anciennes et des moins chères

des brasseries parisiennes était dans le quartier,

mais je ne l’ai pas trouvée.

Je suis en avance,

comme d’habitude.

Mardi 20 mai 2008 – 13h30

24.05.2008

Une autre époque

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Virginia Woolf avec sa nièce Angelica en 1932

Je remontais le boulevard Malesherbes,

Un quartier, plein de souvenirs,

douillets et fortunés.

Goldman Sachs et les autres.

L’hôtel particulier où je travaillais,

ma deuxième maison,

transformée en Ambassade,

la maison de Sarah Bernard, toujours là.

A la radio, l’étourdissante nostalgie

du Twist again de Chubby Checker.

J’ai envie de revoir mes souvenirs.

Je me gare rue de Logelbach,

là où la patronne de la pharmacie

était si belle, si snob et si rousse.

Là où le patron de la brasserie

m’appelait Maestro.

Là, c'est-à-dire juste en face

la rotonde du Parc Monceau,

le jardin le plus romantique

de Paris, où j’ai souvent écrit.

J’ai envie de retrouver la senteur

de ces printemps là,

la rougeur d’une robe de satin,

l’éclat d’un collier de perles.

Je marche et je m’assois.

Je suis assis et délicieusement seul.

Je plonge dans mes souvenirs,

mes livres et mes rêves.

Je viens d’acheter la dernière

édition de « La chambre de Jacob »

de Virginia Woolf.

Je pose le livre, sur le banc,

près de moi.

Bien sûr, je l’avais déjà,

mais il s’agit d’une nouvelle traduction,

et puis la collection « La Cosmopolite »

chez Stock est vraiment belle,

alors…

Comment lui refuser, quelque chose

à elle, à Virginia

qui nous a tout donné.

Une jeune femme passe,

dans l’allée ensablée.

Elle me sourit,

je devais parler tout seul,

elle a cru que je parlais aux oiseaux.

Elle s’assoit sur le banc d’à côté.

Je la regarde,

ou plutôt, je regarde ses pieds.

je lui souris,

ou plutôt, je souris à ses pieds.

Je me dis que j’aime bien ses sandales.

Je me dis « C’est du serpent ou la vie ? »

Je regarde Virginia en couverture,

j’ai l’impression qu’elle aussi,

elle est là aujourd’hui.

Mademoiselle Stephen promène son esprit.

Je ferme les yeux, je la vois

dans son jardin au milieu de ses rosiers.

Je me rappelle d’une vieille photo

où la Femme des Femmes

est avec Angelica, la fille de

Nessa sa sœur adorée.

Je prends le livre sur mes genoux.

Je caresse la couverture,

d’un index distrait,

Je savoure.

« Vous permettez ? »

La jeune femme en sandales

s’est assise à côté de moi,

elle tend une main fiévreuse vers le roman.

« Je vous en prie, c’est avec plaisir »

Je suis content de partager ma Woolfette.

Et puis, je me dis que c’est curieux,

toutes ces femmes que j’ai aimées,

elles aimaient si peu les livres,

alors aujourd’hui…

Je respire profondément.

C’est drôle la vie.

Je suis là, à contempler une femme

jeune et de type asiatique,

elle lit mon livre et je suis content.

Un air de Michel Berger

me trotte dans la tête depuis un moment

Je ne peux m’empêcher de fredonner :

« Mademoiselle Cheng, Mademoiselle.. »

Lentement et comme à regret,

elle quitte le livre des yeux et me regarde :

« Pas Cheng, Mademoiselle Keng »

Samedi 24 mai 2008

Listening to you

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Bouddha endormi à Pékin

J’attends au soleil,

assis sur un banc,

gris comme du mastic.

Je suis là.

Je t’écoute et j’observe tes interrogations.

J'ai envie que tu m’expliques ta vision du monde.

Les différences abyssales qui peuvent exister

entre les pays (culturelles, géographiques,

économiques et sociales) rendent

incompréhensibles certaines situations.

Par exemple, quand les populations

n’ont pas de quoi se nourrir,

les valeurs ne sont plus les mêmes.

Même la vie humaine a moins de valeur.

Alors, on se vend, on vend les parties

de son corps, on vend ses propres enfants,

simplement pour se nourrir, pour survivre.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

On appelle Marx et Jésus,

pour rendre les hommes meilleurs ?

Je n’y crois pas.

Et j’estime que les révolutions

françaises et russes ont constitué

des désastres (et le mot est faible !) inutiles.

Par contre, il y a des espérances,

rendues possibles par la mondialisation,

qui se réalisent timidement

en Chine et en Inde,

ce n’est que le début,

mais c’est un merveilleux commencement.

Mardi 20 mai 2008 – 13h30

Dancing on the street

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Le Dragon Bleu de Robert Lepage

14h24 - On train again

Une jeune fille danse dans la rue.

Elle est mignonne, pas très grande.

Des cheveux longs, châtains,

un débardeur grège,

un jean serré, gris anthracite

et des ballerines noires.

Je suis surpris de voir

comme elle est à l’aise,

malgré son beau derrière épanoui

et si irrésistiblement féminin.

Ca n’a pas l’air de la gêner pour sautiller

et pour danser au milieu de la rue.

Encore un insondable mystère féminin…

Jeudi 15 mai 2008

21.05.2008

Femme - Panthère

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Panthère

ou

Femme ?

C'est un peu pareil, non ?

Si on enlève un peu de poil (c'est la saison)

et la queue, bien que...

J'ai découvert (quand on cherche on trouve,

comme dirait l'autre !) un pays magique

où il existe un temple du tigre.

Là on recueille les bébés tigres orphelins

et on les soigne.

C'est une belle idée on pourrait peut être

essayer avec nos panthères...

Bien sûr c'est un rêve,

ça n'existe nulle part ailleurs

que dans le Pays du Sourire,

ton Royaume.

Mercredi 21 mai 2008

Deux vies

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Un homme déchiré par la vie

qui lui a tout repris.

Un homme usé,

qui a besoin de marcher.

Un homme banal

qui est là sans être là.

Il apprend à ne rien attendre.

Il n’a plus besoin de fuir les hommes,

il est déjà parti.

Alors il hante les squares,

se fait des amis parmi les oiseaux

et se moque de la futilité de la vie.

Il a côtoyé trop de princes et de princesses

et des actrices et des artistes.

Il était riche à mourir.

Il en est mort.

Et puis, il s’est relevé.

Il est devenu modeste.

Il a renvoyé les titres et les châteaux,

les îles et autres fééries.

Il a regardé la souffrance autour de lui,

il est retourné au milieu des hommes.

Ses jours sont rythmés par l’attente

des yeux noirs qu’il attend de voir briller.

Parfois il arrive trop tard et au détour d’une allée

il aperçoit le flottement des cheveux

noirs comme de la soie.

Une démarche de princesse,

la légèreté d’un pétale de jasmin

que tu déposes dans ma main.

Mercredi 21 mai 2008

20.05.2008

J’ai deux amours

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J’ai deux amours,

ce sont tes pieds de velours.

J’ai deux amours,

ce sont tes pieds pour toujours.

D’accord c’est une obsession

mais ça change des clichés genre

« elle avait des jambes interminables »

ou alors on a aussi :

« elle me regardait de ses yeux de biche ».

Il y a la bouche sensuelle et les lèvres pulpeuses,

la poitrine plantureuse ou maraichère

avec les pommes/poires.

Mais les pieds c’est mieux,

c’est plus caché, plus recherché.

Les pieds sont les parents pauvres

des attributs des déesses de nos vies,

ces êtres magiques

que nous nommons des femmes

et que nous appelons

depuis que nous sommes nés.

Une étoile dans le ciel

du royaume de Siam.

Une planète qui éclaire mes nuits,

une lumière bizarre

pour de « Strange days ».

Une lumière noire,

dotée d’une énergie quantique

illumine mes deux amours

tes pieds,

pour toujours

Mardi 20 mai 2008

19.05.2008

La Princesse était là.

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Un chemin qui serpente à travers des haies de rosiers.

Plus loin, des massifs de jasmins et de bougainvilliers,

la terre sableuse est silencieuse.

Je m’arrête au début d’une allée de lauriers-roses.

Quels parfums !

Le ciel est encore bleu,

pourtant je le sens hésitant,

comme une pointe d’humidité,

derrière un fard violet.

L’allée débouche sur une impression blanche.

C’est un du sable brillant,

presque phosphorescent,

comme argenté.

Je revois des images de plages,

Phuket, Mayflower Beach, Porquerolles…

Mais ce n’est pas ici.

Je n’ai pas envie de réfléchir,

cela fait trop longtemps maintenant

que j’habite ma solitude.

J’ai juste envie de sortir de moi,

de me laisser bercer

par le murmure de la mer.

Sur mes lèvres, je sens le gout de l’océan.

Je m’avance et j’attends,

Je serre les poings.

J’avance et je m’assois,

je ferme les yeux.

Je me lève et je marche

je me noie.

Je me réveille,

tu es là.

Dimanche 18 mai 2008