16.08.2008

Place Saint Michel

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Angelina Jolie par St. John



Après les quais des deux rives

je plonge sur la place Saint Michel.

Les touristes prennent des photos

de la fontaine avec ou sans copine,

mais le pauvre petit dragon est toujours là,

aux pieds du lâche héros surarmé.


Je traverse sans regarder et je

me gouffre (j’aime bien !)

chez Gibert (toujours) Jeune

dans l’escalier mécanique vers

la littérature ancienne et moderne,

où j’achète des livres d’occasion

quasiment neufs, souvent à moitié prix.


Bien sûr c’est ma Princesse Littéraire

qui m’a donné envie de retourner là

où j’allais déjà acheter mes livres pour le lycée.

J’ai encore trouvé des merveilles :


La route de Cormac Mc McCarthy

un livre d’un grand écrivain américain

qui vient d’être publié en France

aux Editions de l’Olivier.


Parlez-moi d’amour et seize autres

nouvelles des années 1974 à 1981

de Raymond Carver

dans la jolie collection biblio

du Livre de Poche.


Dans la délicieuse collection libretto

chez Phébus, la réédition en 2003

de : Ce lieu déshérité un petit roman

de 1949 d’un auteur incroyablement

méconnu, André Dhôtel.


Un autre auteur français Michel Butor

avec L’emploi du temps,

un ouvrage édité en 1956 par les

éditions de Minuit dans un curieux

format de poche de 400 pages.

Butor est peu connu du grand public

mais avec « La modification »

il a écrit une des œuvres majeures

du vingtième siècle.


Et puis pour finir en beauté

cette virée livresque, livrante,

j’ai trouvé caché derrière une vitrine,

une remarquable édition de 1929

de Mrs Dalloway, de Virginia Woolf,

préfacée par André Maurois et publiée par

la Librairie Stock, Delamain et Boutelleau

qui doit être l’ancêtre des éditions Stock.


Jeudi 14 Aout 2008

12.08.2008

Woolfite aigue

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C’est une nouvelle maladie

peu contagieuse,

le virus est trop difficile.


La problématique, comme dirait l’autre,

c’est de trouver les œuvres de la Virginiesque

qui sont épuisées et non réédités.

Donc First : on recherche sur Internet

des livres anciens ou d’occasion,

pas trop chers et en très bon état.


Sur Chapitre.com et Abebooks,

j’ai trouvé quelques trésors Woolfiques :


Lettres est l’édition française de 1993 par Le Seuil

du fameux : The Letters of Virginia Woolf publié

en six volumes, de 1975 à 1980 par Nigel Nicolson,

le fils de Vita Sackville-West et l’exécuteur testamentaire

de Virginia Woolf.

Cela représente donc la correspondance intégrale

de la Woolfette, soit 4000 lettres, en 53 ans.



Virginia Woolf est une biographie due à Béatrice Mousli,

une Française qui vit à Los Angeles et enseigne à l’Université

de Californie du Sud.

C’est un livre sympa paru aux éditions du Rocher, en 2001.


Ensuite, un de ceux qui m’a donné le plus de mal,

c’est Flush, un petit Livre de Poche de 126 pages,

édité en 1979 et introuvable depuis longtemps.

Flush, c’est un chien, cocker de race pure qui

a vécu au milieu du 19ème siècle et qui revit

sous la plume de Virginia.


Après le chien, le bateau…

Croisière est un mystère, car personne n’en parle.

Il s’agit pourtant de la première édition française,

en 1952 chez Robert Marin, du premier roman

de Virginia, The Voyage out qui, depuis 1985,

est publié en France sous le médiocre titre

« La Traversée des apparences ».

En tout cas, Croisière, est un beau bouquin tout

jaune, un peu fripé, un livre qui ressemble

à un livre…


Enfin, merveille des merveilles,

Le Faux Roman est une rareté minuscule.

C’est un mini-livre publié en 1995 chez

Mille Et Une Nuits.

En fait, il s’agit du premier anti-roman

de Virginia Woolf paru en 1921,

sous le titre : An Unwritten Novel !



Jeudi 31 juillet 2008 – 17h47

11.08.2008

Vagues

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Angelina Jolie sur une vague de sable


Sitting On a bench, at the station.

Raté de deux secondes

le train de 13h54,

le suivant supprimé,

le prochain à 14h24,

merci les fainéants.


Ciel bizarre,

ciel bleu et blanc,

moutonneux, moutonnant.

Ciel de traîne, de trêve.


Un chien qui travaille,

un chien passe.

Un Malinois à muselière,

pauvre bête, par cette chaleur,

dur de gagner sa pâtée !


Une sirène qui parle, qui passe.

Un gros chien, dans un jardin,

derrière moi, se réveille en sursaut

et sonne la charge

d’une voix caverneuse,

une voix de gorge, c’est ça ?


Comme qui dirait l’autre,

une voix de seins,

chez les femmes…

Plein de femmes à pieds,

partout, aujourd’hui.

Elles ont toutes de grands pieds,

pourquoi ?



Vagues, c’est un joli mot,

plus cassant que Waves,

moins spongieux.


Vague, c’est vague,

le tout du rien,

le rien du tout.


Vague, c’est flou.

Et une vague, vague

qui vogue, qui flotte,

qui surfe.


C’est l’été.

J’ai envie d’une vague.


Mardi 29 juillet 2008 – 14h06

08.08.2008

Les gouts et les couleurs

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Portrait d’une jeune Nord Africaine par Jean-François Portaels


Mission accomplie.

De retour dans le train,

at Santo Lazaro.


Quelques emplettes,

pour une centaine d’eurosses.

Onze livres, presque tous d’occasion,

avec quelques beaux morceaux comme :


« Le carnet d’or » de Doris Lessing,

l’ouvrage qui avait tant marqué

Joyce Carol Oates, 612 pages de plaisir ;


« Vous ne me connaissez pas » il s’agit justement

d’un ouvrage récent (2006 en France) de J. C. O.

Dix neuf nouvelles en trois cinquante pages.


« Nuit et Jour » le deuxième roman de Virginia Woolf,

publié en 1919, à 37 ans, 406 pages de bonheur pur.


« Les Amants de Byzance » en 357 pages,

le diamant noir d’un écrivain finlandais,

connu de par le monde, Mika Waltari.

En fait, je l’ai choisi pour la couverture

qui est la reproduction du Portrait de jeune Nord-Africaine

par Jean Portaels. Une toile sublime visible

au musée des Beaux Arts de Charleroi.

C’est la même beauté qui est dans ma chambre,

trouvée au musée de la Vie Romantique

sous forme d’affiche pour l’exposition Pierre Loti.


Et puis un truc pas très gai, la révolution d’Octobre

écrite par Marina Tsvetaïeva, une légende russe.

Elle avait vingt quatre ans, cela donne « Octobre en wagon ».


Sur le continent de la richesse, Siri Hustvedt

qui est accessoirement la conjointe de Paul Auster,

est maintenant reconnue comme une grande

écrivaine américaine. Je suis curieux de découvrir

« Elégie pour un Américain ».


J’ai également déniché des ouvrages absents

de ma Fnac de base : « La nuit en question »

quinze nouvelles de l’Américain Tobias Wolff,

un grand copain de Raymond Carver, le maître

des Short cuts, dont j’ai ramené « Neuf histoires

et un poème ».

Egalement « Les vies d’Emily Pearl » de Cécile Ladjali

qui est prof comme Tobias Wolff mais à Paris

et non en Californie.


J’ai fini avec « Le cercle des Mahé »

un beau Simenon de la NRF chez Gallimard

et « Le jour des abeilles » de l’Américain

Thomas Sanchez, un roman d’histoire et d’amour

choisi car j’ai eu le coup de foudre pour la femme

si belle et si romantique en couverture.

Comme quoi, les gouts et les couleurs…


Jeudi 24 juillet 2008 – 14h07

07.08.2008

Le vent souffle

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Chintara Sukapatana


Je repars à l’attaque

des occasions du livre.

Refaire un tour chez Gibert

et puis, si j’ai le courage,

aller voir les bouquinistes sur les quais.


Le train derrière, pousse un cri.

Est-ce bien utile ?

Ce doit être une fille, une traine

qui veut se faire remarquer.


Maintenant, le vent souffle.

C’est bien, il manque juste le sel

et une augmentation du degré d’humidité.


De jolis pieds qui arrivent,

une Indienne, sûrement.

Elle est très bronzée,

des nus pieds à la semelle très fine,

juste une sangle dorée,

juste là, près de moi.


Elle marche, elle tourne, elle vire.

Peut être Chintara ?

Allez savoir !

Peut être un esprit,

encore dans le noir ?

La même coiffure d’espoir,

la même !

Quel âge peut-elle avoir ?



Mardi 29 juillet 2008 – 14h11

06.08.2008

La vie dans les yeux

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Penelope Cruz


L’été qui était fini,

est revenu hier.

Le temps est au beau,

le train est bleu,

comme le ciel de là-bas.



La mer grise, où ça ?

Le train glisse,

les idées partent.


Des cris d’enfants.

Une odeur de soleil

sur la peau

d’une femme aimée.


Yes, les parasols rouges,

blancs et jaunes.

Les ballons qui volent,

les enfants qui hurlent.


Les femmes pensent

qu’elles ne veulent plus penser à rien.

Les hommes s’ennuient

ou presque…


J’ai faim, je me retiens.

C’est si bon d’être là,

d’écouter une petite fille

envahir sa mère.


Sentir le soleil,

être debout,

regarder la vie dans les yeux.

Bonheur.


Mardi 15 juillet 2008 – 11h37

31.07.2008

Prétexte

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Sur le quai désert,

soleil, brise légère,

une pie discute.


Un train snob, passe,

sans même nous regarder.



Une fille en Irlande,

l’autre à Paris.

Une femme qui est loin, aussi.


Je lis et je marche,

je n’écris pas assez,

mais ça revient.


Je pars en éclaireur,

fnaquer à Santo Lazaro,


car j’ai compris qu’un nouveau livre

de Virginia (qui a dit qu’elle était morte ?)

devait sortir le 14 juillet.


Il y a souvent du retard,

un décalage entre les annonces

et la mise en vente effective…


Bon d’accord, c’est aussi un prétexte

pour aller respirer l’odeur

de la littérature anglaise…


Mardi 15 juillet 2008 – 11h30

30.07.2008

Nouvelles

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Cape Cod Morning par Edward Hopper en 1950


Quand tout va mal,

on se dit que ça pourrait être pire,

on se raconte des histoires

d’ailleurs, d’autre part.

Chacun sa recette, pour abréger

la souffrance, l’insuffisance,

l’usure du temps qui arrache les heures

en tournant les jours.


Quand la tornade est trop salée,

la tempête trop noire,

je m’engouffre dans les pages

et je dévore les mots.

Parfois, je lis trop vite,

ça descend mal,

des bulles de virgules

coincées dans le cerveau…


Je viens de finir Les cloches d’Iris Murdoch,

J’aime bien son écriture mais son univers

m’exaspère, parfois. Chez elle les hommes ne

sont jamais complètement des hommes, et pourtant

ce sont toujours les personnages principaux

de ses histoires, et puis autour il y a des femmes

avec peu de consistance.

Le tout sur un fonds de religiosité assez précieux.

Heureusement, il y a toujours un grain de folie,

un décalage quelque part, entre les mots

de cette femme qui a dévoré la vie,

hommes et femmes compris.

Après la grande dame d’Oxford,

je me suis lancé à la découverte de

l’Américain John Updike à travers un

recueil de nouvelles : Les ailes du pigeon.

Même si le style narratif est intéressant,

j’ai été déçu par cette imitation nordique

de Faulkner, avec des personnages issus

de la campagne pure et dure, baignant

dans l’obscurantisme religieux,

avec une présence récurrente de la mort,

à toutes les pages… Au bout d’un moment,

ça me gonfle !

Heureusement maintenant je suis avec le

Blue Angel de la belle New-Yorkaise

Francine Prose,

le début des vacances…


Samedi 12 juillet 2008 – 08h43

28.07.2008

Noire et lisse

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On the quai.

Une corneille est là,

noire et lisse.

Elle m’attend.

Elle s’envole et plane.


Elle revient et se pose

à quelques mètres de moi,

sur la pente d’un toit

en tuiles rouges d’ici.


Elle appelle, elle me tutoie.

Comment dire « Hello I love you »

en Corneillan ?

Comment parler, se rappeler ?


Le temps est gris doux nuageux,

je pense à Londres.

Une brise légère berce mes pensées.

La mer au loin,

déjà un courant d’air froid.


Un train bleu passe

dans un grondement d’enfer :

une répétition du 14 juillet ?

Bientôt, déjà.


Un couple de pies traverse les voies

qui sont tellement surélevées

que les trains passent à la hauteur

de la cime des grands arbres

où nichent les pies et les corneilles.


Nous tutoyons les cimes

et les dieux sont parmi nous,

car nous sommes des Indiens

et la divinité habite toute chose,

aussi bien les ours que les pierres grises.

L’univers est vivant.


Jeudi 3 juillet 2008 – 12h01

26.07.2008

Un coup de Woolf

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Vita Sackville-West dans Orlando de Virginia Woolf



Virginia, la femme des femmes,

merci d’éclairer nos vies.

Ceux qui pensaient que j’étais guéri

vont être déçus, je suis plus

Woolfé que jamais.


Tout d’abord comme Virginia,

dans Modern fiction,

nous pouvons nous demander :

« Is Life like this ? »

C’est vrai que parfois, c’est un peu dur.

Le ciel de la Tamise est trop foncé,

le sens nous échappe,

le vent nous oblige

à fermer les yeux,

envie de rien,

rester immobile dans la poussière de Londres,

attendre Virginia, guetter son regard,

elle comprendra.


La sortie de son dernier livre,

elle a du l’expédier par Internet,

est encore retardée, ce n’est plus

le 14 ou le 20 juillet, c’est :

on verra plus tard !

Donc on attendra pour savoir :

« Comment lire un livre »,

250 grammes de bonheur Woolfien publié par L’Arche

dans la collection Tête à tête.

En attendant la publication des œuvres complètes

dans la collection La Pléiade,

je continue à amasser des trésors.

Sur Alapage, Amazone et surtout pas

Fnac.com, je butine et je grappille :

« Une aristocrate en Asie »

de la Super Copine Vita Sackville-West,

publiée dans la Petite Bibliothèque Payot,

collection « Voyageurs » ou encore,

« Middlemarch » de George Eliot,

édité en folio classique, et surtout,

préfacé par Virginia.


Vendredi 25 juillet 2008 – 18h55

22.07.2008

Soldes

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New York by Saul Leiter


L’autre jour,

à moins que ça ne soit

tous les jours,

J’avais le blues.

Donc, j’ai fait les soldes.


J’ai pris mon bâton de train-métro,

direction la Rue du Bac,

là où habitait Romain Gary.

Je descends le boulevard Raspail

jusqu’à la Librairie Gallimard.


Choucroute blanche, je ne trouve

rien qui m’intéresse à l’étal

des œuvres en solde.


Le climat est britannique,

un patchwork de vent, de pluie

et une certaine tiédeur estivale.

Je continue ma descente du boulevard,

je m’arrête chez Foucher, pour acheter

un manuel d’économie.


Plus loin, je rencontre un futur bachelier,

complètement perdu qui cherche

une école inconnue pour moi aussi.

Ensuite, à l’angle de la rue de Rennes

une jeune fille tout à fait charmante

est à la recherche des Ateliers de Sèvres,

jamais entendu parler de cette espèce là…

Finalement, sans faire exprès,

enfin, juste un peu, j’arrive à la Fnac

Montparnasse, ça tombe bien

c’est la fnaquette que je préfère.


Pour commencer, j’ai découvert

une nouvelle collection de poche,

chez Robert Laffont : Pavillons poche,

sympa et pas chère, avec de bons auteurs.

J’ai choisi : La saison des pluies

de l’écrivain anglais Graham Greene,

l’incomparable auteur de « Notre agent

à la Havane ». Dans la même collection

je suis tombé sous le charme de la très belle

américaine, originaire de l’Alabama, Zelda Fitzgerald

qui a écrit : Accordez-moi cette valse,

le récit de sa vie avec l’auteur

de « Gatsby le Magnifique ».

Et toujours dans la même collection, je me suis

laissé tenter, par le premier roman de l’Américain

John Updike : Jour de fête à l’hospice.


Ensuite, le plus anglais des écrivains américains,

Henry James, avec Portrait de femme, son œuvre

la plus célèbre, aux Editions 10-18.

Tout naturellement suivi par Eté de l’Américaine

Edith Wharton, la grande copine d’Henry James

qui elle, avait choisie la France. Eté est publié

dans une très belle édition de « La découverte »,

illustrée par la Femme à l’ombrelle de John Singer Sargent.

Après, j’ai complété ma collection de Faulkner

avec le recueil de nouvelles : Idylle au désert, chez Folio.

Et j’ai fini avec un nouveau livre de la Suissesse Annemarie

Schwarzenbach : Orient exils, publié dans la très jolie

Petite Bibliothèque Payot.

Soit sept bouquins pour quarante sept euros,

une affaire, non ?


Mardi 8 juillet 2008 – 07h06

Gouttes

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T 1959 par Saul Leiter


Un jour de pluie.

C’était bien.

Juste un peu de douce mélancolie.

Obligé d’éloigner le couple de geais

qui n’avaient pas décelé la présence

de la voisine rousse et blanche

tapie dans le feuillage d’un hosta.



Ce soir, un feu d’artifice de bonheur,

la libération d’Ingrid Betancourt,

quelle femme impressionnante,

un miracle qui nous fait croire à la vie.

Je vais enfin avoir le courage de lire

« Lettres à maman, par delà l’enfer »

écrites par Ingrid et Mélanie.


Je viens de dévorer les 737 pages

du somptueux « Nous étions les Mulvaney »

de Joyce Carol Oates.

C’est bien un chef d’œuvre de la prof de Princeton

qui est bien la digne héritière de la Woolfette,

avec ses héroïnes féminines qui sont

d’éternelles jeunes filles romantiques

tout en étant des sœurs, des femmes

et surtout des mères dotées

d’un incomparable sens poétique,

des silhouettes élégantes au service

d’un esprit pur.


Demain les filles iront faire les soldes

au Printemps (quel courage !) pendant

que je plongerai avec délice dans les étals

de la Librairie Gallimard,

il y a des soldes partout, non ?


Mercredi 2 juillet 2008

19.07.2008

Libre

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Partager le bonheur

des jours et de l’amour.


La voix d’Ingrid est une lumière

pour beaucoup d’entre nous.


Il y a des moments

comme ceux-là où nous ressentons

une légère fierté d’être humains.


Ingrid, tu illumines le chemin des hommes,

ta liberté est la notre,

te revoir avec tes enfants

est notre récompense.


Nous ne méritons surement pas de t’aimer,

mais nous essayerons,

pour toi,

la combattante.


Vendredi 4 juillet 2008

14.07.2008

Brise légère

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On quai.

Ce matin, soleil et légère brise,

un temps magnifique pour marcher.

Dernier matin de cours

de l’année universitaire.

Bien sûr, je suis content

et je suis triste

de ne plus voir les filles.

Elles sont si mignonnes,

tendres et sauvages,

les reines de la vie,

si jeunes et déjà si femmes,

si mères.

Elles possèdent toutes un copain

dont elles prennent soin,

comme d’un bébé,

avec le courage des mères

qui s’occupent de tout,

qui veillent sur nous.

Nous sommes les enfants de la terre,

elles sont les déesses de l’univers.


Je suis toujours déçu par les dossiers

qui n’en sont pas.

C’est le cas des Ecrivaines anglaises

mal traitées par le Magazine Littéraire.

Deux trois articles présomptueux

incapables d’évoquer avec dignité

le talent de la Woolfette,

comme si les plumes amères

avaient peur,

jalouses, sûrement,

de son immense talent,

des femmes assurément.

Vendredi 27 juin 2008 – 8h21

09.07.2008

Paupières lourdes

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AIDAbella sur l’Elbe près de Hambourg


Un teuf-teuf presque vide,

avec juste, quelques femmes à pieds.

Trois, c’est mieux que rien.

Aujourd’hui, pas de veste,

marre d’avoir trop chaud.

Ma nouvelle chemise bleue

en lin, est parfaite.

Le train c’est bien.


Une vie sans femme,

oui mais une existence

avec des personnages,

à faire vivre, à aimer.


Des Thuyas saugrenus,

à Asnières, sur le quai,

que font-ils là ?

Ils se promènent ?

Le soleil sans la mer,

il reste la Seine.

Il me vient l’envie

de tout et de rien.


Des beaux pieds,

des seins décontractés,

un joli visage,

presque endormi.

Paupières lourdes,

pensées épaisses,

le rêve n’est pas loin.


Le train ralentit,

nous touchons au port,

le navire atterrit,

le train active ses servofreins.

Il est en approche,

les deux pattes

descendues vers le sol.


Spectacle désolé de voies et de rails,

de fils et de poteaux,

de bâtiments déglingués

et d’inscriptions étranges.


Les femmes savent faire

des gestes charmants,

avec les bras en équerre,

la main pendante…



Jeudi 26 juin 2008 – 10h24

08.07.2008

Train-train du bonheur

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Penn Station


Banc / Quai / Gare.

Travail / Médecin / Examens.

Le train-train quotidien.

Les mots avancent,

les lignes se dessinent.

Norman Mailer m’indiffère.

Je trouve qu’il écrit un peu à la manière

d’Henry Miller, le génie en moins.

Il reste l’ennui et de vagues

détails scatologiques.



Je vais voir les filles,

cet après-midi,

encore,

c’est du bonheur.

Demain c’est le dernier jour

de cours.

Après, pendant deux mois,

je serai privé de leur présence

si rafraichissante.

Dur.

Très dur

Jeudi 26 juin 2008 – 10h16

05.07.2008

La Russie

Amu Darya River (Oxus) by Audrey H.

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La découverte, l’émergence

d’une femme de mots,

Julie Wolkenstein,

pour son quatrième roman

Happy End.

Comment ne pas tomber

dans le vertige d’un livre

qui s’ouvre sur un extrait

de « To the Lighthouse »

de ma Woolfette pour la vie.

C’est un bonheur total,

une promesse pour les demain

de bientôt.


Et puis, un grand monsieur,

John Cheever, pour la réédition

de son premier grand roman,

Les Wapshot.

Début de la célébrité,

d’un raconteur d’histoires,

une autre façon de dire merci

au talent de l’écrivain.


Et puis, encore une légende,

Marina Tsvétaeva,

la Russie faite femme

dont on retrouve toute la correspondance

avec elle-même et d’autres.

Et puis, ce petit recueil,

Le Diable,

de trois récits écrits en France,

dans la banlieue de mon enfance.

Le début d’un frisson

qui est toujours là,

qui ne partira plus,

maintenant.

Jeudi 19 juin 2008 – 18h30

03.07.2008

Brunitude

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Virginia

C’est une femme

qui faisait des miracles,

des mirages aussi,

qu’elle étalait sous nos yeux.

Un habitat dans la lande,

the Barrens, là-bas au pays

de Joyce Carol Oates.


Que de cheveux noirs !

Que de brunitude !

Les peaux sont claires

ou moins claires

ou plus foncées.

Les femmes ont toujours

des pieds.

C’est quand même

le plus important.

Jeudi 19 juin 2008 – 12h59

01.07.2008

Printemps, version automne

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Un temps de printemps,

version automne, avec nuages,

vent, ciel gris et bientôt la pluie.

Les femmes indifférentes,

promènent leurs tongues

et leurs envies d’ailleurs.

Imperturbables, elles arpentent le quai,

elles parlent, elles parlent,

elles n’arrêtent jamais.

Dingue, comme c’est utile

ces téléphones là…

Les avions ronronnent discrètement.

On ne les voit pas,

au dessus des nuages,

ils cherchent le soleil.

C’est la saison où les femmes migrent.

Elles abandonnent leurs foyers,

leur mari, leur maison.

Les enfants sont casés,

au Maroc ou en Irlande,

l’homme se débrouille,

elles s’en fichent,

elles vont bronzer,

attirées par le soleil,

comme les phalènes de Virginia

le sont, par la lumière des lampes.

Une œuvre densifiée

par les papillons de nuit,

Qui l’eut cru ?

Jeudi 19 juin 2008 – 12h49

30.06.2008

Aujourd’hui

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Aujourd’hui, ce matin,

le soleil est revenu.

Hier, c’était la pluie,

ce matin, c’est mon soleil

qui me réchauffe

et me fait penser à d’autres mots,

quelques horizons.

Hier, je marchais.

Hier, j’étais seul

et je pensais

à la solitude de Virginia,

je me demandais

comment elle l’habitait ?

Vendredi 13 juin 2008 – 8h27

29.06.2008

L’écrivaine, la mère des mots

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Une drôle de journée.

Après une soirée de tempête,

un bon coup de sérum de vérité,

pour la route,

ça ne fait jamais de mal…

L’apprentissage de la liberté.

Une page tournée sur l’agenda de la vie.

Bientôt il faudra faire l’apprentissage de la solitude,

à Bangkok ou Paris, être seul : c’est pareil ?

Nul ne saura jamais.

Nulle et non avenue.

Une relation basée sur le mensonge

n’a jamais existé.


Il y a un scénario de roman policier

qui me travaille, j’ai déjà commencé

à dessiner les personnages,

j’adore aller à leur découverte,

c’est comme se retrouver dans une clairière

sombre et humide,

nappée de brume matinale

et puis en silence,

la clarté,

la diffraction du jour

qui renaît.

L’émotion s’installe.

Parfois, il me manque un mot.

Je me lève et je vais à la fenêtre.

La chatte dort et les oiseaux

sont trop préoccupés par leurs piaillements,

alors je demande à Virginia.


Elle est là et elle ne laisse jamais une question

vide de réponse.

Sa voix lentement disait :

« Toute la question est de choisir les bons mots

et de les mettre dans le bon ordre. »



Donc si j’ai bien compris (« Vous compris, vous compris ! »

disait Gunther à mes voisins effarés…),

écrire, cela correspond à deux métiers :


1° Chercheur de mots

C’est assurément un bel ouvrage que de creuser,

de piocher, pour dénicher dans la langue

quelques diamants, quelques fleurs,

des fragments poétiques…



2° Assembleur de mots

Là c’est plus compliqué, car ça se passe

toutes lumières éteintes, dans le noir.

L’écrivaine dit :

« Notre inconscience assure leur intimité,

notre obscurité est leur lumière…
»

Donc en fait, c’est un vrai métier moderne,

c’est du mariage de mot…


Ecoutons La Présidente de la république des mots :

« Laisser tomber ce voile d’obscurité a pour effet

d’inciter les mots à se rassembler

en un de ces mariages éclairs

qui forment des images parfaites

et créent la beauté qui dure toujours. »



Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Mardi 17 juin 2008

Primavera

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Un coup de train,

en plein soleil.

Chemisette, veste légère.

L’été à Paris.

Les filles en robe légère,

en short ou en mini jupe,

les sandales et les nu-pieds.

Partout, un océan de plaisirs,

à déguster avec les yeux.

C’est bon quand même,

la chaleur dans les yeux des femmes,

languides.

Mes étudiantes aussi,

sont touchées par la grâce.



Les prix des matières premières

qui sont aussi des produits

de première nécessité,

s’envolent.

Les pauvres vont trinquer.

Je sais, cela n’intéresse personne.

La politique, c’est du mauvais marketing,

il n’y a pas de marché efficient,

rien que des produits imposés.

Pourquoi ne vote-t-on pas

pour Madame Obama ?

Mardi 10 juin 2008 – 14h58

Le plancher craque

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8h26 – On train

je suis faible, je sais.

je fais semblant de résister

et puis je suis emporté

par le vertige des phrases.

Donc, je n’ai pas pu résister

à la réédition du Hameau

de William Faulkner,

préfacé par André Malraux.

Faulkner qu’on lit,

qu’on relit, qu’on dévore.

C’est encore meilleur,

à chaque fois.

L’écrivain total.

Merci.


Pour accompagner l’homme du Sud,

celui qui avait le génie de la vie,

une femme du Nord, Julia Glass

qui vit en Nouvelle Angleterre

et nous raconte les Jours de juin,

l’errance du temps qui passe.


Un fantôme est revenu,

me voir, me dire,

sans réelle surprise,

fantomatique.

Le truc qui arrive,

on a envie de dire

et puis on ne sait pas,

on ne comprend pas à qui,

à quoi on a affaire.

C’est comme discuter

avec une trame de ciel,

on ne sait jamais ce qu’il y a

sous la panoplie de gouttes :

esprit, ange ou absence,

sensation diabolique de vide

qui nous entraîne vers l’infini.


La fraicheur du matin est apaisante.

Les deux K de ma vie sont parties,

un pan du jour s’est effondré,

le plancher craque,

l’horizon risque de tomber en désuétude.

Que reste-t-il ?

A part admirer les pieds des femmes,

admirer l’admirable, respirer l’envie,

le sel minéral du corps désiré,

à travers les miroirs de l’âme.

Vendredi 20 juin 2008

24.06.2008

Après la vie, c’est toi

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Mélancolie par Mikio Watanabe

Pour te voir, femme unique,

je suis retourné au début de l’année 2005.

Le 2 janvier, à 14h33 je parcourais les galeries

du Grand Palais, à ta recherche.


Les Pêcheuses de coquillages ne sont plus seules.

Elles s’appellent maintenant les pêcheuses d’abalones

et font partie d’un triptyque

d’estampes ôban daté de 1797-1798.


C’est toujours mon oeuvre préférée.

Celle qui te ressemble.

Celle qui me rappelle.


Les cigognes qui se promènent à Strasbourg,

Les flamands roses, dans le Bois de Vincennes.


Les barques au bois de Boulogne,

Un cocktail au Chalet des îles.

Tes longues jambes, ton doux sourire.


A travers la vitre du Sofitel, à Marseille,

C’était le Vieux Port.

Le soleil n’en finissait pas de se coucher.

Tu étais là, patiente et un peu timide.


Je t’aimais trop, déjà.


Fragment publié sur Canal Blog le 12 février 2006 à 21h04, en accompagnement d'une note sur le maître japonais de l'estampe Utamaro Kitagawa

22.06.2008

Les mots, la vie

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Hier la fête des pères, donc des cadeaux de femmes
pour un homme : chemise en lin, pantalons en gabardine,
et puis une délicieuse musique l’album « every second counta »
du groupe PLAIN WHITE T’S, et puis mes nourritures préférées,
des livres, natürlich : « Une ombre sans doute » de Michel Quint
et « La Chambre aux échos » de Richard Powers.

Aujourd’hui, je suis avec ma Duchesse de Guermantes
qui est sur son ordi, en face de moi. Elle écoute Let’s twist again
par Chubby Checker et C’mon everybody d’Eddie Cochran.
Pendant ce temps j’admire mon fond d’écran. C’est Angelina Jolie
qui me regarde désirer ses pieds de panthère.

Et toujours présente, comme la mer, comme une caresse,
comme une vague, comme l’amour d’une femme,
Virginia me parle toujours, des mots :

« On peut les attraper, les trier et les classer
par ordre alphabétique dans les dictionnaires.
Mais les mots ne vivent pas dans les dictionnaires,
ils vivent dans l’esprit
. »

C’est plus qu’un amour, plus que de l’adoration,
une sorte de croyance, une foi qui me fait aimer
ma Woolfette et le cosmos qui tourne autour d’elle
mon cœur qui bat pour elle, la femme absolue,
la Mère des mots.

Ce matin l’épreuve de philo du bac, c’était difficile.
Je me vante souvent de bien connaître l’œuvre de
Tocqueville et pourtant je n’ai rien compris au sujet,
un court extrait de La Démocratie en Amérique où
le grand homme semble dire tout et son contraire…

Je trouve dommage de chipoter sur deux trois lignes
tordues alors que la pensée de Tocqueville est
tout à fait exceptionnelle par son modernisme !

Par contre, les autres sujets
sur le désir et la souffrance d’une part,
et la connaissance de soi et des autres d’autre part,
étaient difficiles mais vraiment intéressants.

J’ai envie de partir, de m’envoler,
de planer au-dessus de la Manche.
J’ai besoin de respirer l’air de Londres,
de suivre la Tamise en écoutant
l’écho de la voix caressante
qui nous apprend la vie des mots :

« Ils ont des mœurs étranges et variées,
comme celles des humains,
vagabondant de-ci de-là,
tombant amoureux et s’accouplant.
»

Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Lundi 16 juin 2008