26.10.2008

Un ange avec un nez de chat

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Envie de femmes à pieds,

une femme, avec des pieds,

à aimer, à dévorer, à dorloter.


Je pense à un ange

qui s’appelait Valérie.

Elle était la plus mignonne du monde

avec son nez de chat

et ses taches de rousseur

qui étaient brunes.


Un jour, elle avait eu un malaise,

elle s’était allongée, c’était l’été.

Elle portait une légère robette fleurie

et de jolies sandales en cuir marron clair.


Je l’avais embrassé sur le front

mais en fait, j’avais terriblement envie

de ses adorables, inoubliables pieds.


Elle était mi-femme, mi-banbinne,

Valérie.

Souvent, elles sont sympas

les Valérie, non ?


Le train roule.

J’ai chaud, mais c’est bon.

Il y a deux-trois voyageurs,

un filet d’air,

je commence à avoir faim.

Une bonne séance de kiné, ce matin,

après je me sens en pleine forme.


Je pense à mes filles,

mes deux raisons de vivre,

c’est déjà beaucoup, je trouve.


Et c’est si bon de pouvoir aimer,

sans compter.



Jeudi 24 juillet 2008 – 11h55

19.10.2008

Où sont-elles ?

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On train, at San Lazzaro.

Un train comme les autres.


Quand je regarde devant, derrière,

les femmes de ma vie :

où sont-elles ?


Enfuies, évanouies, disparues,

en train de couler

dans les flots de l’amertume

ou pire, de l’indifférence.


Question mark.

C’est le point d’interrogation

du lendemain.


Quelle vie pour demain ?

Pour quoi faire ?


Envie de partir.

Pleurer, une autre fois.


Je commence à avoir faim.



Vendredi 25 septembre 2008- 17h35

16.10.2008

Un blog qui déblogue

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Un blog qui blogue

et qui déblogue,

why not ?


Je cherche un nom de blog

pour ma Virginia :


Le blog de Hyde Park Gate

ou

A la recherche de Virginia Woolf

ou les deux ?


Un nom, c’est bien,

c’est joli.


Ce sont des lettres,

des trucs à écrire

ou à dire.


Quand je ne pourrai plus

téter la déesse de ma vie,

je crois que j’arrêterai de vivre,

immediately.



Vendredi 25 septembre 2008- 13h20


01.10.2008

Bon souvenir

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Ralph Lauren, Collection de printemps



C’était finalement un bon souvenir,

mais boum ! Je me fais

un début de copine sur le net.

Belle, mince, pharmacienne

et blonde…

Et voilà qu’après quelques

amuse-gueules,

elle me fait le coup

du cerveau hautain…


Dingue !!!

J’étais scié.

A vingt ans d’intervalle,

la même !


Ce doit être une race spéciale,

la pharmaciste snobite,

comme les lapins à grandes oreilles

du Nord, les Géants des Flandres,

ou bien les laitières normandes,

blanches et noires…


La vie, c’est magic.

Tout est bon à prendre.

Il faut juste éviter la maladie

et ruser avec la mort…


La chance, la destinée,

l’année du Rat,

tout ça, c’est la vie.


Tiens, j’ai appris

ce matin, chez le Kiné,

que j’étais un dragon bleu,

je trouve ça plutôt sympa,

non ?


Jeudi 4 septembre 2008 – 12h36


27.09.2008

Garden

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Jardin du Luxembourg.

Le parti-pris d’écrire,

c’est ce qu’il me faut.


Une risée dans les voiles,

quelques hurlements des vents

du Nord, Nord-Ouest.


Une brise tournante

qui enveloppe l’image

de la maison de pêcheur

où j’habite,

que j’occuperai un jour.


Un autre jour,

bientôt,

là-bas,

près de toi.




Mardi 2 septembre 2008 – 15h15

23.09.2008

Tempo

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Reflection par Saul Leiter en 1958


On the quai.

Sitting on the quai.

The dark side of the quai.


En avance, toujours en avance.

On peut alors se poser la question,

ma chère Watsone :

qu’est-ce que le temps ?


J’ai faim, j’ai chaud

et puis tout à l’heure j’avais froid.

J’ai mal dans le bas du dos.

Les trains passent et se croisent,

sans s’arrêter, comme dans une cour

de récré.


Mes filles sont grandes.

Une qui entre au lycée,

l’autre qui intègre l’université.

Changement de statut, d’âge, de posture.


Tout change, seul l’amour reste.

Voilà la leçon de la vie.

Je ne sais pas si Lavoisier

avait bien compris cet aspect

de la physique des corps,

lorsque la matière et le ciel

se rejoignent, seuls les dieux

peuvent survivre,

nous ?



Jeudi 4 septembre 2008 – 12h16

17.09.2008

Silhouettes

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Sur un banc, face à une église.

Curiosité de la vie.

Une femme qui apparaît,

qui disparaît.


D’autres silhouettes viennent

et repartent.

Elles respirent le sel des mots

et puis vivifiées,

s’en vont chercher ailleurs,

à la recherche d’étreintes sans nom.


C’est la vie, nos instants si magics

quand Virginia les décrit

comme des moments d’être,

des fragments,

éclairs plus ou moins ramollis

qui durent,

tant que nous sommes éveillés,

dressés vers le ciel,

avec des antennes qui permettent

de sentir autre chose,

de croiser des dieux et des déesses,

des surhumains, bien naturels,

en somme.


Mardi 2 septembre 2008 – 13h13

Compagnie

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Virginia


Je suis parti seul, non ?

Jamais seul. Il y a le téléphone,

mais ce n’est pas mon truc,

donc cela reste un machin inerte

qui me sert de réveil, principalement.


Non, ce qui me tient compagnie,

c’est le carnet où j’écris,

qui est toujours avec moi,

dans tous les trains.


Et puis le compagnon de nuit, un livre.

J’ai choisi Moustiques de Faulkner,

dans sa belle réédition de chez Points.

Aisé à transporter, à manipuler.


Plus facile à lire que Virginia

qui me demande et à laquelle

j’ai envie de consacrer

une très grande attention.


Oui, un livre de la Woolfette,

c’est pour moi, un moment

tellement chargé d’émotion.


Je pense que c’est comme pour un croyant

quand il pousse la porte de l’église

qui est lourde et qui résiste toujours un peu.


Virginia, c’est pareil.

Pour être baigné dans sa félicité,

pour nager dans sa légèreté,

il faut passer le seuil,

intimidé par le rais de soleil

traversant la poussière,

l’encens et le vieux parfum,

l’odeur du torrent,

les bruits de la campagne au loin,

les arbres et le vent,

Virginia, c’est dément.


Samedi 23 aout 2008 – 8h57

16.09.2008

Papillon

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Chintara Sukapatana



J’ai fini mes dédicaces

à ma Princesse.


Une déesse ordinaire ?

Un papillon, une lune ?


Je crois que c’est une Rivière,

une eau fluide qui me berce

et m’appelle.


Là où le soleil se reflète

et m’éblouit, elle est,

immobile dans sa splendeur,

monument de mes rêves,

au détour d’un temple

où on élève les bébé-tigres.


Là, tu es.

Et tes mains posent leur douceur

sur mon cœur.


Et le silence de tout arrive,

le calme absolu, le tout,

l’entier, Toi.



Samedi 23 aout 2008 – 11h07

Verte

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La campagne qui défile est verte,

uniformément recouverte de chlorophylle.

La campagne semble toujours la même,

vue du train :

du vert entrecoupé de taches jaunes.


Ici, il n’y a pas de vaches.

Alors, où sont-elles ?


Je me demande quel temps

peut-il faire en Angleterre ?

Variable avec éclaircies.

Une pluie fine et des rayons

de soleil, aussi.


Comme je n’ai pas trouvée de carte sympa,

j’ai apporté des signets, des marque-pages,

pour donner avec mes livres-cadeaux.


Je n’ai pas mangé ce matin,

même pas bu de café avant de partir.

Quand je vais arriver,

je suis sûr que j’aurai faim.


Sûrement aussi…

Mais ça, tu ne le sauras pas.


Samedi 23 aout 2008 – 10h47

11.09.2008

Woolfe me

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Vita Sackville-West en 1900


Le nouveau livre de la Woolfette

n’est pas encore paru.

Je m’y attendais.


Bon, comme j’étais là,

j’ai effectué quelques emplettes.

Six livres pour quarante cinq euros,

j’admire ma raisonnabilité

ou mon raisonnisme,

si vous wantez.

C’est quand même ma chanson préférée

du Dylan pas Thomas.



Tiens, je n’ai pas trouvé

d’ouvrage de Tobias Woolf

Que j’avais envie de connaître.

Par contre, je vais rencontrer

de nouveaux auteurs :



Monica Ali, d’origine Pakistanaise

est un écrivain célèbre en Angleterre.

Je vais découvrir « Sept mers et treize rivières »,

son premier roman publié en 2003.


Ensuite, « La vie aux trousses » de Sherman Alexie,

un Indien Spokane habitant aujourd’hui à Seattle,

considéré comme un des meilleurs jeunes

écrivains américains.


A l’opposé de la jeunesse des deux premiers,

Vicki Baum est une légende d’un autre siècle.

Autrichienne, elle connu la gloire aux USA

dans les années Trente, avec notamment :

« Lac-aux-Dames » adapté pour le cinéma

par Colette en 1934 et qui fait l’objet d’une élégante

présentation chez Phébus dans la collection Libretto.


Après l’Autriche, la Roumanie, avec

« Pourquoi nous aimons les femmes »

un recueil de nouvelles, écrit juste pour moi

par Mircea Cartarescu dans une très belle

édition de poche chez Denoël.


Pour terminer cette escapade européenne,

un compatriote d’Annemarie Schwarzenbach,

le voyageur suisse Peter Stamm, avec « Verglas »,

un recueil de neuf nouvelles dans l’intéressante

collection Titres chez Christian Bourgois.


Et at last, une vieille connaissance publiée

dans la fabuleuse collection L’imaginaire

chez Gallimard, « Le professeur » de

Charlotte Brontë, son premier livre,

refusé alors par les éditeurs,

comme quoi…

Mardi 15 juillet 2008 – 12h56

10.09.2008

Café chaud

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Penelope



Le café était bon (serré)

et la barmaid très gentille.

Du coup, j’en ai ramené un gobelet.


J’ai retrouvé ma place, au soleil,

la Trente-deux coté couloir,

pour rester libre.


A côté de moi, la Trente et Un

qui regarde la fenêtre, est libre,

occupée par mon pull marron

et le supplément magazine de l’Equipe,

déjà regardé, car il n’y a que des images,

comme un magazine féminin pour hommes.


Je commence à avoir trop chaud.

J’ai peu dormi cette nuit, de Deux à Six,

à peine quatre heures, mais pour le moment,

je tiens le choc. Je pense que c’est ce soir

que je commencerai à piocher.


Les femmes sont jolies.

Dans les trains, il y a toujours

de belles femmes, qu’elles aient

vingt-cinq ou cinquante ans,

elles s’arrangent toujours pour nous plaire,

étrange, non ?


Samedi 23 aout 2008 – 8h45

09.09.2008

Revoir un jour

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Grace Verticale par France Cool

Revoir un jour Cécile,

partie, enfouie,

sous un tas d’or.


Trop distrait aujourd’hui,

j’ai raté la boutique de Toutounelle

et quand j’ai tourné la tête,

j’étais à la hauteur du truc de pouffes

qui change souvent de nom.


Tout change, tout s’étire

et nous mange et nous manque.

Je dois écrire à mes étudiantes

qui travaillent en ce moment.

Elles sont si mignonnes,

tellement filles sur la fin,

mais bon, je ne vais pas me plaindre.


En ce moment, je fais des essais littéraires

pour échapper à mes deux déesses,

Virginia Woolfette et Joyce Carol Oates.

J’ai lu deux merveilles :

Blue Angel de Francine Prose

et La chambre des échos de Richard Powers.


Par contre, je me suis ennuyé

avec Les plumes du pigeon de John Updike

et Le défaut de Maddalena Trulli a fini à la poubelle,

trop nul, j’ai lutté jusqu’à la cinquantième page

et puis j’ai renoncé. Dommage c’était un joli livre

de la collection La Cosmopolite chez Stocks.


Virginia, heureusement,

tu me Woolfes tellement,

Virginia…



Mardi 29 juillet 2008 – 14h46

08.09.2008

Paroles sucrées

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On the quai.

Paroles sucrées,

paroles qui volent.


Je marche et j’écris.

Y a-t-il une fin ?

A tous ces bonheurs, salés.


Ce matin, j’ai croisé deux merveilles,

plus belles que belles,

des femmes comme dans les rêves.

Oui, j’avoue : la vie est bien faite.


L’autre jour un fantôme

est venu à Paris.

Elle m’a laissé de superbes clichés

des endroits que je hante,

habituellement.


Aujourd’hui, je vais la suivre, à distance.

Je vais aller voir chez Gibert Jeune,

si les livres d’occasion sont aussi bien

que sur Internet.


Hier, mes filles sont reparties,

cette fois-ci, en Espagne.

J’ai de plus en plus envie

d’aller vivre à Boston.

Je serais bien parti en Irlande,

avec Flora, à Greystones,

flirter avec la Mer d’Irlande, la sévère.


Jeudi 24 juillet 2008 – 11h45

Improbable

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Aujourd’hui, c’est mon rêve improbable,

me trouver une petite maison,

en Bretagne.


Ne faire qu’écrire

et marcher dans le vent,

en caressant la pluie.

Le vent salé c’est le meilleur,

si puissant.


A. est un rêve, irréel,

mais un rêve qui dure

déjà depuis un moment.


Je vais bientôt la voir et lui parler.

Et puis après, je ne sais pas,

je ne pense pas que le rêve

devienne réalité.


Je vais voir comment est le café,

voiture Quatorze, pas trop loin,

je suis voiture Seize,

pas trop loin,

entre départ et arrivée.



Samedi 23 aout 2008 – 8h24

06.09.2008

Inédit

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On TGV 8513.

Parti vers ?

Le début ou la fin d’un rêve.


Quelque chose de spécial,

d’inédit, de particulier.


Premier constat, mon sac est trop lourd.

Comme dab’, j’ai pris trop de choses,

les livres, les chaussures, l’énorme

flacon d’eau de toilette, bien lourd.


Le train est rempli,

mais pas encore plein.

J’ai l’impression d’être le seul assis

dans le sens contraire de la marche !


Le ciel n’est pas encore bleu,

mais la pluie d’hier est effacée.

Ecrire tout ça,

c’est décrire une vie.



Un simple homme qui respire

qui trouve son ventre trop gros

et qui espère malgré un bouton

sur le nez.

Espérer, quoi, rien ou je ne sais pas.

On dirait du Jankélévitch.


Passer une vie à écrire,

voilà le vrai rêve,

le truc à faire,

finir par là.


Samedi 23 aout 2008 – 8h19

05.09.2008

Une rose au mérite

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Une rose en septembre 2005


Une autre fois, dans la rue,

nous nous sommes croisés,

rencontrés, presque frontalement.


Elle a été surprise.

Elle téléphonait et m’a fait

un énorme sourire.


De loin en loin, au fil des jours,

il m’arrivait de croiser son regard,

derrière la vitrine, elle avait toujours

une expression inquiète, interrogative.


Et puis les mois ont passé

et puis, depuis quelques jours,

quelque chose a changé.


Nous nous croisons souvent

et nous nous disons bonjour,

franchement, ouvertement.


A quand le premier baiser ?

Elle mérite une rose,

c’est sûr.


Aujourd’hui, je suis reparti

à la conquête du ciel de Paris.


Mais, je change de direction,

je fonce vers le Paradis,

voir si mon soldeur habituel est ouvert,

j’ai envie de voir autre chose.


En rentrant, une halte à la Fnac,

peut-être un coup de quai,

s’il me reste des grammes à perdre,

peut-être, avec toi.


Un Jeudi d’aout 2008 – 15h04

Le jeudi d’après

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Penelope Cruz


Dans le train,

encore et toujours.

Rattrapé par l’Amour et la mort

et aussi, l’inquiétude et le doute.


j’ai perdu sept cent grammes hier,

il me reste un kilo à perdre,

d’ici samedi, jouable ?


J’aime bien cette femme curieuse

qui travaille chez Toutounelle,

avec ma beauté princière.


Elle est blonde et mince,

plutôt jolie, la quarantaine,

plutôt femme.


Un jour, chez le coiffeur,

dans la rue principale,

elle s’est assise sur le siège

à côté du mien.


Juste quelques regards polis

mais j’ai été ébloui par ses jambes

et ses pieds de femme habillés

de très belles chaussures.



Un Jeudi d’aout 2008 – 14h54

04.09.2008

Immortalité

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Sharon Stone


Le clocher immobile de Bois Colombes

a rajeuni. Il me regarde, puis se tourne,

déjà ailleurs.


En ce moment, chaque jour,

je lis des merveilles.

C’est une Martienne, je crois,

du moins elle a les antennes vertes

et les pieds dorés.

Peut être une divinité ?


Asnières qui sonne comme un écho

d’Anne, hier.

C’est dingue, les trajectoires,

les infographies des sentiments

qui nous prennent, nous hantent,

nous échappent et puis reviennent.


C’est sûrement une des choses

les plus belles de la vie : l’infini.

On croit que c’est classé, enterré,

ratatiné, figé, enfumé, calorisé…


Et puis un jour,

au détour d’un trottoir humide

ou d’une façade ramollie,

on retrouve une trace

qui palpite et revit.


Ce n’est jamais fini.

Et si c’était ça l’immortalité ?

Des sentiments qui ne meurent

jamais.



Mercredi au mois d’aout 2008 – 13h05

03.09.2008

Impression douce

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Lanesville 1958 by Saul Leiter


Assis sur un banc,

sur le quai d’une gare.


J’ai le ventre vide,

je me sens bien.


Cela fait dix jours que je mange

et je bois comme un chien.

C’est trop.


J’ai besoin de sortir, de marcher,

de respirer la mer,

même si c’est la Seine,

on fera avec…


Le ciel est gris,

les nuages ont le regard noir,

quelques gouttes flottent, indécises.


Des femmes désemparées

semblent se demander :

« L’été, c’est déjà fini ? »


Et oui, ça sent la fin…

Finis les pieds, les cuisses bronzées

et les seins gonflés de soleil,

presque fini.


Seule, la panthère noire d’Orangina

est encore pulpeuse et sanguine…



L’hiver qui arrive, qui revient,

me donne des idées

de chaleur et de tendresse.


Avoir froid et se couvrir,

ça aussi, c’est une impression douce.



Mercredi au mois d’aout 2008 – 12h50

02.09.2008

Un léger défaut

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Affiche de 1958 pour le film Attack of the 50 Foot Woman


Assis on the quai,

sur un banc gris,

à côté d’une corneille noire.


Elle me regarde,

puis marche lourdement,

comme une reine qui sautille.


Son bec, pointé vers les voies,

brille sous le soleil.

Elle guette, elle inspecte.


Tout à l’heure,

je suis parti à la dérive,

comme ça, tout de go,

sur le trottoir et allez hop,

on s’envole !


A nous deux l’Etna,

le gorgonzola et la vie épicée,

là, où on tranche la gorge des exilés.


Sans souci et sans téléphone,

dans les rues de ma ville,

je croise et je cingle

à travers quelques écueils féminins,

pieds et seins,

qui me tendent la main,

pour me faire trébucher,

me détourner de mon but.


Atteindre le vide,

l’apesanteur des sentiments,

la route des pierres et des cailloux,

où je verrai, où je penserai à toi

encore plus fort, Virginia.


Tu es partie si loin,

mais tu es encore là,

oui,

déjà.


Le train est là,

bleu et lourd.

Chaud, la clim. ne clime pas bien,

où est le défaut ?



Lundi 4 aout 2008 – 15h47

31.08.2008

Femmes théâtrales

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Une copine de Coco, une femme de Bali.


Dans Les livres de ma vie ,

Henry Miller consacre un chapitre au théâtre

et il parle des femmes :

« Ce sont les femmes qui, au théâtre, m’ont, semble-t-il,

fait la plus grande impression, que ce soit à cause de

leur grande beauté, de leur personnalité exceptionnelle,

ou de leur voix extraordinaire. Peut-être cela est-il dû

au fait que les femmes ont si peu d’occasions de se

révéler complètement dans la vie quotidienne. Peut-être,

aussi, le théâtre tend-il à rehausser les rôles joués par

des femmes. Le théâtre moderne est saturé de problèmes

sociaux, de sorte qu’il ramène les femmes à un niveau

plus humain. Dans le théâtre de la Grèce antique

les femmes sont surhumaines : personne n’a jamais

rencontré de tels types de femmes dans la vie réelle de

notre temps. Dans le théâtre Elisabéthain elles ont aussi

des proportions étonnantes, elles ne sont pas des

déesses, certes, mais elles ont une splendeur qui nous

terrifie et nous déroute. Pour avoir la pleine mesure de

la femme, il faut combiner les propriétés de la femelle

telles que les formule le théâtre antique avec celles que

seul le théâtre burlesque (de notre époque) a osé révéler.

Je fais allusion, bien entendu, à ces comédies soi-disant

« dégradantes » du burlesque qui dérivent de la

Commedia dell’ arte du Moyen âge. »

Mercredi 27 Aout 2008

19.08.2008

Three Guineas

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On the quais again.

J’ai trop envie de bouger, de marcher,

de dévisager les devantures des bouquinistes,

de flirter avec les éventaires.


Je longe la Seine, je la caresse

du regard, dommage que les berges

soient abimées par l’ersatz de sable

déposé en ces lieux, où paradent et s’exhibent

les Romeo des tristes banlieues.


Heureusement que Virginia ne subit

pas ces horreurs. On deviendrait snob

pour moins que ça…



La mise en jambes s’effectue toujours

rive droite. D’habitude j’arrive du Chatelet,

pour une fois je venais du Louvre,

it’s the same !

Peu de livres, surtout des gadgets

pour touristes uniformément Italiens.



C’est toujours sur les quais de la rive gauche,

en remontant vers la place Saint Michel,

que je trouve les étals les plus étalants.


Deux stands, quatre merveilles,

qui dit mieux ?


D’abord, l’Anthologie nègre

de Blaise Cendrars, un recueil

de textes, contes et légendes,

ramenés d’Afrique par Cendrars,

publié en 1947 et réédité en 1972

par Le Livre de Poche.



Ensuite deux nouvelles du

Roumain Mircea Eliade :

Le temps d’un centenaire et Dayan

publiées en 1981 dans une très belle édition

de la nrf chez Gallimard.

Mircea Eliade, professeur de philosophie

et d’histoire des religions, a enseigné à la Sorbonne

et à l’Université de Chicago, mais c’est également

un romancier hors pair. Notamment, toute Martienne

qui se respecte doit lire Mademoiselle Christina,

publié en France, en 1978 par les éditions L’Herne.




Et puis après dans la belle collection

«Nouveau Cabinet Cosmopolite » chez Stock,

je suis ravi d’avoir trouvé une édition de 1998 de:

Ecrivains, écriture et autres propos,

il s’agit des essais et des articles écrits

par l’américaine Carson McCullers,

l’écrivaine et la femme hors norme.




Et après ?

Et bien je n’ai pas pu résister devant une

très belle édition de 1977 de Trois Guinées,

préfacée et traduite par Viviane Forrester,

aux éditions « des femmes », avec une très belle photo

de la Woolfette suprême en couverture.

J’ai exactement le même en version de poche (10/18),

je l’ai pris pour toi, A.


Samedi 16 Aout 2008

18.08.2008

Ballade sur les quais

Avec Penelope Cruz

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Entre Chatelet et Saint Michel,

je hante, j’arpente.

Je flaire, je détecte.


Aujourd’hui, j’ai trouvé Zombi,

Un roman de Joyce Carol Oates,

édité en 1977 par Stock dans la collection

Nouveau Cabinet Cosmopolite.


Aux éditions Mazarine,

j’ai fait d’une pierre deux coups,

avec un recueil de nouvelles de

Raymond Carver, paru en 1976 :

Tais-toi, je t’en prie récompensé

par le National Book Award

et illustré par le magnifique

« Au soleil » d’Edward Hopper.


Dans L’inimitable collection nrf

de Gallimard, j’ai déniché deux bijoux

du maître William Faulkner : une édition de 1948

du recueil Le docteur Martino et autres histoires

et son dernier roman Les larrons

paru l’année de sa mort, en 1962.


Dans la même collection, j’ai trouvé

La marge, un roman de 1967

d’un de mes écrivains préférés,

André Pieyre de Mandiargues.


Et puis dans la collection 10/18

chez Christian Bourgois éditeur,

Duluth par Gore Vidal avec une préface

d’Italo Calvino, l’occasion de découvrir

un géant de la littérature américaine.


La Seine est belle,

les femmes resplendissent.

Toutes des touristes, bronzées

halées, parfois fatiguées,

mais toujours souriantes.

La jupette rend la femme gaite.

L’été, c’est bien…


Mercredi 13 Aout 2008

16.08.2008

Web de livres

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Woolfette sur le Net



On cherche, on essaye, on trouve.

Des sites et des livres.

Sur EBay, c’est un peu Jojo la Farfouille,

genre barbecue, bière, pizzas et le reste,

donc pour les livres, ce n’est pas la peine.


J’ai juste trouvé un exemplaire épuisé

de Mars 1990 du Magazine Littéraire

consacré à Virginia, l’éternelle

Woolfette de ma vie.

Par ailleurs, j’ai commandé auprès

de l’éditeur le n° 437 sur Virginia Woolf.



Sur Alapage, j’ai pris un joli

recueil de dix nouvelles

d’Angela Carter, sous le titre

La compagnie des loups,

illustré par une très belle peinture

de John Atkinson Grimshaw,

La dame de Shalot (1878).



Sur Amazon, j’ai encore trouvé deux

Woolfismes :


Virginia Woolf par Monique Nathan,

un très joli livre au format de poche,

illustré par de très nombreuses photos,

dans la collection « Ecrivains de toujours »

publié aux Editions du Seuil en 1975.




Et puis dans la collection « Qui êtes-vous ? »

aux éditions de la manufacture

une biographie de Virginia écrite en 1977

par l’américaine Phillys Rose et publié en France

dix ans après par l’éditeur Lyonnais.




Et après ?

je continue de chercher les quelques ouvrages

qui me manquent, mais les exemplaires

signalés « en très bon état » sont rares,

donc je patiente, mais il me reste encore

toute une vie à aimer ma Virginiesque Woolfette.

Avec toi A.


Vendredi 15 Aout 2008