26.10.2008
Un ange avec un nez de chat

Envie de femmes à pieds,
une femme, avec des pieds,
à aimer, à dévorer, à dorloter.
Je pense à un ange
qui s’appelait Valérie.
Elle était la plus mignonne du monde
avec son nez de chat
et ses taches de rousseur
qui étaient brunes.
Un jour, elle avait eu un malaise,
elle s’était allongée, c’était l’été.
Elle portait une légère robette fleurie
et de jolies sandales en cuir marron clair.
Je l’avais embrassé sur le front
mais en fait, j’avais terriblement envie
de ses adorables, inoubliables pieds.
Elle était mi-femme, mi-banbinne,
Valérie.
Souvent, elles sont sympas
les Valérie, non ?
Le train roule.
J’ai chaud, mais c’est bon.
Il y a deux-trois voyageurs,
un filet d’air,
je commence à avoir faim.
Une bonne séance de kiné, ce matin,
après je me sens en pleine forme.
Je pense à mes filles,
mes deux raisons de vivre,
c’est déjà beaucoup, je trouve.
Et c’est si bon de pouvoir aimer,
sans compter.
Jeudi 24 juillet 2008 – 11h55
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2008
Où sont-elles ?

On train, at San Lazzaro.
Un train comme les autres.
Quand je regarde devant, derrière,
les femmes de ma vie :
où sont-elles ?
Enfuies, évanouies, disparues,
en train de couler
dans les flots de l’amertume
ou pire, de l’indifférence.
Question mark.
C’est le point d’interrogation
du lendemain.
Quelle vie pour demain ?
Pour quoi faire ?
Envie de partir.
Pleurer, une autre fois.
Je commence à avoir faim.
Vendredi 25 septembre 2008- 17h35
23:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.10.2008
Un blog qui déblogue

Un blog qui blogue
et qui déblogue,
why not ?
Je cherche un nom de blog
pour ma Virginia :
Le blog de Hyde Park Gate
ou
A la recherche de Virginia Woolf
ou les deux ?
Un nom, c’est bien,
c’est joli.
Ce sont des lettres,
des trucs à écrire
ou à dire.
Quand je ne pourrai plus
téter la déesse de ma vie,
je crois que j’arrêterai de vivre,
immediately.
Vendredi 25 septembre 2008- 13h20
19:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01.10.2008
Bon souvenir

Ralph Lauren, Collection de printemps
C’était finalement un bon souvenir,
mais boum ! Je me fais
un début de copine sur le net.
Belle, mince, pharmacienne
et blonde…
Et voilà qu’après quelques
amuse-gueules,
elle me fait le coup
du cerveau hautain…
Dingue !!!
J’étais scié.
A vingt ans d’intervalle,
la même !
Ce doit être une race spéciale,
la pharmaciste snobite,
comme les lapins à grandes oreilles
du Nord, les Géants des Flandres,
ou bien les laitières normandes,
blanches et noires…
La vie, c’est magic.
Tout est bon à prendre.
Il faut juste éviter la maladie
et ruser avec la mort…
La chance, la destinée,
l’année du Rat,
tout ça, c’est la vie.
Tiens, j’ai appris
ce matin, chez le Kiné,
que j’étais un dragon bleu,
je trouve ça plutôt sympa,
non ?
Jeudi 4 septembre 2008 – 12h36
21:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.09.2008
Garden

Jardin du Luxembourg.
Le parti-pris d’écrire,
c’est ce qu’il me faut.
Une risée dans les voiles,
quelques hurlements des vents
du Nord, Nord-Ouest.
Une brise tournante
qui enveloppe l’image
de la maison de pêcheur
où j’habite,
que j’occuperai un jour.
Un autre jour,
bientôt,
là-bas,
près de toi.
Mardi 2 septembre 2008 – 15h15
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23.09.2008
Tempo

Reflection par Saul Leiter en 1958
On the quai.
Sitting on the quai.
The dark side of the quai.
En avance, toujours en avance.
On peut alors se poser la question,
ma chère Watsone :
qu’est-ce que le temps ?
J’ai faim, j’ai chaud
et puis tout à l’heure j’avais froid.
J’ai mal dans le bas du dos.
Les trains passent et se croisent,
sans s’arrêter, comme dans une cour
de récré.
Mes filles sont grandes.
Une qui entre au lycée,
l’autre qui intègre l’université.
Changement de statut, d’âge, de posture.
Tout change, seul l’amour reste.
Voilà la leçon de la vie.
Je ne sais pas si Lavoisier
avait bien compris cet aspect
de la physique des corps,
lorsque la matière et le ciel
se rejoignent, seuls les dieux
peuvent survivre,
nous ?
Jeudi 4 septembre 2008 – 12h16
09:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.09.2008
Silhouettes

Sur un banc, face à une église.
Curiosité de la vie.
Une femme qui apparaît,
qui disparaît.
D’autres silhouettes viennent
et repartent.
Elles respirent le sel des mots
et puis vivifiées,
s’en vont chercher ailleurs,
à la recherche d’étreintes sans nom.
C’est la vie, nos instants si magics
quand Virginia les décrit
comme des moments d’être,
des fragments,
éclairs plus ou moins ramollis
qui durent,
tant que nous sommes éveillés,
dressés vers le ciel,
avec des antennes qui permettent
de sentir autre chose,
de croiser des dieux et des déesses,
des surhumains, bien naturels,
en somme.
Mardi 2 septembre 2008 – 13h13
18:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Compagnie

Virginia
Je suis parti seul, non ?
Jamais seul. Il y a le téléphone,
mais ce n’est pas mon truc,
donc cela reste un machin inerte
qui me sert de réveil, principalement.
Non, ce qui me tient compagnie,
c’est le carnet où j’écris,
qui est toujours avec moi,
dans tous les trains.
Et puis le compagnon de nuit, un livre.
J’ai choisi Moustiques de Faulkner,
dans sa belle réédition de chez Points.
Aisé à transporter, à manipuler.
Plus facile à lire que Virginia
qui me demande et à laquelle
j’ai envie de consacrer
une très grande attention.
Oui, un livre de la Woolfette,
c’est pour moi, un moment
tellement chargé d’émotion.
Je pense que c’est comme pour un croyant
quand il pousse la porte de l’église
qui est lourde et qui résiste toujours un peu.
Virginia, c’est pareil.
Pour être baigné dans sa félicité,
pour nager dans sa légèreté,
il faut passer le seuil,
intimidé par le rais de soleil
traversant la poussière,
l’encens et le vieux parfum,
l’odeur du torrent,
les bruits de la campagne au loin,
les arbres et le vent,
Virginia, c’est dément.
Samedi 23 aout 2008 – 8h57
16:30 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.09.2008
Papillon

Chintara Sukapatana
J’ai fini mes dédicaces
à ma Princesse.
Une déesse ordinaire ?
Un papillon, une lune ?
Je crois que c’est une Rivière,
une eau fluide qui me berce
et m’appelle.
Là où le soleil se reflète
et m’éblouit, elle est,
immobile dans sa splendeur,
monument de mes rêves,
au détour d’un temple
où on élève les bébé-tigres.
Là, tu es.
Et tes mains posent leur douceur
sur mon cœur.
Et le silence de tout arrive,
le calme absolu, le tout,
l’entier, Toi.
Samedi 23 aout 2008 – 11h07
17:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Verte

La campagne qui défile est verte,
uniformément recouverte de chlorophylle.
La campagne semble toujours la même,
vue du train :
du vert entrecoupé de taches jaunes.
Ici, il n’y a pas de vaches.
Alors, où sont-elles ?
Je me demande quel temps
peut-il faire en Angleterre ?
Variable avec éclaircies.
Une pluie fine et des rayons
de soleil, aussi.
Comme je n’ai pas trouvée de carte sympa,
j’ai apporté des signets, des marque-pages,
pour donner avec mes livres-cadeaux.
Je n’ai pas mangé ce matin,
même pas bu de café avant de partir.
Quand je vais arriver,
je suis sûr que j’aurai faim.
Sûrement aussi…
Mais ça, tu ne le sauras pas.
Samedi 23 aout 2008 – 10h47
15:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.09.2008
Woolfe me

Vita Sackville-West en 1900
Le nouveau livre de la Woolfette
n’est pas encore paru.
Je m’y attendais.
Bon, comme j’étais là,
j’ai effectué quelques emplettes.
Six livres pour quarante cinq euros,
j’admire ma raisonnabilité
ou mon raisonnisme,
si vous wantez.
C’est quand même ma chanson préférée
du Dylan pas Thomas.
Tiens, je n’ai pas trouvé
d’ouvrage de Tobias Woolf
Que j’avais envie de connaître.
Par contre, je vais rencontrer
de nouveaux auteurs :
Monica Ali, d’origine Pakistanaise
est un écrivain célèbre en Angleterre.
Je vais découvrir « Sept mers et treize rivières »,
son premier roman publié en 2003.
Ensuite, « La vie aux trousses » de Sherman Alexie,
un Indien Spokane habitant aujourd’hui à Seattle,
considéré comme un des meilleurs jeunes
écrivains américains.
A l’opposé de la jeunesse des deux premiers,
Vicki Baum est une légende d’un autre siècle.
Autrichienne, elle connu la gloire aux USA
dans les années Trente, avec notamment :
« Lac-aux-Dames » adapté pour le cinéma
par Colette en 1934 et qui fait l’objet d’une élégante
présentation chez Phébus dans la collection Libretto.
Après l’Autriche, la Roumanie, avec
« Pourquoi nous aimons les femmes »
un recueil de nouvelles, écrit juste pour moi
par Mircea Cartarescu dans une très belle
édition de poche chez Denoël.
Pour terminer cette escapade européenne,
un compatriote d’Annemarie Schwarzenbach,
le voyageur suisse Peter Stamm, avec « Verglas »,
un recueil de neuf nouvelles dans l’intéressante
collection Titres chez Christian Bourgois.
Et at last, une vieille connaissance publiée
dans la fabuleuse collection L’imaginaire
chez Gallimard, « Le professeur » de
Charlotte Brontë, son premier livre,
refusé alors par les éditeurs,
comme quoi…
Mardi 15 juillet 2008 – 12h56
17:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
10.09.2008
Café chaud

Penelope
Le café était bon (serré)
et la barmaid très gentille.
Du coup, j’en ai ramené un gobelet.
J’ai retrouvé ma place, au soleil,
la Trente-deux coté couloir,
pour rester libre.
A côté de moi, la Trente et Un
qui regarde la fenêtre, est libre,
occupée par mon pull marron
et le supplément magazine de l’Equipe,
déjà regardé, car il n’y a que des images,
comme un magazine féminin pour hommes.
Je commence à avoir trop chaud.
J’ai peu dormi cette nuit, de Deux à Six,
à peine quatre heures, mais pour le moment,
je tiens le choc. Je pense que c’est ce soir
que je commencerai à piocher.
Les femmes sont jolies.
Dans les trains, il y a toujours
de belles femmes, qu’elles aient
vingt-cinq ou cinquante ans,
elles s’arrangent toujours pour nous plaire,
étrange, non ?
Samedi 23 aout 2008 – 8h45
15:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.09.2008
Revoir un jour

Grace Verticale par France Cool
Revoir un jour Cécile,
partie, enfouie,
sous un tas d’or.
Trop distrait aujourd’hui,
j’ai raté la boutique de Toutounelle
et quand j’ai tourné la tête,
j’étais à la hauteur du truc de pouffes
qui change souvent de nom.
Tout change, tout s’étire
et nous mange et nous manque.
Je dois écrire à mes étudiantes
qui travaillent en ce moment.
Elles sont si mignonnes,
tellement filles sur la fin,
mais bon, je ne vais pas me plaindre.
En ce moment, je fais des essais littéraires
pour échapper à mes deux déesses,
Virginia Woolfette et Joyce Carol Oates.
J’ai lu deux merveilles :
Blue Angel de Francine Prose
et La chambre des échos de Richard Powers.
Par contre, je me suis ennuyé
avec Les plumes du pigeon de John Updike
et Le défaut de Maddalena Trulli a fini à la poubelle,
trop nul, j’ai lutté jusqu’à la cinquantième page
et puis j’ai renoncé. Dommage c’était un joli livre
de la collection La Cosmopolite chez Stocks.
Virginia, heureusement,
tu me Woolfes tellement,
Virginia…
Mardi 29 juillet 2008 – 14h46
23:45 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.09.2008
Paroles sucrées

On the quai.
Paroles sucrées,
paroles qui volent.
Je marche et j’écris.
Y a-t-il une fin ?
A tous ces bonheurs, salés.
Ce matin, j’ai croisé deux merveilles,
plus belles que belles,
des femmes comme dans les rêves.
Oui, j’avoue : la vie est bien faite.
L’autre jour un fantôme
est venu à Paris.
Elle m’a laissé de superbes clichés
des endroits que je hante,
habituellement.
Aujourd’hui, je vais la suivre, à distance.
Je vais aller voir chez Gibert Jeune,
si les livres d’occasion sont aussi bien
que sur Internet.
Hier, mes filles sont reparties,
cette fois-ci, en Espagne.
J’ai de plus en plus envie
d’aller vivre à Boston.
Je serais bien parti en Irlande,
avec Flora, à Greystones,
flirter avec la Mer d’Irlande, la sévère.
Jeudi 24 juillet 2008 – 11h45
20:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Improbable

Aujourd’hui, c’est mon rêve improbable,
me trouver une petite maison,
en Bretagne.
Ne faire qu’écrire
et marcher dans le vent,
en caressant la pluie.
Le vent salé c’est le meilleur,
si puissant.
A. est un rêve, irréel,
mais un rêve qui dure
déjà depuis un moment.
Je vais bientôt la voir et lui parler.
Et puis après, je ne sais pas,
je ne pense pas que le rêve
devienne réalité.
Je vais voir comment est le café,
voiture Quatorze, pas trop loin,
je suis voiture Seize,
pas trop loin,
entre départ et arrivée.
Samedi 23 aout 2008 – 8h24
09:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.09.2008
Inédit

On TGV 8513.
Parti vers ?
Le début ou la fin d’un rêve.
Quelque chose de spécial,
d’inédit, de particulier.
Premier constat, mon sac est trop lourd.
Comme dab’, j’ai pris trop de choses,
les livres, les chaussures, l’énorme
flacon d’eau de toilette, bien lourd.
Le train est rempli,
mais pas encore plein.
J’ai l’impression d’être le seul assis
dans le sens contraire de la marche !
Le ciel n’est pas encore bleu,
mais la pluie d’hier est effacée.
Ecrire tout ça,
c’est décrire une vie.
Un simple homme qui respire
qui trouve son ventre trop gros
et qui espère malgré un bouton
sur le nez.
Espérer, quoi, rien ou je ne sais pas.
On dirait du Jankélévitch.
Passer une vie à écrire,
voilà le vrai rêve,
le truc à faire,
finir par là.
Samedi 23 aout 2008 – 8h19
23:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05.09.2008
Une rose au mérite

Une rose en septembre 2005
Une autre fois, dans la rue,
nous nous sommes croisés,
rencontrés, presque frontalement.
Elle a été surprise.
Elle téléphonait et m’a fait
un énorme sourire.
De loin en loin, au fil des jours,
il m’arrivait de croiser son regard,
derrière la vitrine, elle avait toujours
une expression inquiète, interrogative.
Et puis les mois ont passé
et puis, depuis quelques jours,
quelque chose a changé.
Nous nous croisons souvent
et nous nous disons bonjour,
franchement, ouvertement.
A quand le premier baiser ?
Elle mérite une rose,
c’est sûr.
Aujourd’hui, je suis reparti
à la conquête du ciel de Paris.
Mais, je change de direction,
je fonce vers le Paradis,
voir si mon soldeur habituel est ouvert,
j’ai envie de voir autre chose.
En rentrant, une halte à la Fnac,
peut-être un coup de quai,
s’il me reste des grammes à perdre,
peut-être, avec toi.
Un Jeudi d’aout 2008 – 15h04
21:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Le jeudi d’après

Penelope Cruz
Dans le train,
encore et toujours.
Rattrapé par l’Amour et la mort
et aussi, l’inquiétude et le doute.
j’ai perdu sept cent grammes hier,
il me reste un kilo à perdre,
d’ici samedi, jouable ?
J’aime bien cette femme curieuse
qui travaille chez Toutounelle,
avec ma beauté princière.
Elle est blonde et mince,
plutôt jolie, la quarantaine,
plutôt femme.
Un jour, chez le coiffeur,
dans la rue principale,
elle s’est assise sur le siège
à côté du mien.
Juste quelques regards polis
mais j’ai été ébloui par ses jambes
et ses pieds de femme habillés
de très belles chaussures.
Un Jeudi d’aout 2008 – 14h54
09:10 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
04.09.2008
Immortalité

Sharon Stone
Le clocher immobile de Bois Colombes
a rajeuni. Il me regarde, puis se tourne,
déjà ailleurs.
En ce moment, chaque jour,
je lis des merveilles.
C’est une Martienne, je crois,
du moins elle a les antennes vertes
et les pieds dorés.
Peut être une divinité ?
Asnières qui sonne comme un écho
d’Anne, hier.
C’est dingue, les trajectoires,
les infographies des sentiments
qui nous prennent, nous hantent,
nous échappent et puis reviennent.
C’est sûrement une des choses
les plus belles de la vie : l’infini.
On croit que c’est classé, enterré,
ratatiné, figé, enfumé, calorisé…
Et puis un jour,
au détour d’un trottoir humide
ou d’une façade ramollie,
on retrouve une trace
qui palpite et revit.
Ce n’est jamais fini.
Et si c’était ça l’immortalité ?
Des sentiments qui ne meurent
jamais.
Mercredi au mois d’aout 2008 – 13h05
14:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.09.2008
Impression douce

Lanesville 1958 by Saul Leiter
Assis sur un banc,
sur le quai d’une gare.
J’ai le ventre vide,
je me sens bien.
Cela fait dix jours que je mange
et je bois comme un chien.
C’est trop.
J’ai besoin de sortir, de marcher,
de respirer la mer,
même si c’est la Seine,
on fera avec…
Le ciel est gris,
les nuages ont le regard noir,
quelques gouttes flottent, indécises.
Des femmes désemparées
semblent se demander :
« L’été, c’est déjà fini ? »
Et oui, ça sent la fin…
Finis les pieds, les cuisses bronzées
et les seins gonflés de soleil,
presque fini.
Seule, la panthère noire d’Orangina
est encore pulpeuse et sanguine…
L’hiver qui arrive, qui revient,
me donne des idées
de chaleur et de tendresse.
Avoir froid et se couvrir,
ça aussi, c’est une impression douce.
Mercredi au mois d’aout 2008 – 12h50
10:15 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02.09.2008
Un léger défaut

Affiche de 1958 pour le film Attack of the 50 Foot Woman
Assis on the quai,
sur un banc gris,
à côté d’une corneille noire.
Elle me regarde,
puis marche lourdement,
comme une reine qui sautille.
Son bec, pointé vers les voies,
brille sous le soleil.
Elle guette, elle inspecte.
Tout à l’heure,
je suis parti à la dérive,
comme ça, tout de go,
sur le trottoir et allez hop,
on s’envole !
A nous deux l’Etna,
le gorgonzola et la vie épicée,
là, où on tranche la gorge des exilés.
Sans souci et sans téléphone,
dans les rues de ma ville,
je croise et je cingle
à travers quelques écueils féminins,
pieds et seins,
qui me tendent la main,
pour me faire trébucher,
me détourner de mon but.
Atteindre le vide,
l’apesanteur des sentiments,
la route des pierres et des cailloux,
où je verrai, où je penserai à toi
encore plus fort, Virginia.
Tu es partie si loin,
mais tu es encore là,
oui,
déjà.
Le train est là,
bleu et lourd.
Chaud, la clim. ne clime pas bien,
où est le défaut ?
Lundi 4 aout 2008 – 15h47
11:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
31.08.2008
Femmes théâtrales

Une copine de Coco, une femme de Bali.
Dans Les livres de ma vie ,
Henry Miller consacre un chapitre au théâtre
et il parle des femmes :
« Ce sont les femmes qui, au théâtre, m’ont, semble-t-il,
fait la plus grande impression, que ce soit à cause de
leur grande beauté, de leur personnalité exceptionnelle,
ou de leur voix extraordinaire. Peut-être cela est-il dû
au fait que les femmes ont si peu d’occasions de se
révéler complètement dans la vie quotidienne. Peut-être,
aussi, le théâtre tend-il à rehausser les rôles joués par
des femmes. Le théâtre moderne est saturé de problèmes
sociaux, de sorte qu’il ramène les femmes à un niveau
plus humain. Dans le théâtre de la Grèce antique
les femmes sont surhumaines : personne n’a jamais
rencontré de tels types de femmes dans la vie réelle de
notre temps. Dans le théâtre Elisabéthain elles ont aussi
des proportions étonnantes, elles ne sont pas des
déesses, certes, mais elles ont une splendeur qui nous
terrifie et nous déroute. Pour avoir la pleine mesure de
la femme, il faut combiner les propriétés de la femelle
telles que les formule le théâtre antique avec celles que
seul le théâtre burlesque (de notre époque) a osé révéler.
Je fais allusion, bien entendu, à ces comédies soi-disant
« dégradantes » du burlesque qui dérivent de la
Commedia dell’ arte du Moyen âge. »
Mercredi 27 Aout 2008
17:05 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
19.08.2008
Three Guineas

On the quais again.
J’ai trop envie de bouger, de marcher,
de dévisager les devantures des bouquinistes,
de flirter avec les éventaires.
Je longe la Seine, je la caresse
du regard, dommage que les berges
soient abimées par l’ersatz de sable
déposé en ces lieux, où paradent et s’exhibent
les Romeo des tristes banlieues.
Heureusement que Virginia ne subit
pas ces horreurs. On deviendrait snob
pour moins que ça…
La mise en jambes s’effectue toujours
rive droite. D’habitude j’arrive du Chatelet,
pour une fois je venais du Louvre,
it’s the same !
Peu de livres, surtout des gadgets
pour touristes uniformément Italiens.
C’est toujours sur les quais de la rive gauche,
en remontant vers la place Saint Michel,
que je trouve les étals les plus étalants.
Deux stands, quatre merveilles,
qui dit mieux ?
D’abord, l’Anthologie nègre
de Blaise Cendrars, un recueil
de textes, contes et légendes,
ramenés d’Afrique par Cendrars,
publié en 1947 et réédité en 1972
par Le Livre de Poche.
Ensuite deux nouvelles du
Roumain Mircea Eliade :
Le temps d’un centenaire et Dayan
publiées en 1981 dans une très belle édition
de la nrf chez Gallimard.
Mircea Eliade, professeur de philosophie
et d’histoire des religions, a enseigné à la Sorbonne
et à l’Université de Chicago, mais c’est également
un romancier hors pair. Notamment, toute Martienne
qui se respecte doit lire Mademoiselle Christina,
publié en France, en 1978 par les éditions L’Herne.
Et puis après dans la belle collection
«Nouveau Cabinet Cosmopolite » chez Stock,
je suis ravi d’avoir trouvé une édition de 1998 de:
Ecrivains, écriture et autres propos,
il s’agit des essais et des articles écrits
par l’américaine Carson McCullers,
l’écrivaine et la femme hors norme.
Et après ?
Et bien je n’ai pas pu résister devant une
très belle édition de 1977 de Trois Guinées,
préfacée et traduite par Viviane Forrester,
aux éditions « des femmes », avec une très belle photo
de la Woolfette suprême en couverture.
J’ai exactement le même en version de poche (10/18),
je l’ai pris pour toi, A.
Samedi 16 Aout 2008
16:45 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.08.2008
Ballade sur les quais
Avec Penelope Cruz

Entre Chatelet et Saint Michel,
je hante, j’arpente.
Je flaire, je détecte.
Aujourd’hui, j’ai trouvé Zombi,
Un roman de Joyce Carol Oates,
édité en 1977 par Stock dans la collection
Nouveau Cabinet Cosmopolite.
Aux éditions Mazarine,
j’ai fait d’une pierre deux coups,
avec un recueil de nouvelles de
Raymond Carver, paru en 1976 :
Tais-toi, je t’en prie récompensé
par le National Book Award
et illustré par le magnifique
« Au soleil » d’Edward Hopper.
Dans L’inimitable collection nrf
de Gallimard, j’ai déniché deux bijoux
du maître William Faulkner : une édition de 1948
du recueil Le docteur Martino et autres histoires
et son dernier roman Les larrons
paru l’année de sa mort, en 1962.
Dans la même collection, j’ai trouvé
La marge, un roman de 1967
d’un de mes écrivains préférés,
André Pieyre de Mandiargues.
Et puis dans la collection 10/18
chez Christian Bourgois éditeur,
Duluth par Gore Vidal avec une préface
d’Italo Calvino, l’occasion de découvrir
un géant de la littérature américaine.
La Seine est belle,
les femmes resplendissent.
Toutes des touristes, bronzées
halées, parfois fatiguées,
mais toujours souriantes.
La jupette rend la femme gaite.
L’été, c’est bien…
Mercredi 13 Aout 2008
14:56 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
16.08.2008
Web de livres

Woolfette sur le Net
On cherche, on essaye, on trouve.
Des sites et des livres.
Sur EBay, c’est un peu Jojo la Farfouille,
genre barbecue, bière, pizzas et le reste,
donc pour les livres, ce n’est pas la peine.
J’ai juste trouvé un exemplaire épuisé
de Mars 1990 du Magazine Littéraire
consacré à Virginia, l’éternelle
Woolfette de ma vie.
Par ailleurs, j’ai commandé auprès
de l’éditeur le n° 437 sur Virginia Woolf.
Sur Alapage, j’ai pris un joli
recueil de dix nouvelles
d’Angela Carter, sous le titre
La compagnie des loups,
illustré par une très belle peinture
de John Atkinson Grimshaw,
La dame de Shalot (1878).
Sur Amazon, j’ai encore trouvé deux
Woolfismes :
Virginia Woolf par Monique Nathan,
un très joli livre au format de poche,
illustré par de très nombreuses photos,
dans la collection « Ecrivains de toujours »
publié aux Editions du Seuil en 1975.
Et puis dans la collection « Qui êtes-vous ? »
aux éditions de la manufacture
une biographie de Virginia écrite en 1977
par l’américaine Phillys Rose et publié en France
dix ans après par l’éditeur Lyonnais.
Et après ?
je continue de chercher les quelques ouvrages
qui me manquent, mais les exemplaires
signalés « en très bon état » sont rares,
donc je patiente, mais il me reste encore
toute une vie à aimer ma Virginiesque Woolfette.
Avec toi A.
Vendredi 15 Aout 2008
15:43 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note