13.11.2008

Inspiré

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Walk with Soames by Saul Leiter - 1958


On train, at 13h24.

Une bonne inspiration.

Je m’apprêtais à partir travailler,

en veste, quand ma fille m’a conseillé

l’imper et le parapluie.


J’ai bien fait de l’écouter.

J’ai marché sous une averse de grêle,

un aperçu du déluge.


Malgré la gabardine et le pépin,

mon pantalon est trempé sous les genoux.

Heureusement, je vais voir Docteur Martine, ce soir,

j’avais donc tout prévu.

Natürlich.


En ce moment, j’ai faim,

tout le temps faim.

Ca doit être le stress,

un genre de boulimie de vie.





Jeudi 2 octobre 2008

12.11.2008

Carte imaginaire

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Une carte imaginaire,

des méthodes de prévision.


Jenny, Aurore, Olivia

et les autres,

menus Big Mac ou Nouille Rapide.


Elles mangent, elles dévorent.

Elles sont gourmandes,

enceintes ou pas.


Nutella ou cornichons,

envies de femmes esseulées,

jambon olive ou Tabasco.


Elles mangent,

parlent de leur copain,

évoquent à mots couverts,

l’homme de leur vie.


Elles se projettent

dans leur future grossesse,

elles en rient,

c’est leur vie.





Vendredi 26 septembre 2008- 12h40

10.11.2008

Between

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Little Angelina



On the quai.

Between two trains.


Des choses à ramasser,

une abeille qui se meurt.


Le vent froid

qui ne décourage pas le soleil.


Une jeune fille,

belle comme une Indienne,

le sourire en plus.


Une corneille là-bas

qui hésite.

Elle se tâte,

elle s’envolera plus tard.


Un pantalon léger,

comme en été,

sauf qu’il est marron…


J’arrondis la couleur,

comme je suis daltonien,

moi, madame !




Vendredi 25 septembre 2008- 13h15

07.11.2008

Plongeon

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Raica Oliveira



8h 19.

On train.


La nuit était passée.

Le matin s’était levé.

C’était comme le silence

d’un oiseau qui meurt.


Elle arriva,

s’assit,

ôta magistralement son blouson

et afficha deux maigres seins.


Aussitôt, elle piqua du nez,

dans sa lecture.


jusqu’au terminus,

Santo Lazaro Terminal,

elle ne releva pas la tête.


La vie est quand même bien injuste.


Vendredi 19 septembre 2008

06.11.2008

500 mots

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Je suis toujours aussi surpris

de vos passages si nombreux.

C’est plutôt agréable,

le regard des autres.


Depuis trois ans et demi

que j’écris en ligne

le mois de septembre 2008

a connu la plus grosse affluence.


Vous êtes passés 4 822 fois

ici et là, à toutes les heures,

avec ou sans lune.


Cinq cent mots,

c’est le nombre magique

qui constitue l’objectif journalier

de beaucoup d’écrivains.


Douglas Kennedy et peut être John Irving

et puis aussi et sûrement, Léonard et Virginia

Woolf qui s’étaient lancés ce pari.


En fait le plus dur ce n’est pas d’atteindre

les 500, 600 ou 1200 mots,

ce qui est vraiment héroïque,

c’est de le faire tous les jours !


En ce moment, comme je subi le stress de la rentrée,

j’écris moins et je lis beaucoup :


La nuit en question de Tobias Wolff : Un recueil de quinze

nouvelles, au niveau du maître Raymond Carver.


Le deuxième tome du Louis XIV de Max Gallo : sans grand intérêt.


La Maison de Carlyle et autres esquisses de Virginia Woolf :

Sept esquisses qui ne sont que des esquisses…


Man crazy de Joyce Carol Oates : Pas mal, mais une impression

de déjà vu.


Happy end de Julie Wolkenstein : le premier chapitre est bien.


L’obsédé de John Fowles : Un chef d’œuvre, même si comme

d’habitude le titre français est débile alors qu’en anglais

The Collector (le collectionneur) est parfait…


Jours de juin de Julia Glass : Une merveille


Et puis, le petit dernier se porte bien. Je suis content du titre,

Le blog de Hyde Park Gate , car il évoque l’enfance,

la famille, la maison et la ville que Virginia aimait tant.


Baisers from the Serpentine.


Lundi 6 octobre 2008

04.11.2008

Suprême

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Audubon Sanctuary in Wellfleet by Ross Warner



Je pars, pas loin,

dans ma nouvelle école,

où je vais travailler, en plus

de la vieille de l’année dernière.


C’est quasiment au même endroit,

même côté de la même rue,

à cent mètres de distance.

Ce soir, c’est une réunion pédagogique.


Ca va être marrant,

je vais voir de nouvelles têtes,

j’aime bien ça.


Le seul problème de cette école,

c’est l’absence de machine à café…

Je crois que je vais finir par m’acheter

une bouteille thermos, une petite bien sûr.


Ce soir, j’irai bien faire un tour

chez Gibert, mais je n’aurai sûrement pas le temps.

Et puis, il faut que je trouve un cadeau

sympa pour ma Celtesse Suprême.


Le soleil est bon pour moi,

il éclaire mon carnet

en déposant quelques ombres

délicates, fugitives.

Le soleil me tient chaud.


Maintenant que tout le monde

a repris le travail,

je partirai bien en vacances, moi.


Dans un endroit gai,

un monde en gris et bleu,

un monde de pluie et de vent,

à Saint Quay Portrieux.


Mardi 16 septembre 2008 – 16h24

03.11.2008

Compartiments

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On train.

L’angoisse de la rentrée,

le stress et tout.

Peut être que ça fait maigrir ?


En tous cas, il fait chaud,

donc mesure draconienne,

la veste reste à la maison.


Retrouver les filles de l’année dernière,

c’est bien.

A cet âge là, un été ça change tout,

elles changent beaucoup.


Entre la première et la deuxième année,

elles prennent un coup de vieux,

elles muent, elles se projettent déjà

sur leur nouvelle vie, leur métier,

leur couple, envie de créer une famille,

déjà des femmes.



Un train nous double,

un vrai, un intercities

qui vient de Basse Normandie,

la chance…


Des voyageurs qui, il y a

une heure ou deux, étaient peut être

au bord de la mer, en train de partager

un sandwich avec un goéland argenté,

prendre le tea avec un cormoran huppé…

Le bonheur, quoi !


Un train marrant, avec des compartiments,

curieux…


Jeudi 11 septembre 2008 – 12h54


02.11.2008

Vraisemblable

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Ralph Lauren, Collection de printemps



Envie d’écrire,

envie de manger,

envie d’envie,

de toi,

de ta peau si douce,

de ta chaleur si tendre.


Je n’ai pas de chance

avec les pharmaciennes

aux charmes Vénitiens,

genre blondo-rousse.


J’en connaissais une,

il y a longtemps,

près du Parc Monceau.

Elle était mince, belle,

hyper féminine,

d’une élégance sublime.


Elle était d’une prétention

à faire pâlir un Terre neuve.

Mais elle faisait tout bien,

avec toujours une pointe de mépris

au bout des doigts.


Une œuvre d’art du snobisme

dont j’étais vraisemblablement amoureux…


Jeudi 4 septembre 2008 – 12h26

01.11.2008

Une belle voix

Robe saumon de Chanel avec escarpins argentés.

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On the teuf-teuf.

Acheté un mini-parapluie,

on ne sait jamais.


Je commence à avoir mal aux pieds,

chaussettes trop fines.

« Cela fait cent vingt euros.

- Merci Doctor, vous êtes trop bon ! »


Et oui, la vie c’est ça,

plein d’organes en mouvement,

des trucs qui marchent

qui des fois s’essoufflent,

mais globalement une réussite.


Je me demande comment,

l’annonce de la pluie,

t’aura habillée, toi,

si féminine.


J’ai aimé ta robe légère

et tes mains fines.


Et puis ta voix,

un peu maniérée,

mais charmante,

chantante, aussi.


Une belle voix,

c’est une voix qui nous berce

et nous attire.


J’aime te regarder parler,

et puis sourire,

et puis je te prends dans mes bras,

et puis…


Mardi 2 septembre 2008 – 14h10

30.10.2008

Ta main

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Je ne sais pas trop comment m’habiller.

Il va pleuvoir, c’est sûr.

Mais, avec un parapluie,

comment te serrer dans mes bras ?


Comment réussir un adieu

réellement tragique,

à la face des secondes despotiques

qui déjà, nous attirent ailleurs,

séparent nos atomes,

le cœur émietté (des miettes de thon, hum…)


De ne pas manger me rend plus intelligent.

Si, c’est true, je me sens plus alerte,

plus vif pour sentir les odeurs de la vie,

les attentes des femmes.

C’est plus facile d’aimer le ventre vide.


On se gave de paroles,

de sourires et de non-dits.

On pense à des mots oubliés :

demain, ciel souriant,

soirée, chaleur…

La vibration d’un corps,

ta main dans la mienne,

c’est divin.


Mardi 2 septembre 2008 – 13h20

28.10.2008

Genre Femme

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Madeleine de Jean-Jacques Henner




Les Moustiques sont délicieux.

C’est un des tous premiers livres de Faulkner,

très agréable, très léger,

ironique et gai des beaux quartiers.


Par contre, j’ai été déçu par la préface

très quelconque et sans entrain

de Raymond Queneau,

presque vulgaire.


J’ai vu une jolie petite ville,

traversée par un cours d’eau,

avant d’arriver à Poitiers.

Le train va trop vite,

je n’ai pas pu voir le nom.


Une belle femme blonde,

plus très jeune, mais très belle,

lit un bouquin curieux :

« Clinique de l’identité »

Une psy ?


Comme les femmes aiment bien faire,

elle lit avec un stylo à la main,

pour souligner, tenir quelque chose

ou faire genre femme ?


Le ciel est de plus en plus bleu.

A tous les coups, je vais avoir trop chaud,

trop habillé, trop…


C’est curieux les cheveux très longs

des femmes qui passent,

à bien y penser, cela a un côté animal,

de jolis poils très fins, portés longs,

souvent brillants, parfois soyeux,

des fois cassants.


Samedi 23 aout 2008 – 10h37

26.10.2008

Un ange avec un nez de chat

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Envie de femmes à pieds,

une femme, avec des pieds,

à aimer, à dévorer, à dorloter.


Je pense à un ange

qui s’appelait Valérie.

Elle était la plus mignonne du monde

avec son nez de chat

et ses taches de rousseur

qui étaient brunes.


Un jour, elle avait eu un malaise,

elle s’était allongée, c’était l’été.

Elle portait une légère robette fleurie

et de jolies sandales en cuir marron clair.


Je l’avais embrassé sur le front

mais en fait, j’avais terriblement envie

de ses adorables, inoubliables pieds.


Elle était mi-femme, mi-banbinne,

Valérie.

Souvent, elles sont sympas

les Valérie, non ?


Le train roule.

J’ai chaud, mais c’est bon.

Il y a deux-trois voyageurs,

un filet d’air,

je commence à avoir faim.

Une bonne séance de kiné, ce matin,

après je me sens en pleine forme.


Je pense à mes filles,

mes deux raisons de vivre,

c’est déjà beaucoup, je trouve.


Et c’est si bon de pouvoir aimer,

sans compter.



Jeudi 24 juillet 2008 – 11h55

19.10.2008

Où sont-elles ?

Poupées de Bruges.jpg





On train, at San Lazzaro.

Un train comme les autres.


Quand je regarde devant, derrière,

les femmes de ma vie :

où sont-elles ?


Enfuies, évanouies, disparues,

en train de couler

dans les flots de l’amertume

ou pire, de l’indifférence.


Question mark.

C’est le point d’interrogation

du lendemain.


Quelle vie pour demain ?

Pour quoi faire ?


Envie de partir.

Pleurer, une autre fois.


Je commence à avoir faim.



Vendredi 25 septembre 2008- 17h35

16.10.2008

Un blog qui déblogue

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Un blog qui blogue

et qui déblogue,

why not ?


Je cherche un nom de blog

pour ma Virginia :


Le blog de Hyde Park Gate

ou

A la recherche de Virginia Woolf

ou les deux ?


Un nom, c’est bien,

c’est joli.


Ce sont des lettres,

des trucs à écrire

ou à dire.


Quand je ne pourrai plus

téter la déesse de ma vie,

je crois que j’arrêterai de vivre,

immediately.



Vendredi 25 septembre 2008- 13h20


01.10.2008

Bon souvenir

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Ralph Lauren, Collection de printemps



C’était finalement un bon souvenir,

mais boum ! Je me fais

un début de copine sur le net.

Belle, mince, pharmacienne

et blonde…

Et voilà qu’après quelques

amuse-gueules,

elle me fait le coup

du cerveau hautain…


Dingue !!!

J’étais scié.

A vingt ans d’intervalle,

la même !


Ce doit être une race spéciale,

la pharmaciste snobite,

comme les lapins à grandes oreilles

du Nord, les Géants des Flandres,

ou bien les laitières normandes,

blanches et noires…


La vie, c’est magic.

Tout est bon à prendre.

Il faut juste éviter la maladie

et ruser avec la mort…


La chance, la destinée,

l’année du Rat,

tout ça, c’est la vie.


Tiens, j’ai appris

ce matin, chez le Kiné,

que j’étais un dragon bleu,

je trouve ça plutôt sympa,

non ?


Jeudi 4 septembre 2008 – 12h36


27.09.2008

Garden

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Jardin du Luxembourg.

Le parti-pris d’écrire,

c’est ce qu’il me faut.


Une risée dans les voiles,

quelques hurlements des vents

du Nord, Nord-Ouest.


Une brise tournante

qui enveloppe l’image

de la maison de pêcheur

où j’habite,

que j’occuperai un jour.


Un autre jour,

bientôt,

là-bas,

près de toi.




Mardi 2 septembre 2008 – 15h15

23.09.2008

Tempo

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Reflection par Saul Leiter en 1958


On the quai.

Sitting on the quai.

The dark side of the quai.


En avance, toujours en avance.

On peut alors se poser la question,

ma chère Watsone :

qu’est-ce que le temps ?


J’ai faim, j’ai chaud

et puis tout à l’heure j’avais froid.

J’ai mal dans le bas du dos.

Les trains passent et se croisent,

sans s’arrêter, comme dans une cour

de récré.


Mes filles sont grandes.

Une qui entre au lycée,

l’autre qui intègre l’université.

Changement de statut, d’âge, de posture.


Tout change, seul l’amour reste.

Voilà la leçon de la vie.

Je ne sais pas si Lavoisier

avait bien compris cet aspect

de la physique des corps,

lorsque la matière et le ciel

se rejoignent, seuls les dieux

peuvent survivre,

nous ?



Jeudi 4 septembre 2008 – 12h16

17.09.2008

Silhouettes

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Sur un banc, face à une église.

Curiosité de la vie.

Une femme qui apparaît,

qui disparaît.


D’autres silhouettes viennent

et repartent.

Elles respirent le sel des mots

et puis vivifiées,

s’en vont chercher ailleurs,

à la recherche d’étreintes sans nom.


C’est la vie, nos instants si magics

quand Virginia les décrit

comme des moments d’être,

des fragments,

éclairs plus ou moins ramollis

qui durent,

tant que nous sommes éveillés,

dressés vers le ciel,

avec des antennes qui permettent

de sentir autre chose,

de croiser des dieux et des déesses,

des surhumains, bien naturels,

en somme.


Mardi 2 septembre 2008 – 13h13

Compagnie

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Virginia


Je suis parti seul, non ?

Jamais seul. Il y a le téléphone,

mais ce n’est pas mon truc,

donc cela reste un machin inerte

qui me sert de réveil, principalement.


Non, ce qui me tient compagnie,

c’est le carnet où j’écris,

qui est toujours avec moi,

dans tous les trains.


Et puis le compagnon de nuit, un livre.

J’ai choisi Moustiques de Faulkner,

dans sa belle réédition de chez Points.

Aisé à transporter, à manipuler.


Plus facile à lire que Virginia

qui me demande et à laquelle

j’ai envie de consacrer

une très grande attention.


Oui, un livre de la Woolfette,

c’est pour moi, un moment

tellement chargé d’émotion.


Je pense que c’est comme pour un croyant

quand il pousse la porte de l’église

qui est lourde et qui résiste toujours un peu.


Virginia, c’est pareil.

Pour être baigné dans sa félicité,

pour nager dans sa légèreté,

il faut passer le seuil,

intimidé par le rais de soleil

traversant la poussière,

l’encens et le vieux parfum,

l’odeur du torrent,

les bruits de la campagne au loin,

les arbres et le vent,

Virginia, c’est dément.


Samedi 23 aout 2008 – 8h57

16.09.2008

Papillon

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Chintara Sukapatana



J’ai fini mes dédicaces

à ma Princesse.


Une déesse ordinaire ?

Un papillon, une lune ?


Je crois que c’est une Rivière,

une eau fluide qui me berce

et m’appelle.


Là où le soleil se reflète

et m’éblouit, elle est,

immobile dans sa splendeur,

monument de mes rêves,

au détour d’un temple

où on élève les bébé-tigres.


Là, tu es.

Et tes mains posent leur douceur

sur mon cœur.


Et le silence de tout arrive,

le calme absolu, le tout,

l’entier, Toi.



Samedi 23 aout 2008 – 11h07

Verte

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La campagne qui défile est verte,

uniformément recouverte de chlorophylle.

La campagne semble toujours la même,

vue du train :

du vert entrecoupé de taches jaunes.


Ici, il n’y a pas de vaches.

Alors, où sont-elles ?


Je me demande quel temps

peut-il faire en Angleterre ?

Variable avec éclaircies.

Une pluie fine et des rayons

de soleil, aussi.


Comme je n’ai pas trouvée de carte sympa,

j’ai apporté des signets, des marque-pages,

pour donner avec mes livres-cadeaux.


Je n’ai pas mangé ce matin,

même pas bu de café avant de partir.

Quand je vais arriver,

je suis sûr que j’aurai faim.


Sûrement aussi…

Mais ça, tu ne le sauras pas.


Samedi 23 aout 2008 – 10h47

11.09.2008

Woolfe me

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Vita Sackville-West en 1900


Le nouveau livre de la Woolfette

n’est pas encore paru.

Je m’y attendais.


Bon, comme j’étais là,

j’ai effectué quelques emplettes.

Six livres pour quarante cinq euros,

j’admire ma raisonnabilité

ou mon raisonnisme,

si vous wantez.

C’est quand même ma chanson préférée

du Dylan pas Thomas.



Tiens, je n’ai pas trouvé

d’ouvrage de Tobias Woolf

Que j’avais envie de connaître.

Par contre, je vais rencontrer

de nouveaux auteurs :



Monica Ali, d’origine Pakistanaise

est un écrivain célèbre en Angleterre.

Je vais découvrir « Sept mers et treize rivières »,

son premier roman publié en 2003.


Ensuite, « La vie aux trousses » de Sherman Alexie,

un Indien Spokane habitant aujourd’hui à Seattle,

considéré comme un des meilleurs jeunes

écrivains américains.


A l’opposé de la jeunesse des deux premiers,

Vicki Baum est une légende d’un autre siècle.

Autrichienne, elle connu la gloire aux USA

dans les années Trente, avec notamment :

« Lac-aux-Dames » adapté pour le cinéma

par Colette en 1934 et qui fait l’objet d’une élégante

présentation chez Phébus dans la collection Libretto.


Après l’Autriche, la Roumanie, avec

« Pourquoi nous aimons les femmes »

un recueil de nouvelles, écrit juste pour moi

par Mircea Cartarescu dans une très belle

édition de poche chez Denoël.


Pour terminer cette escapade européenne,

un compatriote d’Annemarie Schwarzenbach,

le voyageur suisse Peter Stamm, avec « Verglas »,

un recueil de neuf nouvelles dans l’intéressante

collection Titres chez Christian Bourgois.


Et at last, une vieille connaissance publiée

dans la fabuleuse collection L’imaginaire

chez Gallimard, « Le professeur » de

Charlotte Brontë, son premier livre,

refusé alors par les éditeurs,

comme quoi…

Mardi 15 juillet 2008 – 12h56

10.09.2008

Café chaud

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Penelope



Le café était bon (serré)

et la barmaid très gentille.

Du coup, j’en ai ramené un gobelet.


J’ai retrouvé ma place, au soleil,

la Trente-deux coté couloir,

pour rester libre.


A côté de moi, la Trente et Un

qui regarde la fenêtre, est libre,

occupée par mon pull marron

et le supplément magazine de l’Equipe,

déjà regardé, car il n’y a que des images,

comme un magazine féminin pour hommes.


Je commence à avoir trop chaud.

J’ai peu dormi cette nuit, de Deux à Six,

à peine quatre heures, mais pour le moment,

je tiens le choc. Je pense que c’est ce soir

que je commencerai à piocher.


Les femmes sont jolies.

Dans les trains, il y a toujours

de belles femmes, qu’elles aient

vingt-cinq ou cinquante ans,

elles s’arrangent toujours pour nous plaire,

étrange, non ?


Samedi 23 aout 2008 – 8h45

09.09.2008

Revoir un jour

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Grace Verticale par France Cool

Revoir un jour Cécile,

partie, enfouie,

sous un tas d’or.


Trop distrait aujourd’hui,

j’ai raté la boutique de Toutounelle

et quand j’ai tourné la tête,

j’étais à la hauteur du truc de pouffes

qui change souvent de nom.


Tout change, tout s’étire

et nous mange et nous manque.

Je dois écrire à mes étudiantes

qui travaillent en ce moment.

Elles sont si mignonnes,

tellement filles sur la fin,

mais bon, je ne vais pas me plaindre.


En ce moment, je fais des essais littéraires

pour échapper à mes deux déesses,

Virginia Woolfette et Joyce Carol Oates.

J’ai lu deux merveilles :

Blue Angel de Francine Prose

et La chambre des échos de Richard Powers.


Par contre, je me suis ennuyé

avec Les plumes du pigeon de John Updike

et Le défaut de Maddalena Trulli a fini à la poubelle,

trop nul, j’ai lutté jusqu’à la cinquantième page

et puis j’ai renoncé. Dommage c’était un joli livre

de la collection La Cosmopolite chez Stocks.


Virginia, heureusement,

tu me Woolfes tellement,

Virginia…



Mardi 29 juillet 2008 – 14h46

08.09.2008

Paroles sucrées

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On the quai.

Paroles sucrées,

paroles qui volent.


Je marche et j’écris.

Y a-t-il une fin ?

A tous ces bonheurs, salés.


Ce matin, j’ai croisé deux merveilles,

plus belles que belles,

des femmes comme dans les rêves.

Oui, j’avoue : la vie est bien faite.


L’autre jour un fantôme

est venu à Paris.

Elle m’a laissé de superbes clichés

des endroits que je hante,

habituellement.


Aujourd’hui, je vais la suivre, à distance.

Je vais aller voir chez Gibert Jeune,

si les livres d’occasion sont aussi bien

que sur Internet.


Hier, mes filles sont reparties,

cette fois-ci, en Espagne.

J’ai de plus en plus envie

d’aller vivre à Boston.

Je serais bien parti en Irlande,

avec Flora, à Greystones,

flirter avec la Mer d’Irlande, la sévère.


Jeudi 24 juillet 2008 – 11h45