18.12.2008

Un coup de menhir

AJ Reine celte.jpg




On train at Santo Lazaro Station.

Le départ est imminent.

J’ai faim, je suis heureux,

en vacances jusqu’à lundi matin.


Pour fêter ça,

je me suis payé une gâterie

chez mon Soldeur, sur la route,

un genre d’anthologie (résumée)

des séductrices, à treize euros,

rien que du bonheur, à dévorer.


Ma Reine Celte est trop bonne

avec moi, en ce moment.

C’est sûr qu’elle me prépare

un coup de menhir.

Normal, elle est trop belle pour moi,

je m’habitue.


L’hiver arrive.

Flora rentre d’Auvergne ce soir,

j’espère qu’elle n’a pas eu froid.

Maintenant qu’Oriane est étudiante,

elle est de plus en plus mère,

je ne m’en plains pas.


Peut être un steak haché, avec des pates ?

Why not ? J’ai faim.

Envie de lire et d’écrire.


Jeudi 30 octobre 2008 – 13h46

16.12.2008

Virginiesque

Ducks in the Regent's Park.jpg

Ducks in The Regent’s Park



C’est vrai que de ma Virginia Virginiesque,

je pense tout avoir, souvent en deux, trois,

voire cinq exemplaires différents de la

même œuvre.

Yes, quand on aime, on ne compte plus.

Il me reste à trouver la correspondance

avec Lytton Strachey. Deux, trois

exemplaires, en anglais, circulent

mais je n’en ai encore aperçu aucun

en français…


Sinon, il me reste à acquérir quelques bouquins

écrits sur Virginia, des très vieux et des récents

comme « Virginia Woolf à Cassis » et « Sur les traces

de Virginia Woolf » qui ont l’air sympa.

J’ai fini cette nuit « La chambre de Jacob »

dans sa dernière traduction (Agnès Desarthe en 2008).

C’est vraiment un bijou, à la fois si vivant

et si poétique, on a envie de se vautrer

dans une élégance aussi démesurée.

Virginia, reviens !

Virginia, je t’attends !


Certains lisent, d’autres parlent.

J’entends même une fille qui parle anglais,

derrière moi, c’est trop bon.

On pourrait être à Londres,

traverser la Tamise, apercevoir Saint Paul,

les flèches de Westminster, saluer Nelson,

se retourner, laisser passer un groupe

de touristes japonais.


Il pleut sans pleuvoir,

je vais regarder la boutique de parapluies

près de chez Harrods, il y a Burberry aussi.

Que c’est cher ! Finalement, j’irai au Monop’,

le cashmere est plus accessible.


Les bus roulent vite.

Les cabines téléphoniques sont rouges, aussi.

J’ai envie de retourner à Regent’s Park,

là-bas c’était bien, Clarissa n’était pas loin.



Jeudi 30 octobre 2008 – 8h36


15.12.2008

L’âge de raison

age de raison Laetitia Casta.jpg



Jeudi 23 – 8h16.

J’ai pris le train trop tôt.

Je suis encore endormi.

La journée va être fatigante,

trois heures et demi non stop,

avec la même classe, c’est dur,

même si hier, ça s’est bien passé

dans ma nouvelle école.


Des étudiants plus vieux et plus murs

que dans mon école principale,

et puis, une petite minorité de garçons,

ça me change…


Jeudi 30 – 8h26.

Marrant, j’écris tous les jeudis.

Un train tranquille.

L’hiver arrive.

Hier le frog, comme à Londres,

la ouate humide qui recouvre les toits

et enlève les perspectives.

Les effets gommant du brouillard…

c’est givrant, non !


Bon je suis content car je bats record sur

record avec mes bloggies (little blogs)

et puis j’ai réussi à installer un compteur

sur le petit dernier, je suis plutôt fier de moi

(il m’en faut peu, il est vrai).


Ce matin, j’ai eu double ration de seins,

donc la journée ne pouvait pas mieux commencer !

Bizarre, je n’ai plus aucune commande de livre

en cours, ça me fait tout drôle,

je deviens donc si raisonnable !


Jeudi 30 octobre 2008 – 8h26

12.12.2008

Une victime, des madeleines

Penelope Cruz Victime.jpg




On quai.

Aujourd’hui je pars travailler dans une

nouvelle école où je vais enseigner l’économie

à deux classes de 1ère année, le mercredi

et le jeudi, deux demi-journées en plus.



Cette semaine est une des plus chargées

de l’année car je fais cours tous les jours.

Dimanche, je devais faire une escapade

dans l’Oise, pas encore confirmée,

on verra comment tourne la vie,

on verra encore un peu.


Une belle inconnue, si loin et si près,

elle a encore plus peur que moi,

finalement, c’est rassurant.


Hier, j’étais tellement content de mes étudiantes

de 1ère année, qu’avant de partir, je leur ai abandonné

mon paquet de madeleines de Commercy.

Je n’ai pas pu résister au sourire

de leurs grands yeux noirs.


C’est terrible, mais c’est si bon

d’être la victime de la beauté des femmes.


Aujourd’hui du soleil, hier de la pluie,

le ciel est encore tout mélangé,

comme barbouillé, les nuages gros et blancs,

sont gonflés d’énergie et ils se bousculent

pour regarder bouger la vie, en dessous,

à Paris.


Si j’ai le courage, tout à l’heure j’irais voir

les horaires des trains à la Gare du Nord.

J’ai faim.


Mercredi 22 octobre 2008 – 12h46

10.12.2008

Signal sonore

North-side Beach.jpg

North-side Beach au Cape Cod


On train.

Parti.

Revenir, repartir.

Le signal sonore annonce

la fermeture des portes.


Les voyageurs ont des têtes

hivernales, silencieux

sauf une femme portugaise

qui énonce tous ses malheurs

au téléphone, elle se sent mal,

elle n’a pas digéré et puis son mari

et puis, le tour des enfants viendra plus tard.


Sur la banquette de l’autre côté de l’allée,

une passagère en cuisses de velours,

en fait, ce sont des collants noirs,

avec un short, plutôt sympa,

ces trucs de femme, pour nous laisser

admirer leurs jambes…

A quand le bikini d’hiver ?

J’attends.


Ce soir, réception au Sénat.

Je crois qu’ils iront sans moi.

La dernière fois c’était mortel.

Pourquoi devrais-je payer pour m’ennuyer ?

hein, je vous le demande !


Une femme, un chien,

le vertige de l’amour.

En bas, en haut.

Une falaise et le vent qui siffle

et qui chante.

Je suis pris dans un tourbillon

d’air marin.

Un trou noir Celte,

un truc où enfin je respire.


Why la Mer, quand ?

Revoir les algues,

s’asseoir sur le sable,

penser très fort à Betty Flanders,

une des représentantes

de la Déesse des mots,

dans les pages de mon cœur.


Et puis rire et partir,

et puis…


Lundi 20 octobre 2008 – 8h26

09.12.2008

Sunrise

Cameron Diaz.jpg


On train.

Un bonheur inattendu,

une bouffée de chaleur extrême,

de t’avoir retrouvée.


Une sorte de miracle,

un truc dingue,

genre comme dans les films.


C’est sûr que je t’attendais.

Mes jours étaient devenus si tristes

et mes nuits étaient vides

du sens de toi.


C’est trop bon de te savoir là,

de te sentir exister,

quelque part, là-bas.


Tu te lèves tôt,

j’ai l’impression que tu ne dors pas assez.


Je voudrais te parler,

toucher ton regard bleu

et sentir la vie en toi.


J’ai envie de regarder le monde

et d’embrasser le jour à n’en plus finir.

Encore !

Vendredi 17 octobre 2008 – 8h28

08.12.2008

Même la chatte est grise

Armani.jpg

Blue eyes sauce Armani


On train.

La vigne vierge, sur le mur aveugle,

est agitée.

Rouge, verte et jaune.

Les couleurs de l’automne

sont emportées par le froid.


Hier, c’était l’été à Paris, 25°.

Aujourd’hui, on remet les frimas de l’hiver,

le temps détestable de Novembre

quand le vent glacial mord la peau du visage

et griffe les lèvres.


« Alors, tout va mal ?

- Je ne sais pas mon Général…

- Comment ça, espèce d’adorateur woolfien,

on ne sait pas si ça gaze !

Ou alors, on dissimule ?

- Peut être, la vie nous le dira. »


J’ai froid, tout est gris, le ciel,

l’air, les bâtiments, les quais des gares

où nous stoppons.

Même la chatte est grise, alors…


Heureusement, il y a la Woolfette

et le plaisir des livres.

Ce matin, j’ai reçu « Prodige »

de Nancy Huston, déniché sur eBay

et ce soir, je dois aller dans ma librairie étoilée,

chercher deux ouvrages écrits sur Mrs Woolf.


Virginia, que ferais-je sans toi ?

Ca ressemble à une chanson de Brel, I think so.

Et puis, il y a toi qui es revenue, doucement,

la chaleur florentine que j’attends, qui me manque.

J’embrasse l’azur de tes yeux.


Jeudi 16 octobre 2008 – 13h25

05.12.2008

Sous le choc

Keeley Hazell.jpg

Keeley Hazell



Un peu plus loin,

encore sous le choc, sûrement,

un bus m’a évité d’extrême justesse,

une sorte de miracle…


Je ne l’avais pas vu.

Il faut dire que je ne regardais pas

la circulation.


J’admirais la silhouette

d’une belle jeune femme blonde

dotée d’un très remarquable derrière…


Bon, c’est vrai, j’étais arrêté en plein

milieu de la rue,

bon c’est vrai, je n’avais pas remarqué le bus !

Et alors, ça peut arriver à tout le monde, non ?


Aujourd’hui, c’est la journée

des découvertes magiques.

Après la rue Bourdaloue,

après la découverte d’une nouvelle promotion

d’étudiantes de première année, dotées

d’un bon comportement d’apprenantes,


je m’attaque à la cave aux Trésors,

une vraie librairie spécialisée

dans les livres anciens qui détient plein

de merveilles Woolfiennes.


L’ouverture est à quatorze heures,

donc j’attends. J’ai avalé un abominable

Cheese burger de café. Je l’ai quand même

mangé en entier, j’avais faim et envie de m’occuper.


Hier soir ou plutôt cette nuit, je me suis couché

en forme, après avoir écrit un texte sur le Journal

de Hyde Park Gate. Rien que des textes perfectibles

car écrits trop vite, sans préparation, ni relecture.


Mais à chaque fois, c’est un moment de bonheur,

comme une fleur cueillie pour ma Woolfette.



Lundi 13 octobre 2008 – 13h40

02.12.2008

Suffren, Garibaldi

Ralph Lauren Suffren.jpg

Ralph Lauren, Collection de Printemps



Avenue de Suffren, Boulevard de Garibaldi,

un genre de place, une fontaine Wallace,

une pancarte Montparnasse.


Un café parmi quelques autres,

le bruit des verres qui s’entrechoquent

derrière moi, le bar.

Sons et odeurs, mélange de 13 heures.


J’ai bien vu le « Crystal Bar »,

je me croyais à New York.

Il était fermé, comme un bon nombre

de brasseries du coin.

Trop près de la Tour Effel,

trop de travaux dans ce joli quartier.


Ce matin, je me suis encore aventuré

dans la rue magique de Paris,

entre la rue Saint Lazare et la rue de Châteaudun,

il existe une rue enchantée,

toute petite, le long d’une église,

sûrement Notre Dame de Lorette.


La magie de cette rue, dans ce quartier

sympa mais qui n’a rien d’extraordinaire,

c’est que toutes les femmes sont jolies,

déroutantes, impressionnantes.


Dingue !

Comme dans un rêve.


Lundi 13 octobre 2008 – 13h30

01.12.2008

Manque

Woolf Virginia Manque.jpg




Ma Virginia, dans le train,

avec moi.


Ni loin, ni près,

elle touche mes neurones

de ses longs doigts,

un peu froids.


Je ne l’imagine pas trop,

fignolant son maquillage,

un trait de crayon sur les lèvres

ou rajuster le cordon de son Ipod…

Plutôt tirer discrètement

sur un bas qui plisse.



Elle portait souvent des chapeaux,

c’était la mode, en ce temps là.

Elle était si british ma Virginia,

un peu mondaine, un peu campagnarde

et entre les deux, terriblement unique,

suprêmement woolfienne.


J’ai tellement envie de te voir,

d’aller respirer l’air de là-bas,


près de toi.


Vendredi 10 octobre 2008 – 8h21

22.11.2008

Astonishing

VW with Lytton.jpg

Virginia with Lytton




C’est une autre façon

de vous dire merci,

Hello, comment allez-vous ?


Si chaque mois,

vous battez vos records

de lecture blogiste,

qu’allons-nous devenir ?


En Septembre, mois de fréquentation

record vous étiez passés 4 822 fois

et comme ça ne vous suffisait pas,

en Octobre vous êtes venus 6 663 fois

pour regarder les mots d’ici et de là.


Je n’aime pas trop parler de moi (sic)

mais il faut vous dire (ce n’est pas de moi)

que le petit dernier a déménagé :


« Le blog de Hyde Park Gate » a quitté Spirit

pour Blogger, sans changer de nom.

Sa nouvelle adresse est :

http://leblogdehydeparkgate.blogspot.com


Pour fêter votre nouveau record de fréquentation,

j’ai fait quelques emplettes, hier du côté de

Saint Michel, vous savez là où il y a un dragon,

une fontaine et des touristes qui prennent des photos

des filles qui regardent le pauvre dragon

injustement trucidé…


J’ai ramené « Fugitives », un recueil de huit

nouvelles d’Alice Munro, Canadienne de son état,

dont l’immense talent est largement reconnu

au-delà de l’Atlantique.


« Les empreintes du diable » est un roman

qui allume la curiosité, écrit par un Ecossais, John Burnside,

bien sous tous rapports, il a étudié à Cambridge

est devenu poète et a rencontré le diable dans la neige…


Je suis également tombé en arrêt devant une vieille

édition (1959) du « Grand dessein » de John Dos Passos,

celui que Sartre considérait comme le plus grand romancier

de sa génération.


Et puis, en rentrant, comme ça je suis passé le long des quais

où bizarrement, des bouquinistes s’ennuyaient dans le froid.

J’ai trouvé un joli petit livre de Lytton Strachey

« Scènes de conversation » qui sont les portraits miniatures

de deux grandes dames du 18ème siècle, aux amours contrariés.


C’est une curiosité à déguster avant d’aborder la correspondance

entre Lytton et Virginia, une relation presque mystique…



Une relation d’amour.



Dimanche 2 novembre 2008

21.11.2008

Justesse

virginia_woolf.jpg



On train, 8h17.

Pris le train de justesse.

Qu’est-ce qui est juste, injuste ?


Je continue mon apprentissage

de la solitude.


Je pense à Virginia,

le remède absolu

des temps difficiles,

des petits matins gris.


J’imagine ma Woolfette

dans le train.


Il me semble qu’elle utilisait

souvent le chemin de fer pour aller

de sa banlieue campagnarde à Londres.


Je me la représente

dans de jolis compartiments

en bois cirés, quelques chromes

qui brillent encore,


mais tout, autour d’elle,

a un air légèrement passé,

tirant vers le sépia.



Vendredi 10 octobre 2008

17.11.2008

Ombre

Ombres.jpg




8h16.

On the quai.

Froid.

13° pour un vendredi,

c’est un signe ?


J’ai la crève,

mal de gorge et tout.

Heureusement, hier soir,

Docteur Martine m’a prescrit

des antibio, le Clamoxyl, c’est génial

ça soigne tout, même le manque

d’amour…


Bon, tout va mal,

mais tout ira mieux demain.

Je rêve de me reposer

avec Virginia, dans le jardin,

sur un transat, décontracté,

vert bien sûr.


Je passe la journée

avec mes trois classes de vieilles,

les 2èmes années.

C’est du plaisir, toujours,

de les retrouver, même si

elles ont tendance à se disperser.


Virginia,

je cherche ton ombre.


Vendredi 3 octobre 2008

15.11.2008

New

T V o.jpg




On train, at 13h28.

Je suis assez satisfait

de mon nouveau blog sur Virginia.

Je ne sais pas s’il sera très utile

mais au moins, cela m’aide

à rassembler mes connaissances éparses

et me donne plein de nouvelles idées.


Je suis très content du texte que je viens d’écrire

sur « The Voyage out », car c’est une œuvre

quelque peu dédaignée par la science littéraire,

trop lisible, pas assez compliquée.


Un peu le contraire des « Vagues »

considéré comme un chef d’œuvre,

mais quand même très difficile à lire.


Virginia,

j’embrasse la fumée de tes cigarettes.




Jeudi 2 octobre 2008

13.11.2008

Inspiré

Walk with Soames 1958.jpg

Walk with Soames by Saul Leiter - 1958


On train, at 13h24.

Une bonne inspiration.

Je m’apprêtais à partir travailler,

en veste, quand ma fille m’a conseillé

l’imper et le parapluie.


J’ai bien fait de l’écouter.

J’ai marché sous une averse de grêle,

un aperçu du déluge.


Malgré la gabardine et le pépin,

mon pantalon est trempé sous les genoux.

Heureusement, je vais voir Docteur Martine, ce soir,

j’avais donc tout prévu.

Natürlich.


En ce moment, j’ai faim,

tout le temps faim.

Ca doit être le stress,

un genre de boulimie de vie.





Jeudi 2 octobre 2008

12.11.2008

Carte imaginaire

Imagine.jpg





Une carte imaginaire,

des méthodes de prévision.


Jenny, Aurore, Olivia

et les autres,

menus Big Mac ou Nouille Rapide.


Elles mangent, elles dévorent.

Elles sont gourmandes,

enceintes ou pas.


Nutella ou cornichons,

envies de femmes esseulées,

jambon olive ou Tabasco.


Elles mangent,

parlent de leur copain,

évoquent à mots couverts,

l’homme de leur vie.


Elles se projettent

dans leur future grossesse,

elles en rient,

c’est leur vie.





Vendredi 26 septembre 2008- 12h40

10.11.2008

Between

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Little Angelina



On the quai.

Between two trains.


Des choses à ramasser,

une abeille qui se meurt.


Le vent froid

qui ne décourage pas le soleil.


Une jeune fille,

belle comme une Indienne,

le sourire en plus.


Une corneille là-bas

qui hésite.

Elle se tâte,

elle s’envolera plus tard.


Un pantalon léger,

comme en été,

sauf qu’il est marron…


J’arrondis la couleur,

comme je suis daltonien,

moi, madame !




Vendredi 25 septembre 2008- 13h15

07.11.2008

Plongeon

Raica Oliveira_10.jpg

Raica Oliveira



8h 19.

On train.


La nuit était passée.

Le matin s’était levé.

C’était comme le silence

d’un oiseau qui meurt.


Elle arriva,

s’assit,

ôta magistralement son blouson

et afficha deux maigres seins.


Aussitôt, elle piqua du nez,

dans sa lecture.


jusqu’au terminus,

Santo Lazaro Terminal,

elle ne releva pas la tête.


La vie est quand même bien injuste.


Vendredi 19 septembre 2008

06.11.2008

500 mots

Jolietattoo.png




Je suis toujours aussi surpris

de vos passages si nombreux.

C’est plutôt agréable,

le regard des autres.


Depuis trois ans et demi

que j’écris en ligne

le mois de septembre 2008

a connu la plus grosse affluence.


Vous êtes passés 4 822 fois

ici et là, à toutes les heures,

avec ou sans lune.


Cinq cent mots,

c’est le nombre magique

qui constitue l’objectif journalier

de beaucoup d’écrivains.


Douglas Kennedy et peut être John Irving

et puis aussi et sûrement, Léonard et Virginia

Woolf qui s’étaient lancés ce pari.


En fait le plus dur ce n’est pas d’atteindre

les 500, 600 ou 1200 mots,

ce qui est vraiment héroïque,

c’est de le faire tous les jours !


En ce moment, comme je subi le stress de la rentrée,

j’écris moins et je lis beaucoup :


La nuit en question de Tobias Wolff : Un recueil de quinze

nouvelles, au niveau du maître Raymond Carver.


Le deuxième tome du Louis XIV de Max Gallo : sans grand intérêt.


La Maison de Carlyle et autres esquisses de Virginia Woolf :

Sept esquisses qui ne sont que des esquisses…


Man crazy de Joyce Carol Oates : Pas mal, mais une impression

de déjà vu.


Happy end de Julie Wolkenstein : le premier chapitre est bien.


L’obsédé de John Fowles : Un chef d’œuvre, même si comme

d’habitude le titre français est débile alors qu’en anglais

The Collector (le collectionneur) est parfait…


Jours de juin de Julia Glass : Une merveille


Et puis, le petit dernier se porte bien. Je suis content du titre,

Le blog de Hyde Park Gate , car il évoque l’enfance,

la famille, la maison et la ville que Virginia aimait tant.


Baisers from the Serpentine.


Lundi 6 octobre 2008

04.11.2008

Suprême

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Audubon Sanctuary in Wellfleet by Ross Warner



Je pars, pas loin,

dans ma nouvelle école,

où je vais travailler, en plus

de la vieille de l’année dernière.


C’est quasiment au même endroit,

même côté de la même rue,

à cent mètres de distance.

Ce soir, c’est une réunion pédagogique.


Ca va être marrant,

je vais voir de nouvelles têtes,

j’aime bien ça.


Le seul problème de cette école,

c’est l’absence de machine à café…

Je crois que je vais finir par m’acheter

une bouteille thermos, une petite bien sûr.


Ce soir, j’irai bien faire un tour

chez Gibert, mais je n’aurai sûrement pas le temps.

Et puis, il faut que je trouve un cadeau

sympa pour ma Celtesse Suprême.


Le soleil est bon pour moi,

il éclaire mon carnet

en déposant quelques ombres

délicates, fugitives.

Le soleil me tient chaud.


Maintenant que tout le monde

a repris le travail,

je partirai bien en vacances, moi.


Dans un endroit gai,

un monde en gris et bleu,

un monde de pluie et de vent,

à Saint Quay Portrieux.


Mardi 16 septembre 2008 – 16h24

03.11.2008

Compartiments

Compartiments.jpg



On train.

L’angoisse de la rentrée,

le stress et tout.

Peut être que ça fait maigrir ?


En tous cas, il fait chaud,

donc mesure draconienne,

la veste reste à la maison.


Retrouver les filles de l’année dernière,

c’est bien.

A cet âge là, un été ça change tout,

elles changent beaucoup.


Entre la première et la deuxième année,

elles prennent un coup de vieux,

elles muent, elles se projettent déjà

sur leur nouvelle vie, leur métier,

leur couple, envie de créer une famille,

déjà des femmes.



Un train nous double,

un vrai, un intercities

qui vient de Basse Normandie,

la chance…


Des voyageurs qui, il y a

une heure ou deux, étaient peut être

au bord de la mer, en train de partager

un sandwich avec un goéland argenté,

prendre le tea avec un cormoran huppé…

Le bonheur, quoi !


Un train marrant, avec des compartiments,

curieux…


Jeudi 11 septembre 2008 – 12h54


02.11.2008

Vraisemblable

Ralph Lauren Collection de Printemps.jpg

Ralph Lauren, Collection de printemps



Envie d’écrire,

envie de manger,

envie d’envie,

de toi,

de ta peau si douce,

de ta chaleur si tendre.


Je n’ai pas de chance

avec les pharmaciennes

aux charmes Vénitiens,

genre blondo-rousse.


J’en connaissais une,

il y a longtemps,

près du Parc Monceau.

Elle était mince, belle,

hyper féminine,

d’une élégance sublime.


Elle était d’une prétention

à faire pâlir un Terre neuve.

Mais elle faisait tout bien,

avec toujours une pointe de mépris

au bout des doigts.


Une œuvre d’art du snobisme

dont j’étais vraisemblablement amoureux…


Jeudi 4 septembre 2008 – 12h26

01.11.2008

Une belle voix

Robe saumon de Chanel avec escarpins argentés.

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On the teuf-teuf.

Acheté un mini-parapluie,

on ne sait jamais.


Je commence à avoir mal aux pieds,

chaussettes trop fines.

« Cela fait cent vingt euros.

- Merci Doctor, vous êtes trop bon ! »


Et oui, la vie c’est ça,

plein d’organes en mouvement,

des trucs qui marchent

qui des fois s’essoufflent,

mais globalement une réussite.


Je me demande comment,

l’annonce de la pluie,

t’aura habillée, toi,

si féminine.


J’ai aimé ta robe légère

et tes mains fines.


Et puis ta voix,

un peu maniérée,

mais charmante,

chantante, aussi.


Une belle voix,

c’est une voix qui nous berce

et nous attire.


J’aime te regarder parler,

et puis sourire,

et puis je te prends dans mes bras,

et puis…


Mardi 2 septembre 2008 – 14h10

30.10.2008

Ta main

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Je ne sais pas trop comment m’habiller.

Il va pleuvoir, c’est sûr.

Mais, avec un parapluie,

comment te serrer dans mes bras ?


Comment réussir un adieu

réellement tragique,

à la face des secondes despotiques

qui déjà, nous attirent ailleurs,

séparent nos atomes,

le cœur émietté (des miettes de thon, hum…)


De ne pas manger me rend plus intelligent.

Si, c’est true, je me sens plus alerte,

plus vif pour sentir les odeurs de la vie,

les attentes des femmes.

C’est plus facile d’aimer le ventre vide.


On se gave de paroles,

de sourires et de non-dits.

On pense à des mots oubliés :

demain, ciel souriant,

soirée, chaleur…

La vibration d’un corps,

ta main dans la mienne,

c’est divin.


Mardi 2 septembre 2008 – 13h20

28.10.2008

Genre Femme

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Madeleine de Jean-Jacques Henner




Les Moustiques sont délicieux.

C’est un des tous premiers livres de Faulkner,

très agréable, très léger,

ironique et gai des beaux quartiers.


Par contre, j’ai été déçu par la préface

très quelconque et sans entrain

de Raymond Queneau,

presque vulgaire.


J’ai vu une jolie petite ville,

traversée par un cours d’eau,

avant d’arriver à Poitiers.

Le train va trop vite,

je n’ai pas pu voir le nom.


Une belle femme blonde,

plus très jeune, mais très belle,

lit un bouquin curieux :

« Clinique de l’identité »

Une psy ?


Comme les femmes aiment bien faire,

elle lit avec un stylo à la main,

pour souligner, tenir quelque chose

ou faire genre femme ?


Le ciel est de plus en plus bleu.

A tous les coups, je vais avoir trop chaud,

trop habillé, trop…


C’est curieux les cheveux très longs

des femmes qui passent,

à bien y penser, cela a un côté animal,

de jolis poils très fins, portés longs,

souvent brillants, parfois soyeux,

des fois cassants.


Samedi 23 aout 2008 – 10h37