24.01.2009
Sunrise

Turner : Lever de soleil avec monstres marins, 1845
The sun rises et c’est très beau,
rouge, bleu, blanc, gris,
avec de jolis nuages moutonneux
et le pourpre du soleil en toile de fond.
Une femme étonnante,
une rencontre inattendue.
Alors que je me résignais à apprivoiser
la solitude amère, je commençais à me
contenter du beau sourire de mes
(nombreuses) commerçantes préférées
et puis une femme du froid est arrivée.
Un nom scandinave pour une déesse
de la mer qui habite en plein cœur
de l’ancien pays Celte,
au centre de l’Europe dans un joyau
de l’urbanisme mondial.
En plus, c’est une ville qui a un nom
curieusement beau, comme celui
d’un être vivant.
Le pousseur, sur la Seine, propulse devant
lui deux grandes barges chargées de sable,
c’est beau comme des pyramides sur l’eau.
De loin, le Sacré Cœur est imposant,
il plane au dessus de la ville, comme
dans un livre d’images.
De près, il rapetisse, tout japonisé
qu’il est, curiosité en sucre, à lécher.
Partir, revenir, boire ton sourire,
sentir le désir de toi,
oui j’aime ça.
Jeudi 27 novembre 2008 - 8h16
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22.01.2009
Virginia

Finalement, l’hiver pourquoi pas ?
Il faudra demander aux fourmis
qui bouquinent, asphyxiées par la lecture
de l’Ulysse de Joyce… L’ennui total.
Je partage l’avis de ma Virginia (Comment
est-elle arrivée là ?) qui n’a pas voulu
publier cette assommante prose,
confite de prétention.
J’attends ma Virginia,
J’attends mon amour infini.
Je suis content de mon texte
sur « Trois Guinées ».
Il faut que j’en écrive un nouveau
avant la fin du mois, pas sur « Nuit et jour »,
un délice que je suis en train de lire,
qui me fait penser à Jane Austen,
à Proust et à … Virginia.
Bizarrement, je trouve la forme
plus conventionnelle que celle du « Voyage Out ».
Virginia, tu me manques.
Virginia !
Mardi 25 novembre 2008 - 17h10
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21.01.2009
Douceur blanche

On train again.
Une bonne journée de faite.
Un peu fatigué, irritable,
pas assez dormi.
Vivement Noël.
J’ai hâte d’être en vacances
pour aller sur les quais,
humer l’air des livres,
le nez au vent.
Les goélands posés près de moi
qui regardent, attendent, inspectent,
respirent et repartent et virent
et s’élèvent en une farandole
de douceur blanche.
Le ciel est bellement gris,
fameux, la blancheur des immeubles
impose une discrète présence,
un délicat relief.
Finalement, l’hiver pourquoi pas ?
Mardi 25 novembre 2008 - 17h00
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19.01.2009
Vivement Noël

On train.
Un démarrage en douceur.
Le froid qui est là et qui m’arrache des larmes.
Too much.
Ce matin, j’ai croisé le sourire merveilleux
d’une femme si belle, si femme.
Cela fait si longtemps que j’attends d’elle
un signe, un espoir, un truc magic.
Elle a changé de coiffure, depuis
quelques semaines, cela ne l’a pas
rendu plus belle, mais est-ce possible ?
Maintenant, elle me parle et elle sourit.
C’est la vie, c’est l’espoir des matins
et des jours.
Un beau titre pour plus tard,
ce soir, demain,
encore bien,
encore plus.
Mardi 25 novembre 2008 - 8h27
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16.01.2009
Lumière

London 1950 by Saul Leiter
Un jour de grève ordinaire.
Un jour de travail, par grand froid,
sorti les gants et la parka d’hiver.
Parti à l’aube, à cause des « travailleurs »
socialo-communistes, une spécialité
bien de chez nous, les trainistes grévistes.
Ce matin là, la lumière était belle sur le quai,
je voulais faire une photo, mais la mémoire
est pleine.
Les oiseaux étaient en forme,
les corneilles jouaient à saute-mouton
avec les cheminées, les pigeons s’entraînaient
au vol en escadrille et les pies caquetaient.
Des oiseaux qui semblent plutôt amoureux
en ce moment, est-ce la saison ?
Hier, j’ai commencé une merveille,
le « Nuit et jour » de ma Woolfette.
Dès que j’ouvre le gros livre, c’est un imposant
Flammarion de quatre cent pages,
je me retrouve au paradis,
ailleurs, dans le Londres que j’aime,
avec le brouillard et le bruit des voitures,
des cabs et des taxis.
Les bruits de la ville.
Là où tu étais, femme éternelle,
femme des femmes,
Toi, Virginia.
Lundi 24 novembre 2008 - 9h16
22:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.01.2009
Conseils aux femmes

Nymphes et Satyre par William Adolphe Bouguereau en 1905
Mesdames, si vous avez un homme
à la maison, vous devez savoir comment
ça marche.
En gros, c’est comme un chien
ou un chat, en plus simple,
il y a une seule queue
à deux positions : oui et non.
Bon, des fois vous vous demandez,
ce grand garçon, pourquoi mange-t-il
autant ? Why ?
Pourquoi cette mise en scène (en bière)
devant le match de foot, avec canette, pizza,
chips et autres légèretés à partager entre amis ?
C’est tout simplement de l’insatisfaction sexuelle.
Voilà, c’est simple comme bonjour.
Votre homme, quand il regarde le match,
ou fait semblant, en fait il rêve d’être
accompagné par une accorte
Pom Pom Girl, avec formes bien dessinées
et qui en plus sourirait (et oui, le truc qui
n’arrive qu’aux autres).
Manque de pot, il n’y a pas de playmate
dans le quartier et puis c’est trop tard,
l’épicerie est fermée.
Donc votre pauvre bipède ravale sa frustration,
la queue entre les pattes, et il bâfre,
il se goinfre, il avale tout ce qui passe,
jusqu’à satiété, jusqu’à ce que, le ventre plein,
il se sente apaisé, avec comme une envie
de dormir…
Voilà, c’était une soirée au pays des hommes.
Donc maintenant, mesdames, si vous voulez
un homme qui garde la ligne, vous savez
ce que vous devez faire…
…lui trouver une copine de matches !
C’est pas simple la vie ?
Vendredi 21 novembre 2008 - 8h25
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12.01.2009
Obsession

Courbet : La Femme à la vague - 1868
On train.
I’m going to Santo Lazaro Station.
L’obsession des femmes,
voilà une saine obsession,
un bon toc, une manie comme les autres.
Tous les artistes mâles
et quelques autres, étaient possédés
par la beauté des femmes,
par leur célesticité,
pourquoi pas moi ?
Hein ! Je vous le demande, why ?
Tiens, sur le quai il y avait
un grand panneau de pub,
pour eBay, pour Noël.
J’ai vu qu’on trouvait même
des soutien-seins.
A quand les nichons aux enchères ?
Les bouts de seins côtés en bourse ?
Ce n’est pas pire que de mettre
des morceaux de ferraille
dans le CAC 40 ou d’essayer de vendre
la voiture la plus moche de l’histoire,
appelez-moi Laguna !
Le sein, mamelle de l’amour
est une des rares valeurs sures
de notre vie, aujourd’hui,
alors profitons-en,
tétons…
Jeudi 20 novembre 2008 - 13h25
22:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Silhouettes

Ralph Lauren - Collection Printemps Eté
On train.
La route du bonheur.
J’ai croisé des mamelles à pois,
une flasque de gin Gordon’s vide,
le bouchon sagement posé à côté
qui attendait tranquillement sur le rebord
d’une fenêtre d’un rez de chaussée.
Plus loin, une maman jeune et chic
appelait d’une voix haute :
Caroline ! puis Marie !
Et ensuite, la folie ordinaire de la vie.
Les femmes que je croise dans Paris,
déguisées comme des princesses
ou des petites filles qui essayent
leur dernière panoplie.
Certaines ressemblent à des clowns,
d’autres, fonctionnaires tristes,
ne ressemblent à rien,
des ventres à télévision,
des milliers d’heures sans émotion,
sans rien,
juste tuer le temps qui arrive.
Je décide finalement que les femmes
se la jouent un peu trop,
hautaines et prétentieuses.
A force de cultiver la légèreté,
elles finissent par ne plus peser très lourd,
anorexiques du cœur,
le sexe en bandoulière,
une nouvelle race de femmes ?
Mercredi 19 novembre 2008 - 13h46
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10.01.2009
La nuit bleue

12h45
Rien.
17h04
Une beauté devant à gauche,
une beauté à droite,
avec des pieds magnifiques,
nus dans ses ballerines,
du bonheur en barres.
Finalement, des pieds comme ça,
c’est cochon.
En plus, elle est bien habillée,
sobrement, comme une Italienne
du Nord, avec un pantalon en velours,
sans cote, marron et une jolie veste
trois-quarts à discrets chevrons,
soulignés de gris.
Elle est brune, elle est jeune,
à peine vingt cinq ans, un chignon
bas, un peu décontracté,
une allure d’étudiante studieuse.
La nuit tombe déjà.
Je pense aux canards
qui suivent la Loire.
Ils sont déjà hauts dans le ciel,
ils sont déjà loin de nous,
hors de parole
mais le propos est là, toujours,
il tient bon.
Comme j’aime ses pieds qui rêvent
qu’elle fait vivre régulièrement.
Peut être qu’elle a mal aux pieds,
ou froid ?
Peut être.
La nuit tombe bleue sur Asnières.
La nuit est une femme,
La nuit est une caresse,
la douceur du déjà et du comment,
un parfum de toujours.
J’ai envie d’encore,
pas de fin.
Mardi 18 novembre 2008
23:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.01.2009
On board

Kristinna Loken
C’est le tchou tchou train,
c’est le tchou tchou qu’on aime.
Revenu. On board.
Après une matinée de cours
avec un échantillon de beautés cervelées.
Après je marche et puis je me demande
et puis je m’arrête chez le Soldeur.
Je regarde du bout des doigts
et puis je file
et puis je pense
aux femmes de ma vie,
écrite ou vécue,
it’s the same.
Je me disais que pour le bon équilibre
d’un homme, être frustre
mais oh combien fragile,
Il faudrait trois femmes.
Une sympa, avec laquelle
on peut vivre en toute confiance.
Une très intelligente, avec qui
on peut ouvrir son esprit
et cultiver ses pensées
les plus cachées.
Et une très belle,
pour rêver
et avoir envie d’elle
à en devenir fou.
Les plus belles sont généralement
les pires, c’est une fatalité.
Pour être heureux,
fuyez la beauté.
D’un autre côté, même les femmes
moches sont des femmes, donc…
Il ne faut pas trop rêver.
Il reste : moine, ermite, marin solitaire,
ou alors homme pauvre,
c’est une bonne façon
d’échapper aux femmes.
Lundi 17 novembre 2008 – 12h39
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05.01.2009
Humains plutôt humains

Norham Castle, Sunrise vers 1845, by Joseph Mallord William Turner
Ce matin le train est en forme.
Je ne sais pas si c’est le ratage
socialiste ou quoi,
mais pour un lundi matin,
je trouve mes confrères humains
plutôt humains, presque détendus,
pas encore souriants, mais…
Un passager a commencé sa journée
en insultant des contrôleurs de la SNCF.
Visiblement, ça lui a fait du bien
et à nous aussi.
Le soleil est beau ce matin,
entre le Sacré Cœur et la Tour Eiffel,
il rase les lignes de chemin de fer.
Il est d’un orange parfait,
sur le gris bleuté du ciel.
Il est Turnérien.
Ca me fait penser que j’ai des copines
dans tous les pays, sauf en Angleterre.
C’est bien regrettable ma chère Watsone,
il faut m’arranger cela !
Lundi 17 novembre 2008 – 8h26
16:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03.01.2009
Across the Plexiglas
On train.
Des lumières à travers le plexiglas terne,
le soleil illumine un immeuble
encore marqué d’une tristesse passée.
Maintenant que j’ai des correspondantes
du monde entier,
il ne me reste plus qu’à écrire.
En ce moment, il y a une affluence
étonnante sur tous mes blogs,
sûrement une mode passagère,
l’anti-mode est régulièrement à la mode.
Et ma Woolfette dans tout ça ?
Je lui parle moins en ce moment
et puis j’ai beaucoup de travail.
Mes étudiantes se la coulent douce
pendant que je trime comme un forçat,
cherchez l’erreur !
Lundi 17 novembre 2008 – 8h16
21:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2009
Panthérine

Elle est panthérine foncée,
elle est brune dorée,
elle me trouble fortement,
quelle vie, passionnément,
quelle…
Si Virginia me voyait,
si Virginia,
si, encore une fois !
Elle est trop mignonne,
si femme, si mure
et si jeune à la fois,
impatiente et troublante.
Le soleil d’une journée,
le soleil d’une nuit
où la chasse aux étoiles
commence, palpite et danse.
Une étoile noire
qui scintille profondément,
comme un trou noir
qui respire,
comme une folie, un trait,
au bord du gouffre,
comme, comme…
Jeudi 13 novembre 2008 – 13h35
08:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
31.12.2008
Des pieds, des yeux, un rêve

Dans le train, une beauté exotique.
Elle faisait les pieds, elle parlait,
elle vivait.
Elle est si présente,
avec des yeux comme des yeux,
comme si,
comme un rêve,
même si…
Quelle impression, quel chemin
je pourrai lui dessiner ?
Lui prendre la main,
encore,
la revoir plus loin,
plus là-bas.
Femme du soleil,
toi qui a les yeux,
toi qui es là,
si près de moi,
au soleil, ou tout près,
avec tes chaussures noires brillantes,
dorées par la lumière,
elles te font mal aux pieds.
Jeudi 13 novembre 2008 – 13h25
15:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.12.2008
Les oiseaux sans Georges

Virginia and Léonard Woolf's Wedding Day, August 10, 1912
En fait, je pense que Virginia
était un être hors norme.
Elle avait une vie, une personnalité
et une sexualité à part,
comme Proust et comme d’autres artistes
de talent ou de génie.
Toute sa vie, Virginia
a manifesté une grande admiration
pour la puissance intellectuelle
des hommes qu’elle côtoyait :
son père, puis les membres du groupe
de Bloomsbury : Keynes, Bell, Strachey
et ensuite Roger Fry.
Par ailleurs, elle a toujours développé
une grande complicité effective
et/ou sexuelle, avec les femmes :
sa mère, ses deux sœurs, puis Vita
et quelques autres.
Elle éprouvait un profond respect pour
Léonard Woolf, mais elle n’a jamais
connu le plaisir avec aucun homme.
A la fin de sa vie, elle a pensé et écrit
aux deux personnes les plus importantes
de sa vie, Vanessa et Léonard.
Une façon de reconstituer le trio
qu’elles formaient avec Thoby ?
Que de questions !
Que d’amour pour toi, Virginia.
Mardi 4 novembre 2008 – 8h26
17:01 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.12.2008
Les oiseaux et Georges

Portrait de Virginia par Britell
Aujourd’hui, il fait beau,
donc les oiseaux sont sortis de bon matin.
Les antennes (râteau) et les cheminées
sont occupées par une profusion de pies,
de pigeons et de corneilles qui parfois
planent encore plus haut.
C’est marrant comme Virginia,
occupe mon esprit.
Je recherche le passage d’un livre
où sa maladie était expliquée.
Je pensais à l’histoire des viols
commis par les beaux frères.
Pour les féministes engagées d’aujourd’hui,
ces épisodes ténébreux constituent
une explication majeure de bien des aspects
de la personnalité de Virginia
Personnellement, je ne pense pas
que cela ait changé grand-chose à sa vie.
D’une part, à cette époque les violences
endurées par le sexe faible étaient courantes
et tolérées et d’autre part, sa sœur Vanessa
soumise au même régime, voire pire car elle était
la plus séduisante, ne semble pas en avoir conservé
des séquelles, elle qui a eu une vie « normale »
sexuellement et psychologiquement,
avec mari et amants.
Par ailleurs Virginia n’évoque jamais
ces instants de sa jeunesse,
sauf très tardivement, en 1939,
un peu plus d’un an avant sa mort.
Et puis, si les filles Stephens
avaient été terriblement marquées
par cette brutalité masculine,
est-ce qu’elles auraient accepté
si souvent de sortir dans le monde,
à l’âge de l’adolescence, avec Georges ?
Mardi 4 novembre 2008 – 8h16
18:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.12.2008
Choix

Finalement, aimer Virginia,
ce n’est pas un mauvais choix,
même si je n’y suis pour rien :
je suis comme le sujet d’une reine
qui m’a fait objet.
En fait, c’est elle qui m’a choisi,
c’est ça le truc !
Entre Proust et Virginia,
il y a la Manche, des parents
et puis des femmes, partout.
Et puis moi, je suis là,
au milieu, dans mon élément,
je nage parmi la beauté des femmes.
Ce matin, je pensais à Sophie,
ma belle Sophie, si douce et si brune.
Elle était encore jeune,
mais déjà tellement femme.
Dans ses yeux, il y avait tout,
il me suffisait de la regarder,
pour la traverser,
partir dans une autre dimension.
Elle avait l’assurance de la féminité,
négligée avec gout,
et toujours des étincelles de vie
qui se reflétaient dans ses grands yeux noisette.
Son corps était déjà épanoui,
comme celui d’une femme
prête à donner la vie.
C’était un être d’amour,
une présence
qui me manque.
Lundi 3 novembre 2008 – 12h56
00:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.12.2008
Craquements

On train at San Lazaro Station.
Une bonne chose de faite.
Je rentre, j’ai faim, envie de lire
et d’écrire, aussi.
Un matin curieux,
un début de départ.
La Reine des Celtes m’ignore,
elle se prépare un weekend de folies,
toutes pareilles !
Finalement, les femmes les mieux
sont celles qu’on imagine,
au pire celles qu’on regarde,
mais il faut prendre soin
de ne pas aller plus loin,
ne pas dépasser le stade du sourire
ou du bonjour pressé.
C’est le mieux, comme ça.
Ne pas prendre de risque.
Cette saloperie de train
craque de partout,
comme dans un film d’horreur,
il couine aussi,
prêt à se disloquer
à la première torsion malvenue,
au premier faux mouvement.
Lundi 3 novembre 2008 – 12h4
02:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.12.2008
Envies
Une envie folle de traverser le ciel,
sous la Manche,
prendre le train en marche,
humer l’humidité Londonienne,
plonger dans la Tamise,
aller d’un restaurant indien
à un turc, puis un chinois
qui vend des hot dogs marvelous
avec des oignons frits dedans
et le café italien où on boit il caffè,
comme en Italie et les sandwiches
chez Pilco et les beans et les mushrooms
au petit déjeuner et le bacon et les sausages.
C’est terrible d’avoir faim…
A Londres, les seules choses
qui m’ont laissé froid sont les donuts,
jolis, dans des boîtes de six,
avec des glaçages de toutes les couleurs,
mais…
Wood-Colombus, pour le champagne, OK.
Le train s’est arrêté à Bois-Colombes,
des noms sympas, presque champêtres,
des anciennes garennes, des réserves
de chasse royale, des pays de lapins.
Où sont les Garennes partis ?
Jeudi 30 octobre 2008 – 13h56
08:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.12.2008
Un coup de menhir

On train at Santo Lazaro Station.
Le départ est imminent.
J’ai faim, je suis heureux,
en vacances jusqu’à lundi matin.
Pour fêter ça,
je me suis payé une gâterie
chez mon Soldeur, sur la route,
un genre d’anthologie (résumée)
des séductrices, à treize euros,
rien que du bonheur, à dévorer.
Ma Reine Celte est trop bonne
avec moi, en ce moment.
C’est sûr qu’elle me prépare
un coup de menhir.
Normal, elle est trop belle pour moi,
je m’habitue.
L’hiver arrive.
Flora rentre d’Auvergne ce soir,
j’espère qu’elle n’a pas eu froid.
Maintenant qu’Oriane est étudiante,
elle est de plus en plus mère,
je ne m’en plains pas.
Peut être un steak haché, avec des pates ?
Why not ? J’ai faim.
Envie de lire et d’écrire.
Jeudi 30 octobre 2008 – 13h46
13:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.12.2008
Virginiesque

Ducks in The Regent’s Park
C’est vrai que de ma Virginia Virginiesque,
je pense tout avoir, souvent en deux, trois,
voire cinq exemplaires différents de la
même œuvre.
Yes, quand on aime, on ne compte plus.
Il me reste à trouver la correspondance
avec Lytton Strachey. Deux, trois
exemplaires, en anglais, circulent
mais je n’en ai encore aperçu aucun
en français…
Sinon, il me reste à acquérir quelques bouquins
écrits sur Virginia, des très vieux et des récents
comme « Virginia Woolf à Cassis » et « Sur les traces
de Virginia Woolf » qui ont l’air sympa.
J’ai fini cette nuit « La chambre de Jacob »
dans sa dernière traduction (Agnès Desarthe en 2008).
C’est vraiment un bijou, à la fois si vivant
et si poétique, on a envie de se vautrer
dans une élégance aussi démesurée.
Virginia, reviens !
Virginia, je t’attends !
Certains lisent, d’autres parlent.
J’entends même une fille qui parle anglais,
derrière moi, c’est trop bon.
On pourrait être à Londres,
traverser la Tamise, apercevoir Saint Paul,
les flèches de Westminster, saluer Nelson,
se retourner, laisser passer un groupe
de touristes japonais.
Il pleut sans pleuvoir,
je vais regarder la boutique de parapluies
près de chez Harrods, il y a Burberry aussi.
Que c’est cher ! Finalement, j’irai au Monop’,
le cashmere est plus accessible.
Les bus roulent vite.
Les cabines téléphoniques sont rouges, aussi.
J’ai envie de retourner à Regent’s Park,
là-bas c’était bien, Clarissa n’était pas loin.
Jeudi 30 octobre 2008 – 8h36
20:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.12.2008
L’âge de raison

Jeudi 23 – 8h16.
J’ai pris le train trop tôt.
Je suis encore endormi.
La journée va être fatigante,
trois heures et demi non stop,
avec la même classe, c’est dur,
même si hier, ça s’est bien passé
dans ma nouvelle école.
Des étudiants plus vieux et plus murs
que dans mon école principale,
et puis, une petite minorité de garçons,
ça me change…
Jeudi 30 – 8h26.
Marrant, j’écris tous les jeudis.
Un train tranquille.
L’hiver arrive.
Hier le frog, comme à Londres,
la ouate humide qui recouvre les toits
et enlève les perspectives.
Les effets gommant du brouillard…
c’est givrant, non !
Bon je suis content car je bats record sur
record avec mes bloggies (little blogs)
et puis j’ai réussi à installer un compteur
sur le petit dernier, je suis plutôt fier de moi
(il m’en faut peu, il est vrai).
Ce matin, j’ai eu double ration de seins,
donc la journée ne pouvait pas mieux commencer !
Bizarre, je n’ai plus aucune commande de livre
en cours, ça me fait tout drôle,
je deviens donc si raisonnable !
Jeudi 30 octobre 2008 – 8h26
07:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.12.2008
Une victime, des madeleines

On quai.
Aujourd’hui je pars travailler dans une
nouvelle école où je vais enseigner l’économie
à deux classes de 1ère année, le mercredi
et le jeudi, deux demi-journées en plus.
Cette semaine est une des plus chargées
de l’année car je fais cours tous les jours.
Dimanche, je devais faire une escapade
dans l’Oise, pas encore confirmée,
on verra comment tourne la vie,
on verra encore un peu.
Une belle inconnue, si loin et si près,
elle a encore plus peur que moi,
finalement, c’est rassurant.
Hier, j’étais tellement content de mes étudiantes
de 1ère année, qu’avant de partir, je leur ai abandonné
mon paquet de madeleines de Commercy.
Je n’ai pas pu résister au sourire
de leurs grands yeux noirs.
C’est terrible, mais c’est si bon
d’être la victime de la beauté des femmes.
Aujourd’hui du soleil, hier de la pluie,
le ciel est encore tout mélangé,
comme barbouillé, les nuages gros et blancs,
sont gonflés d’énergie et ils se bousculent
pour regarder bouger la vie, en dessous,
à Paris.
Si j’ai le courage, tout à l’heure j’irais voir
les horaires des trains à la Gare du Nord.
J’ai faim.
Mercredi 22 octobre 2008 – 12h46
09:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.12.2008
Signal sonore

North-side Beach au Cape Cod
On train.
Parti.
Revenir, repartir.
Le signal sonore annonce
la fermeture des portes.
Les voyageurs ont des têtes
hivernales, silencieux
sauf une femme portugaise
qui énonce tous ses malheurs
au téléphone, elle se sent mal,
elle n’a pas digéré et puis son mari
et puis, le tour des enfants viendra plus tard.
Sur la banquette de l’autre côté de l’allée,
une passagère en cuisses de velours,
en fait, ce sont des collants noirs,
avec un short, plutôt sympa,
ces trucs de femme, pour nous laisser
admirer leurs jambes…
A quand le bikini d’hiver ?
J’attends.
Ce soir, réception au Sénat.
Je crois qu’ils iront sans moi.
La dernière fois c’était mortel.
Pourquoi devrais-je payer pour m’ennuyer ?
hein, je vous le demande !
Une femme, un chien,
le vertige de l’amour.
En bas, en haut.
Une falaise et le vent qui siffle
et qui chante.
Je suis pris dans un tourbillon
d’air marin.
Un trou noir Celte,
un truc où enfin je respire.
Why la Mer, quand ?
Revoir les algues,
s’asseoir sur le sable,
penser très fort à Betty Flanders,
une des représentantes
de la Déesse des mots,
dans les pages de mon cœur.
Et puis rire et partir,
et puis…
Lundi 20 octobre 2008 – 8h26
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09.12.2008
Sunrise

On train.
Un bonheur inattendu,
une bouffée de chaleur extrême,
de t’avoir retrouvée.
Une sorte de miracle,
un truc dingue,
genre comme dans les films.
C’est sûr que je t’attendais.
Mes jours étaient devenus si tristes
et mes nuits étaient vides
du sens de toi.
C’est trop bon de te savoir là,
de te sentir exister,
quelque part, là-bas.
Tu te lèves tôt,
j’ai l’impression que tu ne dors pas assez.
Je voudrais te parler,
toucher ton regard bleu
et sentir la vie en toi.
J’ai envie de regarder le monde
et d’embrasser le jour à n’en plus finir.
Encore !
Vendredi 17 octobre 2008 – 8h28
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