03.03.2009

Climat

Red Umbrella 1957.jpg

Red Umbrella, 1957, by Saul Leiter


Tchou-tchou train is back.

Ce matin, de la neige,

comme s’il en pleuvait

et pas de grève.


Les trainistes ont du oublier,

depuis le temps qu’ils sont payés

juste pour nous rendre

la vie plus difficile.


Mais bon, cela fait partie

des scories, des crottes

de mouche de l’histoire

de l’humanité, de l’histoire

tout court, d’ailleurs.


L’histoire d’un homme

qui aimait les femmes

à la folie, juste un

qui aimait la vie.


La neige rend la marche difficile

mais donne un air de gaité,

même les femmes semblent

atteintes par cette gâterie climatique.


Lundi 5 janvier 2009 – 8h17

01.03.2009

Non

610.jpg

Joseph Mallord William Turner


Une journée pour rien.

Envie de pleurer.

Comme un robot

je fais des gestes mécaniques,

sans penser à rien.


Je ne vois plus grand chose

devant moi.

Le froid est comme du sable,

traverse une tempête dans le désert,

marchant sans voir, sans savoir.


Vivement que l’année se termine

et celle d’après aussi.

Vu comme ça se passe,

autant s’en débarrasser

le plus vite possible.


S’allonger quelque part et oublier,

se laisser envahir par l’anéantissement.


Une vie sans vie, ce n’est rien.

Virginia avait raison.

Il y a des moments,

il faut savoir dire non.


Lundi 1er décembre 2008 – 12h45

26.02.2009

Gris

Monument aux Morts PLC (L G).jpg

Monument aux Morts PLC by La Garce



Du gris par-dessus tout.

Un mois qui commence

sans commencer.

Un cœur qui pompe le vide.

Du gaspillage.

Seules les larmes sont tièdes.


La fée est partie,

cachée derrière une haie imprenable.

Il reste juste le piédestal

avec le souvenir des pieds

abandonnés de la femme aimée.


Soupirs des rues traversées,

aveugles de toi.

Souvenirs passés, dépassés,

trop mouillés.


Où regarder ?


Une attirance sans fin, sans fond,

pour le fleuve serpentin,

froid et bouillonnant des vagues

annonçant l’hiver.


Que vont manger les goélands ?


Ca c’est une question importante,

un truc à voir, à revoir,

les appeler, leur parler.


Lundi 1er décembre 2008 – 9h23

23.02.2009

Mathilde aussi

vagues5.jpg



Au bureau, avant les cours.

Demain soir, les vacances.

La grève des trains continue.


Ce matin, une folle, à Asnières

hurlait comme une bête qu’on étrangle,

signal d’alarme et tout,

parce que Madame ne pouvait

pas monter dans le train, train.


Résultat : dix minutes, bloqués

à Asnières.

Heureusement, j’étais parti tôt

donc je suis quand même

arrivé en avance.


Le cœur vide,

amoureuses envolées disparues

dans les sables du passé proche,

plus très mouvants.


Déjà des souvenirs figés,

comme les vagues

qui lèchent les rochers,

qui avancent, qui reculent,

qui ensevelissent.


Mathilde aussi s’en va,

c’est la vie qui bouge qui bat.


Noel déjà, dans une semaine,

une fête pour les enfants,

pour nous,

pour ceux qui sont là,

en nous.


Jeudi 18 décembre 2008 – 14h03

21.02.2009

Rencontre

BowerMeadow by Rossetti.jpg

Bower Meadow by Rossetti


Je suis sorti de la gare,

installé dans une grande brasserie

en face qui s’appelle le « Café de l’Est ».


Je suis parti,

mais je n’y suis pour rien.

Ton train est annoncé

avec 1h45 de retard.


Je n’ose pas t’appeler,

je pense que tu vas être

de mauvaise humeur,

toute stressée.

Je ferai peut être mieux

de partir, non ?


Ce qui est bien avec les femmes,

c’est qu’elles sont une source

d’inspiration permanente.


Et puis partout où on va,

on rencontre la beauté

qui engendre la poésie.


Bien sûr je pense à toi,

une femme d’ici qui vit là-bas,

une femme qui a une vie si riche

que d’après moi,

elle n’a besoin de rien.


A ma gauche, trois Allemands,

le père, le fils, la fille :

un mal de chien pour expliquer

au serveur (bilingue : français/auvergnat)

qu’ils veulent de la chantilly

avec leur chocolat.


C’est marrant, dès qu’on arrive à la gare,

on entend parler allemand.


A ma droite, deux garçons du café

mangent (déjà) un steak purée pour l’un

une bavette-échalotes-frites pour l’autre.

Pour un peu, cela me donnerait faim.


La chatte n’a pas mangé ce matin,

j’ai prévenu la maison de mon retard,

car il faut lui acheter des boites.


Dimanche 14 décembre 2008 – 9h04

20.02.2009

Rendez-vous

Rendez-vous.JPG


Le tortillard a freiné

et s’est arrêté,

en vue de la gare.


Il attend.

C’est peut être un rendez-vous

d’amour entre un train mâle

et un train fille ?


Why not ?

Tout est bon dans la vie.


La poésie rode partout,

il suffit d’apprendre

à fermer les yeux.


Sourire au monde

est le secret de l’éternité.


8h47, je suis dans le RER

qui doit m’emmener gare du Nord

et de là, je gagnerai la gare

de l’Est, à pieds.


C’est quand même une histoire

curieuse que la notre.


Nous avons commencé un peu fous

et nous voilà gagnés par le raisonnable,

le pragmatisme et tout.


Que des choses incroyables

pour un engin comme moi.


C’est marrant, je n’ai même

pas peur… Si, un peu,

quand même, je sens l’angoisse

qui monte, le genre de truc

qui me donne envie

de me cacher, de…


Dimanche 14 décembre 2008 – 8h34

18.02.2009

Move me

nypst_celebrity_cruises_manhattan_28sept02.jpg

Cruise ship Zenith of Celebrity Cruises passes skyscrapers of downtown Manhattan



Quelques mots écrits pour toi,

ce matin à 8h27, dans le train

qui remue et qui grince.


Aujourd’hui, il fait moins froid,

j’ai mis ma nouvelle parka,

j’ai trop chaud. Jamais content !


Tout à l’heure, je vais te voir.

Je croyais que ta voix magique

était définitivement partie

et pourtant tu seras là


et nous verrons enfin s’il y a

quelque chose à voir,

une échappée à entrevoir,


une petite ouverture, un coin de ciel

qui serait bleu juste un moment

pour nous deux.


C’est l’heure où je préfère voyager,

le jour se lève, les trains ont encore

les yeux allumés et la ville monte

la garde, tours éparses, du gris et du bleu

à la place du grand jour qui se cache.


On arrive déjà. Le train va sur son erre

comme un paquebot transatlantique

qui glisse sur l’eau marbrée d’huile

du grand port de l’au-delà,

New York, la Lune, Vénus.


Des destinations pour penser

à autre chose, une autre attraction.


Dimanche 14 décembre 2008

17.02.2009

Set the controls for the heart of the sun

Bouguereau, William-Adolphe l'enlevement de Psyche.jpg

Le ravissement de Psyché par William-Adolphe Bouguereau



Des contrôleurs contrôlent.

Des voyageurs voyagent.

Le train qui roule.

Axelle qui est revenue.

Un grand soleil incertain.


Mon étoile polaire (la Bavière

c’est un peu le pole nord, non ?)

qui scintille par éclats.

Parfois elle se perd

dans la brume du soir

et puis elle renaît,

encore plus faible.


Elle lance quelques derniers

signaux agressifs et puis,

et puis…


C’est vrai que je suis en colère

après toi et tes non-dits

et tes mal-dits.


C’est vrai que ces aller-retour

entre le gris et le noir me fatiguent

et je finis par ne plus y croire.


C’est vrai aussi que j’ai entendu ta voix,

cette nuit avant de m’endormir

et tu as encore réussi à m’émouvoir,

encore.


Vendredi 12 décembre 2008 - 8h16

14.02.2009

Une touche

Canopy 1958.jpg

Canopy , 1958 by Saul Leiter



On train.

Je pars travailler de plus en plus tôt.


Avant-hier soir, j’avais reçu

un long message de toi, auquel,

pour la première fois, j’avais répondu

sans conviction, ta froideur agressive

me coupant les bras.


Hier j’étais triste

et sans message de toi.

Ce matin, j’ai eu un message

envoyé cette nuit que j’ai lu

avant de partir mais auquel

je n’ai pas répondu

car j’ai surtout retenu ton amour,

toujours aussi vivant,

pour un autre homme.


Donc, ça aussi j’ai déjà donné,

la femme qui en aime un autre,

depuis dix ans, j’ai eu le temps

d’étudier en détail ce type

de relation, je connais bien,

ça me suffit.


Dans ce contexte, je n’ai aucune

envie de te voir Dimanche,

mais d’un autre côté, je me dis

qu’une rencontre d’une heure

peut nous éviter une semaine

de galère, donc j’hésite.


En tous cas, même si je suis toujours

attiré par toi, je suis résigné à ne pas

trouver la seule chose qui me manque,

une touche d’amour et de tendresse.


Mercredi 10 décembre 2008 - 8h06


12.02.2009

Majorité

I am half-sick of shadows said the Lady of Shalott by JW Waterhouse.jpg

I’m half-sick of shadows said the Lady of Shalott
by John William Waterhouse



On train again.

Une très bonne journée

avec mes trois classes

de première année

et une majorité de filles

adorables et attentives.


Ca me repose de travailler

sans femme autoritaire,

dirigiste et agressive sur le dos.


De plus en plus,

je pense m’orienter

vers le célibat choisi…


Les femmes qui ont

une forte personnalité

sont vraiment trop chiantes.


J’ai déjà donné

quinze ans de ma vie

à deux expertes

en agressivité autoritaire.


Je crois que ça suffit,

merci bien.


Mardi 9 décembre 2008 - 17h05

09.02.2009

Exploit sportif

Oxus River by Harrison Forman.jpg

Oxus River by Harrison Forman



On train.

Pas trop envie d’écrire,

pas trop le moral.

Je n’ai toujours pas bien compris

ta correspondance d’hier.


Je te trouve froide, dure et cruelle.

Je me demande bien si je ne vais pas

choisir de vivre seul,

marre de l’agressivité des femmes.


Partir dans le froid, à mille kilomètres

de chez moi, rien que pour

me faire engueuler,

c’est peut être un exploit sportif

mais what else ?

Comme dirait l’autre.


Personnellement, je ne manque

de rien, tout baigne.

J’ai un minimum de besoins

qui tournent autour des livres

et puis c’est tout.


C’est vrai qu’un peu d’amour

ou de tendresse,

de temps en temps,

ça ne serait pas mal...


Mais les femmes savent-elles encore

aimer ?

J’en doute.


Mardi 9 décembre 2008 - 8h21

07.02.2009

Normal

Normal Maisons 4 juin 2006.jpg




J’ai raté le train de 8h16,

pour une minute.

Normal, je t’écrivais

ou plutôt je cherchais

des photos à t’envoyer.


Je croyais avoir plein de clichés

de la maison et du jardin ou des

jardins, mais restons simple,

et je n’en trouve pas,

curieux.


Je ne sais pas trop comment

t’écrire, car cela fait un moment

que je n’ai pas eu de tes nouvelles

et les dernières étaient un peu fraîches…


Que ce soit au téléphone

ou dans ta dernière lettre,

tu avais l’air en colère.


Je ne sais pas si c’est de ma faute,

je suis un peu dans le vague

et je préfère attendre de tes nouvelles,

si tu reviens !


Lundi 8 décembre 2008 - 8h30

05.02.2009

Pensées

Turner, Snow Storm, Steam-Boat Off a Harbour's Mouth.jpg

Snow Storm, Steam-Boat Off a Harbour’s Mouth
by William Turner




Toujours en train de penser

à la femme impossible,

celle qui me rend transparent.


J’ai écouté ta voix,

encore ce matin,

très douce et très belle.


C’est amusant, une Française

qui parle avec un accent allemand.


Plus de nouvelle, bonnes nouvelles.

Je me sens revivre, tellement

ta présence me donne l’impression

de ne pas exister.


Bien sûr je continue de penser à toi.

Plutôt que d’aller à un naufrage

annoncé, je pense qu’il pourrait

être préférable de sursoir à mon exécution

et attendre pour voir si tu as quelques

minutes à me consacrer…


Vendredi 5 décembre 2008 - 9h22


01.02.2009

Bicoeur

Bicoeur.jpg




J’aime une femme

sans cœur.

Normale, tu vas me dire,

c’est une femme !

Okay, je vais répondre,

c’est vrai à chaque fois

on espère qu’il y aura eu

une erreur de montage

et que sur un modèle,

l’option cœur aura été cochée…


En fait, la plupart des femmes

ont un deuxième cerveau

à la place du cœur.

Elles sont donc bicoeur,

comme les PC biprocesseur,

c’est pour cela qu’elles sont

si intelligentes, aussi vives,

agressives, impatientes

et prêtes à tout dévorer

pour satisfaire leurs appétits

illimités.


Jeudi 4 décembre 2008 - 14h20

30.01.2009

Journal

La Pia de Tolommei, 1868-1880 by Dante Gabriel Rossetti.jpg

La Pia de Tolommei, 1868-1880, by Dante Gabriel Rossetti



At the cafèt.

Face to Matilda.

Jeune, belle, bleue, triste.


Pourquoi un tel regard,

perdu, comme ça ?


Je lui parle, je la fait parler.

Je sens qu’elle pourrait me dire

ce qui la chagrine

et puis, elle s’arrête

le regard perdu.


Elle est extrêmement jolie.

Elle a refermé son gros livre

pour me parler.


Elle le reprendra

quand je sortirai mon journal

qui ne m’intéresse guère :


la création de mosquées en France

ou la réduction des effectifs

de l’armée russe, des sujets

religieux, en somme.


Il pleut, il fait froid,

gris, noir, mouillé,

ça ce sont les infos.


Jeudi 4 décembre 2008 - 14h10


28.01.2009

Plus qu’une fée

Gabriel Rossetti 1828-1882.jpg

Venus Verticordia par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), peintre préraphaélite, poète et écrivain anglais.



Dans le train avec ma princesse

scandinave. Je t’emporte avec moi,

puisque ta voix est dans la boîte noire.

Tu es de plus en plus proche.

La corde se tend et se relâche,

parfois elle est prête à rompre,

mais nous sommes toujours là.


Ta force m’impressionne,

dans le bon sens du terme,

je t’admire et cela fait partie

de mon attirance pour toi.


Tu es comme un phare,

un repère fixe, même si

tu brilles au gré de tes éclats.


Tu dois me trouver, un peu éparpillé

mais je suis tellement passionné

que j’ai du mal à mesurer les attitudes

des autres, ma propre échelle est

non reproductible.


Princesse Hyperboréenne,

tu es une femme si attirante,

tu es bien plus qu’une fée.


Mardi 2 décembre 2008 - 8h16


26.01.2009

Magic

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Kristinna Loken



Un prénom magique.

Un nom scandinave pour partir

dans l’univers de nos ancêtres

Hyperboréens,

là où le soleil des Grecs

allait se coucher.


Vikings, Germains, Celtes, même combat ?

Surement, mais aujourd’hui c’est la grâce

exquise d’un sourire, d’une interrogation.


Tu es là, tu es loin, mais j’entends

le murmure de tes lèvres.

J’apprends à te connaître

mais déjà, j’aime ta façon

décidée d’être une femme.


Oui, je t’aurais rêvée comme cela,

intelligente et romantique.

Une qui me ressemble sans être moi

ou qui plutôt serait capable

de me comprendre,

je crois que c’est le secret.


Et puis l’envie, la douceur

d’une attirance naissante

et déjà forte de nos espérances

d’un autre temps.



Jeudi 27 novembre 2008 - 8h26

24.01.2009

Sunrise

Turner Lever de soleil avec monstres marins 1845.jpg

Turner : Lever de soleil avec monstres marins, 1845



The sun rises et c’est très beau,

rouge, bleu, blanc, gris,

avec de jolis nuages moutonneux

et le pourpre du soleil en toile de fond.


Une femme étonnante,

une rencontre inattendue.

Alors que je me résignais à apprivoiser

la solitude amère, je commençais à me

contenter du beau sourire de mes

(nombreuses) commerçantes préférées

et puis une femme du froid est arrivée.


Un nom scandinave pour une déesse

de la mer qui habite en plein cœur

de l’ancien pays Celte,

au centre de l’Europe dans un joyau

de l’urbanisme mondial.

En plus, c’est une ville qui a un nom

curieusement beau, comme celui

d’un être vivant.


Le pousseur, sur la Seine, propulse devant

lui deux grandes barges chargées de sable,

c’est beau comme des pyramides sur l’eau.


De loin, le Sacré Cœur est imposant,

il plane au dessus de la ville, comme

dans un livre d’images.

De près, il rapetisse, tout japonisé

qu’il est, curiosité en sucre, à lécher.


Partir, revenir, boire ton sourire,

sentir le désir de toi,

oui j’aime ça.


Jeudi 27 novembre 2008 - 8h16

22.01.2009

Virginia

virginia_woolf_372x280.jpg




Finalement, l’hiver pourquoi pas ?

Il faudra demander aux fourmis

qui bouquinent, asphyxiées par la lecture

de l’Ulysse de Joyce… L’ennui total.

Je partage l’avis de ma Virginia (Comment

est-elle arrivée là ?) qui n’a pas voulu

publier cette assommante prose,

confite de prétention.


J’attends ma Virginia,

J’attends mon amour infini.

Je suis content de mon texte

sur « Trois Guinées ».

Il faut que j’en écrive un nouveau

avant la fin du mois, pas sur « Nuit et jour »,

un délice que je suis en train de lire,

qui me fait penser à Jane Austen,

à Proust et à … Virginia.

Bizarrement, je trouve la forme

plus conventionnelle que celle du « Voyage Out ».


Virginia, tu me manques.

Virginia !






Mardi 25 novembre 2008 - 17h10

21.01.2009

Douceur blanche

06-05-08 Colombes.jpg




On train again.

Une bonne journée de faite.

Un peu fatigué, irritable,

pas assez dormi.


Vivement Noël.

J’ai hâte d’être en vacances

pour aller sur les quais,

humer l’air des livres,

le nez au vent.


Les goélands posés près de moi

qui regardent, attendent, inspectent,

respirent et repartent et virent

et s’élèvent en une farandole

de douceur blanche.


Le ciel est bellement gris,

fameux, la blancheur des immeubles

impose une discrète présence,

un délicat relief.

Finalement, l’hiver pourquoi pas ?


Mardi 25 novembre 2008 - 17h00


19.01.2009

Vivement Noël

Pénélope Noel.jpg




On train.

Un démarrage en douceur.

Le froid qui est là et qui m’arrache des larmes.

Too much.


Ce matin, j’ai croisé le sourire merveilleux

d’une femme si belle, si femme.

Cela fait si longtemps que j’attends d’elle

un signe, un espoir, un truc magic.


Elle a changé de coiffure, depuis

quelques semaines, cela ne l’a pas

rendu plus belle, mais est-ce possible ?


Maintenant, elle me parle et elle sourit.

C’est la vie, c’est l’espoir des matins

et des jours.


Un beau titre pour plus tard,

ce soir, demain,

encore bien,

encore plus.


Mardi 25 novembre 2008 - 8h27


16.01.2009

Lumière

London 1950.jpg

London 1950 by Saul Leiter




Un jour de grève ordinaire.

Un jour de travail, par grand froid,

sorti les gants et la parka d’hiver.


Parti à l’aube, à cause des « travailleurs »

socialo-communistes, une spécialité

bien de chez nous, les trainistes grévistes.


Ce matin là, la lumière était belle sur le quai,

je voulais faire une photo, mais la mémoire

est pleine.


Les oiseaux étaient en forme,

les corneilles jouaient à saute-mouton

avec les cheminées, les pigeons s’entraînaient

au vol en escadrille et les pies caquetaient.


Des oiseaux qui semblent plutôt amoureux

en ce moment, est-ce la saison ?



Hier, j’ai commencé une merveille,

le « Nuit et jour » de ma Woolfette.

Dès que j’ouvre le gros livre, c’est un imposant

Flammarion de quatre cent pages,


je me retrouve au paradis,

ailleurs, dans le Londres que j’aime,

avec le brouillard et le bruit des voitures,

des cabs et des taxis.


Les bruits de la ville.

Là où tu étais, femme éternelle,

femme des femmes,

Toi, Virginia.




Lundi 24 novembre 2008 - 9h16

14.01.2009

Conseils aux femmes

William-Adolphe_Bouguereau_1905_Nymphs_and_Satyr.jpg

Nymphes et Satyre par William Adolphe Bouguereau en 1905




Mesdames, si vous avez un homme

à la maison, vous devez savoir comment

ça marche.


En gros, c’est comme un chien

ou un chat, en plus simple,

il y a une seule queue

à deux positions : oui et non.


Bon, des fois vous vous demandez,

ce grand garçon, pourquoi mange-t-il

autant ? Why ?


Pourquoi cette mise en scène (en bière)

devant le match de foot, avec canette, pizza,

chips et autres légèretés à partager entre amis ?


C’est tout simplement de l’insatisfaction sexuelle.

Voilà, c’est simple comme bonjour.


Votre homme, quand il regarde le match,

ou fait semblant, en fait il rêve d’être

accompagné par une accorte

Pom Pom Girl, avec formes bien dessinées

et qui en plus sourirait (et oui, le truc qui

n’arrive qu’aux autres).


Manque de pot, il n’y a pas de playmate

dans le quartier et puis c’est trop tard,

l’épicerie est fermée.


Donc votre pauvre bipède ravale sa frustration,

la queue entre les pattes, et il bâfre,

il se goinfre, il avale tout ce qui passe,

jusqu’à satiété, jusqu’à ce que, le ventre plein,

il se sente apaisé, avec comme une envie

de dormir…


Voilà, c’était une soirée au pays des hommes.

Donc maintenant, mesdames, si vous voulez

un homme qui garde la ligne, vous savez

ce que vous devez faire…

…lui trouver une copine de matches !


C’est pas simple la vie ?





Vendredi 21 novembre 2008 - 8h25

12.01.2009

Obsession

Courbet La Femme à la vague 1868.jpg

Courbet : La Femme à la vague - 1868



On train.

I’m going to Santo Lazaro Station.

L’obsession des femmes,

voilà une saine obsession,

un bon toc, une manie comme les autres.


Tous les artistes mâles

et quelques autres, étaient possédés

par la beauté des femmes,

par leur célesticité,

pourquoi pas moi ?

Hein ! Je vous le demande, why ?


Tiens, sur le quai il y avait

un grand panneau de pub,

pour eBay, pour Noël.


J’ai vu qu’on trouvait même

des soutien-seins.

A quand les nichons aux enchères ?

Les bouts de seins côtés en bourse ?


Ce n’est pas pire que de mettre

des morceaux de ferraille

dans le CAC 40 ou d’essayer de vendre

la voiture la plus moche de l’histoire,

appelez-moi Laguna !


Le sein, mamelle de l’amour

est une des rares valeurs sures

de notre vie, aujourd’hui,

alors profitons-en,

tétons…



Jeudi 20 novembre 2008 - 13h25


Silhouettes

Ralph Lauren Collection Printemps Eté.jpg

Ralph Lauren - Collection Printemps Eté


On train.

La route du bonheur.

J’ai croisé des mamelles à pois,

une flasque de gin Gordon’s vide,

le bouchon sagement posé à côté

qui attendait tranquillement sur le rebord

d’une fenêtre d’un rez de chaussée.


Plus loin, une maman jeune et chic

appelait d’une voix haute :

Caroline ! puis Marie !


Et ensuite, la folie ordinaire de la vie.

Les femmes que je croise dans Paris,

déguisées comme des princesses

ou des petites filles qui essayent

leur dernière panoplie.


Certaines ressemblent à des clowns,

d’autres, fonctionnaires tristes,

ne ressemblent à rien,

des ventres à télévision,

des milliers d’heures sans émotion,

sans rien,

juste tuer le temps qui arrive.


Je décide finalement que les femmes

se la jouent un peu trop,

hautaines et prétentieuses.



A force de cultiver la légèreté,

elles finissent par ne plus peser très lourd,

anorexiques du cœur,

le sexe en bandoulière,

une nouvelle race de femmes ?


Mercredi 19 novembre 2008 - 13h46