30.04.2009
Happiness

L'aurore par William-Adolphe Bouguereau
La mer est là.
Présente absente,
elle nous souffle des mots,
des signes des incursions.
La mer revient, présente, insouciante.
L'écume blanche siffle et se déchire.
Je regarde, le sel me pique les yeux.
J'attends. Je me dis : aujourd'hui...
C'est incertain, c'est le matin.
Les goélands argentés dessinent
des cercles comme pour m'envouter.
Je vois au loin une flamme, une vague,
l'éclat d'un feu de position, le reflet
d'une âme.
Je vois des cheveux blonds,
une liane, un corps qui danse,
la beauté d'une femme,
Toi.
Samedi 24 janvier 2009
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28.04.2009
Un truc

Edward Hopper 1959 Excursion into Philosophy
Un truc presque salé
qui me tombe dessus.
Pourtant il ne pleut pas.
Le ciel s’éveille, vaguement bleu.
Un truc au gout amer
qui me tire les lèvres vers le bas
et rend mon pas plus lourd.
Un truc qu’on appelle
la solitude.
Quand on se résigne
à ne plus rien partager
parce qu’il n’y a plus rien.
On se tient là,
plutôt debout, presque assis,
légèrement de biais
et on écoute
le silence du rien.
Mardi 20 janvier 2009 – 8h17
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27.04.2009
Bleu profond

On train, en retard, c’est rare.
D’habitude, il est supprimé celui-là.
La nuit noire devient bleu profond.
L’air est froid et humide.
Tu as disparu corps et biens,
sûrement anéantie sous un océan
de mensonges divers et variés.
La vie continue.
La Reine des Celtes
a toujours les plus beaux
et les plus étonnants
seins du monde.
Donc, tout va bien,
la planète tourne,
that’s life.
J’ai envoyé mes vœux
à toutes mes connaissances mailesques
et Antiope ?
Je me demande où la joindre,
elle qui est Australisée,
amoureuse d’un Anglais,
en d’autres termes
Kangouroutée…
Vendredi 16 janvier 2009 – 8h23
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Flou

Madrid 1936 by John Heartfield
Actuellement je me bagarre
avec Le Carnet d’or
de Doris Lessing.
C’est intéressant et déroutant,
cette succession d’histoires
et de plans différents
qui s’enchainent et reviennent.
Je n’y comprends rien
et en fait je n’en vois pas l’intérêt.
Cela rend la lecture difficile,
c’est tout.
En plus, c’est terriblement daté.
Des amoureux du communisme
dans les années Cinquante,
personnellement ça me gonfle
et je ne trouve même pas ça drôle.
Heureusement, l’écriture est belle
et la traduction remarquable,
c’est toujours ça.
Sans toi, ton espoir,
ton sourire à travers les mots,
le reste est bien gris,
uniforme, sans appétit.
L’absence, c’est pire que le désert,
c’est un gouffre sous le désert,
un endroit vague et indéfini
où le flou reste terriblement flou.
Jeudi 15 janvier 2009 – 8h21
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Absente

Amy for ever
On train.
Une grande absence.
Toi qui m’ignore et qui m’évite.
J’ai l’impression d’avoir mis le doigt
sur une chose essentielle,
mais laquelle ?
En ce moment, j’ai envie d’écrire,
le printemps va venir,
chaque jour nous rapproche de lui.
C’est vrai que je n’avais pas remarqué
que les jours rallongeaient.
Et pourtant ce matin, sur le quai
le ciel était éclairé de nuances
de rose, très réussies.
J’ai failli faire une photo.
Il faut que je retrouve Ludivine
et que je finisse son histoire
Jeudi 15 janvier 2009 – 8h16
21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.04.2009
Un peu partout

Postmen 1952 by Saul Leiter
De la neige,
encore un peu,
là, un peu partout.
Elle est entrée en résistance,
comme la chatte, quand elle s’obstine
à surveiller son assiette calabraise,
lorsqu’elle vient de finir sa terrine.
Elle se bute et elle râle indéfiniment,
comme une femme, et oui elle aussi.
Cate Blanchett de plus en plus
belle (quels yeux),
de moins en moins blanche.
Elles me fatiguent toutes ces femmes
impossibles, difficiles, inaimables,
inconsommables, trop ceci et trop cela,
elles manquent cruellement de poivre,
l’amour sans épice, c’est fade.
Il manque un truc au fond des yeux,
il manque le geste du cerveau
qui te fait ouvrir la main
pour donner un instant,
un soupir, un regret ou un refrain,
un petit quelque chose,
si petit.
Lundi 12 janvier 2009 – 14h21
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20.04.2009
Réglisse

Joseph Mallord William Turner
On train at San Lazaro Station.
Un peu moins froid,
un peu plus seul.
Heureusement, je peux écouter
Virginia Woolf tous les jours,
c’est déjà ça.
Ecouter Virginia c’est beaucoup mieux
qu’une crème glacée à la réglisse.
Chez Pi-Pi elles sont très bonnes,
quand il y en a.
Cette nuit, un mirage s’est enfui,
cet après-midi un autre me poursuivra
là-bas, aux confins de l’Oural.
Finalement j’ai réussi à retrouver
les Tartares qui peuplaient
l’univers fantomatique
de Dino Buzzati.
Quel écrivain, quelle plume !
Comme il savait faire vivre
la transcendance de la transparence
Lundi 12 janvier 2009 – 14h16
19:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.04.2009
A l’ancienne

Le cauchemar de Füssli
Raté pour une minute
le train de 8h16.
Dans un Tchou-tchou train
sans étage, à l’ancienne,
ça fait drôle.
En fait, j’étais en train de désinstaller
le Messenger, cette idiotie
où je me suis fait mitrailler
jusqu’à Trois heures du matin
par une femme que j’aime
et qui, bien sûr, ne m’aime pas.
Et en plus, je sens parfaitement
qu’elle me ment tout le temps.
En fait, j’ai l’impression qu’elle
est là pour jouer, pour papillonner,
sans rien livrer d’elle, ni de sa vie.
Une impression très curieuse.
Un jour elle me dit qu’elle est
toute à moi et ensuite, elle me précise
que ça ne veut rien dire,
elle a dit cela comme elle aurait dit :
« Sale bête dégage ».
Très curieux.
L’impression de pédaler non pas
dans la choucroute, mais dans le vide,
comme d’escalader une dune de sable
où le sable se dérobe au fur et à mesure
des efforts épuisants que l’on a fournis,
pour finir par ne plus savoir où l’on est.
Lundi 12 janvier 2009 – 8h26
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17.04.2009
Inexplicable

La littérature, c’est plus dur à partager,
finalement c’est ce qu’il y a de plus intime,
le rapport avec une œuvre,
un objet, des mots, une pensée,
un auteur, sa vie.
C’est toujours difficile
d’expliquer pourquoi
on aime l’inexplicable.
Duras et Sagan que j’adore
n’étaient pas des femmes
vraiment désirables.
Proust et Loti avaient un côté
féminin très développé.
Seul Arthaud était beau
et doué pour tout,
c’est peut être ça
qui l’a rendu fou…
Presque tous les jours,
j’écoute la voix de Virginia.
Si je pouvais lui embrasser les pieds,
je serais le plus heureux des hommes.
Il faut que je cherche
à quel endroit elle a été enterrée,
j’irai embrasser la pierre
qu'elle illumine
de son immortalité.
Jeudi 8 janvier 2009 – 13h31
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14.04.2009
Zig et puis Zag

L’aurore en 1881 par William-Adolphe Bouguereau
Le froid rend nos pas incertains,
notre démarche hésitante
entre zigzags et glissade.
Entre le feu et les flammes.
Pour un oiseau envolé,
combien de Princesses
dont la beauté radieuse
illumine mon quotidien,
l’attente de mes jours.
Le degré 34 de mes envies.
Il fait froid,
donc, pas trop envie de sortir,
de folâtrer, le nez glacé
et les pieds en train de geler.
Nos sorties artistiques et culturelles
risquent d’attendre,
sinon le printemps,
du moins un autre temps.
elle est jeune, elle est belle,
quelles sont ses envies ?
La musique emplit ses oreilles,
mais ce n’est qu’un accompagnement.
Où est la palpitation extrême de la vie ?
L’extrémité qui éclaire l’autre,
qui donne à voir,
qui laisse devenir l’anxiété,
la pulsion de quelque chose,
une douceur frappante
qui va la toucher au cœur
et alors…
Vendredi 9 janvier 2009 – 8h19
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13.04.2009
Géométrismes

On train.
J’ai attendu dix minutes
sur le quai,
un soleil magnifique.
J’ai pris une dizaine de photos
avec du noir et du brillant
et de belles ombres géométriques.
Je suis impatient de voir le résultat.
Le soleil est un grand bonheur,
tout de suite, il fait jour
dans la tête et dans le cœur.
En ce moment, je me promène
avec des Elfes.
Des femmes délicieuses,
avec des noms de fées ou d’oiseaux.
Elles partagent mon besoin
d’art et de culture,
donc elles me donnent des envies
de promenade, de baignade
dans des océans
de brumes vaporeuses
au chemin indécis.
Jeudi 8 janvier 2009 – 13h24
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10.04.2009
Strange days

Edward Burne Jones, 1833-1898
Quel phénomène étrange,
quelle douce euphorie !
Toutes ces missives et ces lettres
et ces mots parfumés, envoutés
sous les doigts de femmes
attendues et espérées.
Une si longue conversation,
avec toi, ma Princesse !
J’en retiens encore mon souffle,
tellement c’était beau,
inattendu et inespéré,
dans la fulgurance
et dans la justesse
de tout ce que tu m’as révélé.
Yes, je suis là,
je suis en avance,
mes étudiants ne sont pas encore arrivés.
Et puis la neige, le froid
et même les soldes…
Beaucoup de bonnes raisons
pour ne pas venir en cours.
C’est vrai qu’il fait froid,
je sens un courant d’air
me remonter le long des jambes,
du froid partout,
du blanc,
des sourires de neige.
Je t’attends, tu sais,
je cherche ton sourire,
je pense à toi,
tellement fort,
tellement…
Mardi 6 janvier 2009 – 9h10
07:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.04.2009
Back

Structure de couleur par William Turner en 1819
Back on train.
Content d’avoir retrouvé
la chaleur de l’école,
l’ambiance sympathique,
le sourire des filles
et l’attention des étudiants.
Et puis, malgré la neige,
j’ai recommencé à marcher.
Elles me manquaient, mes deux
heures de marche par jour.
La Seine est haute,
gris foncé, presque bronze.
On arrive à Asnières,
sous la neige.
C’est beau la neige.
Qu’en pensent les oiseaux ?
Envie de lire, de manger,
de dormir, d’écrire, de travailler.
En résumé, envie d’être à la maison,
parler à la chatte, embrasser Oriane
qui part à la Fac, allumer l’ordi,
mettre à jour les blogs,
admirer les jardins,
chercher les chats et les oiseaux,
sortir les graines.
Embrasser la beauté du monde,
voilà une mission importante.
Arrivo.
Lundi 5 janvier 2009 – 12h46
10:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2009
Panoplie

Joschi, le chien de Noël
Et puis, elles sont contentes
de sortir leur panoplie de Noël
avec bottes, manteau et couvre-chef.
Où sont les pieds sacrés
des femmes ?
Cria-t-il dans la nuit…
Non, ce n’est pas moi !
Ou alors,
je rêvais à des jours meilleurs,
le printemps et tout,
les femmes si belles
encore une fois,
une envie de vivre
si incroyable.
J’irai volontiers me coucher
mais je suis finalement
plutôt bien dans mon
tchou-tchou train,
entouré de femmes
élégantes et sages,
déjà prêtes, toujours efficaces.
That’s life
Lundi 5 janvier 2009 – 8h22
07:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.03.2009
Climat

Red Umbrella, 1957, by Saul Leiter
Tchou-tchou train is back.
Ce matin, de la neige,
comme s’il en pleuvait
et pas de grève.
Les trainistes ont du oublier,
depuis le temps qu’ils sont payés
juste pour nous rendre
la vie plus difficile.
Mais bon, cela fait partie
des scories, des crottes
de mouche de l’histoire
de l’humanité, de l’histoire
tout court, d’ailleurs.
L’histoire d’un homme
qui aimait les femmes
à la folie, juste un
qui aimait la vie.
La neige rend la marche difficile
mais donne un air de gaité,
même les femmes semblent
atteintes par cette gâterie climatique.
Lundi 5 janvier 2009 – 8h17
01:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.03.2009
Non

Joseph Mallord William Turner
Une journée pour rien.
Envie de pleurer.
Comme un robot
je fais des gestes mécaniques,
sans penser à rien.
Je ne vois plus grand chose
devant moi.
Le froid est comme du sable,
traverse une tempête dans le désert,
marchant sans voir, sans savoir.
Vivement que l’année se termine
et celle d’après aussi.
Vu comme ça se passe,
autant s’en débarrasser
le plus vite possible.
S’allonger quelque part et oublier,
se laisser envahir par l’anéantissement.
Une vie sans vie, ce n’est rien.
Virginia avait raison.
Il y a des moments,
il faut savoir dire non.
Lundi 1er décembre 2008 – 12h45
07:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.02.2009
Gris

Monument aux Morts PLC by La Garce
Du gris par-dessus tout.
Un mois qui commence
sans commencer.
Un cœur qui pompe le vide.
Du gaspillage.
Seules les larmes sont tièdes.
La fée est partie,
cachée derrière une haie imprenable.
Il reste juste le piédestal
avec le souvenir des pieds
abandonnés de la femme aimée.
Soupirs des rues traversées,
aveugles de toi.
Souvenirs passés, dépassés,
trop mouillés.
Où regarder ?
Une attirance sans fin, sans fond,
pour le fleuve serpentin,
froid et bouillonnant des vagues
annonçant l’hiver.
Que vont manger les goélands ?
Ca c’est une question importante,
un truc à voir, à revoir,
les appeler, leur parler.
Lundi 1er décembre 2008 – 9h23
11:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2009
Mathilde aussi

Au bureau, avant les cours.
Demain soir, les vacances.
La grève des trains continue.
Ce matin, une folle, à Asnières
hurlait comme une bête qu’on étrangle,
signal d’alarme et tout,
parce que Madame ne pouvait
pas monter dans le train, train.
Résultat : dix minutes, bloqués
à Asnières.
Heureusement, j’étais parti tôt
donc je suis quand même
arrivé en avance.
Le cœur vide,
amoureuses envolées disparues
dans les sables du passé proche,
plus très mouvants.
Déjà des souvenirs figés,
comme les vagues
qui lèchent les rochers,
qui avancent, qui reculent,
qui ensevelissent.
Mathilde aussi s’en va,
c’est la vie qui bouge qui bat.
Noel déjà, dans une semaine,
une fête pour les enfants,
pour nous,
pour ceux qui sont là,
en nous.
Jeudi 18 décembre 2008 – 14h03
12:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.02.2009
Rencontre

Bower Meadow by Rossetti
Je suis sorti de la gare,
installé dans une grande brasserie
en face qui s’appelle le « Café de l’Est ».
Je suis parti,
mais je n’y suis pour rien.
Ton train est annoncé
avec 1h45 de retard.
Je n’ose pas t’appeler,
je pense que tu vas être
de mauvaise humeur,
toute stressée.
Je ferai peut être mieux
de partir, non ?
Ce qui est bien avec les femmes,
c’est qu’elles sont une source
d’inspiration permanente.
Et puis partout où on va,
on rencontre la beauté
qui engendre la poésie.
Bien sûr je pense à toi,
une femme d’ici qui vit là-bas,
une femme qui a une vie si riche
que d’après moi,
elle n’a besoin de rien.
A ma gauche, trois Allemands,
le père, le fils, la fille :
un mal de chien pour expliquer
au serveur (bilingue : français/auvergnat)
qu’ils veulent de la chantilly
avec leur chocolat.
C’est marrant, dès qu’on arrive à la gare,
on entend parler allemand.
A ma droite, deux garçons du café
mangent (déjà) un steak purée pour l’un
une bavette-échalotes-frites pour l’autre.
Pour un peu, cela me donnerait faim.
La chatte n’a pas mangé ce matin,
j’ai prévenu la maison de mon retard,
car il faut lui acheter des boites.
Dimanche 14 décembre 2008 – 9h04
19:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2009
Rendez-vous
Le tortillard a freiné
et s’est arrêté,
en vue de la gare.
Il attend.
C’est peut être un rendez-vous
d’amour entre un train mâle
et un train fille ?
Why not ?
Tout est bon dans la vie.
La poésie rode partout,
il suffit d’apprendre
à fermer les yeux.
Sourire au monde
est le secret de l’éternité.
8h47, je suis dans le RER
qui doit m’emmener gare du Nord
et de là, je gagnerai la gare
de l’Est, à pieds.
C’est quand même une histoire
curieuse que la notre.
Nous avons commencé un peu fous
et nous voilà gagnés par le raisonnable,
le pragmatisme et tout.
Que des choses incroyables
pour un engin comme moi.
C’est marrant, je n’ai même
pas peur… Si, un peu,
quand même, je sens l’angoisse
qui monte, le genre de truc
qui me donne envie
de me cacher, de…
Dimanche 14 décembre 2008 – 8h34
07:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2009
Move me

Cruise ship Zenith of Celebrity Cruises passes skyscrapers of downtown Manhattan
Quelques mots écrits pour toi,
ce matin à 8h27, dans le train
qui remue et qui grince.
Aujourd’hui, il fait moins froid,
j’ai mis ma nouvelle parka,
j’ai trop chaud. Jamais content !
Tout à l’heure, je vais te voir.
Je croyais que ta voix magique
était définitivement partie
et pourtant tu seras là
et nous verrons enfin s’il y a
quelque chose à voir,
une échappée à entrevoir,
une petite ouverture, un coin de ciel
qui serait bleu juste un moment
pour nous deux.
C’est l’heure où je préfère voyager,
le jour se lève, les trains ont encore
les yeux allumés et la ville monte
la garde, tours éparses, du gris et du bleu
à la place du grand jour qui se cache.
On arrive déjà. Le train va sur son erre
comme un paquebot transatlantique
qui glisse sur l’eau marbrée d’huile
du grand port de l’au-delà,
New York, la Lune, Vénus.
Des destinations pour penser
à autre chose, une autre attraction.
Dimanche 14 décembre 2008
15:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.02.2009
Set the controls for the heart of the sun

Le ravissement de Psyché par William-Adolphe Bouguereau
Des contrôleurs contrôlent.
Des voyageurs voyagent.
Le train qui roule.
Axelle qui est revenue.
Un grand soleil incertain.
Mon étoile polaire (la Bavière
c’est un peu le pole nord, non ?)
qui scintille par éclats.
Parfois elle se perd
dans la brume du soir
et puis elle renaît,
encore plus faible.
Elle lance quelques derniers
signaux agressifs et puis,
et puis…
C’est vrai que je suis en colère
après toi et tes non-dits
et tes mal-dits.
C’est vrai que ces aller-retour
entre le gris et le noir me fatiguent
et je finis par ne plus y croire.
C’est vrai aussi que j’ai entendu ta voix,
cette nuit avant de m’endormir
et tu as encore réussi à m’émouvoir,
encore.
Vendredi 12 décembre 2008 - 8h16
01:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2009
Une touche

Canopy , 1958 by Saul Leiter
On train.
Je pars travailler de plus en plus tôt.
Avant-hier soir, j’avais reçu
un long message de toi, auquel,
pour la première fois, j’avais répondu
sans conviction, ta froideur agressive
me coupant les bras.
Hier j’étais triste
et sans message de toi.
Ce matin, j’ai eu un message
envoyé cette nuit que j’ai lu
avant de partir mais auquel
je n’ai pas répondu
car j’ai surtout retenu ton amour,
toujours aussi vivant,
pour un autre homme.
Donc, ça aussi j’ai déjà donné,
la femme qui en aime un autre,
depuis dix ans, j’ai eu le temps
d’étudier en détail ce type
de relation, je connais bien,
ça me suffit.
Dans ce contexte, je n’ai aucune
envie de te voir Dimanche,
mais d’un autre côté, je me dis
qu’une rencontre d’une heure
peut nous éviter une semaine
de galère, donc j’hésite.
En tous cas, même si je suis toujours
attiré par toi, je suis résigné à ne pas
trouver la seule chose qui me manque,
une touche d’amour et de tendresse.
Mercredi 10 décembre 2008 - 8h06
18:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2009
Majorité

I’m half-sick of shadows said the Lady of Shalott
by John William Waterhouse
On train again.
Une très bonne journée
avec mes trois classes
de première année
et une majorité de filles
adorables et attentives.
Ca me repose de travailler
sans femme autoritaire,
dirigiste et agressive sur le dos.
De plus en plus,
je pense m’orienter
vers le célibat choisi…
Les femmes qui ont
une forte personnalité
sont vraiment trop chiantes.
J’ai déjà donné
quinze ans de ma vie
à deux expertes
en agressivité autoritaire.
Je crois que ça suffit,
merci bien.
Mardi 9 décembre 2008 - 17h05
07:34 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.02.2009
Exploit sportif

Oxus River by Harrison Forman
On train.
Pas trop envie d’écrire,
pas trop le moral.
Je n’ai toujours pas bien compris
ta correspondance d’hier.
Je te trouve froide, dure et cruelle.
Je me demande bien si je ne vais pas
choisir de vivre seul,
marre de l’agressivité des femmes.
Partir dans le froid, à mille kilomètres
de chez moi, rien que pour
me faire engueuler,
c’est peut être un exploit sportif
mais what else ?
Comme dirait l’autre.
Personnellement, je ne manque
de rien, tout baigne.
J’ai un minimum de besoins
qui tournent autour des livres
et puis c’est tout.
C’est vrai qu’un peu d’amour
ou de tendresse,
de temps en temps,
ça ne serait pas mal...
Mais les femmes savent-elles encore
aimer ?
J’en doute.
Mardi 9 décembre 2008 - 8h21
21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note