03.03.2009
Climat

Red Umbrella, 1957, by Saul Leiter
Tchou-tchou train is back.
Ce matin, de la neige,
comme s’il en pleuvait
et pas de grève.
Les trainistes ont du oublier,
depuis le temps qu’ils sont payés
juste pour nous rendre
la vie plus difficile.
Mais bon, cela fait partie
des scories, des crottes
de mouche de l’histoire
de l’humanité, de l’histoire
tout court, d’ailleurs.
L’histoire d’un homme
qui aimait les femmes
à la folie, juste un
qui aimait la vie.
La neige rend la marche difficile
mais donne un air de gaité,
même les femmes semblent
atteintes par cette gâterie climatique.
Lundi 5 janvier 2009 – 8h17
01:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.03.2009
Non

Joseph Mallord William Turner
Une journée pour rien.
Envie de pleurer.
Comme un robot
je fais des gestes mécaniques,
sans penser à rien.
Je ne vois plus grand chose
devant moi.
Le froid est comme du sable,
traverse une tempête dans le désert,
marchant sans voir, sans savoir.
Vivement que l’année se termine
et celle d’après aussi.
Vu comme ça se passe,
autant s’en débarrasser
le plus vite possible.
S’allonger quelque part et oublier,
se laisser envahir par l’anéantissement.
Une vie sans vie, ce n’est rien.
Virginia avait raison.
Il y a des moments,
il faut savoir dire non.
Lundi 1er décembre 2008 – 12h45
07:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.02.2009
Gris

Monument aux Morts PLC by La Garce
Du gris par-dessus tout.
Un mois qui commence
sans commencer.
Un cœur qui pompe le vide.
Du gaspillage.
Seules les larmes sont tièdes.
La fée est partie,
cachée derrière une haie imprenable.
Il reste juste le piédestal
avec le souvenir des pieds
abandonnés de la femme aimée.
Soupirs des rues traversées,
aveugles de toi.
Souvenirs passés, dépassés,
trop mouillés.
Où regarder ?
Une attirance sans fin, sans fond,
pour le fleuve serpentin,
froid et bouillonnant des vagues
annonçant l’hiver.
Que vont manger les goélands ?
Ca c’est une question importante,
un truc à voir, à revoir,
les appeler, leur parler.
Lundi 1er décembre 2008 – 9h23
11:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2009
Mathilde aussi

Au bureau, avant les cours.
Demain soir, les vacances.
La grève des trains continue.
Ce matin, une folle, à Asnières
hurlait comme une bête qu’on étrangle,
signal d’alarme et tout,
parce que Madame ne pouvait
pas monter dans le train, train.
Résultat : dix minutes, bloqués
à Asnières.
Heureusement, j’étais parti tôt
donc je suis quand même
arrivé en avance.
Le cœur vide,
amoureuses envolées disparues
dans les sables du passé proche,
plus très mouvants.
Déjà des souvenirs figés,
comme les vagues
qui lèchent les rochers,
qui avancent, qui reculent,
qui ensevelissent.
Mathilde aussi s’en va,
c’est la vie qui bouge qui bat.
Noel déjà, dans une semaine,
une fête pour les enfants,
pour nous,
pour ceux qui sont là,
en nous.
Jeudi 18 décembre 2008 – 14h03
12:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.02.2009
Rencontre

Bower Meadow by Rossetti
Je suis sorti de la gare,
installé dans une grande brasserie
en face qui s’appelle le « Café de l’Est ».
Je suis parti,
mais je n’y suis pour rien.
Ton train est annoncé
avec 1h45 de retard.
Je n’ose pas t’appeler,
je pense que tu vas être
de mauvaise humeur,
toute stressée.
Je ferai peut être mieux
de partir, non ?
Ce qui est bien avec les femmes,
c’est qu’elles sont une source
d’inspiration permanente.
Et puis partout où on va,
on rencontre la beauté
qui engendre la poésie.
Bien sûr je pense à toi,
une femme d’ici qui vit là-bas,
une femme qui a une vie si riche
que d’après moi,
elle n’a besoin de rien.
A ma gauche, trois Allemands,
le père, le fils, la fille :
un mal de chien pour expliquer
au serveur (bilingue : français/auvergnat)
qu’ils veulent de la chantilly
avec leur chocolat.
C’est marrant, dès qu’on arrive à la gare,
on entend parler allemand.
A ma droite, deux garçons du café
mangent (déjà) un steak purée pour l’un
une bavette-échalotes-frites pour l’autre.
Pour un peu, cela me donnerait faim.
La chatte n’a pas mangé ce matin,
j’ai prévenu la maison de mon retard,
car il faut lui acheter des boites.
Dimanche 14 décembre 2008 – 9h04
19:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2009
Rendez-vous
Le tortillard a freiné
et s’est arrêté,
en vue de la gare.
Il attend.
C’est peut être un rendez-vous
d’amour entre un train mâle
et un train fille ?
Why not ?
Tout est bon dans la vie.
La poésie rode partout,
il suffit d’apprendre
à fermer les yeux.
Sourire au monde
est le secret de l’éternité.
8h47, je suis dans le RER
qui doit m’emmener gare du Nord
et de là, je gagnerai la gare
de l’Est, à pieds.
C’est quand même une histoire
curieuse que la notre.
Nous avons commencé un peu fous
et nous voilà gagnés par le raisonnable,
le pragmatisme et tout.
Que des choses incroyables
pour un engin comme moi.
C’est marrant, je n’ai même
pas peur… Si, un peu,
quand même, je sens l’angoisse
qui monte, le genre de truc
qui me donne envie
de me cacher, de…
Dimanche 14 décembre 2008 – 8h34
07:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2009
Move me

Cruise ship Zenith of Celebrity Cruises passes skyscrapers of downtown Manhattan
Quelques mots écrits pour toi,
ce matin à 8h27, dans le train
qui remue et qui grince.
Aujourd’hui, il fait moins froid,
j’ai mis ma nouvelle parka,
j’ai trop chaud. Jamais content !
Tout à l’heure, je vais te voir.
Je croyais que ta voix magique
était définitivement partie
et pourtant tu seras là
et nous verrons enfin s’il y a
quelque chose à voir,
une échappée à entrevoir,
une petite ouverture, un coin de ciel
qui serait bleu juste un moment
pour nous deux.
C’est l’heure où je préfère voyager,
le jour se lève, les trains ont encore
les yeux allumés et la ville monte
la garde, tours éparses, du gris et du bleu
à la place du grand jour qui se cache.
On arrive déjà. Le train va sur son erre
comme un paquebot transatlantique
qui glisse sur l’eau marbrée d’huile
du grand port de l’au-delà,
New York, la Lune, Vénus.
Des destinations pour penser
à autre chose, une autre attraction.
Dimanche 14 décembre 2008
15:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.02.2009
Set the controls for the heart of the sun

Le ravissement de Psyché par William-Adolphe Bouguereau
Des contrôleurs contrôlent.
Des voyageurs voyagent.
Le train qui roule.
Axelle qui est revenue.
Un grand soleil incertain.
Mon étoile polaire (la Bavière
c’est un peu le pole nord, non ?)
qui scintille par éclats.
Parfois elle se perd
dans la brume du soir
et puis elle renaît,
encore plus faible.
Elle lance quelques derniers
signaux agressifs et puis,
et puis…
C’est vrai que je suis en colère
après toi et tes non-dits
et tes mal-dits.
C’est vrai que ces aller-retour
entre le gris et le noir me fatiguent
et je finis par ne plus y croire.
C’est vrai aussi que j’ai entendu ta voix,
cette nuit avant de m’endormir
et tu as encore réussi à m’émouvoir,
encore.
Vendredi 12 décembre 2008 - 8h16
01:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2009
Une touche

Canopy , 1958 by Saul Leiter
On train.
Je pars travailler de plus en plus tôt.
Avant-hier soir, j’avais reçu
un long message de toi, auquel,
pour la première fois, j’avais répondu
sans conviction, ta froideur agressive
me coupant les bras.
Hier j’étais triste
et sans message de toi.
Ce matin, j’ai eu un message
envoyé cette nuit que j’ai lu
avant de partir mais auquel
je n’ai pas répondu
car j’ai surtout retenu ton amour,
toujours aussi vivant,
pour un autre homme.
Donc, ça aussi j’ai déjà donné,
la femme qui en aime un autre,
depuis dix ans, j’ai eu le temps
d’étudier en détail ce type
de relation, je connais bien,
ça me suffit.
Dans ce contexte, je n’ai aucune
envie de te voir Dimanche,
mais d’un autre côté, je me dis
qu’une rencontre d’une heure
peut nous éviter une semaine
de galère, donc j’hésite.
En tous cas, même si je suis toujours
attiré par toi, je suis résigné à ne pas
trouver la seule chose qui me manque,
une touche d’amour et de tendresse.
Mercredi 10 décembre 2008 - 8h06
18:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2009
Majorité

I’m half-sick of shadows said the Lady of Shalott
by John William Waterhouse
On train again.
Une très bonne journée
avec mes trois classes
de première année
et une majorité de filles
adorables et attentives.
Ca me repose de travailler
sans femme autoritaire,
dirigiste et agressive sur le dos.
De plus en plus,
je pense m’orienter
vers le célibat choisi…
Les femmes qui ont
une forte personnalité
sont vraiment trop chiantes.
J’ai déjà donné
quinze ans de ma vie
à deux expertes
en agressivité autoritaire.
Je crois que ça suffit,
merci bien.
Mardi 9 décembre 2008 - 17h05
07:34 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.02.2009
Exploit sportif

Oxus River by Harrison Forman
On train.
Pas trop envie d’écrire,
pas trop le moral.
Je n’ai toujours pas bien compris
ta correspondance d’hier.
Je te trouve froide, dure et cruelle.
Je me demande bien si je ne vais pas
choisir de vivre seul,
marre de l’agressivité des femmes.
Partir dans le froid, à mille kilomètres
de chez moi, rien que pour
me faire engueuler,
c’est peut être un exploit sportif
mais what else ?
Comme dirait l’autre.
Personnellement, je ne manque
de rien, tout baigne.
J’ai un minimum de besoins
qui tournent autour des livres
et puis c’est tout.
C’est vrai qu’un peu d’amour
ou de tendresse,
de temps en temps,
ça ne serait pas mal...
Mais les femmes savent-elles encore
aimer ?
J’en doute.
Mardi 9 décembre 2008 - 8h21
21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.02.2009
Normal

J’ai raté le train de 8h16,
pour une minute.
Normal, je t’écrivais
ou plutôt je cherchais
des photos à t’envoyer.
Je croyais avoir plein de clichés
de la maison et du jardin ou des
jardins, mais restons simple,
et je n’en trouve pas,
curieux.
Je ne sais pas trop comment
t’écrire, car cela fait un moment
que je n’ai pas eu de tes nouvelles
et les dernières étaient un peu fraîches…
Que ce soit au téléphone
ou dans ta dernière lettre,
tu avais l’air en colère.
Je ne sais pas si c’est de ma faute,
je suis un peu dans le vague
et je préfère attendre de tes nouvelles,
si tu reviens !
Lundi 8 décembre 2008 - 8h30
15:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2009
Pensées

Snow Storm, Steam-Boat Off a Harbour’s Mouth
by William Turner
Toujours en train de penser
à la femme impossible,
celle qui me rend transparent.
J’ai écouté ta voix,
encore ce matin,
très douce et très belle.
C’est amusant, une Française
qui parle avec un accent allemand.
Plus de nouvelle, bonnes nouvelles.
Je me sens revivre, tellement
ta présence me donne l’impression
de ne pas exister.
Bien sûr je continue de penser à toi.
Plutôt que d’aller à un naufrage
annoncé, je pense qu’il pourrait
être préférable de sursoir à mon exécution
et attendre pour voir si tu as quelques
minutes à me consacrer…
Vendredi 5 décembre 2008 - 9h22
02:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.02.2009
Bicoeur

J’aime une femme
sans cœur.
Normale, tu vas me dire,
c’est une femme !
Okay, je vais répondre,
c’est vrai à chaque fois
on espère qu’il y aura eu
une erreur de montage
et que sur un modèle,
l’option cœur aura été cochée…
En fait, la plupart des femmes
ont un deuxième cerveau
à la place du cœur.
Elles sont donc bicoeur,
comme les PC biprocesseur,
c’est pour cela qu’elles sont
si intelligentes, aussi vives,
agressives, impatientes
et prêtes à tout dévorer
pour satisfaire leurs appétits
illimités.
Jeudi 4 décembre 2008 - 14h20
02:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
30.01.2009
Journal

La Pia de Tolommei, 1868-1880, by Dante Gabriel Rossetti
At the cafèt.
Face to Matilda.
Jeune, belle, bleue, triste.
Pourquoi un tel regard,
perdu, comme ça ?
Je lui parle, je la fait parler.
Je sens qu’elle pourrait me dire
ce qui la chagrine
et puis, elle s’arrête
le regard perdu.
Elle est extrêmement jolie.
Elle a refermé son gros livre
pour me parler.
Elle le reprendra
quand je sortirai mon journal
qui ne m’intéresse guère :
la création de mosquées en France
ou la réduction des effectifs
de l’armée russe, des sujets
religieux, en somme.
Il pleut, il fait froid,
gris, noir, mouillé,
ça ce sont les infos.
Jeudi 4 décembre 2008 - 14h10
02:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28.01.2009
Plus qu’une fée

Venus Verticordia par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), peintre préraphaélite, poète et écrivain anglais.
Dans le train avec ma princesse
scandinave. Je t’emporte avec moi,
puisque ta voix est dans la boîte noire.
Tu es de plus en plus proche.
La corde se tend et se relâche,
parfois elle est prête à rompre,
mais nous sommes toujours là.
Ta force m’impressionne,
dans le bon sens du terme,
je t’admire et cela fait partie
de mon attirance pour toi.
Tu es comme un phare,
un repère fixe, même si
tu brilles au gré de tes éclats.
Tu dois me trouver, un peu éparpillé
mais je suis tellement passionné
que j’ai du mal à mesurer les attitudes
des autres, ma propre échelle est
non reproductible.
Princesse Hyperboréenne,
tu es une femme si attirante,
tu es bien plus qu’une fée.
Mardi 2 décembre 2008 - 8h16
00:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2009
Magic

Kristinna Loken
Un prénom magique.
Un nom scandinave pour partir
dans l’univers de nos ancêtres
Hyperboréens,
là où le soleil des Grecs
allait se coucher.
Vikings, Germains, Celtes, même combat ?
Surement, mais aujourd’hui c’est la grâce
exquise d’un sourire, d’une interrogation.
Tu es là, tu es loin, mais j’entends
le murmure de tes lèvres.
J’apprends à te connaître
mais déjà, j’aime ta façon
décidée d’être une femme.
Oui, je t’aurais rêvée comme cela,
intelligente et romantique.
Une qui me ressemble sans être moi
ou qui plutôt serait capable
de me comprendre,
je crois que c’est le secret.
Et puis l’envie, la douceur
d’une attirance naissante
et déjà forte de nos espérances
d’un autre temps.
Jeudi 27 novembre 2008 - 8h26
01:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2009
Sunrise

Turner : Lever de soleil avec monstres marins, 1845
The sun rises et c’est très beau,
rouge, bleu, blanc, gris,
avec de jolis nuages moutonneux
et le pourpre du soleil en toile de fond.
Une femme étonnante,
une rencontre inattendue.
Alors que je me résignais à apprivoiser
la solitude amère, je commençais à me
contenter du beau sourire de mes
(nombreuses) commerçantes préférées
et puis une femme du froid est arrivée.
Un nom scandinave pour une déesse
de la mer qui habite en plein cœur
de l’ancien pays Celte,
au centre de l’Europe dans un joyau
de l’urbanisme mondial.
En plus, c’est une ville qui a un nom
curieusement beau, comme celui
d’un être vivant.
Le pousseur, sur la Seine, propulse devant
lui deux grandes barges chargées de sable,
c’est beau comme des pyramides sur l’eau.
De loin, le Sacré Cœur est imposant,
il plane au dessus de la ville, comme
dans un livre d’images.
De près, il rapetisse, tout japonisé
qu’il est, curiosité en sucre, à lécher.
Partir, revenir, boire ton sourire,
sentir le désir de toi,
oui j’aime ça.
Jeudi 27 novembre 2008 - 8h16
10:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.01.2009
Virginia

Finalement, l’hiver pourquoi pas ?
Il faudra demander aux fourmis
qui bouquinent, asphyxiées par la lecture
de l’Ulysse de Joyce… L’ennui total.
Je partage l’avis de ma Virginia (Comment
est-elle arrivée là ?) qui n’a pas voulu
publier cette assommante prose,
confite de prétention.
J’attends ma Virginia,
J’attends mon amour infini.
Je suis content de mon texte
sur « Trois Guinées ».
Il faut que j’en écrive un nouveau
avant la fin du mois, pas sur « Nuit et jour »,
un délice que je suis en train de lire,
qui me fait penser à Jane Austen,
à Proust et à … Virginia.
Bizarrement, je trouve la forme
plus conventionnelle que celle du « Voyage Out ».
Virginia, tu me manques.
Virginia !
Mardi 25 novembre 2008 - 17h10
18:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.01.2009
Douceur blanche

On train again.
Une bonne journée de faite.
Un peu fatigué, irritable,
pas assez dormi.
Vivement Noël.
J’ai hâte d’être en vacances
pour aller sur les quais,
humer l’air des livres,
le nez au vent.
Les goélands posés près de moi
qui regardent, attendent, inspectent,
respirent et repartent et virent
et s’élèvent en une farandole
de douceur blanche.
Le ciel est bellement gris,
fameux, la blancheur des immeubles
impose une discrète présence,
un délicat relief.
Finalement, l’hiver pourquoi pas ?
Mardi 25 novembre 2008 - 17h00
02:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2009
Vivement Noël

On train.
Un démarrage en douceur.
Le froid qui est là et qui m’arrache des larmes.
Too much.
Ce matin, j’ai croisé le sourire merveilleux
d’une femme si belle, si femme.
Cela fait si longtemps que j’attends d’elle
un signe, un espoir, un truc magic.
Elle a changé de coiffure, depuis
quelques semaines, cela ne l’a pas
rendu plus belle, mais est-ce possible ?
Maintenant, elle me parle et elle sourit.
C’est la vie, c’est l’espoir des matins
et des jours.
Un beau titre pour plus tard,
ce soir, demain,
encore bien,
encore plus.
Mardi 25 novembre 2008 - 8h27
01:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.01.2009
Lumière

London 1950 by Saul Leiter
Un jour de grève ordinaire.
Un jour de travail, par grand froid,
sorti les gants et la parka d’hiver.
Parti à l’aube, à cause des « travailleurs »
socialo-communistes, une spécialité
bien de chez nous, les trainistes grévistes.
Ce matin là, la lumière était belle sur le quai,
je voulais faire une photo, mais la mémoire
est pleine.
Les oiseaux étaient en forme,
les corneilles jouaient à saute-mouton
avec les cheminées, les pigeons s’entraînaient
au vol en escadrille et les pies caquetaient.
Des oiseaux qui semblent plutôt amoureux
en ce moment, est-ce la saison ?
Hier, j’ai commencé une merveille,
le « Nuit et jour » de ma Woolfette.
Dès que j’ouvre le gros livre, c’est un imposant
Flammarion de quatre cent pages,
je me retrouve au paradis,
ailleurs, dans le Londres que j’aime,
avec le brouillard et le bruit des voitures,
des cabs et des taxis.
Les bruits de la ville.
Là où tu étais, femme éternelle,
femme des femmes,
Toi, Virginia.
Lundi 24 novembre 2008 - 9h16
22:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.01.2009
Conseils aux femmes

Nymphes et Satyre par William Adolphe Bouguereau en 1905
Mesdames, si vous avez un homme
à la maison, vous devez savoir comment
ça marche.
En gros, c’est comme un chien
ou un chat, en plus simple,
il y a une seule queue
à deux positions : oui et non.
Bon, des fois vous vous demandez,
ce grand garçon, pourquoi mange-t-il
autant ? Why ?
Pourquoi cette mise en scène (en bière)
devant le match de foot, avec canette, pizza,
chips et autres légèretés à partager entre amis ?
C’est tout simplement de l’insatisfaction sexuelle.
Voilà, c’est simple comme bonjour.
Votre homme, quand il regarde le match,
ou fait semblant, en fait il rêve d’être
accompagné par une accorte
Pom Pom Girl, avec formes bien dessinées
et qui en plus sourirait (et oui, le truc qui
n’arrive qu’aux autres).
Manque de pot, il n’y a pas de playmate
dans le quartier et puis c’est trop tard,
l’épicerie est fermée.
Donc votre pauvre bipède ravale sa frustration,
la queue entre les pattes, et il bâfre,
il se goinfre, il avale tout ce qui passe,
jusqu’à satiété, jusqu’à ce que, le ventre plein,
il se sente apaisé, avec comme une envie
de dormir…
Voilà, c’était une soirée au pays des hommes.
Donc maintenant, mesdames, si vous voulez
un homme qui garde la ligne, vous savez
ce que vous devez faire…
…lui trouver une copine de matches !
C’est pas simple la vie ?
Vendredi 21 novembre 2008 - 8h25
22:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.01.2009
Obsession

Courbet : La Femme à la vague - 1868
On train.
I’m going to Santo Lazaro Station.
L’obsession des femmes,
voilà une saine obsession,
un bon toc, une manie comme les autres.
Tous les artistes mâles
et quelques autres, étaient possédés
par la beauté des femmes,
par leur célesticité,
pourquoi pas moi ?
Hein ! Je vous le demande, why ?
Tiens, sur le quai il y avait
un grand panneau de pub,
pour eBay, pour Noël.
J’ai vu qu’on trouvait même
des soutien-seins.
A quand les nichons aux enchères ?
Les bouts de seins côtés en bourse ?
Ce n’est pas pire que de mettre
des morceaux de ferraille
dans le CAC 40 ou d’essayer de vendre
la voiture la plus moche de l’histoire,
appelez-moi Laguna !
Le sein, mamelle de l’amour
est une des rares valeurs sures
de notre vie, aujourd’hui,
alors profitons-en,
tétons…
Jeudi 20 novembre 2008 - 13h25
22:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Silhouettes

Ralph Lauren - Collection Printemps Eté
On train.
La route du bonheur.
J’ai croisé des mamelles à pois,
une flasque de gin Gordon’s vide,
le bouchon sagement posé à côté
qui attendait tranquillement sur le rebord
d’une fenêtre d’un rez de chaussée.
Plus loin, une maman jeune et chic
appelait d’une voix haute :
Caroline ! puis Marie !
Et ensuite, la folie ordinaire de la vie.
Les femmes que je croise dans Paris,
déguisées comme des princesses
ou des petites filles qui essayent
leur dernière panoplie.
Certaines ressemblent à des clowns,
d’autres, fonctionnaires tristes,
ne ressemblent à rien,
des ventres à télévision,
des milliers d’heures sans émotion,
sans rien,
juste tuer le temps qui arrive.
Je décide finalement que les femmes
se la jouent un peu trop,
hautaines et prétentieuses.
A force de cultiver la légèreté,
elles finissent par ne plus peser très lourd,
anorexiques du cœur,
le sexe en bandoulière,
une nouvelle race de femmes ?
Mercredi 19 novembre 2008 - 13h46
21:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note