30.04.2009

Happiness

Bouguereau,William-Adolphe (1825-1905) l'aurore.jpg

L'aurore par William-Adolphe Bouguereau




La mer est là.

Présente absente,

elle nous souffle des mots,

des signes des incursions.

La mer revient, présente, insouciante.

L'écume blanche siffle et se déchire.

Je regarde, le sel me pique les yeux.

J'attends. Je me dis : aujourd'hui...

C'est incertain, c'est le matin.

Les goélands argentés dessinent

des cercles comme pour m'envouter.

Je vois au loin une flamme, une vague,

l'éclat d'un feu de position, le reflet

d'une âme.

Je vois des cheveux blonds,

une liane, un corps qui danse,

la beauté d'une femme,

Toi.


Samedi 24 janvier 2009

28.04.2009

Un truc

Hopper 1959 Excursion into Philosophy.jpg

Edward Hopper 1959 Excursion into Philosophy


Un truc presque salé

qui me tombe dessus.


Pourtant il ne pleut pas.

Le ciel s’éveille, vaguement bleu.


Un truc au gout amer

qui me tire les lèvres vers le bas

et rend mon pas plus lourd.


Un truc qu’on appelle

la solitude.


Quand on se résigne

à ne plus rien partager

parce qu’il n’y a plus rien.


On se tient là,

plutôt debout, presque assis,

légèrement de biais


et on écoute

le silence du rien.



Mardi 20 janvier 2009 – 8h17


27.04.2009

Bleu profond

Bleu profond.jpg




On train, en retard, c’est rare.

D’habitude, il est supprimé celui-là.


La nuit noire devient bleu profond.

L’air est froid et humide.


Tu as disparu corps et biens,

sûrement anéantie sous un océan

de mensonges divers et variés.


La vie continue.


La Reine des Celtes

a toujours les plus beaux

et les plus étonnants

seins du monde.


Donc, tout va bien,

la planète tourne,

that’s life.


J’ai envoyé mes vœux

à toutes mes connaissances mailesques

et Antiope ?


Je me demande où la joindre,

elle qui est Australisée,

amoureuse d’un Anglais,

en d’autres termes

Kangouroutée…


Vendredi 16 janvier 2009 – 8h23


Flou

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Madrid 1936 by John Heartfield



Actuellement je me bagarre

avec Le Carnet d’or

de Doris Lessing.


C’est intéressant et déroutant,

cette succession d’histoires

et de plans différents

qui s’enchainent et reviennent.


Je n’y comprends rien

et en fait je n’en vois pas l’intérêt.

Cela rend la lecture difficile,

c’est tout.


En plus, c’est terriblement daté.

Des amoureux du communisme

dans les années Cinquante,

personnellement ça me gonfle

et je ne trouve même pas ça drôle.


Heureusement, l’écriture est belle

et la traduction remarquable,

c’est toujours ça.


Sans toi, ton espoir,

ton sourire à travers les mots,

le reste est bien gris,

uniforme, sans appétit.


L’absence, c’est pire que le désert,

c’est un gouffre sous le désert,

un endroit vague et indéfini

où le flou reste terriblement flou.



Jeudi 15 janvier 2009 – 8h21

Absente

Absente.jpg

Amy for ever



On train.


Une grande absence.

Toi qui m’ignore et qui m’évite.


J’ai l’impression d’avoir mis le doigt

sur une chose essentielle,

mais laquelle ?


En ce moment, j’ai envie d’écrire,

le printemps va venir,

chaque jour nous rapproche de lui.


C’est vrai que je n’avais pas remarqué

que les jours rallongeaient.


Et pourtant ce matin, sur le quai

le ciel était éclairé de nuances

de rose, très réussies.


J’ai failli faire une photo.


Il faut que je retrouve Ludivine

et que je finisse son histoire



Jeudi 15 janvier 2009 – 8h16


24.04.2009

Un peu partout

Postmen 1952.jpg

Postmen 1952 by Saul Leiter



De la neige,

encore un peu,

là, un peu partout.


Elle est entrée en résistance,

comme la chatte, quand elle s’obstine

à surveiller son assiette calabraise,

lorsqu’elle vient de finir sa terrine.


Elle se bute et elle râle indéfiniment,

comme une femme, et oui elle aussi.


Cate Blanchett de plus en plus

belle (quels yeux),

de moins en moins blanche.


Elles me fatiguent toutes ces femmes

impossibles, difficiles, inaimables,

inconsommables, trop ceci et trop cela,

elles manquent cruellement de poivre,

l’amour sans épice, c’est fade.


Il manque un truc au fond des yeux,

il manque le geste du cerveau

qui te fait ouvrir la main

pour donner un instant,

un soupir, un regret ou un refrain,

un petit quelque chose,

si petit.



Lundi 12 janvier 2009 – 14h21


20.04.2009

Réglisse

1510.jpg

Joseph Mallord William Turner



On train at San Lazaro Station.

Un peu moins froid,

un peu plus seul.


Heureusement, je peux écouter

Virginia Woolf tous les jours,

c’est déjà ça.


Ecouter Virginia c’est beaucoup mieux

qu’une crème glacée à la réglisse.

Chez Pi-Pi elles sont très bonnes,

quand il y en a.


Cette nuit, un mirage s’est enfui,

cet après-midi un autre me poursuivra

là-bas, aux confins de l’Oural.


Finalement j’ai réussi à retrouver

les Tartares qui peuplaient

l’univers fantomatique

de Dino Buzzati.


Quel écrivain, quelle plume !

Comme il savait faire vivre

la transcendance de la transparence



Lundi 12 janvier 2009 – 14h16


18.04.2009

A l’ancienne

Le cauchemar de Fûssli.jpg

Le cauchemar de Füssli


Raté pour une minute

le train de 8h16.

Dans un Tchou-tchou train

sans étage, à l’ancienne,

ça fait drôle.


En fait, j’étais en train de désinstaller

le Messenger, cette idiotie

où je me suis fait mitrailler

jusqu’à Trois heures du matin

par une femme que j’aime

et qui, bien sûr, ne m’aime pas.


Et en plus, je sens parfaitement

qu’elle me ment tout le temps.

En fait, j’ai l’impression qu’elle

est là pour jouer, pour papillonner,

sans rien livrer d’elle, ni de sa vie.


Une impression très curieuse.

Un jour elle me dit qu’elle est

toute à moi et ensuite, elle me précise

que ça ne veut rien dire,

elle a dit cela comme elle aurait dit :

« Sale bête dégage ».


Très curieux.

L’impression de pédaler non pas

dans la choucroute, mais dans le vide,

comme d’escalader une dune de sable

où le sable se dérobe au fur et à mesure

des efforts épuisants que l’on a fournis,

pour finir par ne plus savoir où l’on est.



Lundi 12 janvier 2009 – 8h26

17.04.2009

Inexplicable

Lettres illustrées de VW.jpg



La littérature, c’est plus dur à partager,

finalement c’est ce qu’il y a de plus intime,

le rapport avec une œuvre,

un objet, des mots, une pensée,

un auteur, sa vie.


C’est toujours difficile

d’expliquer pourquoi

on aime l’inexplicable.


Duras et Sagan que j’adore

n’étaient pas des femmes

vraiment désirables.


Proust et Loti avaient un côté

féminin très développé.

Seul Arthaud était beau

et doué pour tout,

c’est peut être ça

qui l’a rendu fou…


Presque tous les jours,

j’écoute la voix de Virginia.

Si je pouvais lui embrasser les pieds,

je serais le plus heureux des hommes.


Il faut que je cherche

à quel endroit elle a été enterrée,

j’irai embrasser la pierre

qu'elle illumine

de son immortalité.



Jeudi 8 janvier 2009 – 13h31

14.04.2009

Zig et puis Zag

1881 L'aurore.jpg

L’aurore en 1881 par William-Adolphe Bouguereau



Le froid rend nos pas incertains,

notre démarche hésitante

entre zigzags et glissade.

Entre le feu et les flammes.


Pour un oiseau envolé,

combien de Princesses

dont la beauté radieuse

illumine mon quotidien,

l’attente de mes jours.

Le degré 34 de mes envies.


Il fait froid,

donc, pas trop envie de sortir,

de folâtrer, le nez glacé

et les pieds en train de geler.


Nos sorties artistiques et culturelles

risquent d’attendre,

sinon le printemps,

du moins un autre temps.


elle est jeune, elle est belle,

quelles sont ses envies ?

La musique emplit ses oreilles,

mais ce n’est qu’un accompagnement.


Où est la palpitation extrême de la vie ?

L’extrémité qui éclaire l’autre,

qui donne à voir,

qui laisse devenir l’anxiété,

la pulsion de quelque chose,

une douceur frappante

qui va la toucher au cœur

et alors…




Vendredi 9 janvier 2009 – 8h19

13.04.2009

Géométrismes

Géométrismes.jpg



On train.

J’ai attendu dix minutes

sur le quai,

un soleil magnifique.


J’ai pris une dizaine de photos

avec du noir et du brillant

et de belles ombres géométriques.


Je suis impatient de voir le résultat.

Le soleil est un grand bonheur,

tout de suite, il fait jour

dans la tête et dans le cœur.


En ce moment, je me promène

avec des Elfes.

Des femmes délicieuses,

avec des noms de fées ou d’oiseaux.


Elles partagent mon besoin

d’art et de culture,

donc elles me donnent des envies

de promenade, de baignade

dans des océans

de brumes vaporeuses

au chemin indécis.



Jeudi 8 janvier 2009 – 13h24


10.04.2009

Strange days

Edward Burne Jones 1833-1898.jpg

Edward Burne Jones, 1833-1898


Quel phénomène étrange,

quelle douce euphorie !

Toutes ces missives et ces lettres

et ces mots parfumés, envoutés

sous les doigts de femmes

attendues et espérées.


Une si longue conversation,

avec toi, ma Princesse !


J’en retiens encore mon souffle,

tellement c’était beau,

inattendu et inespéré,

dans la fulgurance

et dans la justesse

de tout ce que tu m’as révélé.


Yes, je suis là,

je suis en avance,

mes étudiants ne sont pas encore arrivés.


Et puis la neige, le froid

et même les soldes…

Beaucoup de bonnes raisons

pour ne pas venir en cours.


C’est vrai qu’il fait froid,

je sens un courant d’air

me remonter le long des jambes,

du froid partout,

du blanc,

des sourires de neige.


Je t’attends, tu sais,

je cherche ton sourire,

je pense à toi,

tellement fort,

tellement…


Mardi 6 janvier 2009 – 9h10

06.04.2009

Back

Turner Structure de couleur, 1819.jpg

Structure de couleur par William Turner en 1819


Back on train.

Content d’avoir retrouvé

la chaleur de l’école,

l’ambiance sympathique,

le sourire des filles

et l’attention des étudiants.


Et puis, malgré la neige,

j’ai recommencé à marcher.

Elles me manquaient, mes deux

heures de marche par jour.


La Seine est haute,

gris foncé, presque bronze.

On arrive à Asnières,

sous la neige.

C’est beau la neige.

Qu’en pensent les oiseaux ?


Envie de lire, de manger,

de dormir, d’écrire, de travailler.


En résumé, envie d’être à la maison,

parler à la chatte, embrasser Oriane

qui part à la Fac, allumer l’ordi,

mettre à jour les blogs,

admirer les jardins,

chercher les chats et les oiseaux,

sortir les graines.


Embrasser la beauté du monde,

voilà une mission importante.

Arrivo.


Lundi 5 janvier 2009 – 12h46



04.04.2009

Panoplie

Joschi, le chien de Noël.jpg

Joschi, le chien de Noël


Et puis, elles sont contentes

de sortir leur panoplie de Noël

avec bottes, manteau et couvre-chef.


Où sont les pieds sacrés

des femmes ?

Cria-t-il dans la nuit…

Non, ce n’est pas moi !


Ou alors,

je rêvais à des jours meilleurs,

le printemps et tout,

les femmes si belles

encore une fois,

une envie de vivre

si incroyable.


J’irai volontiers me coucher

mais je suis finalement

plutôt bien dans mon

tchou-tchou train,

entouré de femmes

élégantes et sages,

déjà prêtes, toujours efficaces.


That’s life


Lundi 5 janvier 2009 – 8h22


03.03.2009

Climat

Red Umbrella 1957.jpg

Red Umbrella, 1957, by Saul Leiter


Tchou-tchou train is back.

Ce matin, de la neige,

comme s’il en pleuvait

et pas de grève.


Les trainistes ont du oublier,

depuis le temps qu’ils sont payés

juste pour nous rendre

la vie plus difficile.


Mais bon, cela fait partie

des scories, des crottes

de mouche de l’histoire

de l’humanité, de l’histoire

tout court, d’ailleurs.


L’histoire d’un homme

qui aimait les femmes

à la folie, juste un

qui aimait la vie.


La neige rend la marche difficile

mais donne un air de gaité,

même les femmes semblent

atteintes par cette gâterie climatique.


Lundi 5 janvier 2009 – 8h17

01.03.2009

Non

610.jpg

Joseph Mallord William Turner


Une journée pour rien.

Envie de pleurer.

Comme un robot

je fais des gestes mécaniques,

sans penser à rien.


Je ne vois plus grand chose

devant moi.

Le froid est comme du sable,

traverse une tempête dans le désert,

marchant sans voir, sans savoir.


Vivement que l’année se termine

et celle d’après aussi.

Vu comme ça se passe,

autant s’en débarrasser

le plus vite possible.


S’allonger quelque part et oublier,

se laisser envahir par l’anéantissement.


Une vie sans vie, ce n’est rien.

Virginia avait raison.

Il y a des moments,

il faut savoir dire non.


Lundi 1er décembre 2008 – 12h45

26.02.2009

Gris

Monument aux Morts PLC (L G).jpg

Monument aux Morts PLC by La Garce



Du gris par-dessus tout.

Un mois qui commence

sans commencer.

Un cœur qui pompe le vide.

Du gaspillage.

Seules les larmes sont tièdes.


La fée est partie,

cachée derrière une haie imprenable.

Il reste juste le piédestal

avec le souvenir des pieds

abandonnés de la femme aimée.


Soupirs des rues traversées,

aveugles de toi.

Souvenirs passés, dépassés,

trop mouillés.


Où regarder ?


Une attirance sans fin, sans fond,

pour le fleuve serpentin,

froid et bouillonnant des vagues

annonçant l’hiver.


Que vont manger les goélands ?


Ca c’est une question importante,

un truc à voir, à revoir,

les appeler, leur parler.


Lundi 1er décembre 2008 – 9h23

23.02.2009

Mathilde aussi

vagues5.jpg



Au bureau, avant les cours.

Demain soir, les vacances.

La grève des trains continue.


Ce matin, une folle, à Asnières

hurlait comme une bête qu’on étrangle,

signal d’alarme et tout,

parce que Madame ne pouvait

pas monter dans le train, train.


Résultat : dix minutes, bloqués

à Asnières.

Heureusement, j’étais parti tôt

donc je suis quand même

arrivé en avance.


Le cœur vide,

amoureuses envolées disparues

dans les sables du passé proche,

plus très mouvants.


Déjà des souvenirs figés,

comme les vagues

qui lèchent les rochers,

qui avancent, qui reculent,

qui ensevelissent.


Mathilde aussi s’en va,

c’est la vie qui bouge qui bat.


Noel déjà, dans une semaine,

une fête pour les enfants,

pour nous,

pour ceux qui sont là,

en nous.


Jeudi 18 décembre 2008 – 14h03

21.02.2009

Rencontre

BowerMeadow by Rossetti.jpg

Bower Meadow by Rossetti


Je suis sorti de la gare,

installé dans une grande brasserie

en face qui s’appelle le « Café de l’Est ».


Je suis parti,

mais je n’y suis pour rien.

Ton train est annoncé

avec 1h45 de retard.


Je n’ose pas t’appeler,

je pense que tu vas être

de mauvaise humeur,

toute stressée.

Je ferai peut être mieux

de partir, non ?


Ce qui est bien avec les femmes,

c’est qu’elles sont une source

d’inspiration permanente.


Et puis partout où on va,

on rencontre la beauté

qui engendre la poésie.


Bien sûr je pense à toi,

une femme d’ici qui vit là-bas,

une femme qui a une vie si riche

que d’après moi,

elle n’a besoin de rien.


A ma gauche, trois Allemands,

le père, le fils, la fille :

un mal de chien pour expliquer

au serveur (bilingue : français/auvergnat)

qu’ils veulent de la chantilly

avec leur chocolat.


C’est marrant, dès qu’on arrive à la gare,

on entend parler allemand.


A ma droite, deux garçons du café

mangent (déjà) un steak purée pour l’un

une bavette-échalotes-frites pour l’autre.

Pour un peu, cela me donnerait faim.


La chatte n’a pas mangé ce matin,

j’ai prévenu la maison de mon retard,

car il faut lui acheter des boites.


Dimanche 14 décembre 2008 – 9h04

20.02.2009

Rendez-vous

Rendez-vous.JPG


Le tortillard a freiné

et s’est arrêté,

en vue de la gare.


Il attend.

C’est peut être un rendez-vous

d’amour entre un train mâle

et un train fille ?


Why not ?

Tout est bon dans la vie.


La poésie rode partout,

il suffit d’apprendre

à fermer les yeux.


Sourire au monde

est le secret de l’éternité.


8h47, je suis dans le RER

qui doit m’emmener gare du Nord

et de là, je gagnerai la gare

de l’Est, à pieds.


C’est quand même une histoire

curieuse que la notre.


Nous avons commencé un peu fous

et nous voilà gagnés par le raisonnable,

le pragmatisme et tout.


Que des choses incroyables

pour un engin comme moi.


C’est marrant, je n’ai même

pas peur… Si, un peu,

quand même, je sens l’angoisse

qui monte, le genre de truc

qui me donne envie

de me cacher, de…


Dimanche 14 décembre 2008 – 8h34

18.02.2009

Move me

nypst_celebrity_cruises_manhattan_28sept02.jpg

Cruise ship Zenith of Celebrity Cruises passes skyscrapers of downtown Manhattan



Quelques mots écrits pour toi,

ce matin à 8h27, dans le train

qui remue et qui grince.


Aujourd’hui, il fait moins froid,

j’ai mis ma nouvelle parka,

j’ai trop chaud. Jamais content !


Tout à l’heure, je vais te voir.

Je croyais que ta voix magique

était définitivement partie

et pourtant tu seras là


et nous verrons enfin s’il y a

quelque chose à voir,

une échappée à entrevoir,


une petite ouverture, un coin de ciel

qui serait bleu juste un moment

pour nous deux.


C’est l’heure où je préfère voyager,

le jour se lève, les trains ont encore

les yeux allumés et la ville monte

la garde, tours éparses, du gris et du bleu

à la place du grand jour qui se cache.


On arrive déjà. Le train va sur son erre

comme un paquebot transatlantique

qui glisse sur l’eau marbrée d’huile

du grand port de l’au-delà,

New York, la Lune, Vénus.


Des destinations pour penser

à autre chose, une autre attraction.


Dimanche 14 décembre 2008

17.02.2009

Set the controls for the heart of the sun

Bouguereau, William-Adolphe l'enlevement de Psyche.jpg

Le ravissement de Psyché par William-Adolphe Bouguereau



Des contrôleurs contrôlent.

Des voyageurs voyagent.

Le train qui roule.

Axelle qui est revenue.

Un grand soleil incertain.


Mon étoile polaire (la Bavière

c’est un peu le pole nord, non ?)

qui scintille par éclats.

Parfois elle se perd

dans la brume du soir

et puis elle renaît,

encore plus faible.


Elle lance quelques derniers

signaux agressifs et puis,

et puis…


C’est vrai que je suis en colère

après toi et tes non-dits

et tes mal-dits.


C’est vrai que ces aller-retour

entre le gris et le noir me fatiguent

et je finis par ne plus y croire.


C’est vrai aussi que j’ai entendu ta voix,

cette nuit avant de m’endormir

et tu as encore réussi à m’émouvoir,

encore.


Vendredi 12 décembre 2008 - 8h16

14.02.2009

Une touche

Canopy 1958.jpg

Canopy , 1958 by Saul Leiter



On train.

Je pars travailler de plus en plus tôt.


Avant-hier soir, j’avais reçu

un long message de toi, auquel,

pour la première fois, j’avais répondu

sans conviction, ta froideur agressive

me coupant les bras.


Hier j’étais triste

et sans message de toi.

Ce matin, j’ai eu un message

envoyé cette nuit que j’ai lu

avant de partir mais auquel

je n’ai pas répondu

car j’ai surtout retenu ton amour,

toujours aussi vivant,

pour un autre homme.


Donc, ça aussi j’ai déjà donné,

la femme qui en aime un autre,

depuis dix ans, j’ai eu le temps

d’étudier en détail ce type

de relation, je connais bien,

ça me suffit.


Dans ce contexte, je n’ai aucune

envie de te voir Dimanche,

mais d’un autre côté, je me dis

qu’une rencontre d’une heure

peut nous éviter une semaine

de galère, donc j’hésite.


En tous cas, même si je suis toujours

attiré par toi, je suis résigné à ne pas

trouver la seule chose qui me manque,

une touche d’amour et de tendresse.


Mercredi 10 décembre 2008 - 8h06


12.02.2009

Majorité

I am half-sick of shadows said the Lady of Shalott by JW Waterhouse.jpg

I’m half-sick of shadows said the Lady of Shalott
by John William Waterhouse



On train again.

Une très bonne journée

avec mes trois classes

de première année

et une majorité de filles

adorables et attentives.


Ca me repose de travailler

sans femme autoritaire,

dirigiste et agressive sur le dos.


De plus en plus,

je pense m’orienter

vers le célibat choisi…


Les femmes qui ont

une forte personnalité

sont vraiment trop chiantes.


J’ai déjà donné

quinze ans de ma vie

à deux expertes

en agressivité autoritaire.


Je crois que ça suffit,

merci bien.


Mardi 9 décembre 2008 - 17h05

09.02.2009

Exploit sportif

Oxus River by Harrison Forman.jpg

Oxus River by Harrison Forman



On train.

Pas trop envie d’écrire,

pas trop le moral.

Je n’ai toujours pas bien compris

ta correspondance d’hier.


Je te trouve froide, dure et cruelle.

Je me demande bien si je ne vais pas

choisir de vivre seul,

marre de l’agressivité des femmes.


Partir dans le froid, à mille kilomètres

de chez moi, rien que pour

me faire engueuler,

c’est peut être un exploit sportif

mais what else ?

Comme dirait l’autre.


Personnellement, je ne manque

de rien, tout baigne.

J’ai un minimum de besoins

qui tournent autour des livres

et puis c’est tout.


C’est vrai qu’un peu d’amour

ou de tendresse,

de temps en temps,

ça ne serait pas mal...


Mais les femmes savent-elles encore

aimer ?

J’en doute.


Mardi 9 décembre 2008 - 8h21