15.08.2007

Mixed

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Un mélange et puis, un regard.
Après la douleur d’un abandon,
retrouver le bonheur.

Et puis encore le perdre,
Encore une fois, tout perdre.
Désolation du champ d’amour déserté.

Les nuits redeviennent froides.
Et puis, tout à coup,
après le coude d’une ruelle,
dans la demi lumière d’une terrasse isolée...

Un éclair, une flamme de cœur.

Et puis après, tout recommence.
les lèvres sèches, la respiration palpite.
Le ciel est tantôt gris, parfois parti...

le ciel, qui est ma vie.

Elles, mes anges, elles s’appellent :
Sandrine, Stéphanie, Séverine,
Anne-Laure, Jehanne ou Ludivine...

Parfois, je m’enfonce dans le noir,
là où les étoiles croisent les déesses,
le sable soulevé par le soleil.

Alors je suis enlevé par Fatima,
bercé par Aïcha, femmes plus
que belles, plus...trop....

La tête me tourne,
je respire le parfum de tes cheveux,
j’inspire les courbes de ton corps...

Je te suis.

Enfin, je vis.


Dimanche 12 août 2007

04.08.2007

Sun an’ other things

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Aujourd’hui le soleil est revenu.
La lumière me berce dans un flot de particules dorées.
Le bonheur c’est pour...

Douceur d’une flamme, telle une lame de fond.
Je scrute le monde, j’ausculte le trottoir (gris),
les passants passent, ils font leur job.

Moi aussi, moi aussi !
crie la petite fille, belle comme une fée tzigane.
Katy Melua devait être comme ça,
boucles brunes et sourire de lune.

Le soleil brille et me réchauffe,
mon Etoile noire est revenue
Je te sens là, près de moi, en moi.

Je marche, je pense, je marche, je...
suis perdu.
Un coin de rue, un virage de trop.

Tu es là, tes cheveux sont là,
noirs, longs, lisses.
J’ai envie d’aimer le geste, la grâce

Tes doigts longs et minces,
l’élégance naturelle d’une femme
encore plus belle qui s’épanouit dans le sourire
de l’homme figé qui t’admire.
Ce n’est que moi, tu sais.

Dans tes yeux noirs brillent des étoiles.
Ta voix douce murmure, parfois tu t’arrêtes
et c’est toujours là que tu me dis
les choses les plus importantes.

Je suis avec toi. La voix de Virginia m’entoure et me hante.
Elle me raconte encore et toujours les images qui dansent
dans le flou gris qui est le ciel, qui est ma vie.

En mars 415, ce sera la fin, terrible, impossible, inimaginable.
Hypatie va mourir lapidée en pleine rue par des chrétiens fanatiques
qui lui reprochent d'empêcher la réconciliation entre le patriarche
Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits
sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie.


« Oh Alex, non, pourquoi ?
- Comment te dire mon Ange : Trop belle, trop trop...
- Beaucoup many much ?
- Yes, my Love »

Vendredi 3 août 2007

02.08.2007

War

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Un enfant dans les bras, une femme attend l’ascenseur
sur le quai de la gare.

J’aimerais que ce soit moi, bercé par le roulis des rails,
par la douceur d’un amour de femme.

C’est si loin, c’est trop loin.

Prendre le train pour écrire, un vice, le vice du train.
Chaud, lourd, aimer l’amour.

Un palais de fer, de briques et de verre,
un palais abandonné, le long de la voie ferrée.

Dans ses cheveux relevés en chignon,
elle glissait habituellement un peigne en os
aux tonalités vives comme des arcs en ciel.

Aujourd’hui, c’était différent, tout à fait différent.
Je m’aperçus que c’était l’extrémité d’une flèche brisée
qui tenait ses cheveux relevés.

Elle se retourna et me lança un regard de feu
qui m’enveloppa, qui me pénétra,
qui mit la guerre en moi.

Je m’assis entre Ludivine et Virginia.
C’était mieux qu’un rêve.
J’attendais les autres.

« Où sont Iris, Jane, Carson, Kate, Daphné, Emily, Anne, Charlotte ? »

Virginia prit ma main :

« Tu sais bien, Alex, elles sont parties...

- Oui, mais leur esprit est là, je les entends. Virginia, je te parle comme je leur parle, tu comprends ? »

Ludivine soupira et se redressa, tout d’un coup, j’avais envie de ses pieds, c’est dingue comme...

« Oui, tu leur parles, c’est bien le problème...Tu racontes ta vie à tout le monde !

- Yes Déesse, aux oiseaux aussi, je parle, you know ! »

Virginia se leva et lissa sa jupe sombre :

« Bon à part les esprits qui reste t-il ?

- Une seule, immense, géante, Une !

- Ah bon ! Une Françoise, une Marguerite, une Française,

- Non, non, Femme des femmes, phare de mon esprit...

- Bon, alors une Sarah, une Kate, une Rose, une Anglaise ?

- Non, Incomparable, elle est du pays de Marilyn,
c’est Joyce Carol.

Mardi 31 Juillet 2007

31.07.2007

Terpsichore

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Un petit teuf-teuf, une femme, un sourire.
Sur le quai, une guitare, quelques notes...

Un débardeur noir, un joli décolleté,
une peau café au lait, une beauté brune,
exotique, une Ludivine, c’est sûr.

Un clocher en ardoise, une petite église blanche.
C’est la banlieue que j’aime, où la vie ressemble encore à la vie.
Ce soir, les musées sont ouverts, ce soir...

Je revois encore Synésios de Cyrène qui écrivait à Celle
qui lui avait tout appris, Elle qui était tout :
C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie,
et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous.


Bientôt Rock en Seine, hier soir les filles à un concert,
des adotes rockeuses. Flora a décidé de se mettre au piano.
Ca va vite, elle apprend avec une copine, j’hésite entre Yamaha et Rolland.

Je pars en croisade, comme toujours.
Je vais dans ma Fnac préférée, à Montparnasse,
là où il y a le plus grand choix de livres.

Sarkozy donne presque envie d’être français,
je trouve ça plutôt sympa, même si je vois le futur
plutôt à Londres ou à New York.

Là-bas, sont les livres, les ponts,
les fleuves et la mer que j’aime.

Et puis Ludivine qui est là, qui me suit.
C’est décidé, dans une prochaine vie,
ma femme sera maghrébine, algérienne
ou marocaine, je pense...

Elle viendra d’une terre de mystères et de soleil,
errance, trouble, des yeux que je ne peux oublier.

Alors, il ajouta :
Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie.


Samedi 19 mai 2007 15h39 On train

27.07.2007

Hydromètre

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Un mariage, une vie. Pas de mariage, pas de vie.
Pas de recette pour une vie réussie, juste essayer de construire son bonheur.

Mais on s’aperçoit que les hommes ou les femmes qui ont idéalisé le mariage sont souvent déçus. Désemparés toute leur vie, ils finiront brisés, seuls, abandonnés.

Le mariage, c’est peut être comme un refuge de la SPA, un endroit où les moins assurés essayent de trouver une forme de réconfort, un abri.


Souvent, j’ai envie que Virginia soit là pour voir comment elle réagirait, pour boire ses paroles nerveuses et adorer la précision de son intelligence hors du monde.

Pour elle j’ai déniché du tea Regent’s Park, un pure kenyan breakfast blend commercialisé par Ringtons.
Je le trouve un peu amer, maintenant on boit des mélanges moins corsés.


« Tiens, ce matin, j’ai croisé Synésios de Cyrène...

- Attends, tu es en train de me dire que tu as vu une sirène au cinéma !

- Mais non Charles, tu n’y es pas Synésios, c’est un élève d’Hypatie la star d’Alexandrie.

- Un élève, un élève, c’est vite dit... Oh la belle cocotte, elle semble gourmande !

- Charles, arrête d’embêter les serveuses ! Bon c’est vrai qu’is sont devenus amis maintenant, mais en tout bien tout honneur, surtout que Synésios vient d’être nommé évêque de Ptolémaïs et...

- Ca ne veut rien dire mon cher, ce n’est pas la robe qui fait l’homme, ou l’inverse, je ne sais plus... On reprend une bouteille maintenant qu’on a finit de goûter le vin ?

- En tout cas ils entretiennent une correspondance très soutenue, elle lui rapporte ses dernières réflexions sur les pensées de Platon et souvent il lui demande des conseils pour construire un hydromètre, un astrolabe ou pour tracer des cartes géographiques.

- Et ta légende, ta rock star des mathématiques, elle va bien, elle est toujours aussi belle que farouche ?

- Oui il parait qu’elle est encore plus belle !

- A faire pâlir le phare...

- Ah c’est malin ça ! Et bien mon cher je peux t’assurer que théoriquement et pratiquement, elle est toujours vierge cette Hypatia là.

- Ha la diablesse !

Mercredi 20 juin 2007 7h56

21.07.2007

Teuf teuf

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Le teuf-teuf de base est parti en émettant un couinement et des gémissements pitoyables...

Un chat, perché sur un appui de fenêtre sans protection, au cinquième étage d’un immeuble des années Trente se lèche et me donne le vertige.

Une jeune fille lit un journal, nu pieds, le dessous est tout sale, elle a dormi comme ça ?

C’est un petit train sans étage, grimaçant qui fait une quantité de bruits divers, variés, avant, après la fermeture des portes.

Il y a même quelqu’un qui souffle dans un sifflet, oui mais qui ? Le conducteur, sa maîtresse ?

Hier, une belle femme descendait de la locomotive à la gare Saint Lazare, une train-stoppeuse, une cochone-train peut être ? Les phantasmes des femmes sont imprévisibles...

Tout à coup, depuis quelques semaines, elles ont élargi des hanches, le bassin, le derrière, tout ça... Soit elles se préparent massivement à enfanter, soit c’est l’été. Comme dirait l’autre :

« Love the road, Bill ! »

Machin Sur Seine, toujours pareil, un cimetière, un tonnerre de train qui croise et nous entretoise, comment ne pas penser à Antiope, perdue dans les sables du désert australien.

Antiopette qui partageait ma passion pour les mots et les flèches, les trajectoires de Blaise Cendrars. Ca va faire deux ans déjà qu’elle est partie, que je suis désantioppé.

Elle reviendra un jour... Heureux les kangourous qui l’ont croisée.

Verre fumé, trains bleus alignés, arrivée, gisants et courants, secours et halètements.

Jeudi 14 juin 2007 7h55 On train

Dirty Pretty Things

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Même les femmes qui ont de grands pieds reçoivent des lettres d’amour ! Qui l’eut cru ?

Et pourtant, quand on y pense, Virginia était plutôt grande et très mince, donc elle avait de longues mains fines et de longs pieds minces.

Et pourtant, comment lui résister à elle, l’esprit féminin le plus pur, le plus dur, l’intelligence la plus accomplie, la plénitude du rêve, je dirais même la championne du rêve accompagné.

Les femmes ont des pieds, c’est bien connu. Elles ont aussi des seins, surtout en ce moment, elles les portent en bandoulière, elles assument leur seinité.

La mode est à l’allaitement. Dans le train, le métro, les soirées entre amis, « tout le monde » allaite...
Yes, pour moi qui ne suis pas encore sevré, la tentation est multiple et radicale.

Comment éviter les obus pointés vers les bouches gourmandes ? Que la vie est belle, encore plus belle, tous les jours, aimons nous les uns les autres disait le drôle d’oiseau, moi j’obéis : j’aime toutes les femmes, c’est peut être une vocation, non ?

J’ai revu la plus belle femme du monde, je ne boude plus, je lui ai parlé. Avec élégance elle m’a demandé si j’étais parti en vacances...

A chaque fois, je me sens comme une andouille blême devant elle, c’est comme une sorte d’hypnose nucléaire, je suis perdu sur un archipel atomique au milieu de nulle part.

J’ai remarqué qu’elle se tenait les reins, quand elle m’en a parlé, je lui ai répondu qu’elle se tenait comme une femme enceinte, elle est partie...


mardi 12 juin 2007 14h25 On train

19.07.2007

Décapsulé

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Le long du canal, sans suite, je chemine, je me hâle. Un souffle me dépasse, c’est une péniche des Flandres, la Sans souci.

J’ai envie de flâner, du mal à me concentrer, les femmes sont décidemment trop jolies dans ce coin de Paris...

Tout à coup, je ressens le mal, le manque absolu : où est la mer ? Source des sources, je t’ai perdue, tu es partie si loin, trop loin... Reviens !

C’était un jour d’été, comme il y a longtemps, j’avais dix ans.


Oiseau de feu, oiseau de dieu, tu es là, tu me parles...
Oiseau de Paradis, répond moi aussi !
Bon tant pis. Je vais demander à Virginia :

« Reine de ma vie, dis-moi, dis leur, le secret de la vie !

- Doux et tendre, tu le sais, je l’ai déjà vu et écrit.

- Oui, tu m’as dit pour les hommes sur le chemin comme une procession de fourmis, mais n’y a-t-il pas autre chose, une magie d’éternité, ou un enfer de souffre de médiocre qualité ?

- Non, ami des mots, le secret, c’est qu’il n’y a rien et c’est bien car ainsi la quête se poursuit.

- Ne pars pas Virginia, je veux rester près de toi, je veux entendre parler les oiseaux, sentir la force de tes doigts, sentir tes cheveux, je veux...

- Tu veux toujours quelque chose, ça c’est sûr !

- Virginia tu es la sirène de ma poussière, partout où tu iras, je nettoierai le ciel pour toi, je serai sage, comme une plume blanche striée de noir, comme une image qui te regarde. »


Il suffit d’y penser, même pas d’y croire !

« Bonsoir Chéri, qu’est-ce qu’on mange ce soir !

- Tiens Hélène, tu es rentrée ? »

Elle haussa les épaules et jeta sa veste de tailleur sur la table du salon, oublia ses chaussures dans le couloir...Je la suivais en remontant la trace.

Dans le bureau s’étalait le sac à main agonisant sous le poids de l’indispensable, le pauvre gisait comme éventré, le cuir rouge fatigué semblait soupirer.

Je remontais au vent, j’aperçus dans la bibliothèque un foulard froissé de parfum, à cheval sur un fauteuil sage, immobile, beige comme l’Afrique.

Au détour d’un couloir, j’entendis la chasse d’eau, une porte claquée sans application, j’arrivais trop tard, la salle de bains était désolée, vide, un peu seule je crois.

Au moment où, le cœur battant je m’approchais de la cuisine. La porte du frigo ne se débattait plus, un gauche-droite au foie l’avait réduit à une oscillation intelligente.

la bouteille de coca, à moitié rebouchée, presque couchée, émettait un gazouillement éthéré quoique légèrement sucré. Maintenant, Elle buvait à la bouteille, c’était la dernière mode.

Depuis qu’elle était Chief Executive Manager, plus rien ne devait lui résister, c’était comme une tornade blanche, avec juste des taches de rousseur en plus...

De la chambre, j’entendis le bruit caractéristique du téléphone qui chutait sur le parquet, le tiroir martyrisé d’une commode et puis...

Rien, le silence, et puis la douceur d’une voix comme une caresse du soleil, et puis tu étais là, nue comme l’amour et belle comme la nuit.

Ses yeux verts brillaient. J’admirais le spectacle, par-dessus tout j’aimais son odeur, le parfum cuivré de son corps de fée.

Bien sûr je l’aimais trop, bien sûr ce n’était pas ma mère, ni ma fille, encore moins ma maîtresse, bien sûr j’étais seul avec mes soupirs.

Le soir n’arrivait pas à venir, la radio se déréglait, le Tour de Gaule de la niaiserie, même si, même si...

Finalement je vais essayer les raviolis au bœuf, pour changer.


mercredi 18 juillet 2007

15.07.2007

Suite et fugue

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Un nuage blanc entouré par le ciel bleu.

Un avion vise et traverse le groupe de gouttes.

Ultime défi,

que m’apporte la vie ?

Elle m’a dit : « Tu aimes trop les femmes

pour n’en aimer qu’une seule...

- Oui, et alors qu’est-ce qu’on fait ? »

Alors, elle est partie, elle a déménagé.

Elle a emménagé, elle a pris un amant.

Un soir d’été, enthousiaste, légèrement chavirée,

elle m’a appelé, elle parlait à l’autre, j’ai raccroché.

Elle était pure, c’était un ange, une image,

comme si je l’avais inventée, une manipulation ?

Elle était là, elle me suivait.

Dans le métro, je voyais ses pas.

Je la devinais sur le quai, à la station Bastille,

je descendais, m’accoudais. Je comptais les goélands,

J’attendais, j’espérais, je rêvais.

La vie est un rêve.

Une vie bien remplie, une femme à aimer,

une vie terrible.

Admirer une femme qui broie la vie,

Comme Iris Murdoch qui inventait les instants,

vivait les moments, se retrouvait indomptable,

infatigable, plus forte que la mer, dépassant les marées.

Partager la folie d’une femme qui rêve la vie,

Virginia et les oiseaux. Madame Woolf, comment vous dire ?

C’est impossible, je sais, la traversée, les vagues,

la mer partout recouvre les lignes,

une flèche comme un phare,

et après ?

Je cherche les traces de tes pieds sur le sable.

Je m’assois. Je ferme les yeux pour mieux t’entendre :

« Quand même, une étoile noire qui traverse le ciel,

ça doit se voir...

A moins que je ne sois heurté par un pulsar,

avalé par un trou noir, à moins... »

J’entendis la musique, je sus que tu étais là.

Une estrade blanche, soutenue par des dauphins d’ébène,

un tabouret cuir et crème, le piano, là...

Le piano noir, les cheveux noirs.

Une robe du soir, de la soie noire.

Deux éclairs dans la nuit,

les yeux d’une femme heureuse,

la communion de la musique.

Comme toujours,

quand tu joues,

je me cache

et je pleure.

C’est l’émotion.

05.07.2007

Absence

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Le temps me manque. Tu n’es pas là.
Je ne connais rien de toi.
Absente.
Où es-tu ?

Pas le temps d’appeler, de prier.
Le taxi est là.
Dans l’ombre bleue du matin qui remplace la nuit,
qui tourne la vie.
Une légère fumée blanche s’échappe de la luxueuse conduite intérieure.

Le chauffeur, patient, adossé contre la portière.
A travers la fenêtre j’aperçois l’incandescence d’une cigarette.
Le compteur tourne, le moteur n’est pas éteint.

J’éteins les lumières, je laisse la maison se rendormir.
La chatte regarde ailleurs, elle n’aime pas les départs.
Dans le jardin, je frôle la végétation qui se pousse à peine :
Hibiscus violets puis blancs,
Lauriers rose, Ifs femelle à baies rouges,
Rosiers roses, blancs, rouges, jaunes,
Lilas mauves, Néfliers aux fruits oranges comme des abricots.
Un merle chante. « Hey oiseau chanteur, tu as encore oublié d’aller te coucher ? »
Il fait une pose, écoute et regarde.
Quand je referme le portail, il recommence à triller.
La chatte a du souci à se faire.
Entre les merles, les étourneaux, les pies, les geais et les corneilles, ils vont la rendre chèvre.
Le coffre est ouvert.
« On y va ?
- On y va, yes it’s parting !
- Orly Sud, Roissy Est, Parly Nord, Belle Epine ?
- OK, the show must go on !
- Are you crazy ?
- Oui, je crois, c’est la vie, les femmes, tout ça...
- Tout quoi ?
Toutes ces choses qui nous échappent, impalpables, vous savez...
Hein, vous savez ?
- Bien c’est-à dire, moi c’que j’en dis...Les femmes c’est dangereux, croyez moi Monsieur !
- Je vous crois mon ami, je vous crois...Je vois bien la scène, comme dans Jésus-Christ chez les Grecs... Elles sont là, en cercle, vêtues de blanc...
- Ah ! Elles ne sont pas nues ?
- Heu nues, comme vous y allez jeune homme, pas tout de suite, voyons ! Un peu de tenue !
- Bon, alors, on passe à table...
- Oui, oui, ça vient... Donc, des femmes, tout un cercle de femmes divinement belles, dévêtues de blanc, faites comme des rêves avec de longues jambes de danseuse, une croupe ondulante, des hanches qui balancent, une poitrine à faire pâlir un ogre non sevré et puis...
- Et puis, ca y est les ennuis commencent...
- Non, non, tout va bien, ce sont quelques gouttes de pluie, éparses, isolées, comme perdues, loin de chez elles...en fait, c’est triste, non ?
- Si vous le dites, alors oui, vu comme ça, alors...
- Bon, revenons à nos Parques. Elles ont des visages d’ange comme des madones des mille et une nuits, un ovale parfait (dit-on !) une orgueilleuse chevelure noire, longue et brillante, et douce comme de la soie...
- de chameau ?
Comment ça, de chameau, de chamelle mon brave, vous vous égarez, attention ! Vous avez failli écraser un vers à soie...
- Vaut mieux que deux tu l’auras !
- Yes, bon alors on se jette dans le feu : voilà nos femmes sont là, divines et irréelles, elles nous mettent au monde et puis après, durant le restant de notre vie, elles nous détruisent à petit feu, avec le sourire en plus.
- Comme dans un WC broyeur en fait !
- Oui, l’image est osée, mais quand on y pense, quand on cesse de regarder les étoiles, de scruter les ténèbres et d’inventer de nouveaux rivages, qu’est-ce qui nous reste, hein, je vous le demande ?
- Heu des Scythes ?
- Ou des Syrtes, moins mythologiques, plus imaginaires...
- Ah oui, je vois, Julien le Gracq, le fortiche, le...
- Bon, garde à vous !
- Bien Chef... On va où ?
- A Alexandrie.
- Ca marche. Je prends le périf, la sortie nord de la bretelle ouest de l’A170, et puis...
- vous tournez à gauche au fond du jardin, vous faites dix mètres en marche arrière, on écrase un castor, on tombe dans le puit, on ferme les yeux, ça rafraîchit...
- J’attache ma ceinture, ça vaut mieux !
- C’est un raccourci, mais si vous voulez on peut prendre l’avion, ca fait plus de bruit mais on pourra peut être lire l’Equipe...
- A oui, c’est gratuit, il parait...
- Il parait jeune homme que les apparences sont de nature féminines...alors, méfiance !
- Alexandrie, c’est dans le Sud, vers Orlie ?
- Oui, aujourd’hui, c’est en Egypte, mais comme je ne vis pas à cette époque ci, je me rends en Grèce, moi Monsieur.
- C’est du joli ça, dans le pays où les îles ont des noms cochons !
- Oui c’est ça Hector : Sexos, Lesbos, Cochonos et j’en passe...
- Pas les meilleures j’espère ?
- Excusez-moi, j’en baille de plaisir...
- C’est Histoire d’Eau ! »
Un éclat de rire, ça fait du bien, parfois de s’échapper comme ça de l’existence des autres, si triste et si grise...
« Nos contemporains sont crispés, je trouve.
- Ca pour sûr, il faudrait remettre un gros paquet de philosophie dans les études, ça manque, même les chiens et les chats ne comprennent plus le latin et le grec, quand même !
- Tiens, ça me fait penser à Synésios de Cyrène qui vient de m’écrire...
- Qui vient ?
- Oui, enfin, il y a quelques années !
- Et alors qu’est-ce qu’il devient ce brave Synésios, ce n’était pas un élève de la sublime Hypatie d’Alexandrie ?

vendredi 29 juin 2007

29.06.2007

Or noir

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Une explosion de colère, de joie et puis...
Je tournais le coin de la rue. Nez à museau avec un chat bleu.
Il me regarde, j’hésite, il s’assoit.
« Ca tombe bien », je lui dis,
« je cherche un endroit, un lieu, une parenthèse... »
Le blue cat pencha la tête sur le côté, pour indiquer sa perplexité,
puis il se tourna et se rassit, en face d’une enseigne peinte en lettres blanches sur fond noir. Il y avait écrit :
Les deux Anges.
« C’est parfait, you are the best, deux anges c’est sûrement mieux qu’un seul, surtout si ce sont des angelettes, enfin je me comprends : des anges, un peu, beaucoup, comme des femmes. »
Je dis « merci » au Cat qui regardait déjà ailleurs et j’entrais.
Une odeur acre, de mégot chaud et de cigarette froide, de bière et d’urine, m’accabla sitôt le seuil franchi.
« Quelle horreur, mamma mia ! »
Je cherchais si quelque part se trouvaient des masques à oxygène, mais rien.
Il fallait combattre la nausée en se frayant un chemin parmi les immondices ordinaires d’un café parisien.
J’aperçu bien, de loin, deux silhouettes blondes, plus ou moins scandinaves, pas franchement belles.
Le café était infect, imbuvable, à peine regardable, la totale !
Sortir, un plaisir.
Le ciel gris ou bleu, pas vraiment décidé,
sauf pour les nuages blancs au ventre bien gonflé.
Je traversais et pris à gauche la rue Froment
pour essayer de rejoindre le boulevard de Jemmapes,
le long du Canal Saint Martin.
Je trouvais bien un banc, un arbre,
un rayon de soleil pour m’abriter,
pour m’isoler avec toi.

Un souffle de vent et immobile, je repars avec toi.
Je te regarde, de loin, la grâce de ta silhouette, ta chevelure fière et noire, ton corps de femme qui danse le ballet de la vie. Je me demande si tu as parlé à Hypatie, si tu as lu ses commentaires sur L'Arithmétique de Diophante ou sur Les Tables de Ptolémée.
J’avais été frappé par la clarté de ses remarques sur Les Coniques d'Apollonius de Perga.

Tu me regardes, à moins que...Non, ce n’était rien, continue, c’était juste une feuille qui passait, entre les dents d’un écureuil roux qui se promène à Central Park.
Tu te rappelles ?
La folie des mots, la douceur des jours, et toujours ton regard qui me donne envie de pleurer, de me jeter à tes pieds, t’embrasser le sol que tu as marqué de la gravité de ton corps.
C’est vrai que si tu es un(e) ange, tu ne dois pas être très lourde...
Oui, tu as raison, je suis là et ailleurs : Paris avec mes rêves, New York City avec une indienne qui est une louve, London avec une Woolfette éternelle tellement ses mots, ses écrits traversent ma vie et mon cœur, comme une flèche de connaissance qui me tient debout, près à tout, pour racheter sa folie, mourir pour sa vie.

J’aime sentir la caresse froide du vent qui entoure le banc, au bord du canal Saint Martin.
Je referme mon imperméable, ton souvenir décrit sur le carnet blotti contre mon cœur, poche intérieure.
J’aime imaginer tes questions et tes étonnements, tes mains, les bijoux que tu portes comme une princesse païenne. Toute la retenue qui frémit en toi qui est si femme et ...
Ta voix chante, j’ai l’impression que tu la forces un peu, pour l’affirmer dans les hauteurs, alors que naturellement c’est la sensualité lourde des graves qu’exprime l’ombre de tes lèvres.
« Alors Hypatie, elle est retournée à Alexandrie ?
- Oui Princesse. Et là, à travers les exposés publics qu’elle réalise chaque semaine, notamment en soutenant les thèses néoplatoniciennes, elle va acquérir une très grande renommée.
- Alors pourquoi n’est-elle pas très connue, aujourd’hui, c’est parce que c’est une femme, à cause du sexisme de l’histoire ?
- Non, Cause divine, sa faible notoriété s’explique par la perte de l’ensemble de son œuvre.
Tous ses travaux ont disparu dans le terrible incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie.
- La pauvre, c’est vraiment triste !
- Oui, le phare, la vie, le feu, la mort, quel destin !
- Allez viens, nous allons cheminer le long des rues ordinaires, rencontrer des pavés et des flaques. Je te porterai pour échapper aux nuages de poussière. Et puis nous irons là-haut vers la Trinité des monts, escalader les Spanish Steps, nous rafraîchir à l’ombre des fontaines de Rome et puis après nous prendrons le train, le vieux corail, un peu bleu, légèrement défraîchi, toujours amarré au quai n° 16, celui qui nous emportera en Normandie, là-bas au Grand Hôtel, à Cabourg, dans le souvenir de Proust, solitaire et penseur, mondain et rêveur.
- Nous partons alors ?
- Yes, subito, in a few minutes.
- Mais Alex, tu sais que je n’ai rien à me mettre, je...enfin, je ne suis... qu’une apparence...
- Ne t’inquiète pas Divinité à pieds de femme, l’or noir de ton regard est gravé à la racine de mes neurones,
un jour je te reverrai,
un jour, je te dirai,
un jour. »

Le train va partir, je continue d’écrire

Belle, solitaire, amère.
Un visage d’enfant,
une silhouette qui fait mal aux yeux tellement...

Comme un rêve absolu,
le croisement parfait entre la douceur angélique d’une petite fille
et la force irrésistible d’une Femme qui démode la beauté.

Une déesse vit parmi nous.
Je l’ai croisée ce matin.
Je serrais ma baguette de pain.

Je n’ose plus regarder,
je respire en silence.
Je rentre la tête dans la coquille de mes rêves interdits.

A chaque fois, elle me surprend.
Je la crois partie. Résigné je n’ose plus regarder devant moi.
Quand je tourne la tête, elle est là.

Son sourire et sa gentillesse me rassurent.
La flamme de ses yeux d’or noir
me dévore.


mercredi 25 juin 2007

28.06.2007

Le brouillard sur la Tamise

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Ce n’est plus Venise en hiver, c’est the Thames,

Celui qu’elle appelait Le Fleuve.

Je t’ai encore vu, tes yeux m’ont dévoré.

Je m’approche, tu m’attires.

Je te parle, tu me souris.

Eperdu, je cherche un mot pour toi,

Tu me repousses, tu t’en vas.

Je me doute que c’est un jeu.

Assis sur le banc surplombant Le Fleuve,

Entre deux goélands, se faufile le vol d’un cormoran.

Virginia est toujours aussi droite et mince,

une apparence aussi austère qu’elle ne l’est pas,

Elle, la plus libre des femmes,

le génie le plus accompli. Nous parlons de toi.

« Dis-moi Alex, alors, tu as un sentiment ?

- Un senti... Un sens qui ment, tu veux dire Virginia,

une tromperie, une braderie du cœur ?

- Tu as beau être compliqué comme un Français,

tu dois savoir ce que tu cherches, no ?

- Non, je ne veux pas savoir, tu sais tu n’as pas besoin de posséder

matériellement une toile de maître pour éprouver des émotions...

- C’est juste, tu es dans la bonne gamme,

allons voir quelques salles de la Tate Gallery... »

C’était toujours un bonheur comme un rêve de remonter

les trottoirs de Londres avec ma Woolfette pensive et décidée.

Je sentais un parfum de violettes mais je n’osais jamais

rien lui dire de trop personnel, elle une divinité des mots,

j’étais un privilégié, c’était comme avec Hypatie...

« Au fait Virginia tu l’a rencontré en Grèce, à Athènes ?

- Non, hélas, nous nous sommes peut être croisées

aux portes de l’Enfer, mais c’était plus tard...

... Hypatie avait bien fait ses études de sciences,

philosophie et éloquence à Athènes,

mais ensuite vers 400, on la retrouve en Egypte,

à Alexandrie où elle dirige l'École néo-platonicienne.

- En fait c’était une concurrente à toi !

- Et comment cela mon cher ?

- C’était une génite, comme toi.

- Ca par exemple, il faudra que j’en parle à Nessa !

Tu exagères toujours Alex, je suis juste une femme

qui travaille dans l’univers des mots.

Hypatie exerçait ses talents dans presque tous les domaines,

y compris l’astronomie !

- Tu peux dire ce que tu veux Virginia, tu es unique ! »

Je me redressais et je lui pris les mains.

Son esquisse de sourire était ma récompense.

« Femme de La Tamise, tu connais tellement de choses,

ton esprit domine les confins du monde exploré...

- Et au-delà ?

- Après, en dehors des limites, c’est dans mon cœur que tu vis.

- Tu crois qu’il y a encore des personnes qui m’aiment ?

- Oui, encore, toujours, de plus en plus. »

Lundi 25 juin 2007

21.06.2007

Hypatie à Regent’s Park

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Le train nous emportait, le train roulait, continuait.

Nous ? C’étaient mes rêves et moi.

L’objet d’acier traversait l’espace, surfait sur les rails.

La clim, les fenêtres, le ciel bleu et les vaches,

plein de souvenirs saupoudrés en noir et blanc.

De la soul, du blues, trois temps, une triade :

la mère, l’épouse, la fille ; tout ça pour le prix d’une !

C’est quand même beau la vie. J’aime une déesse

et personne ne pourra me prendre la folie de mon amour,

elle est là, elle est partout, elle est Elle.


Je repensais à Hypatie, un genre de Martienne ?

Peut être une envoyée du ciel.

Je me rappelle la bibliothèque et le phare, là-bas.

Une jeune femme qui se promène et s’assoit

sur la corolle d’une fontaine.

Elle est contente : avec son père, elle vient juste

d’achever la réédition critique des Eléments d’Euclide

et un commentaire de l’Almageste de Ptolémée.


« Tiens Alexandre, tu es là, toujours Woolfé à ton banc de train !

- Yes dearette, I just go on, you Know, that’s my life !

- Me too, alors aussi ?

- Yes Virginia, you toutoute.

- Are you crazy, Alex ?

- Je crois bien... c’était bien, c’était beau, c’était chouette...

Tu te rappelles quand, après les cours, on allait chez Lorette ?

- Oui Marquis, exquis...

- C’était bien on parlait, on fumait, les yeux des filles brillaient...

- Du regard, on cherchait, partout, on humait les corps, les odeurs,

- la musique aussi nous suivait partout, de Port Royal

à Montparnasse, Raspail, Luxembourg, Odéon, jamais fatigués,

on marchait, la vie chantait...

- C’était beau, c’était... » Virginia prit ma main,

- C’était triste, aussi, les petits matins déserts à Denfert Rochereau,

à attendre un train qui ne viendrait pas, et toutes ces feuilles

qui coulaient et les filles qui avaient rangé leurs seins palpitants,

maintenant éteints par l’automne et les rafales de vent

débouchant des quatre coins de la bouche de métro

qui attendait pour aspirer la foule des pas...

- Viens Alex, nous sommes arrivés ! »

La main douce et ferme me transmettait sa chaleur,

debout dans le couloir du train jaune,

je cherchais ses yeux, je voulais l’immensité bleue,

j’étais éperdument perdu, figé par la tendresse infinie

qui m’embrassait, qui...

Waterloo station, c’était déjà l’Amérique !

Déjà Virginia donnait ses instructions au chauffeur de taxi :

« Nous allons à Kensington...

- Virginia !...J’ai envie, j’ai...

- Oui, à la maison."

16 juin 2007

12.06.2007

Hier, à moins que...

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Hier, à moins que ce ne fût ce matin, enfin il y a peu,
je me promenais à Regent’s Park. Virginia était là aussi folle
que je suis fou de toi...
Mais, bon, on ne va pas en mourir, pas tout de suite, j’espère...

Je suis encore aveuglé de toi. Je t’ai vue, je me suis perdu.
Je me suis approché de ta beauté que je vouvoie, qui me foudroie.
Tes yeux brillent et me broient dans ton regard qui éclate comme de la dynamite de diamants.

J’ai toujours peur de t’approcher, de te regarder, de te parler, quand tu es là, je deviens un pan de mur gris, souvent tu ne me vois pas, tu me traverses, ton corps de reine d’un autre monde, ton visage de princesse indienne.

Je disais à Virginia que j’avais perdu mes geais, toute une famille, six en tout et tellement beaux avec leur plumage souligné d’un bleu d’Iroise.

Elle me parlait des grives qu’elle entendait souvent à Londres, elles chantaient en grec, me dit-elle, je serrais sa main je l’aimais encore plus, une femme comme elle, quel privilège !

Je pourrais lui servir de banc, de paillasson, ou de hérisson, j’en serais honoré, fier qu’elle essuie ses bottines sur mon ventre.

L’autre jour à New York, je parlais avec un écureuil, près de Central Park, j’avais envie de revivre « The hours », avec elle, avec toi, en compagnie de Miss Dalloway,

et puis après on croiserait Paul Auster avec sa remarquable fille, à Brooklyn, je filerai, au-dessus du pont gigantesque je chercherais Jennifer Connelly,

je suivrais une Indienne qui prendrait le ferry à Whitehall, vingt minuscules minutes à peine pour amerrir à Staten Island...

Les goélands de New York sont grands et argentés, dans tes yeux Virginia, je vois des fils d’or, j’ai envie d’entendre ton rire de femme bouleversée, toi qui a la prescience de tout, tu transcendes ma vie et les émotions qui me courent le long des doigts.

Tu as appris, le français et le russe, tu parles grec avec Platon qui est souvent chez toi, l’après midi...Nessa t’appelle, tu la prends ? Non, bien sûr Vanessa, ta sœur t’écrira, elle préfère les mots allongés pour toi, elle t’aime trop pour quelques paroles, trop légères, déjà envolées...

J’aime les vies que tu me montres, tu connais tellement le monde : « Virginia, parles moi encore d’Hypatie d’Alexandrie, ta collègue génite des années d’il y a longtemps.

- Si tu veux Alexandre, si tu y tiens, c’est vrai qu’elle brillait comme un astre au sortir des ténèbres...
Bon alors, Hypatia est née en 370 à Alexandrie, en grec ancien, son nom est Υπατία, comme tu le sais mon cher, c’est une grande philosophe grecque...

- et aussi une mathématicienne, non ?

- Oui Alex, tu as raison, Hypatia est une immense mathématicienne, c’était un peu une tradition familiale...

- Comme les lettres chez toi, fille de ton père ! »

Elle se redressa, le banc vert qui nous accueillait dans un souffle d’air, me sembla alors plus majestueux que le Titanic, elle tourna son visage fin vers mon regard, ses yeux clairs disaient la bonté et son intelligence d’un monde qui n’allait pas assez vite pour elle qui me manque plus que l’oxygène qui s’enfuit, perdu dans le jamais de nos pensées. Tu sais combien, je t’aime...

Virginia prit ma main et la serra très fort, je crois qu’elle avait envie d’une cigarette. J’aime bien sentir la brise dans les feuillages innombrables de Regent’s Park, c’est le vent de l’été, août, fin de saison, début de vie, nuit et jour, un phare là-bas, trois guinées sur la table de nuit, Clarissa marchait dans Kensington road...

« Et son père alors, tu me racontes ?

- Oui Adorateur, j’arrive à son papa Théon d'Alexandrie, il dirige le Musée d'Alexandrie, édite et commente des textes mathématiques.

- Ce n’est donc pas n’importe qui ?

- Non, tu as raison, c’était un savant réputé qui va faire l’éducation de sa fille en l'initiant à la mathématique et à la philosophie. »

Je l’écoutais, mon idole, j’aspirais le mouvement de ses lèvres, j’avais envie d’être le fils qu’elle n’a pas connu.

06.06.2007

C’est du vert

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C’est du vert,

c’est du bleu,

et puis après,

ce sont tes yeux.


Une lueur qui danse

dans la chambre,

c’est l’esprit des amants

qui respire, inspire...


Le chemin de pierre

ne mène nulle part,

mène quelque part,

conduit, pilote.


Le persil dans ta main,

les gants de jardin,

une mèche s’échappe,

le bras devant les yeux.


Ta voix, profonde, étonnante,

me vibre le ventre.

Eclats de rire, morceaux choisis,

des bouts de toi.


Mon Amour de toujours.

19.05.2007

Un coin de ciel bleu se découpait dans le ciel de la chambre

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Lorsque Clarissa ouvrit les yeux, elle ne pouvait pas
le croire, l’imaginer, le rêver :
Rachel et le loup écoutaient la voix chantante d’une petite
Indienne, habillée de dain, un collier vert pour seule parure.

« Regarde Clarissa, tu as vu, c’est Pocahontas !
tu te rends compte, c’est une vraie Indienne !

Alors la petite fille lui sourit, elle s’avança puis prononça
quelques paroles dans un langage inconnu :

Bila'ashda'ii t'áá ałtsoh yiník'ehgo bidizhchįh dóó aheełt'eego ílįįgo bee baahóchį'.
Eíí hání' dóó hánítshakees hwiihdaasya' eíí binahjí˛' ahidinínłnáhgo álíleek'ehgo k'é bee ahił niidlí˛.


La petite Indienne l’aida à se relever et se présenta :
« Je ne suis pas la Princesse Matoaka, celle que vous appelez Pocahontas.

- Ouf ça me rassure" lui répondit Clarissa qui se sentait revivre, "alors tu es en vacances ici, tu viens de Puteaux ou de Neuilly et tu te déguises... »

En regardant la mimique outrée de Rachel, elle compris qu’elle avait gaffée.

« Clarissa, un jour, ton esprit s’éveillera et tu pourras voir toutes choses crées par ma mère :
le ciel quand il est rose, la mer d’argent et l’or qui transperce le ciel... »

La petite Indienne leva juste une main, c’est tout.
Les oiseaux se mirent à chanter, les arbres à bruisser. Le loup gris se coucha aux pieds de l’enfant. Le ciel se mit à changer, il devint violet, orange puis rose éclatant.

« Oh ! «
s’exclama Clarissa qui tomba à genoux devant l’indienne qui de sa voix douce reprit :

« Je suis Kasey, la fille de la Reine Noire. Elle est célébrée depuis toujours, elle est là, partout, en nous, en tout. »

Rachel, bouche bée s’étonnait :

« Alors, c’est ta maman qui fait tout ça ?

- Oui Rachel, on la nomme Teteo Innan, la Mère des dieux, parfois les anciens disent Toci, Notre aïeule...

- Euh, et toi tu l’appelles comment ta mère ?

- Ludivine.

- Ah, c’est charmant ça, Ludivine, ça me rappelle une histoire, c’était en Grèce, je crois, une fille incroyable, Hypatie d’Alexandrie, une vraie...

- Hou, hou, vous venez les enfants !

- Maman !

17.05.2007

Un coin de ciel bleu se découpait dans le ciel

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La voix claire de sa sœur orienta son regard
et la jeune fille découvrit une petite porte en bois épais,
peinte en vert foret qui baillait entrouverte...

« J’arrive, Rachel, j’arrive...Attends moi ! »

Clarissa préoccupée mais pas encore inquiète se mit à courir,
elle franchit la vieille porte de bois, rata la marche, tangua, dérapa.

« Tong ! »

Le choc de son crâne contre un vigoureux tronc de mélèze fit un bruit sourd.
Elle perdit connaissance.

Seul le silence vaquait à ses occupations de l’après midi.
Les arbres se penchaient, regardaient.
La bise retenait son souffle.

On entendait à peine comme un frôlement,
puis une voix claire.

Pssst Rachel, viens voir, Wikita a trouvé quelque chose !
Les deux petites filles s’approchèrent.

Clarissa reprenait connaissance. Ce qu’elle vit la terrifia :
une bête immense se tenait assise devant elle...

« Mon dieu, un ours ! » se dit Clarissa.
Ses membres se raidissaient. Elle réussit à s’asseoir,
la bête grise au poil long et touffu ne bougea pas
mais ses yeux comme deux flammes ne la quittaient pas.

Epuisée par l’angoisse et l’attente, la jeune fille réussit
à s’adosser contre une large souche. Elle ferma les yeux :

« Je dois me concentrer, je dois réagir, me reprendre,
me ressaisir."

Elle essayait de se rappeler les réflexes justes
et les réactions toujours efficaces des innombrables héroïnes
de séries plus ou moins télévisées.

A ce moment là, le grand animal gris aux yeux lucifériens
se leva d’un coup...

« Je suis nulle, complètement nulle... »

Et Clarissa sentait qu’elle allait s’effondrer, noyer la forêt de ses larmes.
J’essuierai plus tard, murmura-t-elle dans un hoquet.

Les feuilles volèrent de tous bords, comme si une mini tornade
fonçait sur elle...

« Ca y est, une tempête, c’est la totale, je suis bonne !»

Clarissa résignée ferma les yeux.

Le grand loup, à la robe gris bleuté poussait des jappements
de plaisir, sa maîtresse était là, enfin !

« C’est bien Wikita, tu as trouvé la grande sœur, c’est bien !
Ne saute pas, tu vas faire peur à Rachel !"

06.05.2007

Un coin de ciel bleu

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Un coin de ciel bleu se découpait dans le ciel de la chambre.
Il formait un triangle isocèle, comme deux bras tendus, ouverts,
écartelés d’attente, d’espérance.

Deux branches de troène illustraient la scène,
au même instant de l’année 1906, en Grèce ou à Cambridge,
on discourait du mérite des rameaux d’olivier.

Entre les deux, le ciel était bleu.



Rachel marchait sur la route luisante d’après la pluie.
Le ciel immensément gris tournait au noir, à l’orage.
La petite fille était électrisée par la chaleur humide de l’été.
Rachel dansait sur les bas côtés.

Sa grande sœur suivait de loin, la tache rouge et grise de la robe
de la fillette aux longs cheveux emmêlés de boucles noires.
J’aimerais bien me poser, se dit Clarissa.
Elle adorait venir ici, où personne ne venait.

Retrouver l’univers de Proust entre l’hôtel particulier
du boulevard Saint Germain et le Grand Hôtel de Cabourg.
Suivre du doigt, les yeux fermés, Albertine, Saint Loup, Swann,
la Duchesse de Guermantes, tant d’amour à partager...

« J’ai envie de folies, aussi. » Et Clarissa éclata de rire.
Elle embrassa le livre qu’elle serrait contre son cœur
et se mit à courir, pour rejoindre sa petite sœur.


Avant de mourir, avant de partir, elle nous a dit les mots de toujours :

« La ville a sombré au fond de l’eau.
Seul affleure son squelette, dessiné par des lampes de fée. »

Comment ne pas l’aimer, ne pas vivre avec elle, comment ?



La route était partie. La route anthracite avait disparu.

« Rachel, Rachel, où es-tu ? »

Clarissa penchait la tête, se tournait et se penchait.
Les mains sur les poches arrières de son jean,
les bras écartés, elle contemplait, perplexe, le mur
dans lequel la route finissait.

« Rachel, Rachel !

- Je suis là, Clarissa, je suis là... »

30.04.2007

Des roses.

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Je voyais des roses.
Du vert, du jaune.

Des œillets, aussi,
et puis pourquoi pas du muguet ?

Des fleurs blanches aux noms communs
des amaryllis ou des lys.

Des fleurs bleues, des noms mystérieux,
myosotis, campanules et autres renoncules.

Celle qui était en moi.
Celle que je portais tout là-bas.

Elle, Divine,
Ombre sacrée,
était repartie vers les sables
d’ocre et de jaunes.

Oubliés les jardins sacrés,
Bagatelle et Fontenay aux Roses,
roseraies et orangeries.

Il fait trop chaud, l’air est sec.
Je pense à toi et je vois
le vent du désert, le gris de la poussière.

L’Atlas ou la mer, je dois choisir une route,
plonger dans le néant, interroger les étoiles,
choquer la grand-voile, laisser filer le bateau.

Se laisser aller, aux allures portantes,
planer, dériver, chercher le dauphin,
parlementer avec les Fous de Bassan,
jouer aux dés, le soir avec un macareux paresseux.

Et puis j’aimerais t’écrire, toi, te faire vivre,
te ramener dans mon pays fabuleux
là où le granit est gris quand la mer est noire.

Là où les sirènes ne viennent plus,
car elles sont frileuses et les rochers
sauvages éraflent leurs écailles multicolores.

Dans le fonds de la mer Celtique,
après les tumultes de la mer d’Iroise,
entre la Bretagne lointaine et le ciel,

il y a un endroit, où je peux échapper
à la pesanteur du quotidien, aux rames d’ennui.

Il faut ramer, marcher, errer,
haleter sous le ciel,
se raccrocher à un destin triphasé.

C’est un pays inconnu.
Lorsque la lande est nue
que les murs de pierre
prennent couleur de terre.

Les grands goélands d’argent
arrivent, surveillent, encerclent.
A la fin du chemin, sans fin,
il n’y a plus rien, que le ciel à deviner,
la mer à dessiner.

Un écriteau, si bas et si modeste,
une flèche suivie de lettres blanches :

Au bout du monde

Ce pays est le mien.
Peu le connaissent.
il est caché et c’est mieux.

C’est un endroit dangereux car les jours sont incertains
les minutes et les heures s’ennuient, se chamaillent
et se mélangent dans le puit des nuits.

Il y eut un temps où j’habitais là,
ces parages de bois et de pierres,
les ruissellements d’eau et de vent.

Le château de granit et d’ardoise
faisait corps avec le socle de granit
qui descendait jusqu’à la mer.

La maison était sauvage, brutale,
elle soumettait les terres environnantes
de sa hauteur pentue.

Souvent je m’allongeais dans une
des pièces du haut, j’éteignais,
je gommais toute trace de musique.

Je laissais le souffle me guider et me perdre,
je suivais les méandres du vent
dans sa traversée symphonique.

C’était grandiose, dantesque, comme être seul
sur un sommet entouré de sifflements.
Parfois c’était la plongée dans l’abîme,
dévoré par les rugissements de la tempête.

Vixen, la Princesse Celte du Pays d’Ailleurs,
était venue Au bout du Monde.
Elle avait la connaissance, l’illumination.
Elle avait enchanté les pierres et les oiseaux.

Au bout du troisième jour de la troisième semaine,
un chevalier anglais l’attendait.
Ils traversèrent nos mers pour amerrir à Londres,
Ils habitent Kew Garden.

Un jour, avec Virginia, je partirai.
A Bloombury j’habiterai.
Je traverserai Marylebone
pour te retrouver à Regent’s Park.

At home, le 29 avril 2007

26.04.2007

Madame Wu

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C’était une petite épicerie de quartier,
dans le Lower East Side,
le quartier de tous les mélanges,
de Chinatown jusqu’à Little Italy.

J’aimais bien venir là,
en fin d’après midi.
Le quartier était tranquille,
coloré et gai.

Tous les jeudi, je passais par le marché aux fleurs.
Je n’achetais jamais rien,
les fleurs étaient trop rares et trop belles.

En fait, je crois que c’était un prétexte.
Il y avait aussi une petite librairie
à la devanture exquise.

C’était comme un théâtre de soie rouge où
se pavanaient de grandes poupées Siciliennes.

La libraire-antiquaire était grande et mince,
une Irlandaise je crois,
un peu rousse et plutôt jolie.

Elle portait souvent des jupes longues
et semblait spécialisée dans les beiges,
les bruns et les marrons.

J’entrais, la clochette tintait,
elle pivotait comme une chatte,
se retournait, élégante et polie,
elle me souriait comme si elle m’attendait.

Sur la devanture, en lettres penchées
on pouvait lire : Choses et autres...
et en dessous, des initiales : V. W.

Dans mes pensées, j’avais décidé de l’appeler Virginia.
Ce n’était pas si important que ça, elle ne parlait jamais,
elle lisait, elle cherchait, elle rangeait...
et puis, elle souriait.

La petite boutique silencieuse recélait des trésors.
Avec précaution je remuais les piles de livres,
je pouvais assouvir ma passion
pour la littérature anglaise.

Le parfum de Virginia, le cuir et le papier
me noyaient dans des couleurs de sépia.
Il y avait toujours une grande gerbe de lilas
sur le comptoir en bois sombre.

Pour moi, c’était une femme d’un autre monde,
une héroïne des années trente à peine débarquée
d’un paquebot de ligne, un Transatlantique.

Peut être, l’esprit de Virginia Woolf
qui, entre deux voyages, avait fini par s’enfuir.

J’aimais sa folie, si profondément...
Parfois, je ressortais mélancolique.
Je sortais de la librairie, envahi de pensées
graves, d’interrogations sérieuses.

Heureusement, il suffisait de marcher,
pour oublier, pour ne plus compter
les jours et les vies, les nuages et la pluie.

Je marchais, le trottoir me parlait.
Je me redressais et pourtant je ralentissais...

Maintenant, c’était le soir,
déjà c’était l’heure.
Le début et la fin.

J’attendais, j’atteignais...
C’est pour ça, uniquement
que j’étais là.

Que je faisais un détour,
tous les jours,
aussi des allers-retours.

Plus j’approchais de l’épicerie
plus mon cœur s’accrochait.
Ca freinait, ça chantait là-dedans,
je n’entendais plus rien.

Je franchissais la porte,
le cœur battant.
Elle est là, oui-non, je ne sais pas,
j’ai peur de regarder...

Et ses yeux, aujourd’hui,
comment seront-ils ?
comment sera-t-elle ?

Distante, mordante
ou pire, indifférente ?
Pressée, déplacée, impatiente...

Elle est toujours habillée de noir.
Quand parfois son regard m’attrappe,
me transperce, me découpe.

Elle est tellement, tellement...
Madame Wu.

At home, le 26 avril 2007

24.04.2007

Nuit féline

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Dans la nuit, sans un bruit.

Un murmure, une ombre se déplace.


C’est un songe, alors ?

Encore...


Les pas invisibles déchirent

les pages tranquilles.


Flop, flop, flop...

Trois gouttes,

qui montent et descendent

comme une rivière de larmes,

sans larme.


Pourquoi dormir ?

Alors que la nuit veille,

que la vie rode,

alors ?


Envie de sortir,

de rejoindre la nuit tropicale,

d’embrasser les ténèbres.


Un frisson, un feulement.

Si elle me voit, si je la rêve, si...


Toujours la même histoire,

le pour et le contre,

la peur et l’envie.


Le calendrier binaire de nos vies,

l’espace interstellaire qui me parle

des traces de toi, descendue de l’étoile

la plus lointaine, au cœur d’une galaxie noire.


Je respire l’odeur exotique du jambala,

le jasmin compose un tapis magnétique,

qui reflète le poids du silence.


J’ai faim, j’ai soif.

Je me sens riche de strophes,

une provision de paragraphes en friche


Je suis l’écureuil des lignes,

le ruisseau des mots.


De l’encre dans les oreilles,

des ratures dans le cœur.


Où sont les zébrures ?

Parties, les brûlures d’avant ?


Les « Je ne sais qui », les « je ne sais quoi »

les « on dit » et les « pourquoi ? »,

Les questions qui me manquent.


Voilà,

Je suis là,

dans la nuit infinie.


J’attends le miracle de la présence féline,

les yeux parés d’or et de lumière.

Divine.


At home, le 24 avril 2007

22.04.2007

Wuthering heights

Elle s’arrête, elle regarde.

Elle voit ce que personne ne voit.

C’est un grand dauphin blanc

qui vient lui parler :

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« Hello, Rachel, je te cherche !

- Hello, Mister Dalloway, je t’attends.

- Viens, je t’emmène !

- Attends, j’enlève mes chaussures !

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Je regarde la scène :

Si jeune et si belle.

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Le pendentif en argent attirait les éclats du ciel,

Déjà le monde est à ses pieds,

quelle étrangeté. Je me dis :

alors c’est cela une femme ?

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Comme un monument,

plus haut qu’une pyramide,

qui nous donne le vertige !

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Transporté dans les Wuthering heights

Rebecca, Helen, Virginia,

laquelle me sauvera ?

14.04.2007

The voyage out

Une petite fille,

au bord d'un lac.

Elle se promène.

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C'est un papillon, un rêve de jour.

Sa robette blanche

flotte comme un parfum.

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Ses pieds décorés de sandales argentés

dessinent de courtes arabesques,

comme un projet flou.

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Ses cheveux d’un noir épais et brillant

volent autour d’elle et tourbillonnent.

Elle se sent comme dans un écrin de liberté,

Elle...

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07.04.2007

Avril

Surtout découvrez vous de vos fils,

les filles, les femmes de la terre.

Race immense, Univers vivant,

vous êtes la vie sur pattes.

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Le jardin est content que tu sois là,

alors il t'offre une rose,

rouge comme la vie,

avec des perles de bonheur.

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C'est toujours comme ça,

on regarde en bas,

les fourmis se trainent,

elles en ont marre du boulot...

Et puis, plus haut

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on regarde, on voit un ange.

C'est toujours comme ça,

dans les jardins ordinaires.

Il suffit d'une pensée, parfois

une goutte de bonheur.

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Dommage que tu ne puisses

pas sentir, le truc derrière les fleurs,

vert clair, c'est de la verveine citronnelle,

et ça sent tellement bon,

C'est un peu comme les cheveux d'une femme qu'on aime,

là-bas, sur la plage, éclaboussée de soleil,

là-bas...

04.04.2007

Chemins

Parti, enfoui, les mains tendues,

je rejoins le soleil

l'éblouissure palpitante

qui draîne le sentier.

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La lumière est là,

vive, brulante et pesante.

Les papillons dansent

les moucherons moucheronnent.

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S'approcher, attendre, bailler.

Les pies jacassent

et se disent "qu'est-ce qu'il fait là, celui-là ?"

Noir et blanc, impair gagne...

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Oui, mais quoi ?

C'est un lieu secret,

où vivent des êtres magiques.

Mon jardin.

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