30.12.2007
Dégriffée

8h27. On board.
Courir, marcher, courir,
et puis monter et descendre,
attendre et repartir.
Le transport,
trans-board des fourmis humaines.
La transhumance des villes.
De là-haut, ça doit être quelque chose, no ?
Une forte nostalgie londonienne,
ce matin.
Les femmes sont jolies, indeed,
c’est déjà ça de pris.
Mes filles grandissent,
c’est irréversible, j’en ai peur.
K. est toujours aussi belle
et lointaine, féminine
vous avez dit ma chère Watsone ?
Oui, je crois, c’est cela, féline
en tout cas.
Les griffes ne sont jamais loin.
Vous avez déjà vue une femme sans griffe ?
Lundi 12 novembre 2007
00:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2007
Voix

Des femmes qui chantent
avec les pieds,
et le corps tout entier,
sont des déesses,
venues d’ailleurs, de Maribor.
Je n’ai jamais vu groupe de femmes Celtes
aussi vivantes, présentes.
Leur chant est comme un vibrato,
le ballet de leur corps
dessine un concerto
haletant de notes émergeant de si loin
là-bas, à l’autre bout de l’Europe.
Barbara aurait aimé le flamboiement noir
de leurs robes blanches.
Carmina Slovenica dessine
des ronds dans le ciel,
leur musique joue avec les nuages
et me tient la main.
Je fonds.
dimanche 23 décembre 2007
21:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.12.2007
Carmina

Jeudi soir nous avons eu la chance, le plaisir immense et ininterrompu (non ce n’est pas un truc cochon) d’entendre de voir de toucher même (quel veinard !) le chœur concertiste Carmina Slovenica qui est un des principaux ensembles de musique chorale au monde.
Il donne des concerts dans le monde entier et rentre tout juste des Etats-Unis.
Carmina Slovenica est un ensemble d’avant-garde qui crée des projets de musique contemporaine.
Avec « Chorégie - théâtre vocal », un nouveau concept est introduit, qui mêle musique, drame, mouvement et autres éléments scéniques.
Les récentes prestations du chœur sont par exemple : Scivias, Vampirabile, Ademius et CS Light.
Le but de Karmina Silec, sa directrice, est une recherche continuelle de nouvelles musiques et de nouveaux domaines de travail, qui se révèle dans le répertoire actuel de Carmina Slovenica.
Son talent artistique est reconnu aussi bien par le public que les critiques et fait de Carmina Slovenica un modèle pour le mouvement choriste international.
Et en plus, tout ça c’est vrai. Elles sont belles et font un spectacle total qui est une magie symphonique. Elles chantent avec leur voix, leur corps, elles maîtrisent la science de l’instant musical, c’est comme une sorte de trou noir concertant.
Cet après midi, à 15heures, je vais les voir chanter à l’église de La Madeleine, un pur bonheur, un cadeau de Noël en grandeur slovène.
Vous connaissez Maribor ?
Dimanche 16 décembre 2007
11:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.12.2007
Amy

Amy, c’est un cri.
Une femme sauvage,
qui est presque une enfant, un chaton
avec des griffes et des dentes pointues.
Une voix animale, une femme sauvage.
Là, c’est Amy en concert,
à Chicago, le 5 août 2007.
Jeudi soir, elle sera chez moi,
sur Arte, à 23h45, Amy
live at the Sherpherds Bush Empire,
à Londres, et puis elle reviendra à Noël,
sous forme de DVD, et puis,
elle est là, elle me souffle la vie, always.
C’est comme une autre femme fauve,
Marilyn que Joyce Carol Oates m’apprend à aimer,
à travers Blonde, une passion de cris chuchotés,
de sang et de sexe brûlant.
Encore une femme mordue par la vie,
une spirale de vibrations
qui essore mon cœur.
Que de douleurs à vivre
et de femmes espérées,
à se perdre,
à mourir d’aimer.
Lundi 3 décembre 2007
20:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.11.2007
Talland House

Pourquoi les chiens
portent-ils des lunettes ?
Pourquoi Talland house
me semble si belle ?
La résidence d’été des Stephen
à Saint Yves, en Cornouailles
a le charme irrésistible
des vacances romantiques.
C’est peut être là que Virginia
a connu ses plus belles journées,
en compagnie de ses parents
et de ceux qu’elle aimait par-dessus tout,
sa sœur Clarissa et son frère Toby.
C’est en face de Talland House
que se trouvait le phare,
The Godrevy lighthouse
que l’on voyait parfaitement
par les fenêtres des étages supérieurs.
C’était le temps des vacances,
de la Woolfette joueuse,
animée et heureuse
qui allait nous donner un chef d’œuvre,
en trois temps.
To the lighthouse est un livre,
entre le ciel et les flots,
que seule une femme écoutant le vent
pouvait nous donner.
Une histoire de mer,
à la Turner.
Mardi 27 novembre 2007
07:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.11.2007
A passionate apprentice

Un père, une fille.
C’est la vie de Virginia.
C’est une femme qui n’a pas été mère
qui n’avait rien d’une épouse.
C’était la fille de Sir Leslie Stephen.
Quand je vois des mères,
je m’émerveille de leur façon
de porter la vie du monde,
avec une telle nonchalance
et toujours une certaine élégance.
C’est sûr que j’aime les mères
parce que j’aime les femmes
et alors Virginia, comment comprendre
cette adoration sans nom, cette idolâtrie
qui fait grincer beaucoup de dents,
les femmes aussi ricanent bêtement...
En fait, c’est simple,
de par sa compréhension surnaturelle du monde,
la Woolfette est au dessus de nous,
entre le ciel et la mer, discutant en grec
avec quelque grand goéland.
Virginia tu es la maîtresse du vent,
Virginia tu es la mère de tous ceux
qui vivent de tes mots.
Merci.
Lundi 19 novembre 2007
08:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.11.2007
To the Lighthouse

C’est une des mes œuvres préférées avec
The Voyage out et Mrs Dalloway
C’est ma Woolfette, si belle, si jeune
qui déjà survolait le monde des poètes.
Les personnages du père, modèle redouté
et de la mère disparue trot tôt.
Le phare c’est celui qu’elle pouvait
voir de la fenêtre de sa chambre,
à Talland House, la maison des vacances,
à Saint Yves en Cornouailles.
Bien sûr, Virginia était une gosse de riches,
avec sa gouvernante française,
ses professeurs à domicile
et la dizaine de domestiques
qui rendaient la vie plus facile
à Londres et au bord de la mer.
Mais Virginia voulait exister
et elle choisit de terrasser les hésitations
du monde colonial qui finit par se détruire lui-même.
Virginia était très femme,
elle appréciait l’élégance des comportements
et l’harmonie des lieux.
Virginia éprouvait une répulsion
quasi-physique pour la guerre
et la bêtise militarisée des hommes.
Elle militait pour la paix, pour les droits
des femmes et pour le droit à l’éducation pour tous.
Virginia est toujours là :
« I would have written before,
but I have been over-run with humanity.
Yes, that’s a lovely poem.
I like it very much.
How I enjoy the soft sailing sweep of your words,
coming down inexorably,
like my white owl,
upon the very thing. »
C’est le début d’une lettre de Virginia Woolf
à Vita Sackville-West du 24 août 1932.
C’est du bonheur en lignes, de l’émotion à respirer,
le cœur nu, les yeux grands ouverts dans le ciel.
Samedi 10 novembre 2007
19:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.11.2007
Cliché

C’est une vieille photo du New York Times.
C’est ma Woolfette, si belle,
déjà à part, au dessus des poètes
au-delà de la littérature,
un destin poétique.
Après avoir souffert pendant un an,
comme juré de prix littéraire,
j’ai enfin reçu ma récompense,
un recueil de romans et de nouvelles
de Madame Woolf.
C’est le genre de machin que je ne prise guère,
des mots en tout petits caractères imprimés
sur une sorte de papier chiotte, presque
translucide.
Tiens, l’autre jour, j’ai accompagné les filles
à l’exposition Arcimboldo, au musée du Sénat.
Je n’avais pas envie d’y aller,
j’avais raison : je n’aime pas les maniéristes.
Heureusement je me suis rattrapé avec une
bonne assiette anglaise.
Je ne suis toujours pas allé au musée du Quai Branly,
l’exposition sur les Indiens d’Amérique doit être finie...
L’autre jour j’ai à moitié raté Amy Winehouse
lors de La Musicale de Canal Plus, je guette la
prochaine rediffusion. J’ai entendu une chanson,
c’était somptueux et elle est si cute avec sa grosse voix
et sa robette de little girl.
En fait, je vis avec Virginia, je pense à elle tout le temps,
sa vie, sa famille, son intelligence qui nous éclabousse encore
et la magie de ses mots, la pudeur sensuelle et l’élégance
poétique de tous ses écrits.
Quelle femme et quel combat mené pour la vie !
Adeline Virginia Stephen, tu es la gelée royale
qui nourrit l’esprit du monde.
Tu es.
Mercredi 7 novembre 2007
10:19 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.11.2007
La Liseuse

C’est là qu’il faut aller, courir, voler
dans cet endroit magique
qu’est le
Musée de la vie romantique
Maison Renan-Scheffer,
16, rue Chaptal.
75009 PARIS
Tel : 01 48 74 95 38
Métro : Blanche / Saint Georges
C’est ouvert de 10 à 18 h, tous les jours sauf le lundi.
Un délicieux panneau, à l’orée du chemin indique en anglais
(le monde est petit quant même) que le visiteur est invité
à se rendre au musée Gustave Moreau qui est tout près,
rue de La Rochefoucauld : le monde est bien fait,
il n’y a pas à dire.
Quand vous êtes arrivés vous dégustez comme du chocolat,
le charme irrésistible de ce petit hôtel particulier au bout
d’une allée toute enfeuillée d’arbres, de verdure, parfois rouge
et de jolis pavés (j’ai des preuves !)
Et puis après avoir embrassé la cour fleurie et le petit jardin,
caressé la terrasse où le tea de printemps est servi
on arrive dans le grand atelier où travaillait Ary Scheffer.
Aujourd’hui on respire à fond l’exposition consacrée à
Jean-Jacques Henner, c’est beau, c’est bon, c’est...
de la peinture qui vit, la beauté des femmes
qui palpite, que du bonheur.
La Femme qui lit, dite la Liseuse est une de mes préférées,
l’Art c’est la seule chose vraiment surprenante, astonishante.
Lundi 29 octobre 2007
11:14 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.10.2007
Quel hiver ?

Le dernier jour de la semaine,
je m’auto-cadeau-ise.
Direction la Fnacette (Fnaquette !) Sainte Lazarette.
Cerné par des Harry Potter,
je m’échappe dans mon coin à moi,
la caverne sacrée de la littérature anglo-saxonne.
Je ne repars jamais seul (l’héroïsme à des limites !)
Donc j'emmène la Mildred Pierce de James Mallahan Cain,
Les braves gens ne courent pas les rues de Flannery O’Connor.
Et puis l’astre qui illumine tout ça, depuis chez elle à Princeton :
Joyce Carol Oates, avec Au commencement était la vie et puis
Les femelles (quel titre !) dans une magnifique édition de Philippe Rey.
En ce moment, je fais un tour avec William Faulkner,
en Caroline, chez les Sartoris.
Vous devriez venir, cela sent si bon
le chèvrefeuille, le caroubier et le seringa
et puis on entend l’oiseau moqueur
et puis je cherche ma déesse (encore une !).
En fait je fais une collection (yes !)
Donc, je suis tombé à plat ventre
(pour embrasser les pieds, c’est plus pratique)
devant une déesse indienne que les dieux
de l’Orient appellent Shankari.
Je cherche les traces de l’ombre de ses pas
dans la pente du ciel d’or.
Vous avez dit hiver ?
Dimanche 28 octobre 2007
17:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.10.2007
Détour

Après un détour avec Les trois dames de la Kasbah
de Pierre Loti et Le chien jaune de Simenon,
je pense encore à L’amour noir de Joyce Carol Oates
qui ne m’a pas fait oublier l’inoubliable Them.
Avec beaucoup d’émotion (vraiment beaucoup !)
je suis reparti avec Virginia Between the acts,
son dernier livre, son dernier acte de vie.
Elle en relisait les épreuves
juste quelques mois avant de partir dans l’Ouse,
et j’ai tellement envie de la retenir,
de la sentir, de la savoir, d’entendre les échos,
le bruissement du vent, respirer l’air
qu’elle touchait...
Comment l’aimer plus ?
Lire la Woolfette, c’est comme voyager avec une fée.
On ne remarque même plus sa beauté,
tellement on est subjugué par son élégance,
par la prestance de son âme.
Il y a une telle justesse poétique dans les mots qui
vivent dans ses pages, cela me rend fier d’être là
au milieu d’eux, les signes de sa vie.
Et quand elle cite Byron « She walks in beauty... »,
c’est encore plus beau que du Byron, c’est son souffle
aérien, sa respiration fiévreuse que j’entends,
sa main droite douloureuse que je sens.
Pour changer et m’éloigner d’un génie qui me brûle les yeux
cette semaine je vais aller dans une réception littéraire
qui mettra heureusement fin à une année de juré de prix littéraire
qui était une véritable punition.
J’aime encore mieux lire les copies de mes étudiantes,
il y a une telle flamme dans leurs yeux souvent noirs,
une telle envie d’apprendre, de créer, de donner...
Oui, les femmes ont des dons inépuisables,
plus un,
la bonté.
Lundi 22 octobre 2007
07:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.10.2007
Un jour
Un jour

Un jour et puis l’autre.
Un jour après,
un jour de misère,
un air d’à peu près.
La vie et les jours
qui filent, qui fuient,
qui défilent.
Un tapis roulant d’angoisses, de scènes :
Séparation, coupure, froidure de la solitude.
Etre seul, être.
Pour un cœur de parti,
combien de retrouvés ?
Elle est où ma longue dame brume ?
D’ailleurs, elle n’était pas si longue que ça,
mais elle savait faire chanter la vie,
elle rythmait les jours,
elle faisait apparaître le grand souffle de la poésie.
Œil noir, œil perdu.
Les filles sont toujours des filles,
mais l’automne leur donne des couleurs tristes,
elles se marronisent.
Je suis là pour les faire sourire,
tapisser les trottoirs d’amour.
Vouer sa vie aux femmes, est-ce un sacrifice,
un don ou un art ?
Un nouvel art de vivre,
une démarche spirituelle.
Dans le train, là-bas,
une jeune femme blonde,
très jolie et finalement pas très blonde.
Elle porte un très chic manteau pied de poule,
et pourtant,
depuis plusieurs minutes,
elle mange comme une cochonne.
Ses longs doigts fins poussent les aliments,
puis nettoient le contour de ses belles lèvres pleines.
Est-ce bien compatible, le port du pied de poule
et l’alimentation bâclée, si peu élégante ?
Est-ce bien raisonnable ?
Lundi 15 octobre 2007
18:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.10.2007
Adeline

C’est à Londres, en fin d’après midi.
Je traverse Hyde Park
De Park Lane, je prends la North Carriage Drive
puis, à gauche, la West Carriage Drive.
Je traverse la Serpentine
et je continue par l’Exhibition Road.
Je tombe dans Kensington Road.
Je prends à droite en longeant les jardins
Arrivé en vue de l’extrémité de Kensington garden,
je tourne à gauche dans une voie perpendiculaire :
Hyde Park Gate est une petite impasse qui ressemble
à un passage privé et le n°22 est vers la fin.
Le mythe est là.
Adeline Virginia Stephen habite ici avec ses parents,
frères et sœurs, domestiques et amis de passage.
Près de vingt personnes ont le privilège de vivre
dans la grande maison, avec toi. Il y a Shag, aussi, le chien
un peu décoiffé.
Je me rappelle quand tu te relisais :
« J’ai rêvé une nuit que j’étais Dieu.
Le monde entier était à ma disposition
et l’humanité aussi...
...Les gens vivaient comme une grande famille.
Mais étaient-ils réels ?
Et qu’étais-je donc ?
Pourquoi existais-je ?
Qui m’avait fabriqué ?
et qui avait fabriqué mon créateur ?
Tout était-il un rêve, mais qui étaient les rêveurs ?
Ainsi errais-je dans mon rêve,
et je n’ai pas trouvé d’autre solution que de me réveiller,
et de découvrir que j’étais une personne. »
Ange de l’humanité, le lundi 11 février 1895,
tu as 13 ans et tu es au-delà des dieux,
tu es l’esprit.
Vendredi 5 octobre 2007
19:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.10.2007
Notes

C’était un soir, un été,
un concert improvisé.
Une Gretsch et une Ibanez
se sont croisées (aimées ?).
Tiens hier j’ai vu Amy Winehouse,
sur une plage des Caraïbes,
C’est dingue, comme elle a maigri.
J’attends qu’elle revienne.
L’autre jour, j’ai voulu regarder,
essayer de toucher du doigt la réalité
mais comme le dit si bien Joyce Carol Oates dans Them,
la réalité, on la trouve dans les livres.
Ne croyez pas les bruissements ni les ondes
qui frétillent alentour,
la seule vraie vie est dans les mots.
Vendredi 28 septembre 2007
22:37 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.09.2007
Pourquoi pas ?

Je considère la femme comme une belle créature romanesque,
que l’on peut orner de fourrures et de plumes, de perles et de
diamants, de métaux et de soies.
Le lynx jettera sa peau à ses pieds pour lui faire une étole ;
le paon, le perroquet et le cygne contribueront chacun
à son manchon ;
on fouillera la mer pour y trouver des coquillages, et les rochers
pour y trouver des pierres précieuses ;
et de toutes parts la nature paiera son tribut à l’embellissement
de la créature qui est son œuvre la plus accomplie.
Joseph Addison, dans le Tatler n° 116 du jeudi 5 janvier 1709
C’est fou comme les hommes aiment les femmes
Finalement, je suis banalement normal,
j’aime à la folie Virginia Woolf comme d’autres aiment leur chien.
Les méchantes langues insinuent qu’elle serait morte
ou qu’elle est toute maigre ou qu’elle n’aime que les femmes,
et alors ! Qu’elle soit le soleil ou la lune,
ça m’est bien égal, Elle est mon univers.
Samedi 22 septembre 2007
19:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.09.2007
Amy reviens !

Emergeant de la toison d’or de l’If magique
symbole de la vie qui parcourt les ténèbres,
le geai me regarde, pensif.
J’écoute La Radiolina.
Les textes de Manu Chao rapetissent
et je trouve un avenir incertain aux paroles.
Mais quel sens de la mélodie, mes oreilles
dansent toutes seules.
Ce soir Amy revient (Taratata - France 4)
je serai là pour la voir, l’aimer, absorber les ondes
de sa musique qui roule et tangue comme un océan
ivre d’écumes, de rouleaux et de courants.
Amy, merci, Amy...
Cet après midi je me suis offert une plongée en apnée
dans le monde délicieux de la Librairie Gallimard,
pour sentir le parfum désuet mais inimitable de la nrf.
Je suis reparti, sans surprise, avec The Common Reader
de Virginia Woolf et Them de Joyce Carol Oates,
l’anglaise et l’américaine
la défunte et l’existante,
deux génies absolus.
Vendredi 14 septembre 2007
23:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.09.2007
Lueur matinale

Je marchais le long du grand fleuve,
sauvage et dense, encerclé de feuillages
au parfum de myrte sauvage.
Je pensais toujours à elle, toujours là.
En même temps je lui en voulais
d’être trop belle pour moi.
C’est Brel qui chantait un truc comme ça,
avec son air de grand chat maigre
incompris et vibrant d’un amour trop fort.
Donc, je l’aimais sans l’aimer.
Voilà tout est dit.
Depuis plusieurs semaines, je l’évitais.
A chaque fois que je la croisais sans la regarder,
c’était comme une victoire,
un triomphe de ma fierté défaite et bien compromise.
Ce matin, dans le parc, la mer n’était pas loin.
Les enfants criaient, jouaient, chantaient.
C’était si bien de sentir cette chaleur.
Les enfants sont la vision ultime de la vie,
le toit d’un bonheur en forme de pagode.
Et des couleurs comme des drapeaux :
la pétulance acide du jaune,
la plénitude tendre de l’orange,
le vert bavard de l’anis et toujours
un point de fixation, rouge vermillon.
Tout ça pour ne pas dire combien
ni comment je t’aime.
Tout ça me rappelle, ce matin quand
tu es venue me voir, sans hasard.
Tu m’as parlé et ton sourire éclatait dans le ciel
et tes yeux, et...
Tu étais encore plus divinement ensorcelante.
Je n’ai pu que te sourire de toute la force de mes yeux,
sans pouvoir prononcer un mot, tellement tu m’as ému.
Tu es le soleil.
A quoi bon lutter.
C’est si bon de te regarder,
de se brûler, de se consommer...
Laisse-moi t’aimer.
Dimanche 2 septembre 2007
12:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.08.2007
Grey

C'est décidé, je vais lui écrire.
Une femme qui remplit mon coeur.
Joyce Carol Oates, un nom
à rêver debout, tout habillé.
Une écriture en forme d'extase,
la pureté et la force,
reine et souveraine.
Demain je lui écrirai,
un jour j'oserai,
peut être.
Tourner la page,
quelle expression, comme une impression.
La Divina est partie.
Adélaïde a quitté la Calabre.
Elle habite à Venise,
son sourire m'habite.
Regarder une cigale dans les yeux,
l’écouter chanter, briller, reprendre en choeur
avec le bruissement des oliviers...
« Quel silence !
- Oui, ici la mer n’est jamais très loin.
Charmé par la majesté des chênes-lièges,
je subissais l’envoûtement des pins.
Le chemin, de sable et d’épines exhalait le parfum du soleil,
comme un bouquet de romarin sauvage.
Derrière un bosquet d’un vert argent,
la plage m’attendait, vide de sens, rien,
pas même un oiseau, aucun signe.
A qui vais-je parler, alors ?
Au sable, peut-être ?
Sourire, les yeux fermés.
Attendre.
Le passage, d’un trait de ciel,
d’une écume barbare.
Lécher la peau salée d’une sirène
bien chaloupée...
C’est le début de la vie,
c’est un morceau de gris,
pour ma Gabiane G.
Jeudi 30 août 2007
18:09 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.08.2007
Amy sous la pluie

L’autre jour pendant que vous regardiez la télé,
j’écoutais Socrate le Scolastique, le célèbre historien chrétien.
« Ecoute Alex, tu connais Amy, la divine Amy...
-Yes Socratus, quelle voix, quel souffle, un vrai concentré de passion.
- Oui c’est tout à fait ça, la soul music,
- la musique que j’aime, la musique de l’âme.
- Bon et bien, c’est dommage mais tout le monde n’aime pas son succès,
- oui j’ai entendu, on essaye de la salir, on raconte des trucs...
- C’est exactement ça :
Contre elle alors s’arma la jalousie.
Comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque.
- J’imagine la scène...
- Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle...
- Dingue, tu entends ça Virginia ?
- Attend la suite pour voir :
Ils la jettent hors de son siège, puis la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons...
- Quelle horreur ton truc, c’est pire qu’Orange Mécanique ! »
Virginia alluma une énième cigarette :
« Bon, je vois, je vois... Et après ?
- Et bien, ils la mirent systématiquement en pièces, chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu.
- Pauvre Amy !
- Alex, reprend toi, nous sommes en 415, c’est Hypatia qui vient de mourir à Alexandrie.
- Mon dieu, ma Déesse, mon Ultime, ma Woolfinette !
Lundi 27 août 2007
23.08.2007
Embruns et Autres

La pluie perle, le moteur ronronne,
le bateau tangue et roule.
Je réduis les gaz et je bloque la roue.
Je sors sur le pont, les embruns me griffent le visage.
La mer est grise, bien formée.
Le clapot régulier s’étire et s’anime.
L’écume sur la crête des vagues
comme de la Chantilly au beurre salé.
C’est là le pays,
c’est entre les îles, les casiers et les courants.
Toujours dans les airs, un échassier file,
un héron cendré, pressé.
Devant l’étrave qui claque, la mer fume,
des guirlandes de gouttelettes remontent
et fusent sur le cockpit.
Rapidement, le ciel devient noir,
un grain se prépare.
Seul devant l’immensité ?
Pas complètement.
Un bateau c’est aussi une histoire,
c’est souvent une histoire d’amour.
Je rentre dans la cabine, je remets les gaz.
Il est temps de penser aux femmes
du passé et de l’avenir.
Flirter avec la précision diabolique
de Marguerite Duras, chantonner avec Sagan,
flâner avec Dhôtel, s’étourdir avec Proust...
Toujours et encore la même phrase :
Ecrire dit-elle.
Toujours pareil, des sensations à réinventer
tous les jours, partir de nuit.
Le gardien du phare de la Jument
est fatigué, il cligne de l’œil
et va se coucher.
Dimanche 19 août 2007
11:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.08.2007
Flamanderie

La vie soupire. Je respire.
The Hours, titre provisoire.
Les heures d’une vie, d’un amour qui dépasse tout.
Le film passe en boucle.
Au-delà des apparences,
Miss Dalloway regarde vers le Phare.
Virginia est là, jamais partie, toujours aimée.
Tiens, une bonne nouvelle, les Flamandes sont belles.
K. est sublime, ce n’est pas une surprise,
et pourtant ...
Aimer à n’en plus finir.
Aimer les femmes, aimer la vie,
it’s the same.
De temps en temps, des erreurs de casting,
une sirène qui n’a pas accosté.
La plus belle femme du monde
n’est pas épargnée par la marée,
le ressac des sentiments.
Courbes dégonflées, elle est retombée sur ses pieds,
presque pataude, j’ai pitié de son ancienne beauté
et en même temps je lui en veux...
Pourquoi m’enlever mes rêves,
mes fantasmes de folies,
pourquoi ?
Bonne nouvelle, les post Woolfiennes,
Carson Mc Cullers, Iris Murdoch et la Baronne
sont aussi des génites, plus ou moins folles de la vie.
Elles en sont mortes d’ailleurs.
Aujourd’hui, j’ai passé la journée avec la plus grande,
la seule qui continue la traversée de l’univers
initiée par Virginia Woolf, la seule si transcendante,
si terriblement vivante.
Joyce Carol Oates est un miracle sur pattes.
A aimer, à se consumer sans modération.
Le rêve continue.
Jeudi 16 août 2007
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15.08.2007
Mixed

Un mélange et puis, un regard.
Après la douleur d’un abandon,
retrouver le bonheur.
Et puis encore le perdre,
Encore une fois, tout perdre.
Désolation du champ d’amour déserté.
Les nuits redeviennent froides.
Et puis, tout à coup,
après le coude d’une ruelle,
dans la demi lumière d’une terrasse isolée...
Un éclair, une flamme de cœur.
Et puis après, tout recommence.
les lèvres sèches, la respiration palpite.
Le ciel est tantôt gris, parfois parti...
le ciel, qui est ma vie.
Elles, mes anges, elles s’appellent :
Sandrine, Stéphanie, Séverine,
Anne-Laure, Jehanne ou Ludivine...
Parfois, je m’enfonce dans le noir,
là où les étoiles croisent les déesses,
le sable soulevé par le soleil.
Alors je suis enlevé par Fatima,
bercé par Aïcha, femmes plus
que belles, plus...trop....
La tête me tourne,
je respire le parfum de tes cheveux,
j’inspire les courbes de ton corps...
Je te suis.
Enfin, je vis.
Dimanche 12 août 2007
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04.08.2007
Sun an’ other things

Aujourd’hui le soleil est revenu.
La lumière me berce dans un flot de particules dorées.
Le bonheur c’est pour...
Douceur d’une flamme, telle une lame de fond.
Je scrute le monde, j’ausculte le trottoir (gris),
les passants passent, ils font leur job.
Moi aussi, moi aussi !
crie la petite fille, belle comme une fée tzigane.
Katy Melua devait être comme ça,
boucles brunes et sourire de lune.
Le soleil brille et me réchauffe,
mon Etoile noire est revenue
Je te sens là, près de moi, en moi.
Je marche, je pense, je marche, je...
suis perdu.
Un coin de rue, un virage de trop.
Tu es là, tes cheveux sont là,
noirs, longs, lisses.
J’ai envie d’aimer le geste, la grâce
Tes doigts longs et minces,
l’élégance naturelle d’une femme
encore plus belle qui s’épanouit dans le sourire
de l’homme figé qui t’admire.
Ce n’est que moi, tu sais.
Dans tes yeux noirs brillent des étoiles.
Ta voix douce murmure, parfois tu t’arrêtes
et c’est toujours là que tu me dis
les choses les plus importantes.
Je suis avec toi. La voix de Virginia m’entoure et me hante.
Elle me raconte encore et toujours les images qui dansent
dans le flou gris qui est le ciel, qui est ma vie.
En mars 415, ce sera la fin, terrible, impossible, inimaginable.
Hypatie va mourir lapidée en pleine rue par des chrétiens fanatiques
qui lui reprochent d'empêcher la réconciliation entre le patriarche
Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits
sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie.
« Oh Alex, non, pourquoi ?
- Comment te dire mon Ange : Trop belle, trop trop...
- Beaucoup many much ?
- Yes, my Love »
Vendredi 3 août 2007
15:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.08.2007
War

Un enfant dans les bras, une femme attend l’ascenseur
sur le quai de la gare.
J’aimerais que ce soit moi, bercé par le roulis des rails,
par la douceur d’un amour de femme.
C’est si loin, c’est trop loin.
Prendre le train pour écrire, un vice, le vice du train.
Chaud, lourd, aimer l’amour.
Un palais de fer, de briques et de verre,
un palais abandonné, le long de la voie ferrée.
Dans ses cheveux relevés en chignon,
elle glissait habituellement un peigne en os
aux tonalités vives comme des arcs en ciel.
Aujourd’hui, c’était différent, tout à fait différent.
Je m’aperçus que c’était l’extrémité d’une flèche brisée
qui tenait ses cheveux relevés.
Elle se retourna et me lança un regard de feu
qui m’enveloppa, qui me pénétra,
qui mit la guerre en moi.
Je m’assis entre Ludivine et Virginia.
C’était mieux qu’un rêve.
J’attendais les autres.
« Où sont Iris, Jane, Carson, Kate, Daphné, Emily, Anne, Charlotte ? »
Virginia prit ma main :
« Tu sais bien, Alex, elles sont parties...
- Oui, mais leur esprit est là, je les entends. Virginia, je te parle comme je leur parle, tu comprends ? »
Ludivine soupira et se redressa, tout d’un coup, j’avais envie de ses pieds, c’est dingue comme...
« Oui, tu leur parles, c’est bien le problème...Tu racontes ta vie à tout le monde !
- Yes Déesse, aux oiseaux aussi, je parle, you know ! »
Virginia se leva et lissa sa jupe sombre :
« Bon à part les esprits qui reste t-il ?
- Une seule, immense, géante, Une !
- Ah bon ! Une Françoise, une Marguerite, une Française,
- Non, non, Femme des femmes, phare de mon esprit...
- Bon, alors une Sarah, une Kate, une Rose, une Anglaise ?
- Non, Incomparable, elle est du pays de Marilyn,
c’est Joyce Carol.
Mardi 31 Juillet 2007
07:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.07.2007
Terpsichore

Un petit teuf-teuf, une femme, un sourire.
Sur le quai, une guitare, quelques notes...
Un débardeur noir, un joli décolleté,
une peau café au lait, une beauté brune,
exotique, une Ludivine, c’est sûr.
Un clocher en ardoise, une petite église blanche.
C’est la banlieue que j’aime, où la vie ressemble encore à la vie.
Ce soir, les musées sont ouverts, ce soir...
Je revois encore Synésios de Cyrène qui écrivait à Celle
qui lui avait tout appris, Elle qui était tout :
C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie,
et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous.
Bientôt Rock en Seine, hier soir les filles à un concert,
des adotes rockeuses. Flora a décidé de se mettre au piano.
Ca va vite, elle apprend avec une copine, j’hésite entre Yamaha et Rolland.
Je pars en croisade, comme toujours.
Je vais dans ma Fnac préférée, à Montparnasse,
là où il y a le plus grand choix de livres.
Sarkozy donne presque envie d’être français,
je trouve ça plutôt sympa, même si je vois le futur
plutôt à Londres ou à New York.
Là-bas, sont les livres, les ponts,
les fleuves et la mer que j’aime.
Et puis Ludivine qui est là, qui me suit.
C’est décidé, dans une prochaine vie,
ma femme sera maghrébine, algérienne
ou marocaine, je pense...
Elle viendra d’une terre de mystères et de soleil,
errance, trouble, des yeux que je ne peux oublier.
Alors, il ajouta :
Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie.
Samedi 19 mai 2007 15h39 On train
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