24.04.2008

On the rails again

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Snow par Saul Leiter, 1960

Je vais embrasser New York

vu par Saul Leiter.

Puis, j’ai prévu, en rentrant,

un léger détour par

la Librairie Gallimard.

Il suffit, comme dans les westerns,

de sauter d’une ligne à l’autre,

de la 13 à la 12 ou vice versa.

Toujours du vice.

Pendant longtemps, j’ai eu des éditions

ou des collections fétiches.

Il y a eu les Editions de Minuit,

avec leur splendide blancheur

et Marguerite Duras.

Egalement les Editions Julliard,

avec leur bandeau vert, un peu suranné,

le temps de Sagan.

Bien sûr, la NRF, magique,

grandiose et universelle,

et puis, toujours chez Gallimard,

la collection L’Imaginaire,

pas tant pour sa présentation

ni son impression parfois un peu économique,

mais pour la qualité exceptionnelle

des titres choisis.

Aujourd’hui…

Samedi 12 avril 2008 – 14h59

23.04.2008

Adory

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En route pour l’Amérique.

On train, Soleil,

pavés an’ rails.

Avant de partir,

j’ai inspiré de longues minutes d’Amy,

le dvd de sa vie,

si plein d’émotions.

C’est dingue, quand je vois Amy,

même quand elle ne chante pas,

j’ai envie de pleurer de bonheur,

c’est fou.

J’espère que je pourrai la voir,

à Rock en Seine, cet été.

Même si j’ai horreur de ces trucs là,

plein de monde et tout,

quand même, ce serait géant,

de respirer le même air,

lumière de poussière

qu’Amy, Aimy, Adory Winehouse…

Samedi 12 avril 2008 – 14h56

Et la Seine ?

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Et la Seine, et les ponts

et les voitures ?

Encore et toujours

immobiles, bouchonnées.

Et les bateaux là-bas

qui m’attendent.

Des familles entières de trains

patientent, bien rangées,

des Corails et des banlieusards mélangés.

Ils dorment, mangent et digèrent.

Je crois qu’ils sont à l’étable

des signaux électroniques.

Le Sacré Cœur est gris aujourd’hui,

il doit être mal réveillé.

Pourtant ça brille,

le soleil est revenu,

même les tags sont en couleur,

la loco 116054 attend,

toute seule,

dans un parking isolé.

Peut être qu’un cavalier

va la prendre et l’enlever,

la faire danser.

Sa robe bleue et grise

à parements rouges,

bien ajustée,

elle nous regarde passer.

Elle…

8 février 2007 - 13h19

22.04.2008

Une autre année

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Dans la glace.

Très bel immeuble, glacé.

Elle me fait attendre pour la forme.

J’ai toujours quelque chose à faire,

même si je dois dire

Que leurs histoires d’entreprises,

ceci et cela,

ça me touche de moins en moins.

Finalement, c’est surtout de l’humain.

L’hôtesse drague en anglais,

avec une vraie voix de nouille, chaude.

Elle croit qu’on croit qu’elle travaille.

Je me suis installé au fond du salon de réception,

près de la grande fenêtre et du climatiseur.

La meilleure place.

Je partirais bien, mais ça ne se fait pas.

J’attends encore un peu.

Je ne suis pas pressé.

J’ai encore le temps,

des années à prendre,

à vivre et à aimer.

Hier, quelle bousculade royale et homérique,

quelle flamme et quel entrain.

Quelle explosion,

des flammes encore dans le cœur

et dans le corps.

Des flammes noires dans tes yeux,

toi qui as failli pleurer d’émotion

et moi avec toi, de ma folie.

Après tout, après, les nuages,

une jolie traîne dans le ciel.

Des fois des avions passent,

les oiseaux regardent.

J’observe les oiseaux, ils chantent,

je rigole avec eux, ils me parlent,

je les regarde.

Les plus belles,

ce sont toujours les Assistantes.

Les autres femmes,

dès qu’elles ont un certain statut,

il faut qu’elles s’habillent,

en chaste ou en mec,

style « rien qui dépasse »,

on range les seins et les cuisses.

On cache même les pieds. Quelle horreur !

C’est dur le travail.

Très dur.

Lundi 29 juillet – 16h33

21.04.2008

Promesse

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rôti de cochon confit au citron et romarin
recette pour six personnes

Ingrédients :
3 citrons confits
4 gousses d’ail
20 grammes de beurre
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1,2 kg de rôti de porc désossé dans l’échine
6 bulbes de fenouil
le jus de 2 citrons
4 branches de romarin
sel
poivre noir du moulin

Préparation :
Coupez les citrons confits en quartiers, épluchez et hachez l’ail. Faites chauffer le beurre avec l’huile dans une cocotte, mettez-y le rôti de porc à dorer sur toutes ses faces puis égouttez la viande.
A sa place faites revenir l’ail haché à feu doux pendant 5 minutes, puis remettez le rôti dans la cocotte.
Versez 15 cl d’eau et le jus de citron, ajoutez 2 branches de romarin effeuillées. Salez, poivrez, portez à ébullition. Au premier bouillon, réduisez le feu, ajoutez les quartiers de citron, couvrez la cocotte et laissez mijoter sur feu très doux pendant 1 heure 15 minutes.
Vingt minutes avant la fin de la cuisson du rôti, lavez les bulbes de fenouil et coupez-les en quatre.
Egouttez le rôti et coupez-le en tranches. Sur un plat de service, disposez la viande et les quartiers de citron confit, entourez avec les morceaux de fenouil et nappez de sauce de cuisson.
Décorez avec les 2 branches restantes de romarin et servez aussitôt.

Buon appetito

Enfin, déjà !

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Dès que le soleil arrive, s’installe,

le relief se révèle

et les choses les plus insignifiantes,

invisibles, en hiver,

se réveillent.

L’envie de mettre le regard dans un cadre,

de prendre des photos,

envie de plus en plus forte,

tous les jours.

Photos de train,

engins bleu acier,

froids et si familiers.

Machines qui tanguent

et qui bruissent en silence.

Des dessins sur les immeubles,

des goélands aussi,

sont là,

planent au dessus de Saint Ex,

au dessus du ciel,

là-bas.

Curiosité du printemps,

les jours s’éveillent,

et alors…

Quelle est cette lumière, enfin, déjà !

Mardi 15 avril 2008. On train – 8h26

20.04.2008

Cour des Miracles

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Herodias par Paul Delaroche


Quels sont ces mammifères,

ces humains qui nous regardent ?

Des animaux de moins en moins supérieurs,

quels progrès ?

L’élite est fainéante,

la masse est vulgaire,

ostensiblement laide et insupportable.

Finalement,

les pauvres ont toujours exaspéré les riches.

Comment être heureux,

profiter de sa petite vie,

genre « on l’a bien mérité »,

alors que dehors, alentour,

on est cerné par le dénuement.

Par ceux qui se partagent le presque rien,

si humbles de ne rien avoir,

un regard sans espoir.

Des dizaines de millions d’êtres,

comme nous,

peut être un peu moins blancs,

risquent de mourir de faim,

et nous,

on fait quoi ?

Entre deux tranches de Match,

on regarde le zapping de la connerie,

bien heureux,

dans nos canapés,

apaisés,

comme des veaux.

Lundi 14 avril 2008. On train – 12h45

Enfin, Virginia

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Un double grand jour.

C’est aujourd’hui que doivent sortir :

Le Journal d’adolescence (1897-1909) et

Le Journal intégral (1915-1941) de Virginia

dans la très belle collection « La Cosmopolite »

aux éditions Stock.

Pour le Journal d’adolescence, il s’agit en fait d’une réédition.

par contre c’est la première fois que les huit parties du Journal

sont réunis en un seul gros (1560 pages) volume.

Donc, je ne sais pas

si j’aurais le courage d’attendre jusqu’à demain.

C’est vrai que j’ai la crève,

une bron-bron a dit Docteure Martine,

et que je ne devrais pas sortir,

mais comment rester là,

enchainé à mon ordi

alors que dehors

ma Woolfette attend,

dans le froid et la neige…

ou le vent et la pluie,

si vous préférez,

c’est un peu pareil, non ?

Virginia ne repart pas,

Virginia, attend moi…

Please, please, please !

19.04.2008

Cabinet des Estampes

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La Liseuse de Jean-Jacques Henner


Cabinet des Estampes,

Cour des Miracles.

Mocassins en cuir,

odeurs de peau.

Du soleil, des gouttes,

la peau qui luit de plaisir.

Du mouvement,

le train ballote,

se ballonne,

a-t-il un cœur ?

Oui, non, c’est la vie.

C’est le tous les jours,

les jours de pluie,

les jours d’amour.

L’autre jour,

mes étudiantes m’ont demandé

si j’étais amoureux en ce moment,

j’étais embêté pour répondre.

Tout est si mélangé, embrouillé, embrumé.

Quelques éclairs parfois,

quelques flammes,

quelques instants,

quelques miettes de quelque chose.

Aimer un moment,

un espace,

aspirer à quelque chose.

Demander, donner, oser,

toujours,

là et ailleurs.

Oser la pluie, les gouttes,

la fulgurance d’un regard, d’une voix.

Lundi 14 avril 2008. On train – 12h45

Jeudi dix

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Elle s'appelle Diablesse


Un jeudi de train,

un jeudi de soleil.

Pourquoi s’en faire ?

On est jeunes, on est beaux,

on a le droit de mentir

monsieur Nederland,

ce n’est pas interdit,

que je sache ?

Du soleil, c’est bien.

Qu’est-ce qu’on peut en faire,

de bien ?

Pour commencer,

descendre sur les rochers,

noirs et brillants,

se bruler les pieds,

poser son derrière,

dur si on est un homme,

mou si c’est une femme.

Bizarre, mais les femmes

ont toujours le fessier

mollement doux…

C’est peut être

une question de confort ?

Jeudi 10 avril 2008

C’est encore loin, le bonheur ?

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Je rentre travailler à la maison.

Quel bonheur ce matin d’avoir vu

une de mes étudiantes

avec une jolie silhouette

de bientôt-maman.

C’est dingue comme la maternité

embellit les femmes,

les rend si douces,

si compréhensives

de tout ce qui les entoure.

C’est comme si une auréole les protégeait

en les illuminant de vie.

Oui, c’était un gros rayon de soleil,

ce matin de nouvelle existence.

Le week-end était resté gris

avec le scrutin minable d’un pays

toujours aussi désespérant,

arcbouté sur un passé

qui n’existe plus,

sans parler du PSG

qui fait tout pour disparaître

et de K.

qui a tout effacé d’une vie à deux,

sans deux.

Tout baigne, donc…

Mais bon, elle m’a déjà tué une fois,

que peut-elle faire de plus ?


Lundi 17 mars. On train – 12h57

14.04.2008

Des

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Des femmes,

naturelles, animales.

Je suis entouré

d’un océan de femmisme.

Je suis bouffé, dévoré

par la beauté

de toutes celles qui…

Ce besoin d’aimer

qui m’étreint

et me dépasse,

est-il humain ?

Ca c’est une question,

a real one.

Jeudi 3 avril. On train. 13h05

11.04.2008

Train de nuit

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Un train pour deux,

un train pour la vie.

Curieux, ce détachement que permet le train.

On est là et en même temps, on part,

du Havre à New York,

de Perth à Saint Quay Portrieux,

de la rue de La Grange aux Belles,

à la rue de Paradis.

Train de nuit, train de vie.

Prendre un train transatlantique,

paquebot sur rail.

Femme troublante

qui me regarde,

il suffit qu’elle passe dans le couloir,

qu’elle frole le sol

pour que je l’imagine

belle et distante,

puis fatiguée et abandonnée,

avec de belles jambes

galbées de…

Je respire la douceur des ténèbres,

je vis,

c’est la nuit.

Vendredi 7 mars 2008 - 8h25

09.04.2008

Etoile de l’univers

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12h30. Un peu moins froid. Je repars.

J’ai limité les dégâts,

juste six livres au format de poche,

à neuf euros de moyenne.

Russel Banks, Joyce Carol Oates,

Katherine Mansfield (la grande rivale de Virginia),

Flannery O’Connor, John Dos Passos,

Norman Mailer…

Il n’y avait rien d’intéressant de ni sur Virginia Woolf,

il faut attendre la mi-avril pour voir sortir deux nouveautés :

Le Journal intégral en un seul volume,

au lieu de sept, pour les éditions précédentes

et le Journal d’adolescence qui lui n’a

jamais été publié.

« Mon étoile de l’univers,

plus de soixante cinq ans après ta mort,

tu vois, tu continues d’écrire

et ce n’est pas terminé

et on n’a pas fini d’écrire sur toi,

de racler les parquets pour exhumer

la sciure embrassée par tes pieds. »

Dans la librairie, il y avait une photo

de toi, encadrée.

Je n’ai pas osé demander

si elle était à vendre.

« Virginia, tu es le tout, je respire pour toi.

J’irai bien me coucher sur ta tombe

et fermer les yeux et dormir

et t’enlacer,

ton esprit dans mes bras

et le ciel là haut qui nous regarde

et le ciel en bas qui te parle.

Virginia, regarde-moi ! »


Mardi 25 mars 2008

08.04.2008

Une île

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Edward Hopper - 1941- The Lee Shore


C’est bizarre, aujourd’hui j’ai froid.

Pour une fois, je suis content

de prendre le métro, pour me réchauffer.

J’aurais dû prendre mes gants.

Hier, je pensais à Fatima,

en triant mes reçus de Blue Card.

Je suis tombé sur quelques tickets

du Supermarket : Caisse Fatima,

toujours Caisse Fatima inscrit en haut,

à gauche, sur les tickets de caisse.

Est-ce tout ce qui me restera d’elle

que j’ai tant aimée ? La plus belle femme

du monde qui m’a tellement fait rêver.

C’est ça la vie : un être de beauté,

de grâce et de gentillesse, sans pareil,

qui se résume à un ticket de caisse,

légèrement passé, que je n’ai pas gardé.

J’en ai marre des souvenirs,

j’en ai trop.

Ils sont parfois lourds à porter,

toutes ces vies, ces paysages,

ces instants que j’ai aimés,

surtout des bons souvenirs, d’ailleurs.

Et puis la vie c’est aussi

un gigantesque tournoi d’escrime,

à fleurets mouchetés,

celui qui perd descend du podium,

mais parfois certains trichent

et blessent et tirent pour de vrai.

On le sait car, ensuite, ils abandonnent,

dignes et fiers, et vont s’enterrer

sur une île, chercher un refuge

aux Philippines, à Madeira ou New York.

La mer me manque.

Mardi 25 mars 2008

05.04.2008

Le train de onze heures cinquante quatre

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Arrivé à la gare à 11h52.

Deux minutes à attendre, seulement,

ça me change…

A la gare de La Garenne Colombes,

j’aperçois un genre de manif,

des jeunes avec des banderoles,

quelques cris, à peine une trentaine,

une façon d’échapper à un destin incompris.

Le train repart, je repense à La Montespan,

la Putain Royale, c’est comme la choucroute,

sans les bais de genièvre.

On aime toujours trop les femmes,

c’est bien notre drame,

mais bon, mourir de ça ou d’autre chose…

Je préfère mourir d’amour plutôt qu’écrasé,

comme un chien, par un 36 tonnes qui a fait

un si petit écart.

« Si, je vous le jure, monsieur le juge,

je tournais juste la page de mon calendrier…

- Cochon, va !

- Je ne suis qu’un homme monsieur le juge !

- C’est bien le problème ! »

Et le juge scrutait la salle d’audience trop moderne,

le public clairsemé, et surtout des avocates

jeunes, belles, élégantes :

« Mon dieu quelles jambes, quel regard d’ambre,

quel… »


Mardi 25 mars – 11h54

Un chat dans le métro

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La Mer.

Qu’il était beau et étrange,

ce livre D’Iris Murdoch, mon préféré.

Et pourtant, elle m’énerve souvent

avec ses héros, toujours masculins,

que je ne trouve pas très masculins,

pas assez enfantins, trop calculateurs

et toujours cabots,

comme si elle ne pouvait sortir

du théâtre pour lequel elle a si bien écrit.

Un chat dans le métro,

souvent je vois des chats qui se promènent.

En ce moment, je fais des rêves de chat.

Est-ce prémonitoire d’une prochaine réincarnation féline ?

Je vais maintenant gouter le bonheur

de découvrir une nouvelle librairie.

J’ai traversé tout Paris pour franchir les portes

de cette « Le Divan » là, il parait que c’est la plus grande

des librairies Gallimard, alors, alors….

Nous approchons de la station Vaugirard.

Cela me rappelle la maison de Jean Dubuffet,

cachée derrière un austère portail noir.

Cela me rappelle des années, un passé.

L’art éclairait ma vie, quelle lumière,

quel éclat dans nos yeux,

te voir travailler…


Mardi 25 mars 2008

03.04.2008

Douze, treize.

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Joyce Carol Oates by Juliet van Otteren


Un mercredi douze, une ligne treize,

à la recherche d’une nouvelle librairie.

Je pourrais commander des livres par Internet,

mais, sentir, toucher, regarder,

c’est quand même bien.

Et puis échanger,

un regard, quelques mots,

avec une femme de livres,

comme la belle jeune femme

si romantique et si Irlandaise,

de la librairie du boulevard Raspail.

C’est une sorte de lieu saint,

tout en silences.

On chuchote pour ne pas déranger les livres,

certains auteurs dorment depuis longtemps.

Repos mérité,

pour avoir laissé une part d’eux-mêmes,

des vestiges d’émotions,

des tranches de faim, aperçus d’amour,

éclats de bonheur.

J’ai regardé le programme du Salon du Livre,

rien n’a retenu mon attention :

plein de choses sur la littérature juive

qui ne m’intéresse pas spécialement,

la jeunesse, les enfants, les Bd,

les ados et les mangas…

Rien sur la littérature anglo-saxonne,

rien à voir.

Le soleil est là.

Le soleil aime les livres,

lui aussi.

Le soleil aime la vie.


mercredi 12 mars 2008 - 12h59, on train.

01.04.2008

Pourquoi Le Havre ?

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16h45. On train.

Un nouveau carnet, un nouveau stylo.

Du vent et du soleil,

envie d’écrire et de partir.

Train supprimé.

Je repars, je reviens.

Je demande les horaires.

Je trouve Cabourg,

Le Havre est absent.

Tous les jours,

Gare Saint Lazare,

je rêve devant les panneaux :

Caen, Granville, Cherbourg

et surtout Le Havre…

Pourquoi Le Havre ?

A cause des paquebots

qui partaient en Angleterre,

à New York, en Amérique du Sud.

La porte du monde.

C’était là que Tintin se précipitait,

que les affaires de Simenon se dénouaient.


Mercredi 5 mars 2008

26.03.2008

Chronique d’un bonheur annoncé

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On train – 18h05,

Je suis de nouveau là,

avec mon carnet neuf

et mon stylo « super fluide »,

un beau Pilot Alphagel 07,

tout noir, sympa, un peu grassouillet,

très léger, avec une écriture très fine.

Je suis sorti de la Librairie Gallimard,

boulevard Raspail, chargé de deux gros sacs,

pleins de livres, assis dans le train,

en face de moi.

Les sacs sont remplis de Simenon

et de Virginia Woolf, Iris Murdoch aussi

et Blaise Cendrars et Gabriel Garcia Marquez

et plein de mots et de pages à rêver.

Bien sûr, je me suis retenu,

mais c’est trop bon.

That’s life.

C’est la life que j’aime,

la life qui me reste.

Mercredi 5 mars 2008

Résumé

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Le vent et le soleil,

comme en Bretagne,

quand on regarde la mer,

debout, face à la brise.

La brulure du sel

sur le visage qui rougit.

La satisfaction d’être en vie.

Voilà le résumé de mes jours.

J’ai tout perdu, mais j’existe.

Que dire ? Que désirer ?

Encore de l’espoir,

des trucs en « our »,

amour, toujours, bonjour…

Bof ! Je n’y crois plus.

On va considérer que les femmes

sont des garces,

une bonne fois pour toutes

et on n’en parlera plus.

Vivre avec les morts,

ça c’est une vie.

Partager tous ces moments avec

Proust, Virginia, Flannery O’Connor,

Faulkner, Murdoch et les autres,

Sagan, Dhôtel, Duras…

Qu’y a-t-il de plus vivant qu’un livre,

de plus éclatant ?


Mardi 25 mars 2008

22.03.2008

Horaires

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Le train et les horaires,
comme dans les films,
comme dans les livres.

Aujourd’hui, c’est plutôt les avions,
mais du cinéma d’action,
sans grand intérêt,
genre BD pour adulte, pas trop finaud.

Alors que les trains d’avant,
le Simplon, l’Orient Express, le Transsibérien,
ça c’étaient des trains !

Avec une ambiance de voyage
et toujours des femmes élégantes et mystérieuses,
parfois mondaines, toujours précieuses,
jamais miteuses.

A quelques siècles des « blondes »
de nos trains de banlieue
dont la vulgarité éclabousse même les sièges.

En s’émancipant, les femmes ont adopté
ce qu’il y avait de pire chez les hommes :
la bestialité, la bêtise, la grossièreté…

Franchement, je préférais les femmes d’avant.

Une de mes premières adorations
était pour la mère d’un copain fréquenté
durant presque toute ma scolarité,
depuis l’école primaire de notre banlieue moyenne
jusqu’au lycée chic et parisien.

Sa mère était belle, avec des formes remarquables,
toujours habillée en tailleur, bleu ciel ou gris clair,
chemisier blanc, fines chaussures noires à talon aiguille.

Elle était toujours froide, impeccable et élégante.
Elle me fascinait et m’intimidait.
En plus, elle avait une très belle voix métallique,
genre un peu Carole Bouquet, mais en plus belle,
plus épanouie.

Plus tard, elle a traversé des épreuves douloureuses
en donnant l’exemple de la dignité et de la responsabilité,
Elle est restée dans mon cœur.


Jeudi 6 mars 2008 13h25, on train

15.03.2008

Exercices de style

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Des livres qui se parlent

et qui se croisent.

Curieux et bavards les livres,

et ceux qui lisent les livres,

les auteurs, parfois,

quand ils boivent.

Pour revenir, aux femmes (oui, c’est curieux,
on revient toujours…)

cette espèce bizarre, célébrée annuellement

comme de jolies pandates ou des phoquettes,

Il faut imaginer la vie des femmes,

pas vraiment un drame,

encore moins un feu d’artifice,

mais plutôt comme une pièce de théâtre.

C’est bien connu, les femmes adorent le théâtre,

la danse et ses variantes avec patins ou palmes,

l’opéra, le monde quoi !

Une femme c’est quoi, alors…

Je dirais une tragédienne fantaisiste

qui adore la comédie…

Le destin des hommes est plus simple,

nous sommes nés joueurs.

On joue à la guerre,

on joue à travailler,

fascinés par le pouvoir,

on jalouse les politiques

et les plus bêtes finissent

même par se prendre au sérieux.

Des hommes, quoi, binaires,

heureux quand on gagne,

désespérés de perdre,

nous avons notre fierté quand même !

Mais les femmes font semblant de ne pas comprendre

combien nos jeux sont importants.

Heureusement, elles savent aimer les enfants.

Merci.

12.03.2008

Comment ?

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Comment faire ?

Comment dire ?

Je pense à elle,

je pense à une femme privée de liberté.

Comment faire pour lui dire

qu'elle ne sera jamais seule,

jamais abandonnée.

Comment lui dire la force des prières

inventées pour elle,

pour Ingrid.

Pour toujours.

11.03.2008

Dernier regard d’hiver

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devant moi, sur le quai triste,
l’infini de la mort,
le suprême apprentissage de la solitude.

Entouré d’un monde gris,
joliment glacé,
je suis perdu,
ours polaire,
trop vieux pour plaire,
le poil terne et les griffes émoussées.

Je suis seul,
sur un morceau de banquise, sali
qui dérive vers un endroit inconnu.

Plus de repère, plus d’amer,
une seule envie,
s’étendre bien à plat,
sur le sol glacé
et attendre que débute la fin.

C’est l’hiver d’une vie,
un pointillé effacé,
si peu de chose.

Enfoui sous une épaisse couche de brume,
je suis la bête polaire
qui disparait,
sans un regard,
sans une pensée hypocrite.

C’est mieux comme ça,
plus digne,
plus propre,
un meurtre parfait.

Tu lui diras merci.

Jeudi 24, 13h05