10.01.2009

La nuit bleue

Emmanuelle Beart 2006 Nuit bleue.jpg




12h45

Rien.


17h04

Une beauté devant à gauche,

une beauté à droite,

avec des pieds magnifiques,

nus dans ses ballerines,

du bonheur en barres.


Finalement, des pieds comme ça,

c’est cochon.


En plus, elle est bien habillée,

sobrement, comme une Italienne

du Nord, avec un pantalon en velours,

sans cote, marron et une jolie veste

trois-quarts à discrets chevrons,

soulignés de gris.


Elle est brune, elle est jeune,

à peine vingt cinq ans, un chignon

bas, un peu décontracté,

une allure d’étudiante studieuse.


La nuit tombe déjà.

Je pense aux canards

qui suivent la Loire.


Ils sont déjà hauts dans le ciel,

ils sont déjà loin de nous,

hors de parole

mais le propos est là, toujours,

il tient bon.


Comme j’aime ses pieds qui rêvent

qu’elle fait vivre régulièrement.

Peut être qu’elle a mal aux pieds,

ou froid ?

Peut être.


La nuit tombe bleue sur Asnières.

La nuit est une femme,

La nuit est une caresse,

la douceur du déjà et du comment,

un parfum de toujours.


J’ai envie d’encore,

pas de fin.


Mardi 18 novembre 2008


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