28.07.2008

Noire et lisse

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On the quai.

Une corneille est là,

noire et lisse.

Elle m’attend.

Elle s’envole et plane.


Elle revient et se pose

à quelques mètres de moi,

sur la pente d’un toit

en tuiles rouges d’ici.


Elle appelle, elle me tutoie.

Comment dire « Hello I love you »

en Corneillan ?

Comment parler, se rappeler ?


Le temps est gris doux nuageux,

je pense à Londres.

Une brise légère berce mes pensées.

La mer au loin,

déjà un courant d’air froid.


Un train bleu passe

dans un grondement d’enfer :

une répétition du 14 juillet ?

Bientôt, déjà.


Un couple de pies traverse les voies

qui sont tellement surélevées

que les trains passent à la hauteur

de la cime des grands arbres

où nichent les pies et les corneilles.


Nous tutoyons les cimes

et les dieux sont parmi nous,

car nous sommes des Indiens

et la divinité habite toute chose,

aussi bien les ours que les pierres grises.

L’univers est vivant.


Jeudi 3 juillet 2008 – 12h01

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