« Primavera | Page d'accueil | Aujourd’hui »
29.06.2008
L’écrivaine, la mère des mots

Une drôle de journée.
Après une soirée de tempête,
un bon coup de sérum de vérité,
pour la route,
ça ne fait jamais de mal…
L’apprentissage de la liberté.
Une page tournée sur l’agenda de la vie.
Bientôt il faudra faire l’apprentissage de la solitude,
à Bangkok ou Paris, être seul : c’est pareil ?
Nul ne saura jamais.
Nulle et non avenue.
Une relation basée sur le mensonge
n’a jamais existé.
Il y a un scénario de roman policier
qui me travaille, j’ai déjà commencé
à dessiner les personnages,
j’adore aller à leur découverte,
c’est comme se retrouver dans une clairière
sombre et humide,
nappée de brume matinale
et puis en silence,
la clarté,
la diffraction du jour
qui renaît.
L’émotion s’installe.
Parfois, il me manque un mot.
Je me lève et je vais à la fenêtre.
La chatte dort et les oiseaux
sont trop préoccupés par leurs piaillements,
alors je demande à Virginia.
Elle est là et elle ne laisse jamais une question
vide de réponse.
Sa voix lentement disait :
« Toute la question est de choisir les bons mots
et de les mettre dans le bon ordre. »
Donc si j’ai bien compris (« Vous compris, vous compris ! »
disait Gunther à mes voisins effarés…),
écrire, cela correspond à deux métiers :
1° Chercheur de mots
C’est assurément un bel ouvrage que de creuser,
de piocher, pour dénicher dans la langue
quelques diamants, quelques fleurs,
des fragments poétiques…
2° Assembleur de mots
Là c’est plus compliqué, car ça se passe
toutes lumières éteintes, dans le noir.
L’écrivaine dit :
« Notre inconscience assure leur intimité,
notre obscurité est leur lumière… »
Donc en fait, c’est un vrai métier moderne,
c’est du mariage de mot…
Ecoutons La Présidente de la république des mots :
« Laisser tomber ce voile d’obscurité a pour effet
d’inciter les mots à se rassembler
en un de ces mariages éclairs
qui forment des images parfaites
et créent la beauté qui dure toujours. »
Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942
Mardi 17 juin 2008
22:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note