31.05.2008

Na Ka

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C’était là-bas, dans les beaux quartiers,

sur les hauteurs de la place d’Iéna,

dans le seizième arrondissement parisien.

C’était le matin, presque l’été.

Encore un peu tôt, pour se retrouver

sur le trottoir mouillé, encore luisant de nuit,

devant le Musée Guimet,

baptisé pompeusement

Musée national des Arts asiatiques.

C’était aux heures hésitantes d’une matinée de Juin,

je me suis dit que Turner aurait bien aimé

ce ciel là. Surement qu’il l’aurait capturé,

transporté plus loin, au dessus de la Seine,

pour tranquillement le déguster.

J’aime bien l’ambiance chico-cosy

de ce petit musé glacé.

J’ai connu une Bretonne flamboyante

qui venait souvent ici. Elle était belle

et palpitante de vie. Et pourtant si

déroutante, ma mystérieuse,

ma silencieuse. C’était une femme.

Voilà l’explication.

Un jour elle s’était posée chez moi,

comme un papillon, elle m’a dit

qu’elle me regardait depuis longtemps,

qu’elle se sentait prête.

Ce fut une rencontre d’une intensité

rare. Ensuite je suis parti en vacances,

au bout de nulle part, en Calabria.

Quand je suis revenu, elle avait disparu,

en me laissant quelques fils de poussière d’or.

Toujours la Chine et le Japon,

toujours les mêmes,

et pourtant, il y a autre chose,

comme un courant, une lumière

qui se lève et traverse le relief

de l’Asie du Sud Est.

L’autre jour ou bien était-ce

une autre vie, je discutais

avec une ange.

C’était a female angel,

une นางฟ้า ,comme elle disait

ou une naang faa si vous préférez.

Elle m’avait dit « Je viens du Pays

du Sourire Na Ka.

Tu es prêt à partir Thee-Rak ? »

Je ne me rappelle plus ce que j’ai répondu,

à ce moment là j’étais dans le bus,

en train de lire une histoire de là-bas,

dans la Cité des Anges dont le nom

à lui seul est le début du roman d’une vie :

« Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude,

ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée

de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme

Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné,

ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn. »


Je pensais aux tours et aux détours,

aux flashes de couleurs qui ponctuent

les rues de Bangkok,

la ville capitale où les Bouddhas sont vêtus d’or

et se promènent assis en tailleur, posés sur un socle,

la jambe droite repliée sur la gauche.

Tiens celui-ci est recouvert d’un enduit noir luisant,

il effectue de sa main droite, la mudrâ

de la prise de la terre à témoin.

Tu m’avais expliqué déjà ailleurs, dans un autre paradis

que ce geste symbolise la victoire de l’Eveillé sur Mâra,

prince des désirs et personnification de la mort.

Le Bouddha, l’Eveillé comme il est appelé,

me regardait, du moins il me semble

que c’est lui qui avait commencé.

Autour de nous, les murs étaient blancs et purs.

« Ca manque de femme… » Je n’ai pas pu me retenir.

C’est vrai ça, c’est comme toujours, les Dieux devant,

les femmes derrière.

Et alors pourquoi n’y aurait-il pas des Bouddhettes ?

Surtout dans ce pays magique,

surement dans une autre galaxie,

où les femmes sont tellement mères

et tellement femmes qu’elles allaitent

leurs bébés pendant deux ou trois ans…

Incroyable, stupéfiant,

j’ai trouvé, après le magicien Dhôtel,

Le pays qui n’existait pas !

devant moi, s’ouvre une petite salle,

je suis attiré par la présence des dharmacakra

les Roues de la Loi, symboles solaires

comme en connaissaient les Celtes,

Celles –ci provenaient du royaume de Siam,

je lisais, l’émotion me prenait.

Une ombre à côté,

une ombre venait.

Je voyais sans voir

des cheveux plus noirs que noirs,

des pieds dans des sandales dorées,

les larmes tombaient je ne sais plus

de quels souvenirs, sur quels chemins.

Prêt à me retourner, à m’enfuir,

retrouver le métro et le train-train parisien.

Une voix douce murmura :

« Tu te souviens Na Ka ? »

Samedi 31 mai 2008 – 9h08

Commentaires

Sawasdee Kha Thee-Rak,

Cette note me fait plein d'émotions...Je lis et relis attentivement, je te vois bien, très bien et très clair...

Tu es au-dessus des Dieux car tu vois des Femmes :))

Je te souviens toujours Na Ka ;)

Ps. Chan-Rak-Ther, malgré tout...

Bonne soirée Na Ka Thee-Rak

*_____________*

Ecrit par : Keng... | 31.05.2008

My เจ้าหญิง Thee-Rak,
Une impression, une émotion m'a pris.
J'étais dans le musée glacé,
je regardais la roue sacrée
et brusquement une ombre de femme thaïe,
une ombre de toi, ma Panthère du royaume de Siam.
Chan gaw rak thuuhr.
Ra-tree-Sawad Na Krup Thee-Rak

Ecrit par : Your Ananda | 01.06.2008

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