30.05.2008

Le canal

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L'homme marchait.
La rue était noire et sale.
C'était près du canal.

Il releva le col de sa veste,
pour se cacher ou
mieux se protéger.

Le froid humide le pourchassait
et lui fuyait, en trébuchant.

Quelle idée, il avait eu !
Et maintenant il était comme perdu.

Il ne pensait plus il marchait,
branché sur pilote automatique,
il croisait le long du canal,
toutes jambes dehors...

Oui, mais il avait froid.

Là-bas, un pont brinquebalant,
un genre de passerelle
époussetée par le vent.

En face, par le trois quart arrière,
il distingue comme un fanal
qui pour lui raisonne comme un signal.

Une terre d'amerrissage,
pour pieds fatigués,
et membres recroquevillés.

Un genre douteux et vaporeux
d'estaminet sans feux.
La porte grince et s'arrache
sur elle-même.

"Messieux-Dames" dit-il
comme pour se parler à lui-même,
car des dames, dans un endroit pareil...

Enfin des vraies dames, je veux dire,
pas des mères-salopes, maquerelles
et filles de joie.

"Et pourtant, pourtant,
Et pourtant, je n'aime que toi..."

Attablé dans le fonds,
près de la fenêtre, il chantait dans sa tête,
ses amours apparus puis disparus.

Machinalement, comme il se réchauffait,
il sortit son carnet, le stylo bleu,
il écrivait, l'encre coulait.
Il respirait.

"Monsieur désire ?"
Il regardait sans comprendre,
il entendait sans voir...

Un ange lui parlait ?

Quelle voix, dans un endroit pareil !
il haussa les épaules, se gratta
l'oreille du coeur, la gauche,
plissa les yeux, continua à écrire.

...

"Que monsieur me pardonne,
je vous dérange, en somme ?"
Il leva les yeux et fut pris
d'une sorte de tremblement.

Il balbutiait, les larmes aux yeux,
il sentait son coeur gémir
et trembler dans lui.

Il répétait :
"Trop belle pour être vraie, trop belle..."

Elle plongea ses yeux dans les miens
et prit ma main.
" C'est mieux comme ça ?"
Je fis oui de la tête, incapable de parler.

Je ne pouvais que la regarder, la respirer.
M'enivrer du flot de ses mots.
J'étais ailleurs, au dessus, au delà du paradis.

Elle me dit : "Je m'ennuie ici, tu m'emmènes ?
- Mais, ma vie, mon travail, mes habitudes,
ma famille, ma patrie ?
- Et moi, alors, je ne suis rien ?
- Tu es tout.
- Tu ne me connais pas !
- Je t'aime
- Tu es fou.
- Oui
-Alors ?

- C'est fini.
Tout est fini.
Je t'emmène.

Le 18 février 2006

Commentaires

*______*

Mon cher Ami étant mon cher Amour,

Une vie n'est pas si longue...Je suis heureuse de t'aimer à la folie...

Tu m'accompagne???
Je t'accompagne à la plage d'Argent???

*_____________*

Ecrit par : Keng... | 30.05.2008

Ps. Je voulais dire qu'à toutes les plages et tous les places où tu aimes...

Ps.2 Chan-Rak-Ther-Maakๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆๆ

*________________*

Ecrit par : Keng... | 30.05.2008

Hello Princesse de Siam et des neuf royaumes,
Comme d'habitude tu vois tout, tu vois juste du premier coup.
C'est vrai que les plages sont des lieux à part, abandonnés et resplendissant de nos espérances.
La Plage d'Argent de Simenon m'a marqué, mais il y en a eu d'autres abandonnées l'hiver en Bretagne sur la presqu'ile de Rhuys, dans le nord de la France, une plage étincelante comme une armure et puis ailleurs le blanc éclatant du calcaire de l'île de Lipari et les plages noires de lave du Paradis de Ponza, et le sable siliceux de Murano et les plages sous le vent de mes rêves les plus fous où se tient une femme debout. Ses cheveux noirs balaient ses yeux. C'est une femme qui m'attend dans un songe hypnotique. C'est la Reine de la Cité des Anges. On l'appelle Keng.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 30.05.2008

*_________*

Bonne nuit Na Ka Thee-Rak...

Ecrit par : Keng... | 31.05.2008

Hello Keng Thee-Rak

chăn rák ter My naang faa bpen têe rák

Je vais bientôt être bilingue Na Krup !

Ra-tree-Sawad My เจ้าหญิง

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 31.05.2008

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