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24.05.2008

Une autre époque

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Virginia Woolf avec sa nièce Angelica en 1932

Je remontais le boulevard Malesherbes,

Un quartier, plein de souvenirs,

douillets et fortunés.

Goldman Sachs et les autres.

L’hôtel particulier où je travaillais,

ma deuxième maison,

transformée en Ambassade,

la maison de Sarah Bernard, toujours là.

A la radio, l’étourdissante nostalgie

du Twist again de Chubby Checker.

J’ai envie de revoir mes souvenirs.

Je me gare rue de Logelbach,

là où la patronne de la pharmacie

était si belle, si snob et si rousse.

Là où le patron de la brasserie

m’appelait Maestro.

Là, c'est-à-dire juste en face

la rotonde du Parc Monceau,

le jardin le plus romantique

de Paris, où j’ai souvent écrit.

J’ai envie de retrouver la senteur

de ces printemps là,

la rougeur d’une robe de satin,

l’éclat d’un collier de perles.

Je marche et je m’assois.

Je suis assis et délicieusement seul.

Je plonge dans mes souvenirs,

mes livres et mes rêves.

Je viens d’acheter la dernière

édition de « La chambre de Jacob »

de Virginia Woolf.

Je pose le livre, sur le banc,

près de moi.

Bien sûr, je l’avais déjà,

mais il s’agit d’une nouvelle traduction,

et puis la collection « La Cosmopolite »

chez Stock est vraiment belle,

alors…

Comment lui refuser, quelque chose

à elle, à Virginia

qui nous a tout donné.

Une jeune femme passe,

dans l’allée ensablée.

Elle me sourit,

je devais parler tout seul,

elle a cru que je parlais aux oiseaux.

Elle s’assoit sur le banc d’à côté.

Je la regarde,

ou plutôt, je regarde ses pieds.

je lui souris,

ou plutôt, je souris à ses pieds.

Je me dis que j’aime bien ses sandales.

Je me dis « C’est du serpent ou la vie ? »

Je regarde Virginia en couverture,

j’ai l’impression qu’elle aussi,

elle est là aujourd’hui.

Mademoiselle Stephen promène son esprit.

Je ferme les yeux, je la vois

dans son jardin au milieu de ses rosiers.

Je me rappelle d’une vieille photo

où la Femme des Femmes

est avec Angelica, la fille de

Nessa sa sœur adorée.

Je prends le livre sur mes genoux.

Je caresse la couverture,

d’un index distrait,

Je savoure.

« Vous permettez ? »

La jeune femme en sandales

s’est assise à côté de moi,

elle tend une main fiévreuse vers le roman.

« Je vous en prie, c’est avec plaisir »

Je suis content de partager ma Woolfette.

Et puis, je me dis que c’est curieux,

toutes ces femmes que j’ai aimées,

elles aimaient si peu les livres,

alors aujourd’hui…

Je respire profondément.

C’est drôle la vie.

Je suis là, à contempler une femme

jeune et de type asiatique,

elle lit mon livre et je suis content.

Un air de Michel Berger

me trotte dans la tête depuis un moment

Je ne peux m’empêcher de fredonner :

« Mademoiselle Cheng, Mademoiselle.. »

Lentement et comme à regret,

elle quitte le livre des yeux et me regarde :

« Pas Cheng, Mademoiselle Keng »

Samedi 24 mai 2008

Commentaires

Je pleure, je souris et je ris...tu sais !!!

Merci pour tout Na Ka...

ราตรี สวัสดื ค่ะ เจ้าชาย

Ecrit par : Expresso... | 24.05.2008

Je te souhaite une bonne nuit.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 25.05.2008

Goog morning Maestro,

Have a nice Sunday Na Ka...
C'est un grand plaisir de lire et relire cette note...

*_________*

Ecrit par : Expresso... | 25.05.2008

เจ้าหญิง เป็นที่รัก
Le plaisir, c'est de te faire sourire Na Krup.
Je n'ai pas réussi à traduire :
ราตรี สวัสดื ค่ะ เจ้าชาย
mais, chan gaw rak thuuhr
my ไม่พบคำ Tee-Ruk

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 26.05.2008

*_____________*

T'es mignon...

J'ai mal écrit les mots thaïs avec l'alphabets latins. C'est pour ça tu n'as pas trouvé dans ton traducteur...

"Tee-Ruk", ça doit écrire "Thee-Rak" = ที่รัก ou เป็นที่รัก = Cher, chère

ราตรี สวัสดื ค่ะ เจ้าชาย = Goognight Kha Prince
เจ้าชาย = Prince
เจ้าหญิง = Princesse (tu connais)

chan gaw rak thuuhr....me too :))

*__________*

Ecrit par : Expresso... | 26.05.2008

เจ้าหญิง เป็นที่รัก

Chan gaw rak thuur My ไม่พบคำ เป็นที่รัก

C'était si long, tout ce temps,

cette noirceur où tu n'étais pas.

ฉันรักเธอ My เจ้าหญิง

Ecrit par : Your Ananda | 26.05.2008

Good Morning Maestro :))

C'est celui-ci que j'ai pensé...mais peut-être je me suis trompée...c'est peut-être le banc dans le jardin ???

*________*

Ecrit par : Apinya | 16.08.2008

Oui, mon Ange
Tu t'es trompée, le banc est dans le Parc Monceau où j'avais mes habitudes pendant de nombreuses années.
Je suis content d'avoir relu ce texte, pas mal, je trouve.
Baisers pour tes pieds, pour la vie.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 16.08.2008

Mon Maestro Tee Rak,

J'irai un jour au Parc Monceau, le jardin le plus romantique de Paris...je penserai à toi, j'imagine !!!

Tes écritures sont toujours belles et plein d'émotions...plein de choses qui rendre heureux aux lecteurs...

BONNE JOURNEE

Ecrit par : Apinya | 16.08.2008

Le bonheur dans tes yeux,
c'est tout ce qui compte,
Princesse for ever.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 16.08.2008

Sawasdee Kha de Thailande,

J'ai envie de revoir mes souvenirs en France...

Je suis tres heureuse de relire tes notes...heureuse aussi d'avoir apporter beaucoup de livres en francais surtout ceux de Virginia Woolf...

A plus...

Ecrit par : Keng | 25.01.2009

Hello Princesse Thaï,
C'est un grand bonheur de te revoir ici où tu es chez toi,
parmi tous ces mots que nous avons partagés.
Prend bien soin de toi Na Krup.
Je t'embrasse.

Ecrit par : LPSP | 25.01.2009

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