05.07.2008

La Russie

Amu Darya River (Oxus) by Audrey H.

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La découverte, l’émergence

d’une femme de mots,

Julie Wolkenstein,

pour son quatrième roman

Happy End.

Comment ne pas tomber

dans le vertige d’un livre

qui s’ouvre sur un extrait

de « To the Lighthouse »

de ma Woolfette pour la vie.

C’est un bonheur total,

une promesse pour les demain

de bientôt.


Et puis, un grand monsieur,

John Cheever, pour la réédition

de son premier grand roman,

Les Wapshot.

Début de la célébrité,

d’un raconteur d’histoires,

une autre façon de dire merci

au talent de l’écrivain.


Et puis, encore une légende,

Marina Tsvétaeva,

la Russie faite femme

dont on retrouve toute la correspondance

avec elle-même et d’autres.

Et puis, ce petit recueil,

Le Diable,

de trois récits écrits en France,

dans la banlieue de mon enfance.

Le début d’un frisson

qui est toujours là,

qui ne partira plus,

maintenant.

Jeudi 19 juin 2008 – 18h30

04.07.2008

Libre

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Partager le bonheur

des jours et de l’amour.


La voix d’Ingrid est une lumière

pour beaucoup d’entre nous.


Il y a des moments

comme ceux-là où nous ressentons

une légère fierté d’être humains.


Ingrid, tu illumines le chemin des hommes,

ta liberté est la notre,

te revoir avec tes enfants

est notre récompense.


Nous ne méritons surement pas de t’aimer,

mais nous essayerons,

pour toi,

la combattante.


Vendredi 4 juillet 2008

Gouttes

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T 1959 par Saul Leiter


Un jour de pluie.

C’était bien.

Juste un peu de douce mélancolie.

Obligé d’éloigner le couple de geais

qui n’avaient pas décelé la présence

de la voisine rousse et blanche

tapie dans le feuillage d’un hosta.



Ce soir, un feu d’artifice de bonheur,

la libération d’Ingrid Betancourt,

quelle femme impressionnante,

un miracle qui nous fait croire à la vie.

Je vais enfin avoir le courage de lire

« Lettres à maman, par delà l’enfer »

écrites par Ingrid et Mélanie.


Je viens de dévorer les 737 pages

du somptueux « Nous étions les Mulvaney »

de Joyce Carol Oates.

C’est bien un chef d’œuvre de la prof de Princeton

qui est bien la digne héritière de la Woolfette,

avec ses héroïnes féminines qui sont

d’éternelles jeunes filles romantiques

tout en étant des sœurs, des femmes

et surtout des mères dotées

d’un incomparable sens poétique,

des silhouettes élégantes au service

d’un esprit pur.


Demain les filles iront faire les soldes

au Printemps (quel courage !) pendant

que je plongerai avec délice dans les étals

de la Librairie Gallimard,

il y a des soldes partout, non ?


Mercredi 2 juillet 2008

Brise légère

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On quai.

Ce matin, soleil et légère brise,

un temps magnifique pour marcher.

Dernier matin de cours

de l’année universitaire.

Bien sûr, je suis content

et je suis triste

de ne plus voir les filles.

Elles sont si mignonnes,

tendres et sauvages,

les reines de la vie,

si jeunes et déjà si femmes,

si mères.

Elles possèdent toutes un copain

dont elles prennent soin,

comme d’un bébé,

avec le courage des mères

qui s’occupent de tout,

qui veillent sur nous.

Nous sommes les enfants de la terre,

elles sont les déesses de l’univers.


Je suis toujours déçu par les dossiers

qui n’en sont pas.

C’est le cas des Ecrivaines anglaises

mal traitées par le Magazine Littéraire.

Deux trois articles présomptueux

incapables d’évoquer avec dignité

le talent de la Woolfette,

comme si les plumes amères

avaient peur,

jalouses, sûrement,

de son immense talent,

des femmes assurément.

Vendredi 27 juin 2008 – 8h21

Paupières lourdes

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AIDAbella sur l’Elbe près de Hambourg


Un teuf-teuf presque vide,

avec juste, quelques femmes à pieds.

Trois, c’est mieux que rien.

Aujourd’hui, pas de veste,

marre d’avoir trop chaud.

Ma nouvelle chemise bleue

en lin, est parfaite.

Le train c’est bien.


Une vie sans femme,

oui mais une existence

avec des personnages,

à faire vivre, à aimer.


Des Thuyas saugrenus,

à Asnières, sur le quai,

que font-ils là ?

Ils se promènent ?

Le soleil sans la mer,

il reste la Seine.

Il me vient l’envie

de tout et de rien.


Des beaux pieds,

des seins décontractés,

un joli visage,

presque endormi.

Paupières lourdes,

pensées épaisses,

le rêve n’est pas loin.


Le train ralentit,

nous touchons au port,

le navire atterrit,

le train active ses servofreins.

Il est en approche,

les deux pattes

descendues vers le sol.


Spectacle désolé de voies et de rails,

de fils et de poteaux,

de bâtiments déglingués

et d’inscriptions étranges.


Les femmes savent faire

des gestes charmants,

avec les bras en équerre,

la main pendante…



Jeudi 26 juin 2008 – 10h24

Train-train du bonheur

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Penn Station


Banc / Quai / Gare.

Travail / Médecin / Examens.

Le train-train quotidien.

Les mots avancent,

les lignes se dessinent.

Norman Mailer m’indiffère.

Je trouve qu’il écrit un peu à la manière

d’Henry Miller, le génie en moins.

Il reste l’ennui et de vagues

détails scatologiques.



Je vais voir les filles,

cet après-midi,

encore,

c’est du bonheur.

Demain c’est le dernier jour

de cours.

Après, pendant deux mois,

je serai privé de leur présence

si rafraichissante.

Dur.

Très dur

Jeudi 26 juin 2008 – 10h16

03.07.2008

Brunitude

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Virginia

C’est une femme

qui faisait des miracles,

des mirages aussi,

qu’elle étalait sous nos yeux.

Un habitat dans la lande,

the Barrens, là-bas au pays

de Joyce Carol Oates.


Que de cheveux noirs !

Que de brunitude !

Les peaux sont claires

ou moins claires

ou plus foncées.

Les femmes ont toujours

des pieds.

C’est quand même

le plus important.

Jeudi 19 juin 2008 – 12h59

01.07.2008

Printemps, version automne

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Un temps de printemps,

version automne, avec nuages,

vent, ciel gris et bientôt la pluie.

Les femmes indifférentes,

promènent leurs tongues

et leurs envies d’ailleurs.

Imperturbables, elles arpentent le quai,

elles parlent, elles parlent,

elles n’arrêtent jamais.

Dingue, comme c’est utile

ces téléphones là…

Les avions ronronnent discrètement.

On ne les voit pas,

au dessus des nuages,

ils cherchent le soleil.

C’est la saison où les femmes migrent.

Elles abandonnent leurs foyers,

leur mari, leur maison.

Les enfants sont casés,

au Maroc ou en Irlande,

l’homme se débrouille,

elles s’en fichent,

elles vont bronzer,

attirées par le soleil,

comme les phalènes de Virginia

le sont, par la lumière des lampes.

Une œuvre densifiée

par les papillons de nuit,

Qui l’eut cru ?

Jeudi 19 juin 2008 – 12h49

30.06.2008

Aujourd’hui

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Aujourd’hui, ce matin,

le soleil est revenu.

Hier, c’était la pluie,

ce matin, c’est mon soleil

qui me réchauffe

et me fait penser à d’autres mots,

quelques horizons.

Hier, je marchais.

Hier, j’étais seul

et je pensais

à la solitude de Virginia,

je me demandais

comment elle l’habitait ?

Vendredi 13 juin 2008 – 8h27

29.06.2008

L’écrivaine, la mère des mots

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Une drôle de journée.

Après une soirée de tempête,

un bon coup de sérum de vérité,

pour la route,

ça ne fait jamais de mal…

L’apprentissage de la liberté.

Une page tournée sur l’agenda de la vie.

Bientôt il faudra faire l’apprentissage de la solitude,

à Bangkok ou Paris, être seul : c’est pareil ?

Nul ne saura jamais.

Nulle et non avenue.

Une relation basée sur le mensonge

n’a jamais existé.


Il y a un scénario de roman policier

qui me travaille, j’ai déjà commencé

à dessiner les personnages,

j’adore aller à leur découverte,

c’est comme se retrouver dans une clairière

sombre et humide,

nappée de brume matinale

et puis en silence,

la clarté,

la diffraction du jour

qui renaît.

L’émotion s’installe.

Parfois, il me manque un mot.

Je me lève et je vais à la fenêtre.

La chatte dort et les oiseaux

sont trop préoccupés par leurs piaillements,

alors je demande à Virginia.


Elle est là et elle ne laisse jamais une question

vide de réponse.

Sa voix lentement disait :

« Toute la question est de choisir les bons mots

et de les mettre dans le bon ordre. »



Donc si j’ai bien compris (« Vous compris, vous compris ! »

disait Gunther à mes voisins effarés…),

écrire, cela correspond à deux métiers :


1° Chercheur de mots

C’est assurément un bel ouvrage que de creuser,

de piocher, pour dénicher dans la langue

quelques diamants, quelques fleurs,

des fragments poétiques…



2° Assembleur de mots

Là c’est plus compliqué, car ça se passe

toutes lumières éteintes, dans le noir.

L’écrivaine dit :

« Notre inconscience assure leur intimité,

notre obscurité est leur lumière…
»

Donc en fait, c’est un vrai métier moderne,

c’est du mariage de mot…


Ecoutons La Présidente de la république des mots :

« Laisser tomber ce voile d’obscurité a pour effet

d’inciter les mots à se rassembler

en un de ces mariages éclairs

qui forment des images parfaites

et créent la beauté qui dure toujours. »



Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Mardi 17 juin 2008

Primavera

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Un coup de train,

en plein soleil.

Chemisette, veste légère.

L’été à Paris.

Les filles en robe légère,

en short ou en mini jupe,

les sandales et les nu-pieds.

Partout, un océan de plaisirs,

à déguster avec les yeux.

C’est bon quand même,

la chaleur dans les yeux des femmes,

languides.

Mes étudiantes aussi,

sont touchées par la grâce.



Les prix des matières premières

qui sont aussi des produits

de première nécessité,

s’envolent.

Les pauvres vont trinquer.

Je sais, cela n’intéresse personne.

La politique, c’est du mauvais marketing,

il n’y a pas de marché efficient,

rien que des produits imposés.

Pourquoi ne vote-t-on pas

pour Madame Obama ?

Mardi 10 juin 2008 – 14h58

Le plancher craque

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8h26 – On train

je suis faible, je sais.

je fais semblant de résister

et puis je suis emporté

par le vertige des phrases.

Donc, je n’ai pas pu résister

à la réédition du Hameau

de William Faulkner,

préfacé par André Malraux.

Faulkner qu’on lit,

qu’on relit, qu’on dévore.

C’est encore meilleur,

à chaque fois.

L’écrivain total.

Merci.


Pour accompagner l’homme du Sud,

celui qui avait le génie de la vie,

une femme du Nord, Julia Glass

qui vit en Nouvelle Angleterre

et nous raconte les Jours de juin,

l’errance du temps qui passe.


Un fantôme est revenu,

me voir, me dire,

sans réelle surprise,

fantomatique.

Le truc qui arrive,

on a envie de dire

et puis on ne sait pas,

on ne comprend pas à qui,

à quoi on a affaire.

C’est comme discuter

avec une trame de ciel,

on ne sait jamais ce qu’il y a

sous la panoplie de gouttes :

esprit, ange ou absence,

sensation diabolique de vide

qui nous entraîne vers l’infini.


La fraicheur du matin est apaisante.

Les deux K de ma vie sont parties,

un pan du jour s’est effondré,

le plancher craque,

l’horizon risque de tomber en désuétude.

Que reste-t-il ?

A part admirer les pieds des femmes,

admirer l’admirable, respirer l’envie,

le sel minéral du corps désiré,

à travers les miroirs de l’âme.

Vendredi 20 juin 2008

24.06.2008

Après la vie, c’est toi

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Mélancolie par Mikio Watanabe

Pour te voir, femme unique,

je suis retourné au début de l’année 2005.

Le 2 janvier, à 14h33 je parcourais les galeries

du Grand Palais, à ta recherche.


Les Pêcheuses de coquillages ne sont plus seules.

Elles s’appellent maintenant les pêcheuses d’abalones

et font partie d’un triptyque

d’estampes ôban daté de 1797-1798.


C’est toujours mon oeuvre préférée.

Celle qui te ressemble.

Celle qui me rappelle.


Les cigognes qui se promènent à Strasbourg,

Les flamands roses, dans le Bois de Vincennes.


Les barques au bois de Boulogne,

Un cocktail au Chalet des îles.

Tes longues jambes, ton doux sourire.


A travers la vitre du Sofitel, à Marseille,

C’était le Vieux Port.

Le soleil n’en finissait pas de se coucher.

Tu étais là, patiente et un peu timide.


Je t’aimais trop, déjà.


Fragment publié sur Canal Blog le 12 février 2006 à 21h04, en accompagnement d'une note sur le maître japonais de l'estampe Utamaro Kitagawa

22.06.2008

Les mots, la vie

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Hier la fête des pères, donc des cadeaux de femmes
pour un homme : chemise en lin, pantalons en gabardine,
et puis une délicieuse musique l’album « every second counta »
du groupe PLAIN WHITE T’S, et puis mes nourritures préférées,
des livres, natürlich : « Une ombre sans doute » de Michel Quint
et « La Chambre aux échos » de Richard Powers.

Aujourd’hui, je suis avec ma Duchesse de Guermantes
qui est sur son ordi, en face de moi. Elle écoute Let’s twist again
par Chubby Checker et C’mon everybody d’Eddie Cochran.
Pendant ce temps j’admire mon fond d’écran. C’est Angelina Jolie
qui me regarde désirer ses pieds de panthère.

Et toujours présente, comme la mer, comme une caresse,
comme une vague, comme l’amour d’une femme,
Virginia me parle toujours, des mots :

« On peut les attraper, les trier et les classer
par ordre alphabétique dans les dictionnaires.
Mais les mots ne vivent pas dans les dictionnaires,
ils vivent dans l’esprit
. »

C’est plus qu’un amour, plus que de l’adoration,
une sorte de croyance, une foi qui me fait aimer
ma Woolfette et le cosmos qui tourne autour d’elle
mon cœur qui bat pour elle, la femme absolue,
la Mère des mots.

Ce matin l’épreuve de philo du bac, c’était difficile.
Je me vante souvent de bien connaître l’œuvre de
Tocqueville et pourtant je n’ai rien compris au sujet,
un court extrait de La Démocratie en Amérique où
le grand homme semble dire tout et son contraire…

Je trouve dommage de chipoter sur deux trois lignes
tordues alors que la pensée de Tocqueville est
tout à fait exceptionnelle par son modernisme !

Par contre, les autres sujets
sur le désir et la souffrance d’une part,
et la connaissance de soi et des autres d’autre part,
étaient difficiles mais vraiment intéressants.

J’ai envie de partir, de m’envoler,
de planer au-dessus de la Manche.
J’ai besoin de respirer l’air de Londres,
de suivre la Tamise en écoutant
l’écho de la voix caressante
qui nous apprend la vie des mots :

« Ils ont des mœurs étranges et variées,
comme celles des humains,
vagabondant de-ci de-là,
tombant amoureux et s’accouplant.
»

Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Lundi 16 juin 2008

How ?

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Comment écrire, sans train ?

Comment dire le tout et le rien ?

Plus de rails ni de ciel changeant,

et les panneaux et les poteaux

emmêlés de fils plus ou moins électriques

câbles noirs, torsadés ou lisses

souvent crasseux, presque abandonnés.

Oubliée la chevauchée fantastique,

en trois – quatre leçons, vers le célèbre

Terminal de Santo Lazaro ?

Cette galopade raillesque

qu’on pourrait prendre pour une galipade.

Cette course vers là-bas,

la ville qui nous attend

pour mieux nous avaler, nous digérer

dans le souterrain de ses entrailles,

le serrement de la foule

qui tangue, hésite et avance

dans le silence bruyant d’un matin ordinaire

bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.

Pourtant La Seine était verte et bleue

comme une mer de bonne humeur.

Elle était haute et caressait les berges

de son clapot incessant

soulevé par la caresse du vent.

Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,

vous me direz : normal, c’est le cœur !

mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?

Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,

d’utiliser une position préférentielle

pour illuminer les hauteurs de Paris,

tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,

des bourgeois du dimanche déguisés en

castro-communistes, défilent sous la pluie…

Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien

que ça tombe sur quelqu’un !


Jeudi 1er mal 2008 – 18h28

21.06.2008

Suissesse

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Edwatd Hopper, 1938, Compartement C, Car 293


On train.

Une vengeance sur la vie,

sur les femmes que j’aime

et qui ne m’aiment plus.

Le plaisir sans partage

d’inviter dans ma vie

de nouveaux auteurs,

désirés, attendus,

depuis plusieurs semaines, déjà.

Une Suissesse,

Annemarie Schwarzenbach,

pour La mort en Perse,

du grand mythe

pour une authentique

figure de femme

de l’entre deux guerres.

Tragique, comme souvent

les destins de cette époque.

Elle aurait pu connaître Virginia,

la croiser en Grèce, en Italie

ou dans le Sud de la France.

Elle est morte en 1942,

un an après Madame Woolf,

mais elle était plus jeune que Virginia,

l’écrivaine suisse n’avait que 34 ans.

Elle avait beaucoup de talents,

archéologue et photographe

pour dessiner le récit

d’un voyage intérieur,

à l’infini de nous.

Jeudi 19 juin 2008 – 18h20

15.06.2008

Les mots, l’écrivain et la vie

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Ce soir, les mots chantaient. Amy illuminait
le Porchester Hall de Londres, c’était en mars 2007.
Le 29 aout, Elle sera à Saint Cloud, avec nous.

Virginia parlait à la radio :
« Vu que les mots résistent aux incessantes altérations
dues au temps plus que toute autre substance,
c’est donc qu’ils contiennent le plus de vérité. »


Qui mieux qu’elle, dans ces siècles passés,
pourrait mieux en parler. Elle qui est immortelle
et qui pour moi n’a jamais été aussi vivante.

Virginia parlait des mots :
« Les mots, si on les emploie correctement,
semblent capables de vivre toujours. »


Virginia tu me manques tellement,
Virginia, j’ai envie de te voir,
de respirer l’écho de ton esprit en mouvement,
de sentir la présence de ton corps de femme.
J’aime quand tu parles trop vite,
je ne comprends rien et je m’amuse
de ton regard surpris, j’ai l’impression
que tu supportes mon sourire.
Tu as compris que je n’étais qu’un chien
comblé d’être à tes pieds.

J’entends encore ta voix :
« Les mots sont pleins d’échos, de souvenirs,
d’associations.
Ils ont vécu dans le monde, sur les lèvres des gens,
dans leurs demeures, les rues et les champs
depuis des siècles. »


Moi aussi je vis avec des mots de tous les pays
du monde et d’ailleurs. Les murs et les étagères
les abritent. Les derniers sont arrivés
de Slovénie : Sonetni Venec
et de Thaïlande :
ขอบคุณมากๆค่ะ อนันดาเพื่อนรัก

Il y a des Larousse, il y a des Littré,
et des grammaires et des Atlas et des
Dictionnaires encyclopédiques ou de synonymes.
Il y a New York, le Vocabulaire et la Grammaire pratique
Il y a… Une Femme, un génie qui nous apprend :

« Un mot n’est pas un mot
tant qu’il ne fait pas partie d’une phrase. »


Virginia Woolf - The Death of the Moth, 1942

Samedi 14 juin 2008

11.06.2008

To the Lighthouse

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Un phare.

Un clignotant, un rouge et blanc ?

Un phare à éclats,

Une colonne, un repère,

Pour toi la Navigatrice de mon âme.

Il y a quelque part un chenal,

en eau calme,

dans le clapot du petit matin,

signalé par des balises

quelque peu désuètes.

Un cône vert pâle

signale le tribord de mes envies

dans ce Havre, ce Harbour de Paradis

où une femme m’attend,

vêtue de blanc.

Va-t-elle me reconnaître,

après si longtemps ?

Je retournais dans la cabine

et avec frénésie je retrouvais,

je serrais contre mon cœur,

le premier livre qui avait choisi

de m’accompagner :

To the Lighthouse de Virginia Woolf

est pour moi le livre le plus abouti

et le plus riche de ma Reine anglaise.

C’est une œuvre complexe,

un peu plus que Mrs Dalloway

et un peu moins que The Waves.

Dans les trois cas, on retrouve

la construction en trois parties qui joue

sur les époques, les personnages et les lieux.

Dans « La promenade au phare » appelée

parfois « Vers le phare », les trois parties

sont The Window, Time passes et The Lighthouse.

Ici, ce n’est plus Mrs Dalloway, c’est Mrs Ramsay

qui évoque encore plus Julia Stephen,

la mère de Virginia.

Virginia adorait sa mère qui était intelligente,

généreuse et d’une grande beauté.

J’adore la douceur élégante de cette femme

qui est mère sans ostentation quand elle dit,

d’un ton compatissant, en lissant les cheveux

de son petit garçon, au début du chapitre 3 :

« Peut-être découvriras-tu à ton réveil que le soleil

brille et que les oiseaux chantent »

THE WINDOW

3


“Perhaps you will wake up and find the sun shining and the birds singing,”
she said compassionately, smoothing the little boy’s hair, for her husband, with his caustic saying that it would not be fine, had dashed his spirits she could see. This going to the Lighthouse was a passion of his, she saw, and then, as if her husband had not said enough, with his caustic saying that it would not be fine tomorrow, this odious little man went and rubbed it in all over again.



Virginia était alors une petite fille.

Dans la maison de vacances louée par ses parents,

Talland House à Saint Yves en Cornouailles,

il y avait une fenêtre à l’étage

où la vue était attirée par le phare,

le Godrevy Lighthouse.

Elle n’a jamais oublié.


« Perhaps it will be fine tomorrow, » she said, smoothing his hair.


Maintenant, la lumière est blanche.

Nous avons accosté.

Je regarde le ciel argenté.

Un semblant de brise,

je me dis que demain le vent va tourner.

Je ferme la porte du roof,

un bruit sourd sur le pont,

une démarche souple,

deux pieds nus…

Mon rêve est là.

C'est toi.

Lundi 9 juin 2008

07.06.2008

Blanc, noir

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Des éclairs noirs dans le ciel.

Un voile blanc et des éléphants

en transes qui dansent de joie.

C’est la fête du quartier,

la célébration des voisins,

le carnaval des envies.

Tant de choses à faire,

tant de livres à lire

et de pages à écrire,

souvent elles me demandent :

Alors ça avance ?

Certaines s’impatientent,

d’autres m’encouragent…

C’est vrai qu’en ce moment,

je ne suis pas très sérieux.

Pourtant j’écris du matin au soir,

mais je délaisse Ludivine et son histoire,

Norma aussi, d’ailleurs…

Il y a un truc qui ne va pas,

je ne dois pas être assez malheureux,

il me manque ma dose de désespoir.

En plus je suis traqué par les livres,

maintenant même dans le Supermarket

à côté de la maison, là où habite

la plus belle femme du monde,

il y a des bouquins intéressants.

Donc ce matin, calé entre mes 5 kg

de tomates grappe et les poivrons farcis,

j’ai ramené un petit livre lumineux

« Lettres à maman » écrites par les

deux filles d’Ingrid Betancourt,

une mère et une femme, à part.

Nous sommes peu de chose,

et à certains moments,

on se sent encore plus petits.

J’ai envie de partir à New York,

je veux aller à Londres,

en faisant un détour par Bangkok.

J’ai envie d’embrasser la mer

et le ciel à Coney Island,

nager avec les dauphins,

boire une bière avec les ours.

J’ai envie d’entendre

le frou-frou d’une robe trop chère,

le bégaiement d’un canari fiévreux

à Barcelone, après les Ramblas

là où une fille en noir dansait

le soir…

J’ai envie des tes cheveux noirs.

Appelle-moi Ananda.

Vendredi 6 juin 2008 – 18h39

06.06.2008

Woolfette

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Hier, l’Angleterre était à l’honneur,

enfin, plus que d’habitude,

je veux dire,

dans mon cœur.

J’ai commencé par visiter

un endroit magique,

en plein cœur de Paris,

d’ailleurs, c’était également

la journée du cœur.

Ensuite, à la devanture d’un kiosque

J’ai aperçu Virginia, donc j’ai acheté

Le Monde pour son supplément littéraire,

Le Monde des Livres, avec deux superbes

photos de Virginia et un grand article

consacré à la parution des deux Journaux,

l’Adolescence et l’Intégral.

J’ai pris le métro, puis arrivé à la gare

Saint Lazare, je me trouve nez à nez

avec la dernière livraison du

Magazine Littéraire, consacré aux

romancières anglaises, illustré par un joli

dessin d’une théière où trône le portrait

de Madame Woolf.

Et puis en rentrant chez moi, j’ai fait un

ultime arrêt à la librairie d’à côté

pour prendre le dernier numéro de la

collection « Le Monde de la philosophie »

dédié à David Hume, un contemporain

et un copain d’Adam Smith.

Il y a des jours, comme celui-là,

où la vie est encore plus belle,

où simplement,

tu es là Na Ka.

Vendredi 6 juin 2008 – 18h39

Silence

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Une promenade dans les bois,

une ballade en bord de Seine,

un aller et retour à Londres,

une bise à la Tamise,

une prière devant Hyde Park Gate.

Un retour enflammé.

Où irons-nous diner ?

La Brasserie Lipp ou La Coupole.

Déguster quelques souvenirs,

déterrer les pavés en bois

du boulevard Saint Germain,

Là ou régnait Oriane,

Duchesse de Guermantes.

J’ai envie de dormir au premier étage

de la Tate Gallery,

devant le grand tableau jaune,

Venise,

par Turner,

de la magie qui ensorcèle l’art.


Et puis un beau jour,

après une sale nuit (pardon Barbara)

Le train finit par atterrir.

Les parachutes sont sortis.

C’est grisant, grisé comme la conquête

de l’Ouest et des étoiles.

Je ne veux pas entendre,

les mots affichés sur l’écran noir

d’une journée blanche.

Je ne veux pas lire ces saloperies de mots.

Et pourtant, il suffit que je tourne la tête

pour regarder une jupe écossaise qui me frôle,

un instant, un seul instant,

un Moment de pas Being,

je me comprends…


Elle,

Elle m’a dit

« Ne sois pas triste,

tout va bien ! »


Silence,

absurde silence.

Je me sens comme un chien Thaï,

abandonné,

au bord de la route.

Tout est noir,

maintenant,

vivement la fin

Vendredi 6 juin 2008 – 01:23

03.06.2008

Ecrit

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Un compartiment comme les autres,

bien aligné, sans zèle inutile,

juste bleu et gris.

C’est écrit, c’est signé.

Le papier froissé, tirebouchonné,

défroissé.

Dans le train, l’homme écrivait, essayait.

Il pensait qu’il écrivait,

alors forcément il souriait ;

il visitait les pièces de ses rêves,

ouvrait les tiroirs de son cœur,

« Tiens il faudra refaire les murs,

le papier peint a jauni,

les cloisons ont gauchi… »

Et puis l’œil dans le vague,

il se demandait, un sourcil relevé :

« Qu’est-ce qu’on va bien manger ce soir ? »

Sa voisine lui jeta un soupire compatissant,

c’est bien vrai que la vie était dure, maintenant.

Elle plongeait la tête, le nez pincé

dans un Voici-Voilà plus laid qu’un Paris-Match,

A moins que…

C’est pas le tout, mais il faut écrire,

le train ne va pas attendre, personne

n’attend personne, de nos jours.

L’homme au papier froissé range son stylo

à la pointe dorée.

Les yeux fermés, un dernier effort,

il se concentre et puis se rendort…

« Amour de ma vie.

Je suis si heureux, tu sais.

Commencer une journée comme ça,

entouré, bercé par ton amour de femme,

c’est extraordinaire.

Cela fait si longtemps

que je n’ai pas connu une telle plénitude,

que je ne me suis pas senti aussi bien

avec quelqu’un.

Quoiqu’il arrive dans l’avenir,

tu m’auras déjà donné quelques unes

des plus belles heures de ma vie.

Ma Princesse, tout mon être résonne de toi.

Pour la première fois, j’ai emmené

mon Que sais-je ? avec moi,

envie de porter un morceau de Toi.

Vendredi 30 mai 2008 – 8h24

Lettre simple

SATURDAY, JANUARY 28, 2006

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Ce soir, je suis triste.
Je suis seul.
Tu es partie, tu m'as abandonné.

Ce soir, j'ai envie de pleurer.
Je n'ai pas reçu de lettre de toi.
Aujourd'hui, tu ne m'as pas écrit.

Je n'ai pas envie de travailler.
Je me sens vide, vidé de mon sens.
Je ne ressens rien, anesthésié par la douleur.
Ce soir, je suis seul.

Je savais bien, je le savais.
Tout ce bonheur, toutes ces couleurs,
tes manières et ta grâce,
Tous les jours, autant de mots étoilés
pour moi...

Je n'en suis pas revenu,
tellement tu m'as ému.
Pourtant je savais
que je ne mérite pas tout ça.

L'oasis de ta tendresse
est le mirage de mon coeur.
Tu m'as donné des choses si belles,
des impressions irréelles...

Tu m'as mis entre parenthèses.
Tu as commencé ton week end,
sûrement c'est quelqu'un que tu aimes.

J'ai fini le mien.
Je n'attends plus rien.

Je pleure de t'aimer.

POSTED BY LAPORTESANSPORTE AT 6:03 PM 0 COMMENTS

01.06.2008

Le temps

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Vivre pour aimer, pour donner,

pour partager.

C’est un programme intéressant.

Un voyage qui me plait.

Comme disait Woolfette Suprême :

« The Voyage Out »

Difficile à traduire mais tellement beau,

d’un sens à elle.

« Virginia, j’aimerai être poussière

sous tes pas. »

Au menu : de l’amour et des jours.

Des heures simples, sans ornement.

Des heures avec le ciel et la mer.

Un temps d’arrêt, un temps d’appel.

Le temps de me réveiller

de la plus belle nuit du monde,

quand tu es dans mes bras,

quand tu respires contre moi,

quand tu es là.

Le temps,

ce n’est pas de l’argent.

Le temps,

c’est de la vie.

Jeudi 29 mai 2008 – 13h26

31.05.2008

Train de vie

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Train de jour, train de vie.

Train de nuit, train d’envie.

Toutes ces choses incroyables

qui appartiennent au mystère de la vie.

Comment as-tu réussi,

à partir d’un autre système solaire,

à vaincre toutes les inerties polaires

et à subjuguer ce qui me tient lieu de cerveau,

à savoir : une goutte de folie ordinaire.

Voilà je suis fou de toi.

Est-ce bien raisonnable ?

Bien sûr que non diront les grincheux,

les hargneux, les miteux et les taiseux.

Mais quand on est déjà mort une fois,

qu’est-ce qu’on risque à respirer

le parfum du jasmin,

à pénétrer sur la pointe du cœur

Au Pays du sourire.

Une contrée étrange

où même les éléphants sont élégants !

Je suis là, je vais et je viens,

je travaille, je ramène les souvenirs

qui traînent, j’écris le chemin

d’une vie de grisailles pétillantes,

de morsures indéfinies.

Jeudi 29 mai 2008 – 13h18