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14.05.2008
Morsang ou le Roman d’une dactylo

C’est un des plus grands écrivains de langue française. Ses livres ont été vendus à plus de 550 millions d’exemplaires et pourtant il est mal connu.
Georges Simenon est un écrivain mal aimé. Surement parce qu’il a rapidement vécu de sa plume et qu’il est devenu riche, même très riche, ce qui est plutôt mal vu du côté des soi-disant intello-socialo-parigo.
Il a surement été victime du personnage de Maigret qui a occulté la partie la plus intéressante de son œuvre.
Simenon à l’instar de son collègue non-français Blaise Cendrars a eu une vie extraordinairement extravagante d’écrivain voyageur.
Cela lui a permis d’interviewer Trotski, de croiser Hitler dans un ascenseur à Berlin puis un peu plus tard de faire la connaissance de Picasso et Derain dans le Sud de la France.
La vie du Liégeois Georges Simenon est un roman :
En 1923, il épouse, le 24 mars, Régine Renchon, une peintre rencontrée en 1921 qu’il a surnommée " Tigy ". Il écrit des contes pour plusieurs journaux et est pris comme secrétaire par le marquis de Tracy.
En 1924, il quitte le marquis de Tracy. Il écrit des contes pour plusieurs publications, notamment Le Matin, dont Colette est la directrice littéraire. Il écrit son premier roman populaire Le Roman d'une dactylo.
En 1925, Simenon passe l'été à Etretat, l'hiver, place des Vosges. Il rencontre Joséphine Baker. Leur liaison brûlante durera jusqu’en 1927.
En 1929, il fait construire un cotre de dix mètres à Fécamp : l'Ostrogoth. Il part pour la Belgique au printemps, puis gagne la Hollande. Il remonte les côtes de Norvège par le bateau régulier.
Il vivra pendant deux années sur l’Ostrogoth souvent amarré à Morsang sur Seine une toute petite commune de l’Essonne qui devait compter moins d’une centaine d’habitants avant guerre.
Georges Simenon déjeunait régulièrement au restaurant Le Vieux Garçon à Morsang où il écrivit une dizaine de romans. Il vendra l’Ostrogoth en décembre 1931
En 1935, il réalise le tour du monde. Il rencontre André Gide et il s'installe à la Cour-Dieu, dans la Forêt d'Orléans.
En 1945, il part pour l'Amérique avec Tigy et Marc. Il rencontre Denyse, une jeune canadienne. C’est le coup de foudre.
Il voyage aux USA pendant cinq années en faisant étape à Tucson en Arizona (1947) puis à côté de la frontière mexicaine en 1948.
En 1950, Simenon divorce d’avec "Tigy" et épouse Denyse. Le couple s'installe à Lakeville dans le Connecticut. Ils y resteront jusqu’en 1955.
En 1961, c’est avec Teresa, leur femme de chambre qu’il entretint des relations amoureuses.
Simenon qui aimait la vie était amoureux des femmes.
Au début des années Trente dans « Le grand langoustier » dont l’action se passe à Porquerolles le narrateur arrive sur la Plage d’Argent :
« Mais, tout de suite, j’eus un peu de rose aux joues parce que je butais presque dans un corps de femme, bronzé. Elle était à plat ventre. Elle avait la tête dans les mains. Elle exposait son dos nu à la chaleur du soleil.
Plus loin, une femme et un homme. Le couple était assis, en maillot. Mais la femme laissait à l’air embrasé les fruits lourds de ses seins. »
Comment ne pas partager l’émotion de cet homme là qui nous met le sein à la bouche…
Avec un petit rappel, une page plus loin : « Je revis de loin les corps nus ou demi-nus qui faisaient à peine tache sur la plage argentée. Je revis les beaux seins de la femme. »
C’est quand même agréablement moderne, même si les récits de cette période nous ramènent à une drôle d’époque, quand les hommes portaient des « vestons » et buvaient des « fines à l’eau ».
Pour les femmes il y avait même des « pyjamas de plage », je me demande bien à quoi ça pouvait ressembler.
Les années folles, c’étaient les années de l’amour.
Mercredi 14 mai 2008