17.05.2008
Dancing on the street

Le Dragon Bleu de Robert Lepage
14h24 - On train again
Une jeune fille danse dans la rue.
Elle est mignonne, pas très grande.
Des cheveux longs, châtains,
un débardeur grège,
un jean serré, gris anthracite
et des ballerines noires.
Je suis surpris de voir
comme elle est à l’aise,
malgré son beau derrière épanoui
et si irrésistiblement féminin.
Ca n’a pas l’air de la gêner pour sautiller
et pour danser au milieu de la rue.
Encore un insondable mystère féminin…
Jeudi 15 mai 2008
21:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les femmes

Plus on les connait
et moins on les connait.
Donc il vaudrait mieux
ne pas essayer ou ne pas être capable
de les comprendre…
Elémentaire, ma chère Watsone !
Donc, il faut choisir une femme
qu’on va aimer,
sans pouvoir communiquer avec elle,
soit parce qu’on ne parle pas la même langue,
soit parce qu’elle vient d’une autre planète…
Une jolie Martienne, toute verte,
ou une splendide Vénusienne
à la peau d’un bleu intense.
On les aime et on ne les comprend pas.
Double avantage :
Tout d’abord comme on ne comprend rien,
on ne peut pas se tromper, croire ceci ou cela.
Et puis, on est sûr qu’elle ne nous mentira pas,
qu’elle n’exercera pas sur nous ses talents innés
de comédienne…
Moralité : que du bonheur,
à consommer sans modération,
sur place ou à emporter.
Bien sûr, un jour elle partira,
avec un autre plus jeune,
plus beau ou plus riche…
et on n’aura pas compris pourquoi !
Samedi 17 mai 2008
16:27 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
How ?

Comment écrire, sans train ?
Comment dire le tout et le rien ?
Plus de rails ni de ciel changeant,
et les panneaux et les poteaux
emmêlés de fils plus ou moins électriques
câbles noirs, torsadés ou lisses
souvent crasseux, presque abandonnés.
Oubliée la chevauchée fantastique,
en trois – quatre leçons, vers le célèbre
Terminal de Santo Lazaro ?
Cette galopade raillesque
qu’on pourrait prendre pour une galipade.
Cette course vers là-bas,
la ville qui nous attend
pour mieux nous avaler, nous digérer
dans le souterrain de ses entrailles,
le serrement de la foule
qui tangue, hésite et avance
dans le silence bruyant d’un matin ordinaire
bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.
Pourtant La Seine était verte et bleue
comme une mer de bonne humeur.
Elle était haute et caressait les berges
de son clapot incessant
soulevé par la caresse du vent.
Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,
vous me direz : normal, c’est le cœur !
mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?
Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,
d’utiliser une position préférentielle
pour illuminer les hauteurs de Paris,
tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,
des bourgeois du dimanche déguisés en
castro-communistes, défilent sous la pluie…
Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien
que ça tombe sur quelqu’un !
Jeudi 1er mal 2008 – 18h28
09:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ca ne s’arrange pas

On ligne 12 At 13h30
Un entretien charmant avec une personne aimable,
une école sympa, le café était très bon,
que demander de plus ?
Aujourd’hui, les femmes sont douces,
appétissantes, mais soft.
De la chair, vous me direz !
Oui, mais surtout de la douceur,
à caresser, pour reposer sa joue,
respirer le parfum capiteux des femmes
aux yeux de braise.
C’est comme si le parfum sortait de leur cerveau,
produit par leurs neurones…
Ca ne s’arrange pas, vous pouvez le dire !
Mardi 6 mai 2008
00:15 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.05.2008
Yeux rouges

Départ.
Aller / Retour.
On traine, on marche, on s’assoit,
on parle, on se lève.
Je déambule, je me rassois.
Les étudiants s’en vont,
le cours est fini.
Je range.
J’essuie le tableau avec la gomme à feutres.
Salutations sans courbettes.
Je glisse quelques papiers dans mon casier.
La porte est ouverte.
Dans la cour, dans la rue.
Je marche sans arrêt et sans remord.
Un mot pour La SDF de la Poste.
Une étape devant l’étal du soldeur
de livres, une manip. distraite ou compulsive.
Souvent il n’y a rien,
que du menu fretin franco-français,
du quasi-rien en somme.
La Seine brille au soleil,
le fleuve vert étincelle, papillonne.
Comme Chrystelle, l’autre jour,
si belle avec sa voix basse et sensuelle,
très douce ces derniers temps.
Je pense à vous les filles,
vous me manquez terriblement.
Des trains alignés avec les yeux rouges,
une irritation, la pollution certainement.
Le machiniste accélère, peut être qu’il croit
rouler dans l’autre sens, la Normandie,
toutes voiles dehors, la mer, vite précipitons
les armes et les bagages,
sans oublier le Cœur des femmes.
Si, si, j’insiste : jeunes, elles ont un cœur,
après, après… On ne sait pas !
Portique A3 – Portique A2.
Des inscriptions magiques,
totémiques ?
Jeudi 24 avril 2008 – On train à 13h24
22:08 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.05.2008
Morsang ou le Roman d’une dactylo

C’est un des plus grands écrivains de langue française. Ses livres ont été vendus à plus de 550 millions d’exemplaires et pourtant il est mal connu.
Georges Simenon est un écrivain mal aimé. Surement parce qu’il a rapidement vécu de sa plume et qu’il est devenu riche, même très riche, ce qui est plutôt mal vu du côté des soi-disant intello-socialo-parigo.
Il a surement été victime du personnage de Maigret qui a occulté la partie la plus intéressante de son œuvre.
Simenon à l’instar de son collègue non-français Blaise Cendrars a eu une vie extraordinairement extravagante d’écrivain voyageur.
Cela lui a permis d’interviewer Trotski, de croiser Hitler dans un ascenseur à Berlin puis un peu plus tard de faire la connaissance de Picasso et Derain dans le Sud de la France.
La vie du Liégeois Georges Simenon est un roman :
En 1923, il épouse, le 24 mars, Régine Renchon, une peintre rencontrée en 1921 qu’il a surnommée " Tigy ". Il écrit des contes pour plusieurs journaux et est pris comme secrétaire par le marquis de Tracy.
En 1924, il quitte le marquis de Tracy. Il écrit des contes pour plusieurs publications, notamment Le Matin, dont Colette est la directrice littéraire. Il écrit son premier roman populaire Le Roman d'une dactylo.
En 1925, Simenon passe l'été à Etretat, l'hiver, place des Vosges. Il rencontre Joséphine Baker. Leur liaison brûlante durera jusqu’en 1927.
En 1929, il fait construire un cotre de dix mètres à Fécamp : l'Ostrogoth. Il part pour la Belgique au printemps, puis gagne la Hollande. Il remonte les côtes de Norvège par le bateau régulier.
Il vivra pendant deux années sur l’Ostrogoth souvent amarré à Morsang sur Seine une toute petite commune de l’Essonne qui devait compter moins d’une centaine d’habitants avant guerre.
Georges Simenon déjeunait régulièrement au restaurant Le Vieux Garçon à Morsang où il écrivit une dizaine de romans. Il vendra l’Ostrogoth en décembre 1931
En 1935, il réalise le tour du monde. Il rencontre André Gide et il s'installe à la Cour-Dieu, dans la Forêt d'Orléans.
En 1945, il part pour l'Amérique avec Tigy et Marc. Il rencontre Denyse, une jeune canadienne. C’est le coup de foudre.
Il voyage aux USA pendant cinq années en faisant étape à Tucson en Arizona (1947) puis à côté de la frontière mexicaine en 1948.
En 1950, Simenon divorce d’avec "Tigy" et épouse Denyse. Le couple s'installe à Lakeville dans le Connecticut. Ils y resteront jusqu’en 1955.
En 1961, c’est avec Teresa, leur femme de chambre qu’il entretint des relations amoureuses.
Simenon qui aimait la vie était amoureux des femmes.
Au début des années Trente dans « Le grand langoustier » dont l’action se passe à Porquerolles le narrateur arrive sur la Plage d’Argent :
« Mais, tout de suite, j’eus un peu de rose aux joues parce que je butais presque dans un corps de femme, bronzé. Elle était à plat ventre. Elle avait la tête dans les mains. Elle exposait son dos nu à la chaleur du soleil.
Plus loin, une femme et un homme. Le couple était assis, en maillot. Mais la femme laissait à l’air embrasé les fruits lourds de ses seins. »
Comment ne pas partager l’émotion de cet homme là qui nous met le sein à la bouche…
Avec un petit rappel, une page plus loin : « Je revis de loin les corps nus ou demi-nus qui faisaient à peine tache sur la plage argentée. Je revis les beaux seins de la femme. »
C’est quand même agréablement moderne, même si les récits de cette période nous ramènent à une drôle d’époque, quand les hommes portaient des « vestons » et buvaient des « fines à l’eau ».
Pour les femmes il y avait même des « pyjamas de plage », je me demande bien à quoi ça pouvait ressembler.
Les années folles, c’étaient les années de l’amour.
Mercredi 14 mai 2008
12.05.2008
Comment

THURSDAY, DECEMBER 15, 2005
Comment
te dire.
Comment savoir.
Comment pouvoir.
Trop peu de toi, saigne en moi.
Mes yeux sont partis avec toi.
Regarde mes mains, tendues de vide.
Que ce désert est grand.
Là, ici, comme ça et ailleurs.
Je n'ai pas aimé ton départ, mon moteur a calé.
Peut être qu'en montant en haut d'un glacier,
ensuite planer, faire le grand saut pour te retrouver,
dans les nuages où j'aurais du rester.
Je suis tellement malheureux
que je n'ai pas le courage
de t'écrire en face.
Je suis caché, dans une pièce à côté.
Une sorte de placard, jaune et gris.
Recroquevillé, je t'écris.
Enfin, j'essaye.
Je ne sais plus.
Depuis que je t'ai perdue.
Je ne vois plus.
Je suis perdu.
POSTED BY LAPORTESANSPORTE AT 4:27 PM
18:45 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.05.2008
Phrases Woolfiennes

Manuscrit de Mrs Dalloway
Je suis le valet prosterné aux pieds de la Woolfette.
J’attends avec délice qu’elle me piétine
qu’elle saute à pieds joints sur ma poitrine
qu’elle saccage mon cœur
qui lui est acquis.
Ce n’est pas de l’amour
c’est mieux que la rage
c'est de la folie.
Récemment j’ai acheté quelques livres,
de Virginia Woolf :
L’écrivain et la vie, collection Petite Bibliothèque aux éditions Payot & Rivages.
Les fruits étranges et brillants de l’art, aux éditions des femmes.
Freshwater, aux éditions des femmes.
La Maison de Carlyle, collection bibliothèque étrangère aux éditions Mercure de France.
Journal d’adolescence : 1897-1909, collection La Cosmopolite aux éditions Stock.
Journal intégral : 1915-1941, collection La Cosmopolite aux éditions Stock.
Julia Margaret Cameron, aux éditions L’insulaire.
Autour de Virginia Woolf :
Le cercle de Virginia : Forster, Walpole et les autres…, aux éditions arléa.
Les femmes de Virginia Woolf par Vanessa Curtis, chez Payot.
Virginia Woolf ou l’aventure intérieure, biographie par Hermione Lee dans la collection Littératures, aux éditions Autrement.
Virginia Woolf : Le Pur et l’Impur. Actes du Colloque de Cerisy dans la collection Interférences aux Presses Universitaires de Rennes.
Virginia Woolf et Vanessa Bell. Une très intime conspiration, biographie par Jane Dunn, dans la collection Littératures, aux éditions Autrement.
Je viens de lire :
Instants de vie de Virginia Woolf dans la collection La Cosmopolite aux éditions Stock.
Le Commun des lecteurs de Virginia Woolf dans la collection tête-à-tête aux éditions L’Arche
Le journal de Hyde Park Gate de Virginia Woolf, Vanessa Bell et Thoby Stephen dans la collection bibliothèque étrangère aux éditions Mercure de France.
De la lecture & de la critique de Virginia Woolf aux éditions des femmes.
Entre les actes de Virginia Woolf dans la collection biblio, en Livre de Poche, aux éditions Stock.
Le livre sans nom, Les Pargiter de Virginia Woolf, aux éditions des femmes.
et actuellement je lis :
Virginia Woolf ou la dame sur le piédestal d’Anne Bragance aux éditions des femmes.
Moralité, c’est complètement amoral, car j’ai basculé dans le domaine de la foi.
Donc chez Virginia, c’est un peu comme avec Proust : il est difficile de sélectionner les meilleurs morceaux en abandonnant les moins digestes.
On prend tout ou on ne prend rien.
Car ce qui est intéressant c’est la globalité de Virginia qui est pratiquement née écrivain(e) et qui en plus de son talent et de son génie a fait le métier.
Donc elle sait tout faire et par exemple, ses articles ont une qualité littéraire exceptionnelle tout comme la biographie de Roger Fry qui est un véritable monument d’écriture.
Certaines œuvres sont dures à lire comme The waves (les vagues), je n’ai pas bien assimilé le rythme mais ça me donne envie de le relire.
Finalement le seul écrit que je n’ai pas aimé c’est Orlando, sorte de conte gothique un peu loufoque qui m’a procuré un ennui triste.
J’adore La Traversée des apparences (The Voyage Out) et To the Lighthouse (Vers le Phare) mais le plus emblématique pour moi est Mrs Dalloway où j’ai l’impression d’entendre Virginia raconter sa journée, avec ses sensations poétiques et le cheminement de sa musique intérieure.
Comme je vous aime d’aimer Virginia, je peux vous donner un scoop c’est la sortie prochaine de l’œuvre de Virginia Woolf dans la prestigieuse collection de La Pléiade chez Gallimard.
Comme Virginia disait dans son Journal :
« Je sens dans mes doigts le poids de chaque mot »
Dimanche 11 mai 2008
17:00 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.05.2008
French lines

Parfois je regarde dans notre royaume
où malheureusement le néant culturel et artistique
frappe encore plus fort les lettres.
Une nullité aussi incontournable,
c’est vraiment une exception culturelle.
Donc je me tourne vers le passé
qui semble bien être le seul avenir
de la langue française.
j’ai réussi à acheter quelques livres :
Le blanc à lunettes, Le Suspect, Le Bilan Malétras, G.7 et Long cours de Gorges Simenon dans la collection nrf chez Gallimard.
L’or, L’homme foudroyé et Le lotissement du ciel de Blaise Cendrars dans la collection folio, chez Denoël.
Les croissants du dimanche d’Annie Saumont chez Julliard.
Sous la lame d’André Pieyre de Mandiargues dans la collection nrf chez Gallimard.
Moralité, j’ai déjà acheté tout ce qui me plait dans la littérature française,
à savoir les œuvres quasiment complètes de :
Marcel Proust en collections folio et nrf chez Gallimard
Marguerite Duras aux éditions de Minuit et en collections folio et nrf chez Gallimard
Françoise Sagan chez Julliard, Flammarion, Ramsay et dans la collection nrf chez Gallimard.
André Dhôtel chez Grasset, aux éditions Pierre Horay et en collections folio et nrf chez Gallimard
André Pieyre de Mandiargues dans la collection nrf chez Gallimard.
Jean Marie Gustave Le Clézio en collections folio et nrf chez Gallimard
Marguerite Yourcenar en collections folio et L’imaginaire chez Gallimard
Blaise Cendrars en collections folio et nrf chez Gallimard
et encore beaucoup d’autres (Stendhal, Guillaume Apollinaire, Antonin Artaud, Romain Gary, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Breton, Raymond Queneau, Pierre Loti, …)
Les deux auteurs qui m’ont marqué à l’encre indélébile sont :
Marcel Proust
et
Marguerite Duras
et les deux livres les plus éblouissants sont :
Le pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel
et
La modification de Michel Butor
Vendredi 9 mai 2008 – 14h44
03:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.05.2008
Lignes étrangères

Joyce Carol Oates by Brian J. Berman
Certains pensent que je suis un obsédé de la Woolfette.
Ma fille ainée me considère comme une sorte
d’universitaire faisant des recherches
dans l’autre monde,
dans un autre temps.
C’est vrai, j’avoue, je suis fou d’elle,
mais je regarde ailleurs.
Ces derniers temps,
j’ai acheté quelques livres :
L’obsédé de John Fowles chez Points,
Les Indiens d’Amérique du Nord d’Edward S. Curtis (Taschen),
La Grande époque de John Dos Passos (L’imaginaire),
Un rêve américain de Norman Mailer (Grasset),
L’habitude d’être de Flannery O’Connor (L’imaginaire),
La garden party de Katherine Mansfield (Stock),
Blue Angel de Francine Prose (Points),
La Séquestrée de Charlotte Perkins Gilman (Phébus),
La tache de Philip Roth (Folio),
Le défaut de Magdalena Tulli (Stock),
les cloches (Folio) et Un homme à catastrophes (Nrf) d’Iris Murdoch,
Journal de Mihail Sebastian (Stock),
Viol, une histoire d’amour de Joyce Carol Oates (Points)…
J’ai commandé des éditions introuvables en librairie :
Le faune de marbre / Un rameau vert de William Faulkner. Il s’agit d’un recueil de poésies édité chez Gallimard. A ma connaissance, Le faune de marbre est le premier livre publié par Faulkner en 1924.
Mariages et infidélités de Joyce Carol Oates. C’est son sixième livre traduit en français et publié en 1980 chez Stock
J’ai lu :
Hantises (Le livre de poche), Confessions d’un gang de filles et La fille tatouée de Joyce Carol Oates (Stock),
Sous le filet d’Iris Murdoch (Folio)
Siddhârta d’Hermann Hesse (Le livre de poche),
Le Faon de Magda Szabo (Viviane Hamy),
De Beaux lendemains de Russell Banks (Babel)
et actuellement je lis :
Déboire d’Augusten Burroughs (10/18).
Moralité, j’ai lu un chef d’œuvre : La fille tatouée
de l’américaine Joyce Carol Oates.
The Tatooed Girl a été publiée en 2003
par The Ontario Review, qui édite la plupart de ses livres,
la traduction française est sortie en 2006 chez Stock.
Bien sûr, Joyce Carol Oates qui enseigne la littérature
à Princeton (Bonjour Albert !)
est le plus grand écrivain vivant, aujourd’hui,
mais ça,
vous le savez déjà.
Jeudi 8 mai 2008 – 00h44
19:00 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
07.05.2008
Sawasdee Krub

Ma chatte Poucette
était malade hier,
une sorte d’indigestion.
Elle n’a pas du digérer le cochon.
Aujourd’hui, elle va mieux,
toute la famille respire.
Le dieu des chats
est le dieu de la maison.
On peut vivre sans dieu,
mais comment vivre sans chat ?
Comment exister sans un chat dans sa vie ?
Voilà un vrai mystère.
autant, on peut se passer de femme,
en tous cas certains le disent,
de femme permanente j’entends, bien sûr,
par contre, une maison sans chat !
Ce serait comme une nuit sans lune, non ?
La présence qui est toujours là,
même quand on ne la remarque pas.
Une étincelle de vie
qui surveille nos existences
qui veille sur nos âmes
tumultueuses et compliquées.
Le chat est zen par nature.
C’est le maître de la réflexion
car il pense sans penser,
il est sans être,
il ne meurt jamais.
Mardi 6 mai 2008 – 10h29
Programme

On train again.
Que ça fait du bien
d’être de nouveau sur les rails,
bercé par le soleil qui joue avec les ombres.
J’ai pris des photos sur le quai,
mais je ne voyais rien dans l’écran,
c’est le problème du numérique,
on se retrouve dans le flou du sommeil.
Partir, marcher, une façon d’oublier
que la vie est une arnaqueuse
et que les femmes sont frileuses.
En plus, les premières chaleurs
du printemps, ça les rend dingues.
D’année en année, cela ne s’arrange pas.
Elles ne savent plus comment se dévêtir,
jusqu’où abandonner leur intimité,
pour jouer à faire envie.
Le jeu principal des femmes,
la séduction éternelle,
toujours pour la même chose,
le même programme qui repasse en boucle :
la Reproduction de l’espèce.
C’est une vie assez triviale,
que notre vie, non ?
Mardi 6 mai 2008 – 10h24
19:03 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05.05.2008
Missionnaire

Pizza Paterson par Saul Leiter, 1952
On train. Mission accomplie.
Un maximum de plaisir,
un minimum de dépenses.
L’expo Saul Leiter, très bien,
surtout les photos en couleur,
véritables compositions picturales,
les clichés sous la neige sont fabuleux.
Ensuite, dans ma librairie préférée
j’ai juste commandé trois petits livres
de Virginia et acheté quatre, cinq
bouquins en solde de Simenon
et une jolie édition des Angéliques
d’Iris Murdoch, au Mercure de France.
Je suis tellement raisonnable que je n’ai
même pas acheté le livres des photos
de Leiter, il faut dire qu’il y avait la queue
et qu’il est en vente partout.
Il fait chaud et il fait froid, bizarro.
Toujours autant de monde dans ces trains,
à la limite, c’était plus calme in the tub.
Tiens, ça me fait penser au métro de New York
et à la Miss Subway, quelle drôle d’idée,
but…
Samedi 12 avril 2008 – 17h25
17:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.05.2008
Déficit

Comment écrire, après cela ?
Comment mugir, rugir, glapir ?
Mêler les larmes et le sang,
le vin et l’ordinaire,
et le sacré, c’est quoi au juste :
une petite image ridicule
ou un gros cierge blanc
qui fume ?
Pourquoi les choses les plus superficielles
sont-elles toujours considérées
comme les plus grandes ?
Alors qu’elles ne sont que des accès de vanité.
Construire une cathédrale, c’est bien,
mais donner à manger aux pauvres
ou leur construire un hôpital,
cela aurait été plus grandiose, non ?
A moins que déjà le déficit budgétaire,
déjà…
Vendredi 25 avril 2008 – 8h37
18:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.05.2008
Hero or euro

Mercredi dernier, j’ai eu un comportement
héroïque et donc, je m’admire…
En effet, j’ai réalisé des millions d’euros d’économie,
donc, à moi tout seul j’ai gagné
la bataille du pouvoir d’achat (juste le mien,
rassurez-vous, je vous ai laissé un peu de travail !).
Tout d’abord j’ai reçu d’Orange un bon d’achat
de 10 euros sur Alapage, je me suis donc
précipité sur l’Alpage orange et j’ai commandé
Les promenades européennes de Virginia Woolf
(Qui a dit : encore celle-là ?) éditées par
La Quinzaine Littéraire, en payant seulement
dix eurosses quatre vingt dix (le vingt, c’est celte
je crois, pas étonnant que ce soit un chiffre strange,
my dear.)
Ensuite, avec ma fille chanteuse
qui revenait tout juste de Slovénie,
(4 concerts, en 5 jours), nous avons vogué
vers la Librairie de mon cœur,
où encore plus héroïquement, en fait
c’est proprement dantesque…
car j’ai juste acheté Le blanc à lunettes,
un vieux Simenon de la NRF,
en solde à cinque eurosi.
Bon, bien sûr j’ai été (moralement) obligé
de commander trois tout petits Woolfi :
Les fruits étranges et brillants de l’art,
une biographie par Nigel Nicolson et un essai :
la Woolfette ou la dame sur le piédestal,
par Anne Bragance.
Nous sommes également revenus
avec un très joli recueil
des poèmes de Dylan Thomas
qui m’a donné envie d’avoir quinze ans,
moi aussi, pourquoi pas ?
Surement, dans une autre vie où je serai
tigre du Bengale ou chat du royaume de Siam !
Vendredi 2 mal 2008 – 8h40
19:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01.05.2008
Défaite

Ce matin j’ai été battu à la régulière,
par une femme (What else ?),
sur ma distance préférée,
le « 20 minutes » marche.
Elle était jeune et belle,
mais je n’ai même pas eu besoin
d’être galant.
Devant la poissonnerie,
elle a fait un double démarrage
et m’a laissé sur place.
C’est la vie de folie des hommes
dont la place est au milieu des oiseaux
et nulle part ailleurs…
Tu viens Virginia ?
Vendredi 25 avril 2008 – 8h31
19:46 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Iris

C’est marrant d’avoir trouvé
ce roman d’Iris Murdoch
car ce matin,
je pensais à elle,
la divine Iris.
A son talent si particulier
qui ne m’a pas convaincu sur le champ.
Je l’ai abordée par Les angéliques
et je l’ai trouvée énervante.
Son écriture est poétiquement stimulante
mais vitalement glauque.
Un peu comme un exercice de style,
trop ou pas assez quelque chose.
Et puis ensuite, je suis tombé
dans le charme irrésistible
de son talent fou,
avec La Mer
qui est vraiment un livre,
un moment, un espace,
impossible à oublier.
Même si son style est souvent
trop théâtral, à mon gout,
il y a quelque chose de terriblement
juste dans ce qu’elle écrit,
comme lorsqu’un artiste
trouve la faille,
entre l’équilibre et la folie.
Les trains ont une âme,
mais ont-ils un sexe ?
Jeudi 24 avril 2008 – 17h36
30.04.2008
Hot

J’ai chaud, trop couvert.
Ce soir, soleil, vacances,
femmes languides dans la lumière
et danseuses hypnotiques
au bord de la mer.
Bon, on peut rêver…
De toute façon, mes filles
sont très belles, souriantes et vivantes,
alors, « what else ? »,
comme disait l’autre, le clowné…
Appelez-moi Georges qu’il disait,
appelez-moi ne me laissez pas,
disait l’autre.
Ce matin, j’ai envie d’être biblique,
au milieu du désert,
je salue un chameau,
croise le regard d’un singe
qui joue avec une rose des sables,
et puis, la Vittel, l’Evian, l’Oasis enfin.
Tout se mélange, tout se démène,
tout se mêle et s’emmêle.
Même le train prend du roulis,
maintenant vous allez voir
qu’on va arriver sur la Seine, au rappel…
Etonnant, non ?
Vendredi 25 avril 2008 – 8h26
29.04.2008
Danger

On train again.
At Saint Lazare Station.
Danger !
Pour votre sécurité.
Il vous est interdit de…
Sortie
Rue de Londres
Rue de Rome
Toute une vie d’interdictions,
d’ouvertures de 6h30 à 20h30,
de permissions, d’autorisations.
Est-ce qu’on a le droit de respirer ?
Je ne sais pas, j’hésite.
Et puis je finis par prendre le risque…
Premier essai.
Aujourd’hui, je suis tombé dans un traquenard.
Un redoutable piège de trottoir.
Je suis passé devant mon bouquiniste préféré,
j’ai feuilleté, palpé et soupesé.
Héroïque, je m’en suis retourné.
Et puis voilà, qu’au dépourvu,
dans une toute petite rue
un modeste antiquaire s’est mis
à exposer quelques livres sur le trottoir.
Et puis, il y avait un gros volume
d’Iris Murdoch, dans la collection NRF,
Un homme à catastrophes, un peu jauni,
un peu d’occasion, mais pour trois euros,
que faire ? Que dire ? Comment se défendre ?
Argumenter pied à pied
et puis se laisser couler.
Finalement, se noyer comme ça dans les pages,
c’est pas mal, surement mieux
qu’un steak frites caoutchouteux.
Jeudi 24 avril 2008 – 17h30
22:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Pluie sans pluie

le T de Saul Leiter
Un jour de pluie sans pluie.
Les rails sont humides. Ca se sent.
Le chou-chou train glisse allégrement
plus léger des lycéens et des étudiants
en vacances, avec ou sans leurs profs.
Mais non, je n’ai pas dit :
« tous des communistes ! »
Moi, je n’aime pas Aimé Césaire.
Je sais, je n’aime pas
tous ceux que vous aimez.
Je suis un mauvais Français,
donc un bon citoyen.
Ou l’inverse.
Comme lui, je vais inventer
un nouveau concept : l’Américtude,
pour exprimer mon isolement,
le flétrissement de mon génie
par cette bande
de hollando-ségolènais.
Vive la Chine libre !
Et puis, une question à mille euros :
A quoi servent les jeux olympiques ?
Entre les jeux du cirque,
les jeux de gosses de riche
de monsieur le baron
et les jeux d’Adolf à Berlin,
Sans compter Moscou
et la secte du Lac Salé,
ça commence à faire
une montagne de saleté
et de bêtise à faire frémir
un dromadaire amoureux
qui écoute La lettre à Elise.
Lundi 21 avril 2008 – On train à 8h26
18:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Brouillard de mes rêves

a writer’s diary, édité par son mari Léonard Woolf dans leur propre maison d’édition, la Hogarth Press. L’illustration de la couverture est de sa sœur Vanessa Bell
Je suis revenu dans le train,
avec Virginia sur les genoux.
Une magnifique édition toute grise,
de Freshwater, chez « des femmes »,
une belle édition bleue de La Maison
de Carlyle au Mercure de France et enfin
le gros volume Le Pur et l’Impur édité par
les Presses Universitaires de Rennes,
ce sont les actes d’un colloque international
consacré à la Woolfette, avec une succulente
bibliographie extrêmement détaillée,
avec les éditions anglaises et les éditions
en français, un régal.
Trois tranches de bonheur absolu
complétées par un Cendrars en solde
L’homme foudroyé, trois euros,
je n’ai pas pu résister…
La BB 111 051 est toute belle,
seule et grise, avec quelques traits de rouge,
une loco qui attend, seule…
Est-ce le printemps des trains ?
D’être Woolfé comme ça,
dès le matin me donne faim.
Je n’ai pas dû manger ce matin,
c’est ça le truc.
Virginia, je t’aime.
Tu es la femme de ma vie,
le brouillard de mes rêves,
le linceul de mes nuits.
Bientôt les acacias, déjà les lilas.
Et puis les insectes par milliers,
les abeilles toujours sympa,
au travail sans relâche,
les fourmis qui fourmillent,
qui vont et qui viennent,
dans un cérémonial sans fin,
comme des trains, finalement.
On devrait embaucher plus de fourmis
à la SNCF, ça marcherait surement mieux,
cette chose…
Mercredi 16 avril 2008 – 11h25
15:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Allegro ma non troppo

Une odeur de steak haché
remplit le wagon.
C’est curieux, c’est… Comme ça.
Hier matin, un choc dans le train,
en partant « au bureau » : quelques sièges
devant moi, sur la gauche, côté fenêtre,
des cheveux noirs gonflés
par un col de manteau
et un mouvement de la main, et…
Mon cœur a accéléré,
ce qui n’est pas recommandé.
J’ai cru, j’ai espéré, j’ai rêvé
que c’était Elle,
la plus belle pretty woman du world
qui était là, tristement seule,
en marche vers un destin gris.
Elle s’est levée, plus tard,
elle était bellement maghrébée,
mais ce n’était pas Elle.
Qui sait si j’étais déçu
ou rassuré ?
Elle !
Mais où est-elle ?
Samedi 12 avril 2008 – 17h29
13:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.04.2008
C’était l’hiver

On the quai.
Du vent et du soleil.
Un teuf-teuf passe.
Sans arrêt.
C’est où la mer ?
Mon Antiopette Australienne,
perdue en mer.
Une fois, je l’ai aperçue,
elle n’était pas rentrée.
Naturalisée australe, Kangouroutée,
Antiopette 1ère, Reine des mers du Sud,
why not ?
Elle le mérite bien,
c’était la meilleure de notre monde.
Trois sœurs étranges,
au destin d’ailleurs.
Il faut bien être à moitié Irlandaise,
pour connaître le vertige
de la création soeuresque et familiale.
Sans oublier le frère,
le plus doué et le plus fou,
oublié Branwell Brontë.
Mes filles, mes déesses
sont trop mignonnes.
C’est marrant, de prendre le train,
comme ça, en milieu de journée,
à travers le soleil.
Tous les piliers sont tagués
et les murs décorés.
Certains graphistes ont plutôt du talent.
Un drôle de wagon, vide et sale.
Une bouteille de champagne vide
se roule par terre,
une guêpe se promène en l’air.
De quoi avons-nous l’air ?
8 février 2007 – 13h18
15:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Equation littéraire

Joyce Carol Oates by Mary Cross
Le mois file et le printemps qui se défile.
Une journée de soleil et de froidure.
Plus j’achète de livres
et moins je lis
mais plus j’écris :
Equation littéraire du troisième degré,
plus fort que la programmation linéaire.
En fait, en ce moment, je lis à petites doses,
je déguste des nouvelles de
Joyce Carol Oates,
recueillies sous le titre de Hantises.
C’est tellement bien, fort et vivant,
cette pureté dans l’expression
me rappelle forcément la Woolfette
qui était, bien sûr, plus à l’intérieur :
elle écrivait autant pour elle
que pour nous.
En fait, l’œuvre de Virginia, c’est sa vie.
C’est comme un immense journal
avec tout ce qu’il est possible d’écrire
puisqu’elle savait tout,
elle comprenait tout.
Bien que malade,
elle était la sagesse de l’Angleterre,
elle portait en elle la flamme de ce peuple
qui le conduit à se dresser jusqu’au ciel.
Virginia qui haïssait la guerre et les uniformes,
Virginia qui nous aimait tant,
nous ses frères.
Virginia, ma sœur
seras-tu ma mère ?
Jeudi 17 avril 2008 – On train à 13h27
12:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Rendez-vous

Nouveau rendez-vous
dans un quartier encore plus chic,
près de la place Victor Hugo.
Un quartier qui me ramène vers plein de souvenirs.
Des désirs et des plaisirs.
Il pleut presque, pas tout à fait.
Les trottoirs sont humides et noirs.
Un temps agréable pour travailler,
penser aux femmes aimées,
aux amours de ma vie,
de toujours.
Je vais dans une école,
donc je vais voir une femme.
L’éducation est dans les mains
des femmes, aujourd’hui.
Elles ont la patience, la tolérance,
la fermeté aussi.
Il leur manque parfois la générosité.
Mais elles ont du mal
à aimer les enfants des autres,
surtout les filles, c’est bizarre, non ?
Pour le reste, elles sont parfaites,
elles maitrisent tous les ressorts
de la communication
et leur intelligence, multitâches,
leur permet d’affronter brillamment
toutes les situations.
Les femmes, c’est bien !
Femmes, je vous aime.
L’expression est quelque peu triviale,
mais c’est vrai.
Je vous aime,
je vous embrasse
et je vous couvre de pensées.
Jeudi 1er aout 2006 – 9h05
11:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note