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29.04.2008
Danger

On train again.
At Saint Lazare Station.
Danger !
Pour votre sécurité.
Il vous est interdit de…
Sortie
Rue de Londres
Rue de Rome
Toute une vie d’interdictions,
d’ouvertures de 6h30 à 20h30,
de permissions, d’autorisations.
Est-ce qu’on a le droit de respirer ?
Je ne sais pas, j’hésite.
Et puis je finis par prendre le risque…
Premier essai.
Aujourd’hui, je suis tombé dans un traquenard.
Un redoutable piège de trottoir.
Je suis passé devant mon bouquiniste préféré,
j’ai feuilleté, palpé et soupesé.
Héroïque, je m’en suis retourné.
Et puis voilà, qu’au dépourvu,
dans une toute petite rue
un modeste antiquaire s’est mis
à exposer quelques livres sur le trottoir.
Et puis, il y avait un gros volume
d’Iris Murdoch, dans la collection NRF,
Un homme à catastrophes, un peu jauni,
un peu d’occasion, mais pour trois euros,
que faire ? Que dire ? Comment se défendre ?
Argumenter pied à pied
et puis se laisser couler.
Finalement, se noyer comme ça dans les pages,
c’est pas mal, surement mieux
qu’un steak frites caoutchouteux.
Jeudi 24 avril 2008 – 17h30
22:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Pluie sans pluie

le T de Saul Leiter
Un jour de pluie sans pluie.
Les rails sont humides. Ca se sent.
Le chou-chou train glisse allégrement
plus léger des lycéens et des étudiants
en vacances, avec ou sans leurs profs.
Mais non, je n’ai pas dit :
« tous des communistes ! »
Moi, je n’aime pas Aimé Césaire.
Je sais, je n’aime pas
tous ceux que vous aimez.
Je suis un mauvais Français,
donc un bon citoyen.
Ou l’inverse.
Comme lui, je vais inventer
un nouveau concept : l’Américtude,
pour exprimer mon isolement,
le flétrissement de mon génie
par cette bande
de hollando-ségolènais.
Vive la Chine libre !
Et puis, une question à mille euros :
A quoi servent les jeux olympiques ?
Entre les jeux du cirque,
les jeux de gosses de riche
de monsieur le baron
et les jeux d’Adolf à Berlin,
Sans compter Moscou
et la secte du Lac Salé,
ça commence à faire
une montagne de saleté
et de bêtise à faire frémir
un dromadaire amoureux
qui écoute La lettre à Elise.
Lundi 21 avril 2008 – On train à 8h26
18:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Brouillard de mes rêves

a writer’s diary, édité par son mari Léonard Woolf dans leur propre maison d’édition, la Hogarth Press. L’illustration de la couverture est de sa sœur Vanessa Bell
Je suis revenu dans le train,
avec Virginia sur les genoux.
Une magnifique édition toute grise,
de Freshwater, chez « des femmes »,
une belle édition bleue de La Maison
de Carlyle au Mercure de France et enfin
le gros volume Le Pur et l’Impur édité par
les Presses Universitaires de Rennes,
ce sont les actes d’un colloque international
consacré à la Woolfette, avec une succulente
bibliographie extrêmement détaillée,
avec les éditions anglaises et les éditions
en français, un régal.
Trois tranches de bonheur absolu
complétées par un Cendrars en solde
L’homme foudroyé, trois euros,
je n’ai pas pu résister…
La BB 111 051 est toute belle,
seule et grise, avec quelques traits de rouge,
une loco qui attend, seule…
Est-ce le printemps des trains ?
D’être Woolfé comme ça,
dès le matin me donne faim.
Je n’ai pas dû manger ce matin,
c’est ça le truc.
Virginia, je t’aime.
Tu es la femme de ma vie,
le brouillard de mes rêves,
le linceul de mes nuits.
Bientôt les acacias, déjà les lilas.
Et puis les insectes par milliers,
les abeilles toujours sympa,
au travail sans relâche,
les fourmis qui fourmillent,
qui vont et qui viennent,
dans un cérémonial sans fin,
comme des trains, finalement.
On devrait embaucher plus de fourmis
à la SNCF, ça marcherait surement mieux,
cette chose…
Mercredi 16 avril 2008 – 11h25
15:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Allegro ma non troppo

Une odeur de steak haché
remplit le wagon.
C’est curieux, c’est… Comme ça.
Hier matin, un choc dans le train,
en partant « au bureau » : quelques sièges
devant moi, sur la gauche, côté fenêtre,
des cheveux noirs gonflés
par un col de manteau
et un mouvement de la main, et…
Mon cœur a accéléré,
ce qui n’est pas recommandé.
J’ai cru, j’ai espéré, j’ai rêvé
que c’était Elle,
la plus belle pretty woman du world
qui était là, tristement seule,
en marche vers un destin gris.
Elle s’est levée, plus tard,
elle était bellement maghrébée,
mais ce n’était pas Elle.
Qui sait si j’étais déçu
ou rassuré ?
Elle !
Mais où est-elle ?
Samedi 12 avril 2008 – 17h29
13:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note