08.05.2008

Lignes étrangères

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Joyce Carol Oates by Brian J. Berman

Certains pensent que je suis un obsédé de la Woolfette.

Ma fille ainée me considère comme une sorte

d’universitaire faisant des recherches

dans l’autre monde,

dans un autre temps.

C’est vrai, j’avoue, je suis fou d’elle,

mais je regarde ailleurs.

Ces derniers temps,

j’ai acheté quelques livres :

L’obsédé de John Fowles chez Points,

Les Indiens d’Amérique du Nord d’Edward S. Curtis (Taschen),

La Grande époque de John Dos Passos (L’imaginaire),

Un rêve américain de Norman Mailer (Grasset),

L’habitude d’être de Flannery O’Connor (L’imaginaire),

La garden party de Katherine Mansfield (Stock),

Blue Angel de Francine Prose (Points),

La Séquestrée de Charlotte Perkins Gilman (Phébus),

La tache de Philip Roth (Folio),

Le défaut de Magdalena Tulli (Stock),

les cloches (Folio) et Un homme à catastrophes (Nrf) d’Iris Murdoch,

Journal de Mihail Sebastian (Stock),

Viol, une histoire d’amour de Joyce Carol Oates (Points)…


J’ai commandé des éditions introuvables en librairie :

Le faune de marbre / Un rameau vert de William Faulkner. Il s’agit d’un recueil de poésies édité chez Gallimard. A ma connaissance, Le faune de marbre est le premier livre publié par Faulkner en 1924.

Mariages et infidélités de Joyce Carol Oates. C’est son sixième livre traduit en français et publié en 1980 chez Stock


J’ai lu :

Hantises (Le livre de poche), Confessions d’un gang de filles et La fille tatouée de Joyce Carol Oates (Stock),

Sous le filet d’Iris Murdoch (Folio)

Siddhârta d’Hermann Hesse (Le livre de poche),

Le Faon de Magda Szabo (Viviane Hamy),

De Beaux lendemains de Russell Banks (Babel)


et actuellement je lis :

Déboire d’Augusten Burroughs (10/18).


Moralité, j’ai lu un chef d’œuvre : La fille tatouée

de l’américaine Joyce Carol Oates.

The Tatooed Girl a été publiée en 2003

par The Ontario Review, qui édite la plupart de ses livres,

la traduction française est sortie en 2006 chez Stock.

Bien sûr, Joyce Carol Oates qui enseigne la littérature

à Princeton (Bonjour Albert !)

est le plus grand écrivain vivant, aujourd’hui,

mais ça,

vous le savez déjà.

Jeudi 8 mai 2008 – 00h44

How ?

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Comment écrire, sans train ?

Comment dire le tout et le rien ?

Plus de rails ni de ciel changeant,

et les panneaux et les poteaux

emmêlés de fils plus ou moins électriques

câbles noirs, torsadés ou lisses

souvent crasseux, presque abandonnés.

Oubliée la chevauchée fantastique,

en trois – quatre leçons, vers le célèbre

Terminal de Santo Lazaro ?

Cette galopade raillesque

qu’on pourrait prendre pour une galipade.

Cette course vers là-bas,

la ville qui nous attend

pour mieux nous avaler, nous digérer

dans le souterrain de ses entrailles,

le serrement de la foule

qui tangue, hésite et avance

dans le silence bruyant d’un matin ordinaire

bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.

Pourtant La Seine était verte et bleue

comme une mer de bonne humeur.

Elle était haute et caressait les berges

de son clapot incessant

soulevé par la caresse du vent.

Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,

vous me direz : normal, c’est le cœur !

mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?

Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,

d’utiliser une position préférentielle

pour illuminer les hauteurs de Paris,

tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,

des bourgeois du dimanche déguisés en

castro-communistes, défilent sous la pluie…

Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien

que ça tombe sur quelqu’un !


Jeudi 1er mal 2008 – 18h28

Yeux rouges

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Départ.

Aller / Retour.

On traine, on marche, on s’assoit,

on parle, on se lève.

Je déambule, je me rassois.

Les étudiants s’en vont,

le cours est fini.

Je range.

J’essuie le tableau avec la gomme à feutres.

Salutations sans courbettes.

Je glisse quelques papiers dans mon casier.

La porte est ouverte.

Dans la cour, dans la rue.

Je marche sans arrêt et sans remord.

Un mot pour La SDF de la Poste.

Une étape devant l’étal du soldeur

de livres, une manip. distraite ou compulsive.

Souvent il n’y a rien,

que du menu fretin franco-français,

du quasi-rien en somme.

La Seine brille au soleil,

le fleuve vert étincelle, papillonne.

Comme Chrystelle, l’autre jour,

si belle avec sa voix basse et sensuelle,

très douce ces derniers temps.

Je pense à vous les filles,

vous me manquez terriblement.

Des trains alignés avec les yeux rouges,

une irritation, la pollution certainement.

Le machiniste accélère, peut être qu’il croit

rouler dans l’autre sens, la Normandie,

toutes voiles dehors, la mer, vite précipitons

les armes et les bagages,

sans oublier le Cœur des femmes.

Si, si, j’insiste : jeunes, elles ont un cœur,

après, après… On ne sait pas !


Portique A3 – Portique A2.

Des inscriptions magiques,

totémiques ?

Jeudi 24 avril 2008 – On train à 13h24

07.05.2008

Sawasdee Krub

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Ma chatte Poucette

était malade hier,

une sorte d’indigestion.

Elle n’a pas du digérer le cochon.

Aujourd’hui, elle va mieux,

toute la famille respire.

Le dieu des chats

est le dieu de la maison.

On peut vivre sans dieu,

mais comment vivre sans chat ?

Comment exister sans un chat dans sa vie ?

Voilà un vrai mystère.

autant, on peut se passer de femme,

en tous cas certains le disent,

de femme permanente j’entends, bien sûr,

par contre, une maison sans chat !

Ce serait comme une nuit sans lune, non ?

La présence qui est toujours là,

même quand on ne la remarque pas.

Une étincelle de vie

qui surveille nos existences

qui veille sur nos âmes

tumultueuses et compliquées.

Le chat est zen par nature.

C’est le maître de la réflexion

car il pense sans penser,

il est sans être,

il ne meurt jamais.

Mardi 6 mai 2008 – 10h29

Programme

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On train again.

Que ça fait du bien

d’être de nouveau sur les rails,

bercé par le soleil qui joue avec les ombres.

J’ai pris des photos sur le quai,

mais je ne voyais rien dans l’écran,

c’est le problème du numérique,

on se retrouve dans le flou du sommeil.

Partir, marcher, une façon d’oublier

que la vie est une arnaqueuse

et que les femmes sont frileuses.

En plus, les premières chaleurs

du printemps, ça les rend dingues.

D’année en année, cela ne s’arrange pas.

Elles ne savent plus comment se dévêtir,

jusqu’où abandonner leur intimité,

pour jouer à faire envie.

Le jeu principal des femmes,

la séduction éternelle,

toujours pour la même chose,

le même programme qui repasse en boucle :

la Reproduction de l’espèce.

C’est une vie assez triviale,

que notre vie, non ?

Mardi 6 mai 2008 – 10h24

05.05.2008

Missionnaire

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Pizza Paterson par Saul Leiter, 1952

On train. Mission accomplie.

Un maximum de plaisir,

un minimum de dépenses.

L’expo Saul Leiter, très bien,

surtout les photos en couleur,

véritables compositions picturales,

les clichés sous la neige sont fabuleux.

Ensuite, dans ma librairie préférée

j’ai juste commandé trois petits livres

de Virginia et acheté quatre, cinq

bouquins en solde de Simenon

et une jolie édition des Angéliques

d’Iris Murdoch, au Mercure de France.

Je suis tellement raisonnable que je n’ai

même pas acheté le livres des photos

de Leiter, il faut dire qu’il y avait la queue

et qu’il est en vente partout.

Il fait chaud et il fait froid, bizarro.

Toujours autant de monde dans ces trains,

à la limite, c’était plus calme in the tub.

Tiens, ça me fait penser au métro de New York

et à la Miss Subway, quelle drôle d’idée,

but…

Samedi 12 avril 2008 – 17h25

03.05.2008

Déficit

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Comment écrire, après cela ?

Comment mugir, rugir, glapir ?

Mêler les larmes et le sang,

le vin et l’ordinaire,

et le sacré, c’est quoi au juste :

une petite image ridicule

ou un gros cierge blanc

qui fume ?

Pourquoi les choses les plus superficielles

sont-elles toujours considérées

comme les plus grandes ?

Alors qu’elles ne sont que des accès de vanité.

Construire une cathédrale, c’est bien,

mais donner à manger aux pauvres

ou leur construire un hôpital,

cela aurait été plus grandiose, non ?

A moins que déjà le déficit budgétaire,

déjà…

Vendredi 25 avril 2008 – 8h37

02.05.2008

Hero or euro

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Mercredi dernier, j’ai eu un comportement

héroïque et donc, je m’admire…

En effet, j’ai réalisé des millions d’euros d’économie,

donc, à moi tout seul j’ai gagné

la bataille du pouvoir d’achat (juste le mien,

rassurez-vous, je vous ai laissé un peu de travail !).

Tout d’abord j’ai reçu d’Orange un bon d’achat

de 10 euros sur Alapage, je me suis donc

précipité sur l’Alpage orange et j’ai commandé

Les promenades européennes de Virginia Woolf

(Qui a dit : encore celle-là ?) éditées par

La Quinzaine Littéraire, en payant seulement

dix eurosses quatre vingt dix (le vingt, c’est celte

je crois, pas étonnant que ce soit un chiffre strange,

my dear.)

Ensuite, avec ma fille chanteuse

qui revenait tout juste de Slovénie,

(4 concerts, en 5 jours), nous avons vogué

vers la Librairie de mon cœur,

où encore plus héroïquement, en fait

c’est proprement dantesque…

car j’ai juste acheté Le blanc à lunettes,

un vieux Simenon de la NRF,

en solde à cinque eurosi.

Bon, bien sûr j’ai été (moralement) obligé

de commander trois tout petits Woolfi :

Les fruits étranges et brillants de l’art,

une biographie par Nigel Nicolson et un essai :

la Woolfette ou la dame sur le piédestal,

par Anne Bragance.

Nous sommes également revenus

avec un très joli recueil

des poèmes de Dylan Thomas

qui m’a donné envie d’avoir quinze ans,

moi aussi, pourquoi pas ?

Surement, dans une autre vie où je serai

tigre du Bengale ou chat du royaume de Siam !

Vendredi 2 mal 2008 – 8h40

01.05.2008

Défaite

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Ce matin j’ai été battu à la régulière,

par une femme (What else ?),

sur ma distance préférée,

le « 20 minutes » marche.

Elle était jeune et belle,

mais je n’ai même pas eu besoin

d’être galant.

Devant la poissonnerie,

elle a fait un double démarrage

et m’a laissé sur place.

C’est la vie de folie des hommes

dont la place est au milieu des oiseaux

et nulle part ailleurs…

Tu viens Virginia ?

Vendredi 25 avril 2008 – 8h31

Iris

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C’est marrant d’avoir trouvé

ce roman d’Iris Murdoch

car ce matin,

je pensais à elle,

la divine Iris.

A son talent si particulier

qui ne m’a pas convaincu sur le champ.

Je l’ai abordée par Les angéliques

et je l’ai trouvée énervante.

Son écriture est poétiquement stimulante

mais vitalement glauque.

Un peu comme un exercice de style,

trop ou pas assez quelque chose.

Et puis ensuite, je suis tombé

dans le charme irrésistible

de son talent fou,

avec La Mer

qui est vraiment un livre,

un moment, un espace,

impossible à oublier.

Même si son style est souvent

trop théâtral, à mon gout,

il y a quelque chose de terriblement

juste dans ce qu’elle écrit,

comme lorsqu’un artiste

trouve la faille,

entre l’équilibre et la folie.


Les trains ont une âme,

mais ont-ils un sexe ?

Jeudi 24 avril 2008 – 17h36

30.04.2008

Hot

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J’ai chaud, trop couvert.

Ce soir, soleil, vacances,

femmes languides dans la lumière

et danseuses hypnotiques

au bord de la mer.

Bon, on peut rêver…

De toute façon, mes filles

sont très belles, souriantes et vivantes,

alors, « what else ? »,

comme disait l’autre, le clowné…

Appelez-moi Georges qu’il disait,

appelez-moi ne me laissez pas,

disait l’autre.

Ce matin, j’ai envie d’être biblique,

au milieu du désert,

je salue un chameau,

croise le regard d’un singe

qui joue avec une rose des sables,

et puis, la Vittel, l’Evian, l’Oasis enfin.

Tout se mélange, tout se démène,

tout se mêle et s’emmêle.

Même le train prend du roulis,

maintenant vous allez voir

qu’on va arriver sur la Seine, au rappel…

Etonnant, non ?

Vendredi 25 avril 2008 – 8h26

29.04.2008

Danger

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On train again.

At Saint Lazare Station.

Danger !

Pour votre sécurité.

Il vous est interdit de…


Sortie

Rue de Londres

Rue de Rome


Toute une vie d’interdictions,

d’ouvertures de 6h30 à 20h30,

de permissions, d’autorisations.

Est-ce qu’on a le droit de respirer ?

Je ne sais pas, j’hésite.

Et puis je finis par prendre le risque…

Premier essai.

Aujourd’hui, je suis tombé dans un traquenard.

Un redoutable piège de trottoir.

Je suis passé devant mon bouquiniste préféré,

j’ai feuilleté, palpé et soupesé.

Héroïque, je m’en suis retourné.

Et puis voilà, qu’au dépourvu,

dans une toute petite rue

un modeste antiquaire s’est mis

à exposer quelques livres sur le trottoir.

Et puis, il y avait un gros volume

d’Iris Murdoch, dans la collection NRF,

Un homme à catastrophes, un peu jauni,

un peu d’occasion, mais pour trois euros,

que faire ? Que dire ? Comment se défendre ?

Argumenter pied à pied

et puis se laisser couler.

Finalement, se noyer comme ça dans les pages,

c’est pas mal, surement mieux

qu’un steak frites caoutchouteux.


Jeudi 24 avril 2008 – 17h30

Pluie sans pluie

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le T de Saul Leiter


Un jour de pluie sans pluie.

Les rails sont humides. Ca se sent.

Le chou-chou train glisse allégrement

plus léger des lycéens et des étudiants

en vacances, avec ou sans leurs profs.

Mais non, je n’ai pas dit :

« tous des communistes ! »

Moi, je n’aime pas Aimé Césaire.

Je sais, je n’aime pas

tous ceux que vous aimez.

Je suis un mauvais Français,

donc un bon citoyen.

Ou l’inverse.

Comme lui, je vais inventer

un nouveau concept : l’Américtude,

pour exprimer mon isolement,

le flétrissement de mon génie

par cette bande

de hollando-ségolènais.

Vive la Chine libre !

Et puis, une question à mille euros :

A quoi servent les jeux olympiques ?

Entre les jeux du cirque,

les jeux de gosses de riche

de monsieur le baron

et les jeux d’Adolf à Berlin,

Sans compter Moscou

et la secte du Lac Salé,

ça commence à faire

une montagne de saleté

et de bêtise à faire frémir

un dromadaire amoureux

qui écoute La lettre à Elise.

Lundi 21 avril 2008 – On train à 8h26

Brouillard de mes rêves

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a writer’s diary, édité par son mari Léonard Woolf dans leur propre maison d’édition, la Hogarth Press. L’illustration de la couverture est de sa sœur Vanessa Bell


Je suis revenu dans le train,

avec Virginia sur les genoux.

Une magnifique édition toute grise,

de Freshwater, chez « des femmes »,

une belle édition bleue de La Maison

de Carlyle au Mercure de France et enfin

le gros volume Le Pur et l’Impur édité par

les Presses Universitaires de Rennes,

ce sont les actes d’un colloque international

consacré à la Woolfette, avec une succulente

bibliographie extrêmement détaillée,

avec les éditions anglaises et les éditions

en français, un régal.

Trois tranches de bonheur absolu

complétées par un Cendrars en solde

L’homme foudroyé, trois euros,

je n’ai pas pu résister…

La BB 111 051 est toute belle,

seule et grise, avec quelques traits de rouge,

une loco qui attend, seule…

Est-ce le printemps des trains ?

D’être Woolfé comme ça,

dès le matin me donne faim.

Je n’ai pas dû manger ce matin,

c’est ça le truc.

Virginia, je t’aime.

Tu es la femme de ma vie,

le brouillard de mes rêves,

le linceul de mes nuits.

Bientôt les acacias, déjà les lilas.

Et puis les insectes par milliers,

les abeilles toujours sympa,

au travail sans relâche,

les fourmis qui fourmillent,

qui vont et qui viennent,

dans un cérémonial sans fin,

comme des trains, finalement.

On devrait embaucher plus de fourmis

à la SNCF, ça marcherait surement mieux,

cette chose…

Mercredi 16 avril 2008 – 11h25

Allegro ma non troppo

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Une odeur de steak haché

remplit le wagon.

C’est curieux, c’est… Comme ça.

Hier matin, un choc dans le train,

en partant « au bureau » : quelques sièges

devant moi, sur la gauche, côté fenêtre,

des cheveux noirs gonflés

par un col de manteau

et un mouvement de la main, et…

Mon cœur a accéléré,

ce qui n’est pas recommandé.

J’ai cru, j’ai espéré, j’ai rêvé

que c’était Elle,

la plus belle pretty woman du world

qui était là, tristement seule,

en marche vers un destin gris.

Elle s’est levée, plus tard,

elle était bellement maghrébée,

mais ce n’était pas Elle.

Qui sait si j’étais déçu

ou rassuré ?

Elle !

Mais où est-elle ?

Samedi 12 avril 2008 – 17h29

28.04.2008

C’était l’hiver

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On the quai.

Du vent et du soleil.

Un teuf-teuf passe.

Sans arrêt.

C’est où la mer ?

Mon Antiopette Australienne,

perdue en mer.

Une fois, je l’ai aperçue,

elle n’était pas rentrée.

Naturalisée australe, Kangouroutée,

Antiopette 1ère, Reine des mers du Sud,

why not ?

Elle le mérite bien,

c’était la meilleure de notre monde.

Trois sœurs étranges,

au destin d’ailleurs.

Il faut bien être à moitié Irlandaise,

pour connaître le vertige

de la création soeuresque et familiale.

Sans oublier le frère,

le plus doué et le plus fou,

oublié Branwell Brontë.

Mes filles, mes déesses

sont trop mignonnes.

C’est marrant, de prendre le train,

comme ça, en milieu de journée,

à travers le soleil.

Tous les piliers sont tagués

et les murs décorés.

Certains graphistes ont plutôt du talent.

Un drôle de wagon, vide et sale.

Une bouteille de champagne vide

se roule par terre,

une guêpe se promène en l’air.

De quoi avons-nous l’air ?

8 février 2007 – 13h18

Equation littéraire

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Joyce Carol Oates by Mary Cross

Le mois file et le printemps qui se défile.

Une journée de soleil et de froidure.

Plus j’achète de livres

et moins je lis

mais plus j’écris :


Equation littéraire du troisième degré,

plus fort que la programmation linéaire.

En fait, en ce moment, je lis à petites doses,

je déguste des nouvelles de

Joyce Carol Oates,

recueillies sous le titre de Hantises.

C’est tellement bien, fort et vivant,

cette pureté dans l’expression

me rappelle forcément la Woolfette

qui était, bien sûr, plus à l’intérieur :

elle écrivait autant pour elle

que pour nous.

En fait, l’œuvre de Virginia, c’est sa vie.

C’est comme un immense journal

avec tout ce qu’il est possible d’écrire

puisqu’elle savait tout,

elle comprenait tout.

Bien que malade,

elle était la sagesse de l’Angleterre,

elle portait en elle la flamme de ce peuple

qui le conduit à se dresser jusqu’au ciel.

Virginia qui haïssait la guerre et les uniformes,

Virginia qui nous aimait tant,

nous ses frères.

Virginia, ma sœur

seras-tu ma mère ?

Jeudi 17 avril 2008 – On train à 13h27

Rendez-vous

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Nouveau rendez-vous

dans un quartier encore plus chic,

près de la place Victor Hugo.

Un quartier qui me ramène vers plein de souvenirs.

Des désirs et des plaisirs.

Il pleut presque, pas tout à fait.

Les trottoirs sont humides et noirs.

Un temps agréable pour travailler,

penser aux femmes aimées,

aux amours de ma vie,

de toujours.

Je vais dans une école,

donc je vais voir une femme.

L’éducation est dans les mains

des femmes, aujourd’hui.

Elles ont la patience, la tolérance,

la fermeté aussi.

Il leur manque parfois la générosité.

Mais elles ont du mal

à aimer les enfants des autres,

surtout les filles, c’est bizarre, non ?

Pour le reste, elles sont parfaites,

elles maitrisent tous les ressorts

de la communication

et leur intelligence, multitâches,

leur permet d’affronter brillamment

toutes les situations.

Les femmes, c’est bien !

Femmes, je vous aime.

L’expression est quelque peu triviale,

mais c’est vrai.

Je vous aime,

je vous embrasse

et je vous couvre de pensées.

Jeudi 1er aout 2006 – 9h05

27.04.2008

Un autre été

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Avenue Franklin Roosevelt.

Un rendez-vous dans un Paris touristique

et semi désertique.

Des femmes toujours aussi belles,

des démarches incroyables.

Quand elles ne frappent pas l’air

de leur poitrine invraisemblable,

ce sont les hanches qui les propulsent

comme des sirènes,

mouvements de grâce et de puissance.

L’inconnu de la vie.

L’interrogation de l’été.

Toujours, tous les étés,

on se retrouve,

à un moment ou à un autre,

pensif,

à la terrasse d’un café,

entre Juillet et Aout,

avec toujours des questions

auxquelles ce n’est pas le moment de répondre.

Tous les ans ça revient,

un peu comme la beauté des femmes bronzées,

les shorts, les mini-jupes et les nu-pieds.

Il faut en profiter.

Dans un mois, elles auront rangé

leurs corps de délices

et leurs déguisements

de poupées d’été.

Lundi 29 juillet 2006 – 16h10

26.04.2008

Le jour du soleil

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Déjà on train.

Pourtant je ne travaille pas ce matin

mais j’ai rendez-vous

avec la femme de ma vie.

Ma commande Virginiesque

est arrivée à la Librairie Gallimard,

donc je courre, je traine, je vole.

Levé tôt ce matin.

Que c’est agréable d’écrire

comme ça, avec le soleil

qui nous tient la main,

qui regarde paresseusement

les mêmes détails, oiseaux

et feuilles qui volent, qui chantent.

Aujourd’hui, c’est le jour du soleil.

J’ai pris un nouveau carnet

qui en fait, est un vieux.

J’ai retrouvé un texte écrit en février,

Je vais le mettre en ligne,

il me plait trop,

une histoire de train et d’Antiopette…

La vie est belle aujourd’hui.

Elle est musicale aussi.

Ce soir M6 nous passe le docu sur Amy,

j’ai bien peur que ce soit le même que le DVD.

A la fin de la semaine, c’est un évènement :

mes filles vont se produire ensemble sur scène

pour la première fois.

C’est un grand jour pour Flora qui va accompagner

sa sœur à la basse.

Juste avant ou en même temps,

elle a un concert avec la chorale,

donc je ne sais pas comment elle va faire,

mais je ne m’en fais pas,

les femmes sont magiques,

c’est comme ça.

Je suis mélancolique car les étudiantes

de dernière année

ont bientôt fini les cours.

Je ne les reverrai plus qu’une fois.

C’est triste.

Elles étaient vraiment attachantes,

généreuses, gaies et courageuses.

Mercredi 16 avril 2008 – 10h25

24.04.2008

On the rails again

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Snow par Saul Leiter, 1960

Je vais embrasser New York

vu par Saul Leiter.

Puis, j’ai prévu, en rentrant,

un léger détour par

la Librairie Gallimard.

Il suffit, comme dans les westerns,

de sauter d’une ligne à l’autre,

de la 13 à la 12 ou vice versa.

Toujours du vice.

Pendant longtemps, j’ai eu des éditions

ou des collections fétiches.

Il y a eu les Editions de Minuit,

avec leur splendide blancheur

et Marguerite Duras.

Egalement les Editions Julliard,

avec leur bandeau vert, un peu suranné,

le temps de Sagan.

Bien sûr, la NRF, magique,

grandiose et universelle,

et puis, toujours chez Gallimard,

la collection L’Imaginaire,

pas tant pour sa présentation

ni son impression parfois un peu économique,

mais pour la qualité exceptionnelle

des titres choisis.

Aujourd’hui…

Samedi 12 avril 2008 – 14h59

23.04.2008

Adory

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En route pour l’Amérique.

On train, Soleil,

pavés an’ rails.

Avant de partir,

j’ai inspiré de longues minutes d’Amy,

le dvd de sa vie,

si plein d’émotions.

C’est dingue, quand je vois Amy,

même quand elle ne chante pas,

j’ai envie de pleurer de bonheur,

c’est fou.

J’espère que je pourrai la voir,

à Rock en Seine, cet été.

Même si j’ai horreur de ces trucs là,

plein de monde et tout,

quand même, ce serait géant,

de respirer le même air,

lumière de poussière

qu’Amy, Aimy, Adory Winehouse…

Samedi 12 avril 2008 – 14h56

Et la Seine ?

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Et la Seine, et les ponts

et les voitures ?

Encore et toujours

immobiles, bouchonnées.

Et les bateaux là-bas

qui m’attendent.

Des familles entières de trains

patientent, bien rangées,

des Corails et des banlieusards mélangés.

Ils dorment, mangent et digèrent.

Je crois qu’ils sont à l’étable

des signaux électroniques.

Le Sacré Cœur est gris aujourd’hui,

il doit être mal réveillé.

Pourtant ça brille,

le soleil est revenu,

même les tags sont en couleur,

la loco 116054 attend,

toute seule,

dans un parking isolé.

Peut être qu’un cavalier

va la prendre et l’enlever,

la faire danser.

Sa robe bleue et grise

à parements rouges,

bien ajustée,

elle nous regarde passer.

Elle…

8 février 2007 - 13h19

22.04.2008

Une autre année

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Dans la glace.

Très bel immeuble, glacé.

Elle me fait attendre pour la forme.

J’ai toujours quelque chose à faire,

même si je dois dire

Que leurs histoires d’entreprises,

ceci et cela,

ça me touche de moins en moins.

Finalement, c’est surtout de l’humain.

L’hôtesse drague en anglais,

avec une vraie voix de nouille, chaude.

Elle croit qu’on croit qu’elle travaille.

Je me suis installé au fond du salon de réception,

près de la grande fenêtre et du climatiseur.

La meilleure place.

Je partirais bien, mais ça ne se fait pas.

J’attends encore un peu.

Je ne suis pas pressé.

J’ai encore le temps,

des années à prendre,

à vivre et à aimer.

Hier, quelle bousculade royale et homérique,

quelle flamme et quel entrain.

Quelle explosion,

des flammes encore dans le cœur

et dans le corps.

Des flammes noires dans tes yeux,

toi qui as failli pleurer d’émotion

et moi avec toi, de ma folie.

Après tout, après, les nuages,

une jolie traîne dans le ciel.

Des fois des avions passent,

les oiseaux regardent.

J’observe les oiseaux, ils chantent,

je rigole avec eux, ils me parlent,

je les regarde.

Les plus belles,

ce sont toujours les Assistantes.

Les autres femmes,

dès qu’elles ont un certain statut,

il faut qu’elles s’habillent,

en chaste ou en mec,

style « rien qui dépasse »,

on range les seins et les cuisses.

On cache même les pieds. Quelle horreur !

C’est dur le travail.

Très dur.

Lundi 29 juillet – 16h33

21.04.2008

Promesse

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rôti de cochon confit au citron et romarin
recette pour six personnes

Ingrédients :
3 citrons confits
4 gousses d’ail
20 grammes de beurre
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1,2 kg de rôti de porc désossé dans l’échine
6 bulbes de fenouil
le jus de 2 citrons
4 branches de romarin
sel
poivre noir du moulin

Préparation :
Coupez les citrons confits en quartiers, épluchez et hachez l’ail. Faites chauffer le beurre avec l’huile dans une cocotte, mettez-y le rôti de porc à dorer sur toutes ses faces puis égouttez la viande.
A sa place faites revenir l’ail haché à feu doux pendant 5 minutes, puis remettez le rôti dans la cocotte.
Versez 15 cl d’eau et le jus de citron, ajoutez 2 branches de romarin effeuillées. Salez, poivrez, portez à ébullition. Au premier bouillon, réduisez le feu, ajoutez les quartiers de citron, couvrez la cocotte et laissez mijoter sur feu très doux pendant 1 heure 15 minutes.
Vingt minutes avant la fin de la cuisson du rôti, lavez les bulbes de fenouil et coupez-les en quatre.
Egouttez le rôti et coupez-le en tranches. Sur un plat de service, disposez la viande et les quartiers de citron confit, entourez avec les morceaux de fenouil et nappez de sauce de cuisson.
Décorez avec les 2 branches restantes de romarin et servez aussitôt.

Buon appetito