16.11.2010

Etoile

  Flamenca.jpg

Flamenca

 

 

On the quai, j’attends le train.

Pour la première fois, j’écris

en ne pensant qu’à toi.

 

Fabienne, mon étoile,

tu es celle qui danse

dans mes rêves.

 

Je suis toujours tourneboulé

par ton merveilleux texte d’hier

qui n’est pas une promesse, non,

juste une page ouverte.

 

C’est beaucoup, surtout à un moment

où je croyais t’avoir perdue.

 

Cette nuit, j’ai eu du mal

à arrêter de t’écrire,

tellement j’étais heureux,

enthousiasmé par tes mots,

ta douceur, ta franchise, ta gentillesse,

 

la confiance que tu m’as faite

en m’ouvrant ton cœur de femme,

en me laissant entrapercevoir

ta complexité et ta richesse.

 

Après t’avoir quittée, il était tard,

plus de 4h, je pensais à tes pieds

qui sont et qui ont été la première

passerelle entre nous.

 

Je crois que c’est la première fois

où tu t’es livrée à moi, avec des mots

si justes et si sincères qu’ils m’ont

procuré une émotion formidable.

 

Tes pieds,

symboles de ta vie de danseuse,

de la grâce et du travail,

de la souffrance du corps,

car la danse est un art tellement exigeant.

 

Mercredi 7 juillet 2010 – 12h52

 

 

Une danseuse

  William Holman-Hunt,The Lady of Shalott, 1889-1902.jpg

The Lady of Shalott by William Holman-Hunt

 

 

 

On train.

Soleil et chemisette,

à 7h, c’était déjà la canicule.

 

Heureusement, c’est un teuf-teuf

moderne, avec la clim.

 

Une journée pour toi,

une journée à t’écrire.

 

Ce matin : travail,

cet après-midi : hôpital

pour ma révision des six mois,

ce soir : concert de rock.

 

Et toi, je te vois quand ?

Toi qui es si douce

et si belle, si F.

 

Toi ma femme mystère

qui se promène

et qui rêve à d’autres parts,

qui s’évade souvent.

 

Une danseuse qui danse

dans mes rêves,

 

Une danseuse aux yeux noirs,

une danseuse qui est toi.

 

Jeudi 1er juillet 2010 – 8h27

 

 

Pour que la vie

  William-Adolphe_Bouguereau_(1825-1905)_-_Modestie_(1902).jpg

Modestie par William-Adolphe Bouguereau en 1802

 

 

“Sur la plage de Chesil” donné

à Marion aujourd’hui, j’ai écrit :

« Pour que la vie soit un rêve ».

Simplement parce qu’elle le mérite.

 

Colette qui s’inquiète pour moi,

Fabienne qui me danse dessus

et qui me donne envie

de voir Cambrai.

 

La nostalgie d’une vie,

dix-sept années passées, enfouies,

mais toujours si vivantes, présentes.

 

Rien ne meurt donc jamais ?

(On dirait du Proust…).

 

Aujourd’hui ici et demain là,

avec l’inconnue du 8h26,

celle qui, celle que je croise.

 

Parfois le hasard nous parle,

organise nos vies.

 

Parfois tu es là,

au creux de mon cœur.

 

Parfois tu es parmi les vagues,

innocente et riante.

 

Parfois, c’est une fleur

qui est là,

qui s’épanouit,

vivante.

 

Vendredi 25 juin 2010

 

 

15.11.2010

Une petite pause

  jc-by-mk.jpg

Jennifer Connelly by M K

 

 

On train at San Lazaro Station.

Trop chaud avec mon blazer,

pourtant ce matin, le temps

était couvert et venteux.

 

Une journée entière à écouter

mes filles devant un jury de

professionnels, un délice

tant elles sont mignonnes,

courageuses et déjà tellement pro,

prêtes pour le grand jeu de l’entreprise

où tout le monde a l’air si…

 

C’est rafraichissant, comme de te

rencontrer demain, porte ouverte

sur un autre jour, sur un ailleurs,

peut-être quelque chose,

peut-être rien, on verra demain.

La vie chante doucement.

 

Une jeune femme dans le train,

si belle, le sosie de Jennifer Connelly,

à vingt ans, une ancienne collègue

de lycée de ma fille ainée.

 

J’étais amoureux de sa mère

que j’ai vue, pour la première fois,

il y a seize ou dix-sept ans, dans

le grand parc, près de la maison.

 

Elle venait d’accoucher,

j’avais remarqué ses seins énormes,

elle était à tomber du toboggan

la tête la première, elle était…

 

Sa fille doit être étudiante à Paris,

dingue comme les jours et les années

se sont enfuis.

 

Je ferais bien une petite pause,

dans le jardin, avec mes chats,

le silence et les oiseaux,

et le soleil pas trop chaud…

 

… Et la douceur de pensées

de vagues d’argent

qui volent dans le temps

et qui s’abreuvent de sable fin

et qui caressent tes pieds,

nus, qui m’attendent.

 

Vendredi 18 juin 2010 – 16h00

 

 

Un train gai

 

Train gai.JPG

Train en gare de Saint Lazare

 

  

On the quai.

Toujours entre deux trains.

Le ciel est uniformément bleu.

 

J’ai déjà chaud avec ma seule

chemise, l’après-midi risque

d’être torride.

 

Je te vois cet après-midi.

Bien sûr nous serons déçus,

nous sommes toujours déçus.

 

C’est pour ça que c’est bien

de se voir rapidement,

au moins, après, on est fixé

sur ce qui est possible ou non.

 

Pour donner un sens définitif

à mon régime, j’ai décidé

de ne pas manger ce matin

ni à midi.

 

Un train marrant.

Un train tout gai pour une fois,

le matin, avec un wagon plein d’enfants,

une classe qui fait une escapade.

C’est la saison des sorties, apparemment.

 

Moi, mes étudiantes sèchent les cours,

à cette période de l’année.

C’est différent, elles sont grandes,

c’est le soleil qui les rend folles.

 

Je suis content de te voir,

je sens la vie palpitante en toi

qui n’a envie que de s’exprimer.

J’ai envie de tes pieds.

 

Vendredi 4 juin 2010 – 8h20

Projet

  Bouguereau,William-Adolphe (1825-1905) Bacchante 2.jpg

Bacchante de William-Adolphe Bouguereau

 

 

Virginia n’aurait pas été étonnée

par la déconfiture grecque,

elle qui ne comprenait pas

jusqu’où ce peuple sublime

avait fini par s’égarer.

 

Quand on y pense, c’est dingue,

les grands inventeurs de la civilisation

et de la pensée moderne,

redevenir une peuplade indigène,

la risée des barbares.

 

le monde à l’envers.

Les souris qui narguent les tigres…

Curieux, cette évolution-régression,

un peu comme les guêpes

devenues de simples fourmis.

 

Aimer une femme à pieds,

voilà un projet digne de moi.

 

Jeudi 3 juin 2010

 

 

Ronde

  Joseph Mallord William Turner Dogana et Santa Maria della Salute, Venise, 1843.jpg

Dogana et Santa Maria della salute, Venise, 1843

par Joseph Mallord William Turner

 

 

Déjà un mois que je n’ai pas écrit

dans ce carnet. La dernière fois,

c’était sur des feuilles volantes.

 

Les jours tournent,

les femmes changent.

 

Les objets de mon amour

s’éloignent et puis s’approchent,

dans un va et vient permanent.

 

Le mouvement perpétuel de l’amour ?

Un truc comme ça, sûrement

vieux comme le monde.

 

L’année universitaire touche à sa fin,

je crois bien que le reste, aussi,

s’éloigne irrémédiablement.

 

Le bateau coule en douceur,

sans faire de bruit,

et je reste là, quelque part,

sur un canot, errant d’île en île,

de désert en désert.

 

Je me rêve sur une gondole,

à Venise,

en route vers Murano.

 

Lumière et beauté.

 

Jeudi 3 juin 2010

 

 

Soleil timide

  jennifer-aniston-legs.jpg

Jennifer Aniston

 

 

On train.

Parti travailler dans le vent froid

et le soleil timide.

Une vie bizarre en ce moment,

un peu entre parenthèses.

 

L’élan vers l’été est cassé.

J’ai rallumé le chauffage

et je n’ai pas encore planté

mes derniers géraniums.

 

Je crois que Tigrou est amoureux.

Ce matin, il a mangé et est parti

tout de suite, pressé de retrouver

sa Blanche.

 

Je lis beaucoup.

J’ai découvert avec amusement

« Eté » d’Edith Wharton.

 

C’est vraiment la version américaine

de Jane Austen, avec juste un peu plus

de sexualité féminine, d’instinct vital

comme dit la préface, mais cela reste

très tendre et reposant.

 

Maintenant, je vais découvrir

Colum McCam, un Irlandais

parti à New York, j’allais dire :

« comme d’habitude », mais aujourd’hui,

tout le monde rêve de N. Y.

 

Mes découvertes de femmes

finissent par se calmer.

Je commence à en avoir marre,

même si j’en ai rencontré plusieurs

très mignonnes.

 

De toute façon, aujourd’hui je n’ai

pas trop le temps, ni l’envie, d’ailleurs,

d’avoir une femme sur le dos,

un truc chiant qui parle tout le temps

et qui n’écoute jamais.

 

Heureusement, elles ont des pieds,

heureusement…

 

Jeudi 6 mai 2010 – 13h27

 

 

Philosophe

Philosphe.JPG

Tigrou le 29 juin 2010

 

 

On train.

Je suis au régime,

rien mangé ce matin,

ça fait du bien,

je vais devenir tout maigre !

Oui, mais quand ?

 

Toutes ces femmes sont mignonnes,

mais elles commencent à être pénibles,

tellement elles sont des femmes,

chiantes, nian-niantes et prétentieuses.

 

J’ai deux rendez-vous cet après-midi,

je les ai annulés, je préfère aller

regarder les livres chez Gibert,

c’est beaucoup plus relaxant.

 

Une semaine de dingue qui s’achève.

Hier soir, j’étais littéralement épuisé,

j’ai dû m’endormir vers 23h,

sur le canapé, avec Edith Wharton,

je tenais à peine debout.

 

J’aspire juste à du repos,

du calme, avec mon chat

qui se fait les griffes sur moi.

 

Il râle comme une femme,

mais c’est juste à l’heure des repas,

le matin et le soir,

donc c’est supportable.

 

Et puis, il ne raconte pas sa vie

à longueur de journée,

il philosophie en silence,

c’est cela la puissance de l’esprit.

 

Vendredi 30 avril 2010 – 8h26

07.11.2010

Comme des mères

  william_a_bougureau Premières caresses 1866.jpg

Premières caresses par William-Adolphe Bouguereau, en 1866

 

On train.

Ce matin, Edith, Annie, Christine,

Hier soir, Dominique, Yvonne, Martine,

et puis des Catherine et des Marie,

en pagaille.

 

Il est temps que ça se calme,

toutes ces femmes, ça m’épuise.

 

J’ai beau sabrer et tailler

dans tous les messages reçus,

je commence à mélanger

les noms et les profils,

ça ne fait pas très sérieux !

 

C’est quand même bien

tous ces échanges,

toutes ces femmes

qui ont envie de plaire,

d’aimer et d’être aimées.

 

Il y a bien sûr quelques esprits

chagrins, mais très peu,

dans l’ensemble mes contacts

féminins sont aimables.

 

Elles sont éprises de culture

et d’ouverture au monde,

et puis je les trouve tolérantes,

un peu comme des mères

qui couvrent les excès de leurs enfants.

 

Les femmes, c’est bien,

vraiment.

Je les adore et je les apprécie.

Vous aimerez la nuance…

 

Mercredi 28 avril 2010 – 12h58

 

 

06.11.2010

Des femmes partout

Kiera Chaplin.jpg

Kiera Chaplin

 

 

On train at San Lazaro Station.

Plein de femmes partout,

si mignonnes.

 

Des rendez-vous acceptés,

d’autres où je refuse l’obstacle,

comme avec Paule qui m’a appelé

ce matin, pour me faire la leçon.

 

Mais, dans l’ensemble,

elles sont adorables.

 

Elles sont seules,

souvent depuis longtemps,

semi résignées et puis,

elles essayent quand même.

 

Elles se disent : pourquoi pas ?

On ne sait jamais !

Et elles ont bien raison.

 

Beaucoup habitent la région parisienne

et dans l’autre moitié qui est en province,

une forte majorité réside à Toulouse,

ce qui est étonnant.

 

Toulouse, si belle, si chaleureuse,

serait-elle la ville des femmes

célibataires, seules ou abandonnées ?

 

J’adore les femmes et leurs stratégies

de séduction, d’interrogation.

Elles sont terriblement curieuses

et aiment tellement la flatterie…

 

Leur coquetterie est étonnante,

mais de plus en plus,

je les trouve vraies, proches

des valeurs fondamentales de la vie.

 

J’aime trop les femmes,

c’est ce qui me perdra…

Je l’ai toujours su,

en fait, je crois que c’est génétique.

 

J’ai envie de pieds,

bronzés et soyeux.

J’ai envie de pieds amoureux !

 

Même la Reine des Celtes,

après plusieurs jours de dévergondage

s’est faite les pieds sur moi, ce matin.

 

Quel réveil délicieux,

ses pieds sont les plus beaux du monde.

 

Lundi 26 avril 2010 – 12h40

05.11.2010

Comme tous les ans

  Guess.jpg

Une beauté indémodable

 

 

En salle de cours, j’attends

 mes étudiants de 2ème année,

 pour eux, c’est la dernière

 semaine de cours.

 

 A partir de la semaine prochaine,

 ça va me faire tout drôle.

 

Comme tous les ans,

je ne travaillerai plus

les lundi et mardi,

il me restera mes cinq classes

de 1ère année, jusqu’au 15 juillet,

du mercredi au vendredi.

 

C’est marrant, toutes mes rencontres

actuellement, je suis content

de faire plein de découvertes,

beaucoup sont très intéressantes,

la plupart adorables.

 

Ma stratégie des pieds

marche super bien,

cela permet de sélectionner

les profils les plus intéressants.

 

La plupart des femmes saisit

parfaitement l’importance des pieds

dans la capacité de séduction féminine.

 

Souvent, elles réagissent

en trouvant cela drôle,

mais intimement, elles comprennent

tout ce que cela représente…

 

Lundi 26 avril 2010 – 9h20

 

 

04.11.2010

A travers le vent

  Angelina Jolie A travers le vent.jpg

Angie

 

On train qui part,

 à travers le vent et le soleil,

 temps curieux, 16°, un peu juste.

 

 Ce matin, j’ai rallumé le chauffage,

 pas envie de tomber malade,

 pas trop le temps non plus.

 

Hier, je me suis réinscrit

sur le site de rencontres,

dingue ! Toute la journée

des messages de femmes,

douces, gentilles, pleines d’espoir,

déjà chiantes parfois…

 

C’est curieux, ça tombe le weekend

où ma Reine des Celtes s’envole

vers le pays des vaches,

pour retrouver son taureau.

Les filles partent aussi, là-bas,

curieux de me retrouver seul.

 

Donc, je développe de nouveaux phantasmes,

je deviens obsédé par les grandes femmes,

minces, avec de très grands pieds.

C’est marrant, le pire c’est que j’adore

et ça me donne plein d’envies.

 

Cela doit être du ressort de la thérapie

car ma Reine des Celtes avait de très beaux

gros seins et les plus jolis petits pieds du monde,

donc mes chères Watsones…

 

Jeudi 22 avril 2010 – 13h23

 

03.11.2010

Some books

VW Reader.jpg

Ma Woolfette suprême

 

 

 

 

 

Pour Apinya.

 

Une petite liste rapide de mes préférences

 

en matière de littérature contemporaine,

 

en langue française.

 

 

Auteurs :

 

Hélène Berr                            Journal

 

Maurice Blanchard                 C’est la fête et vous

                                              n’en savez rien

 

Maurice Blanchot                   L’arrêt de mort

 

André Breton                          Nadja

 

Michel Butor                           La modification

 

Henri Calet                             Grandes largeurs

 

Louis Ferdinand Céline            Voyage au bout de la nuit

 

Blaise Cendrars                      Au cœur du monde

 

André Dhôtel                          Le pays où l’on n’arrive jamais

 

Marguerite Duras                   Le marin de Gibraltar

 

Paul Eluard                             Derniers poèmes d’amour

 

Romain Gary                          Au-delà de cette limite

                                               votre ticket n’est plus valable

 

Raymond Guérin                    L’apprenti

 

J.M.G. Le Clézio                     Désert

 

Pierre Loti                               Aziyadé

 

Henri Michaux                        Plume

 

Katherine Pancol                    Les yeux jaunes des crocodiles

 

André Pieyre de Mandiargues  La motocyclette

 

Marcel Proust                         Du côté de chez Swann

 

Raymond Queneau                Exercices de style

 

Françoise Sagan                    Bonjour Tristesse

 

Georges Simenon                  La fuite de monsieur Monde

 

 

 

 

Je t’embrasse, avec tous les signes du bonheur.

 

Pour toi ma Princesse au-delà du monde.

 

 

 

 

 

Mercredi 3 novembre 2010 – 21h55

02.11.2010

Face to feet

mandy-moore-details-3.jpg

Mandy Moore

 

 

 

 

 

On train.

 

Je suis assis en face de pieds adorables,

 

la jeune femme au-dessus, elle aussi

 

est fort jolie, curieuse, très sophistiquée,

 

un peu femme, un peu enfant.

 

 

Difficile de lui donner un âge,

 

une tête stylisée, un peu méridionale,

 

un peu maghrébine, un peu tahitienne.

 

 

Jolie, qui attire l’œil

 

et en même temps sage et discrète,

 

et en même temps terriblement présente.

 

 

Je pense à Violette, la vraie et la fausse.

 

La vraie est à Nice, en ce moment,

 

seule dans une chambre d’hôtel,

 

que fait-elle ?

 

 

La fausse qui est la mienne,

 

est de plus en plus vraie,

 

elle vit avec moi.

 

 

J’ai tellement de phantasmes

 

à partager avec elle,

 

tant d’aventures cochono-sexuelles.

 

Elle me fait rêver avec ses grands pieds.

 

Je la cherche.

 

Lundi 19 avril 2010 – 18h14

31.10.2010

Un regard échangé

Chemin Juillet 2009.JPG

Ile de Bréhat, Juillet 2009

 

 

 

 

 

Eté 2009, une femme à Bréhat.

 

Une femme sur une bicyclette,

 

croisée près de la plage des Grèves.

 

 

Un regard échangé, un seul,

 

mais qui m’a dit tant de choses

 

sur les planètes étoilées,

 

la vie qui palpite,

 

le chemin qui descend à la mer,

 

la marée qui revient.

 

 

Juste un regard

 

que je ne peux oublier.

 

 

C’était la fin de nos vacances,

 

dans la maison de rêve,

 

tout au bord de l’eau.

 

 

J’avais mal au dos, le cabinet médical

 

était proche de la maison,

 

c’est là que je l’ai vue la première fois.

 

Elle est entrée comme je sortais,

 

j’avais à peine eu le temps

 

de répondre à son salut collectif.

 

 

C’est après, quand je suis ressorti

 

de la maison, avec une amie,

 

pour aller au marché ou rejoindre

 

les filles dans une crêperie…

 

 

Après, sur le sentier qui contourne

 

le cimetière et qui permet de rejoindre

 

le nord de l’île,

 

après, je t’ai croisée,

 

tu m’as vu,

 

je t’ai regardée,

 

tu as plongé tes yeux dans les miens

 

et puis,

 

et puis, j’ai rejoint celle qui m’attendait…

 

 

Et puis,

 

depuis je pense à toi,

 

mon inconnue,

 

toi.

 

 

Lundi 19 avril 2010 – 13h48

La terre tourne

S1821~The-Story-Book-Posters.jpg

Images de conte de fée

par William-Adolphe Bouguereau

 

 

 

 

 

A la Fnac, une fille regardait le dernier

 

Joyce Carol Oates, j’avais envie de lui dire :

 

 

« Oui, oui prenez-là, dévorez-là,

 

c’est la meilleure, c’est la Reine,

 

elle vous vampirisera le cœur, les tripes

 

et le reste ! »

 

 

Je n’ai pas osé, elle a reposé le livre,

 

sûrement trop onéreux…

 

 

Les livres sont trop chers en France,

 

ça c’est un problème aussi important

 

que le prix du lait dont on parle un peu plus

 

et quant à cette connerie de thon rouge

 

dont on n’a jamais vu la queue par ici,

 

c’est peu dire qu’ils nous cassent les arêtes

 

avec leur bestiole saumonée.

 

 

Je suis content, je vais aller m’acheter

 

à manger au Mac Do.

 

 

Je ne travaille pas demain, donc ça me fait

 

comme des vraies vacances, trois jours entiers

 

à lire, à écrire et à travailler, le bonheur,

 

entre mes filles et Tigrou, et les oiseaux

 

qui font de plus en plus la fête dans le jardin.

 

 

Il fait beau, le ciel est là,

 

la terre tourne,

 

the world is better than ever.

 

 

Baisers pour le vent,

 

à demain les goélands,

 

à bientôt Iroise, Celtique,

 

terre de fin du monde.

 

 

Vagues suprêmes,

 

houle du paradis,

 

dunes, grèves et plages,

 

j’embrasse votre sable.

 

 

Jeudi 15 avril 2010 – 14h31

30.10.2010

Trop cher, trop nul

Aucun souvenir décembre 2009.jpg

Aucun souvenir de ce cliché bizarre de décembre 2009

 

 

On train, at Saint Lazare.

 

Je rentre à la maison.

 

 

Je n’ai pas trouvé le Dvd de Pink Floyd

 

que je cherchais pour Oriane,

 

rien acheté dans ces Fnac-là,

 

trop cher, trop nul et même pas aimables.

 

 

Chez Gibert, ce n’est pas non plus

 

l’amabilité qui les embarrasse,

 

mais au moins les livres sont moins chers

 

et il y a plus de choix.

 

 

Je suis triste d’avoir quitté

 

mes petits assureurs,

 

ils sont si mignons, la responsable

 

de la filière Assurance, aussi est mignonne

 

et puis elle a de très jolis yeux bleus,

 

ça aide…

 

 

A la Fnac, par devoir, je vais toujours

 

jeter un œil sur le rayon anglophone,

 

en évitant les nouilleries genre :

 

« Musso – Lévy – Nothomb »,

 

la trilogie du néant.

 

 

Il ne manque plus que BHL et Beigbeider

 

pour avoir un panorama complet

 

de la culture française…

 

Quelle honte, il y a des moments

 

où je préfèrerais être Belge !

 

 

Jeudi 15 avril 2010 – 14h25

29.10.2010

Hanté

 

3c Penelope Cruz.jpg

Penelope Cruz

 

 

On train, en avance, comme dab'.

En ce moment, je suis hanté

par les grands pieds de Violette (merci Manuela)

et par les petits seins de Violette (Merci Rizleine).

 

Curieux comme je m'attache à certains aspects

 qui, pour d'autres, sont des détails

 et pour moi, sont des piliers de la vie.

 

 Ce matin, j'ai cours avec ma classe préférée,

 des assureurs que j'adore.

 Bien qu'ayant peu dormi,

 je me suis levé à l'heure et je suis parti,

 encore plus tôt que d'habitude.

 

 Des bas résille ! Est-ce que

 je pourrais mettre ça à Violette ?

 L'habiller comme une poupée...

 C'est un peu ça...

 Du coup, la vraie Violette,

 non pas celle qui chantait si bien,

 mais mon amour de longtemps

 qui est partie vivre à l'étranger,

 dans le Grand Est, a disparu complètement.

 Je crois qu'elle voyage énormément...

 

 Avec les femmes, ce qui est bien,

c'est qu'elles font tellement de choses,

 qu'elles ont rarement le temps d'être tristes.

 

Elles sont en permanence dans l'action

 et puis elles parlent, souvent,

 sans s'en rendre compte, mais ça,

 c'est leur vraie respiration,

 ce qui leur permet d'éliminer la tension,

 la pression, au fur et à mesure,

 du stretching psychologique,

 comme des chattes qui s'étirent

 les muscles du cerveau, en permanence.

 Mes amours.

 

Jeudi 15 avril 2010 - 8h16

Pendant ce temps-là

 

Hérodiade.jpg

Hérodiade par Jean-Jacques Henner

 

 

Et puis le reste, ce n’est pas très sérieux,

 

comme le disait Virginia qui n’a jamais

 

réussi à prendre au sérieux

 

les hommes et les discussions politiques.

 

Elle était au-dessus et elle regardait

 

Les petits hommes gonflés de leur importance,

 

S’affairer à leurs affaires d’Etat,

 

A l’état du monde…

 

 

Pendant ce temps-là, Virginia écrivait,

 

Ramassait des champignons,

 

reprisait ses bas ou donnait des cours

 

aux ouvrières dont elle admirait

 

le courage, l’envie de comprendre, d’essayer.

 

 

Elle n’a pas participé à la création

 

de la Société Des Nations, ou alors

 

de très loin, mais elle encourageait Léonard

 

dont elle souhaitait, plus que tout, la réussite.

 

 

Mais Freud, qu’elle avait rencontré à Londres,

 

lui avait offert une rose (rouge, je suis sûr),

 

alors, la vie des autres,

 

les envies des autres…

 

Mercredi 14 avril 2010 – 12h53

29.07.2010

Pas très sérieux

Sophie.jpg

 

Sophie Ellis Bextor

 

 

 

Je n’en saurais pas plus,

 

le train est arrivé,

 

un vieux teuf-teuf de base,

 

même si les voyageuses

 

sont jeunes, belles et élégantes,

 

pas très souriantes,

 

mais on ne peut pas tout avoir…

 

 

Parfois la beauté rend les femmes

 

bêtes, comme si elles avaient

 

travaillé dur pour se sentir

 

supérieures aux autres,

 

un truc inné, la compétition

 

interwomen, pas besoin

 

de leur apprendre.

 

 

Des phénomènes, nos femmes,

 

elles sont trop marrantes.

 

 

C’est peut être ça le secret

 

de leur force, ne s’attacher

 

qu’à des choses concrètes, réelles,

 

la défense de leur environnement,

 

comme des chattes aux super pouvoirs,

 

et puis le reste, ce n’est pas très sérieux.

 

Mercredi 14 avril 2010 – 12h49

 

Invitation

Chassériau.jpg

 Danseuse par Théodore Chassériau

 

 

 

Dix minutes à attendre,

 

sur le quai, de la musique :

 

Olivia Ruiz qui chante une histoire

 

de caramels quelconques,

 

une chanson qui colle aux doigts

 

mais qui épargne les oreilles,

 

c’est déjà ça.

 

 

J’ai changé de coin de quai,

 

pour m’abriter du vent,

 

d’ici j’ai une vue plongeante

 

sur le Tabac de la gare,

 

le Cheval blanc et le Terminus,

 

des trucs sordides pour boire

 

et oublier la pauvreté de la vie.

 

 

Il fait beau et il fait froid,

 

il y a des moments

 

de la vie comme ça,

 

des exceptions avec généralement

 

un nappage de silence, tout blanc.

 

 

J’aperçois une salle de billard

 

« Pool – billards américains »

 

et puis Central sport, un club de gym

 

où j’ai accompagné une fois la Reine

 

des Celtes. Toutes les femmes

 

étaient d’une beauté incroyable,

 

comme un coup monté,

 

un rêve éveillé…

 

 

A côté il y a la Boucherie de la gare

 

et puis une pub sur un panneau

 

à affichage électronique :

 

« Les alcooliques anonymes

 

vous invitent… »

 

Mercredi 14 avril 2010 – 12h46

 

La belle vie

 

Gong Li Impératrice.jpg

Gong Li Impératrice

 

 

 

On train.

 

Du travail et des femmes.

 

Le plaisir d’être avec des étudiants

 

si sympathiques, même si les femmes

 

sont trop méchantes entre elles.

 

Comme Nadège qui s’est acharnée

 

sur les petits seins d’Eléonore

 

qui était bouleversée

 

 

Hier, j’ai déjeuné avec Manuela,

 

c’était exquis tant elle est

 

belle, intelligente et gentille.

 

Elle va continuer ses études

 

en Australie.

 

 

Je suis tellement fasciné

 

par la grâce de ses mains

 

et de ses pieds

 

que je n’ai pas touché

 

à mon paquet de copies

 

à corriger, impossible

 

de me concentrer…

 

 

C’est quand même dingue la vie.

 

Tant que les femmes me feront

 

cet effet là, ça voudra dire

 

que je serais encore vivant.

 

 

Mais, même mort, je pense

 

que je serais toujours

 

attiré par la grâce éternelle

 

des femmes, êtres suprêmes,

 

plus fortes que la lumière.

 

Mardi 13 avril 2010 – 8h16

 

Choc habituel

 

penelope-cruz-9.jpg

Penélope Cruz

 

 

 

On the quai.

 

Un jour de grève,

 

comme un autre.

 

 

Un choc habituel

 

en débarquant

 

sur le quai de la gare,

 

de longs cheveux tout fins,

 

tout lisses, tout noirs.

 

 

A chaque fois,

 

je pense à elle,

 

Fatima, princière,

 

la plus belle femme du monde.

 

 

Elle est sortie de l’Univers,

 

a quitté la ville,

 

mais on l’aurait aperçue

 

à Nanterre…

 

 

Donc pas très loin,

 

donc elle rayonne de beauté

 

 et de gentillesse, un peu plus loin,

 

quelle chance ont ces Nanterriens là !

 

 

Du froid, du soleil et des fleurs.

 

 

Mes myosotis sont repartis,

 

tous les ans de nouvelles graines

 

se ressèment,

 

tous les ans, mon jardin est envahi

 

de belles tâches bleues,

 

tous les ans la vie revient et se répète,

 

encore et encore,

 

j’en ai envie.

 

Jeudi 8 avril 2010 – 12h47

 

Prosaïque

 

A_J_026.jpg

Angelina Jolie

 

 

 

On classe.

 

Inside the classroom.

 

Ok, je suis là.

 

 

Un voyage de première classe

 

de la gare Saint Lazare

 

à la rue de Paradis,

 

en passant par la rue Lamartine

 

et la rue Bleue,

 

que du bonheur !

 

 

Marcher et regarder

 

le spectacle de la vie,

 

les enfants endormis,

 

les chiens qui tirent et qui profitent

 

de toutes les odeurs,

 

 les pistes, les imaginaires

 

qui s’offrent à eux.

 

 

Et puis, l’incroyable collection

 

des femmes qui défilent,

 

déjà prêtes, maquillées et tout,

 

pour affronter les regards,

 

les attentes et les défis

 

de leur journée, leur avenir,

 

leur devenir.

 

Elles pensent et elles espèrent.

 

 

Prosaïque,

 

je regarde les derrières

 

charnus qui me charment,

 

elles sont trop mignonnes,

 

les femmes sont magiques.

 

Vendredi 26 mars 2010 – 9h09