08.05.2008
Lignes étrangères

Joyce Carol Oates by Brian J. Berman
Certains pensent que je suis un obsédé de la Woolfette.
Ma fille ainée me considère comme une sorte
d’universitaire faisant des recherches
dans l’autre monde,
dans un autre temps.
C’est vrai, j’avoue, je suis fou d’elle,
mais je regarde ailleurs.
Ces derniers temps,
j’ai acheté quelques livres :
L’obsédé de John Fowles chez Points,
Les Indiens d’Amérique du Nord d’Edward S. Curtis (Taschen),
La Grande époque de John Dos Passos (L’imaginaire),
Un rêve américain de Norman Mailer (Grasset),
L’habitude d’être de Flannery O’Connor (L’imaginaire),
La garden party de Katherine Mansfield (Stock),
Blue Angel de Francine Prose (Points),
La Séquestrée de Charlotte Perkins Gilman (Phébus),
La tache de Philip Roth (Folio),
Le défaut de Magdalena Tulli (Stock),
les cloches (Folio) et Un homme à catastrophes (Nrf) d’Iris Murdoch,
Journal de Mihail Sebastian (Stock),
Viol, une histoire d’amour de Joyce Carol Oates (Points)…
J’ai commandé des éditions introuvables en librairie :
Le faune de marbre / Un rameau vert de William Faulkner. Il s’agit d’un recueil de poésies édité chez Gallimard. A ma connaissance, Le faune de marbre est le premier livre publié par Faulkner en 1924.
Mariages et infidélités de Joyce Carol Oates. C’est son sixième livre traduit en français et publié en 1980 chez Stock
J’ai lu :
Hantises (Le livre de poche), Confessions d’un gang de filles et La fille tatouée de Joyce Carol Oates (Stock),
Sous le filet d’Iris Murdoch (Folio)
Siddhârta d’Hermann Hesse (Le livre de poche),
Le Faon de Magda Szabo (Viviane Hamy),
De Beaux lendemains de Russell Banks (Babel)
et actuellement je lis :
Déboire d’Augusten Burroughs (10/18).
Moralité, j’ai lu un chef d’œuvre : La fille tatouée
de l’américaine Joyce Carol Oates.
The Tatooed Girl a été publiée en 2003
par The Ontario Review, qui édite la plupart de ses livres,
la traduction française est sortie en 2006 chez Stock.
Bien sûr, Joyce Carol Oates qui enseigne la littérature
à Princeton (Bonjour Albert !)
est le plus grand écrivain vivant, aujourd’hui,
mais ça,
vous le savez déjà.
Jeudi 8 mai 2008 – 00h44
19:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
How ?

Comment écrire, sans train ?
Comment dire le tout et le rien ?
Plus de rails ni de ciel changeant,
et les panneaux et les poteaux
emmêlés de fils plus ou moins électriques
câbles noirs, torsadés ou lisses
souvent crasseux, presque abandonnés.
Oubliée la chevauchée fantastique,
en trois – quatre leçons, vers le célèbre
Terminal de Santo Lazaro ?
Cette galopade raillesque
qu’on pourrait prendre pour une galipade.
Cette course vers là-bas,
la ville qui nous attend
pour mieux nous avaler, nous digérer
dans le souterrain de ses entrailles,
le serrement de la foule
qui tangue, hésite et avance
dans le silence bruyant d’un matin ordinaire
bleuâtre, bleui de terne et grisâtre.
Pourtant La Seine était verte et bleue
comme une mer de bonne humeur.
Elle était haute et caressait les berges
de son clapot incessant
soulevé par la caresse du vent.
Le Sacré Cœur se trouvait toujours à gauche,
vous me direz : normal, c’est le cœur !
mais alors pourquoi la Tour Eiffel est-elle à droite ?
Doit-on la suspecter de Sarkosisme actif,
d’utiliser une position préférentielle
pour illuminer les hauteurs de Paris,
tandis qu’ailleurs, plus bas que ciel,
des bourgeois du dimanche déguisés en
castro-communistes, défilent sous la pluie…
Mais non, je n’ai pas fait exprès, il fallait bien
que ça tombe sur quelqu’un !
Jeudi 1er mal 2008 – 18h28
14:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Yeux rouges

Départ.
Aller / Retour.
On traine, on marche, on s’assoit,
on parle, on se lève.
Je déambule, je me rassois.
Les étudiants s’en vont,
le cours est fini.
Je range.
J’essuie le tableau avec la gomme à feutres.
Salutations sans courbettes.
Je glisse quelques papiers dans mon casier.
La porte est ouverte.
Dans la cour, dans la rue.
Je marche sans arrêt et sans remord.
Un mot pour La SDF de la Poste.
Une étape devant l’étal du soldeur
de livres, une manip. distraite ou compulsive.
Souvent il n’y a rien,
que du menu fretin franco-français,
du quasi-rien en somme.
La Seine brille au soleil,
le fleuve vert étincelle, papillonne.
Comme Chrystelle, l’autre jour,
si belle avec sa voix basse et sensuelle,
très douce ces derniers temps.
Je pense à vous les filles,
vous me manquez terriblement.
Des trains alignés avec les yeux rouges,
une irritation, la pollution certainement.
Le machiniste accélère, peut être qu’il croit
rouler dans l’autre sens, la Normandie,
toutes voiles dehors, la mer, vite précipitons
les armes et les bagages,
sans oublier le Cœur des femmes.
Si, si, j’insiste : jeunes, elles ont un cœur,
après, après… On ne sait pas !
Portique A3 – Portique A2.
Des inscriptions magiques,
totémiques ?
Jeudi 24 avril 2008 – On train à 13h24
00:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2008
Sawasdee Krub

Ma chatte Poucette
était malade hier,
une sorte d’indigestion.
Elle n’a pas du digérer le cochon.
Aujourd’hui, elle va mieux,
toute la famille respire.
Le dieu des chats
est le dieu de la maison.
On peut vivre sans dieu,
mais comment vivre sans chat ?
Comment exister sans un chat dans sa vie ?
Voilà un vrai mystère.
autant, on peut se passer de femme,
en tous cas certains le disent,
de femme permanente j’entends, bien sûr,
par contre, une maison sans chat !
Ce serait comme une nuit sans lune, non ?
La présence qui est toujours là,
même quand on ne la remarque pas.
Une étincelle de vie
qui surveille nos existences
qui veille sur nos âmes
tumultueuses et compliquées.
Le chat est zen par nature.
C’est le maître de la réflexion
car il pense sans penser,
il est sans être,
il ne meurt jamais.
Mardi 6 mai 2008 – 10h29
21:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Programme

On train again.
Que ça fait du bien
d’être de nouveau sur les rails,
bercé par le soleil qui joue avec les ombres.
J’ai pris des photos sur le quai,
mais je ne voyais rien dans l’écran,
c’est le problème du numérique,
on se retrouve dans le flou du sommeil.
Partir, marcher, une façon d’oublier
que la vie est une arnaqueuse
et que les femmes sont frileuses.
En plus, les premières chaleurs
du printemps, ça les rend dingues.
D’année en année, cela ne s’arrange pas.
Elles ne savent plus comment se dévêtir,
jusqu’où abandonner leur intimité,
pour jouer à faire envie.
Le jeu principal des femmes,
la séduction éternelle,
toujours pour la même chose,
le même programme qui repasse en boucle :
la Reproduction de l’espèce.
C’est une vie assez triviale,
que notre vie, non ?
Mardi 6 mai 2008 – 10h24
19:03 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
05.05.2008
Missionnaire

Pizza Paterson par Saul Leiter, 1952
On train. Mission accomplie.
Un maximum de plaisir,
un minimum de dépenses.
L’expo Saul Leiter, très bien,
surtout les photos en couleur,
véritables compositions picturales,
les clichés sous la neige sont fabuleux.
Ensuite, dans ma librairie préférée
j’ai juste commandé trois petits livres
de Virginia et acheté quatre, cinq
bouquins en solde de Simenon
et une jolie édition des Angéliques
d’Iris Murdoch, au Mercure de France.
Je suis tellement raisonnable que je n’ai
même pas acheté le livres des photos
de Leiter, il faut dire qu’il y avait la queue
et qu’il est en vente partout.
Il fait chaud et il fait froid, bizarro.
Toujours autant de monde dans ces trains,
à la limite, c’était plus calme in the tub.
Tiens, ça me fait penser au métro de New York
et à la Miss Subway, quelle drôle d’idée,
but…
Samedi 12 avril 2008 – 17h25
17:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.05.2008
Déficit

Comment écrire, après cela ?
Comment mugir, rugir, glapir ?
Mêler les larmes et le sang,
le vin et l’ordinaire,
et le sacré, c’est quoi au juste :
une petite image ridicule
ou un gros cierge blanc
qui fume ?
Pourquoi les choses les plus superficielles
sont-elles toujours considérées
comme les plus grandes ?
Alors qu’elles ne sont que des accès de vanité.
Construire une cathédrale, c’est bien,
mais donner à manger aux pauvres
ou leur construire un hôpital,
cela aurait été plus grandiose, non ?
A moins que déjà le déficit budgétaire,
déjà…
Vendredi 25 avril 2008 – 8h37
18:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.05.2008
Hero or euro

Mercredi dernier, j’ai eu un comportement
héroïque et donc, je m’admire…
En effet, j’ai réalisé des millions d’euros d’économie,
donc, à moi tout seul j’ai gagné
la bataille du pouvoir d’achat (juste le mien,
rassurez-vous, je vous ai laissé un peu de travail !).
Tout d’abord j’ai reçu d’Orange un bon d’achat
de 10 euros sur Alapage, je me suis donc
précipité sur l’Alpage orange et j’ai commandé
Les promenades européennes de Virginia Woolf
(Qui a dit : encore celle-là ?) éditées par
La Quinzaine Littéraire, en payant seulement
dix eurosses quatre vingt dix (le vingt, c’est celte
je crois, pas étonnant que ce soit un chiffre strange,
my dear.)
Ensuite, avec ma fille chanteuse
qui revenait tout juste de Slovénie,
(4 concerts, en 5 jours), nous avons vogué
vers la Librairie de mon cœur,
où encore plus héroïquement, en fait
c’est proprement dantesque…
car j’ai juste acheté Le blanc à lunettes,
un vieux Simenon de la NRF,
en solde à cinque eurosi.
Bon, bien sûr j’ai été (moralement) obligé
de commander trois tout petits Woolfi :
Les fruits étranges et brillants de l’art,
une biographie par Nigel Nicolson et un essai :
la Woolfette ou la dame sur le piédestal,
par Anne Bragance.
Nous sommes également revenus
avec un très joli recueil
des poèmes de Dylan Thomas
qui m’a donné envie d’avoir quinze ans,
moi aussi, pourquoi pas ?
Surement, dans une autre vie où je serai
tigre du Bengale ou chat du royaume de Siam !
Vendredi 2 mal 2008 – 8h40
19:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01.05.2008
Défaite

Ce matin j’ai été battu à la régulière,
par une femme (What else ?),
sur ma distance préférée,
le « 20 minutes » marche.
Elle était jeune et belle,
mais je n’ai même pas eu besoin
d’être galant.
Devant la poissonnerie,
elle a fait un double démarrage
et m’a laissé sur place.
C’est la vie de folie des hommes
dont la place est au milieu des oiseaux
et nulle part ailleurs…
Tu viens Virginia ?
Vendredi 25 avril 2008 – 8h31
19:46 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Iris

C’est marrant d’avoir trouvé
ce roman d’Iris Murdoch
car ce matin,
je pensais à elle,
la divine Iris.
A son talent si particulier
qui ne m’a pas convaincu sur le champ.
Je l’ai abordée par Les angéliques
et je l’ai trouvée énervante.
Son écriture est poétiquement stimulante
mais vitalement glauque.
Un peu comme un exercice de style,
trop ou pas assez quelque chose.
Et puis ensuite, je suis tombé
dans le charme irrésistible
de son talent fou,
avec La Mer
qui est vraiment un livre,
un moment, un espace,
impossible à oublier.
Même si son style est souvent
trop théâtral, à mon gout,
il y a quelque chose de terriblement
juste dans ce qu’elle écrit,
comme lorsqu’un artiste
trouve la faille,
entre l’équilibre et la folie.
Les trains ont une âme,
mais ont-ils un sexe ?
Jeudi 24 avril 2008 – 17h36
30.04.2008
Hot

J’ai chaud, trop couvert.
Ce soir, soleil, vacances,
femmes languides dans la lumière
et danseuses hypnotiques
au bord de la mer.
Bon, on peut rêver…
De toute façon, mes filles
sont très belles, souriantes et vivantes,
alors, « what else ? »,
comme disait l’autre, le clowné…
Appelez-moi Georges qu’il disait,
appelez-moi ne me laissez pas,
disait l’autre.
Ce matin, j’ai envie d’être biblique,
au milieu du désert,
je salue un chameau,
croise le regard d’un singe
qui joue avec une rose des sables,
et puis, la Vittel, l’Evian, l’Oasis enfin.
Tout se mélange, tout se démène,
tout se mêle et s’emmêle.
Même le train prend du roulis,
maintenant vous allez voir
qu’on va arriver sur la Seine, au rappel…
Etonnant, non ?
Vendredi 25 avril 2008 – 8h26
29.04.2008
Danger

On train again.
At Saint Lazare Station.
Danger !
Pour votre sécurité.
Il vous est interdit de…
Sortie
Rue de Londres
Rue de Rome
Toute une vie d’interdictions,
d’ouvertures de 6h30 à 20h30,
de permissions, d’autorisations.
Est-ce qu’on a le droit de respirer ?
Je ne sais pas, j’hésite.
Et puis je finis par prendre le risque…
Premier essai.
Aujourd’hui, je suis tombé dans un traquenard.
Un redoutable piège de trottoir.
Je suis passé devant mon bouquiniste préféré,
j’ai feuilleté, palpé et soupesé.
Héroïque, je m’en suis retourné.
Et puis voilà, qu’au dépourvu,
dans une toute petite rue
un modeste antiquaire s’est mis
à exposer quelques livres sur le trottoir.
Et puis, il y avait un gros volume
d’Iris Murdoch, dans la collection NRF,
Un homme à catastrophes, un peu jauni,
un peu d’occasion, mais pour trois euros,
que faire ? Que dire ? Comment se défendre ?
Argumenter pied à pied
et puis se laisser couler.
Finalement, se noyer comme ça dans les pages,
c’est pas mal, surement mieux
qu’un steak frites caoutchouteux.
Jeudi 24 avril 2008 – 17h30
22:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Pluie sans pluie

le T de Saul Leiter
Un jour de pluie sans pluie.
Les rails sont humides. Ca se sent.
Le chou-chou train glisse allégrement
plus léger des lycéens et des étudiants
en vacances, avec ou sans leurs profs.
Mais non, je n’ai pas dit :
« tous des communistes ! »
Moi, je n’aime pas Aimé Césaire.
Je sais, je n’aime pas
tous ceux que vous aimez.
Je suis un mauvais Français,
donc un bon citoyen.
Ou l’inverse.
Comme lui, je vais inventer
un nouveau concept : l’Américtude,
pour exprimer mon isolement,
le flétrissement de mon génie
par cette bande
de hollando-ségolènais.
Vive la Chine libre !
Et puis, une question à mille euros :
A quoi servent les jeux olympiques ?
Entre les jeux du cirque,
les jeux de gosses de riche
de monsieur le baron
et les jeux d’Adolf à Berlin,
Sans compter Moscou
et la secte du Lac Salé,
ça commence à faire
une montagne de saleté
et de bêtise à faire frémir
un dromadaire amoureux
qui écoute La lettre à Elise.
Lundi 21 avril 2008 – On train à 8h26
18:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Brouillard de mes rêves

a writer’s diary, édité par son mari Léonard Woolf dans leur propre maison d’édition, la Hogarth Press. L’illustration de la couverture est de sa sœur Vanessa Bell
Je suis revenu dans le train,
avec Virginia sur les genoux.
Une magnifique édition toute grise,
de Freshwater, chez « des femmes »,
une belle édition bleue de La Maison
de Carlyle au Mercure de France et enfin
le gros volume Le Pur et l’Impur édité par
les Presses Universitaires de Rennes,
ce sont les actes d’un colloque international
consacré à la Woolfette, avec une succulente
bibliographie extrêmement détaillée,
avec les éditions anglaises et les éditions
en français, un régal.
Trois tranches de bonheur absolu
complétées par un Cendrars en solde
L’homme foudroyé, trois euros,
je n’ai pas pu résister…
La BB 111 051 est toute belle,
seule et grise, avec quelques traits de rouge,
une loco qui attend, seule…
Est-ce le printemps des trains ?
D’être Woolfé comme ça,
dès le matin me donne faim.
Je n’ai pas dû manger ce matin,
c’est ça le truc.
Virginia, je t’aime.
Tu es la femme de ma vie,
le brouillard de mes rêves,
le linceul de mes nuits.
Bientôt les acacias, déjà les lilas.
Et puis les insectes par milliers,
les abeilles toujours sympa,
au travail sans relâche,
les fourmis qui fourmillent,
qui vont et qui viennent,
dans un cérémonial sans fin,
comme des trains, finalement.
On devrait embaucher plus de fourmis
à la SNCF, ça marcherait surement mieux,
cette chose…
Mercredi 16 avril 2008 – 11h25
15:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Allegro ma non troppo

Une odeur de steak haché
remplit le wagon.
C’est curieux, c’est… Comme ça.
Hier matin, un choc dans le train,
en partant « au bureau » : quelques sièges
devant moi, sur la gauche, côté fenêtre,
des cheveux noirs gonflés
par un col de manteau
et un mouvement de la main, et…
Mon cœur a accéléré,
ce qui n’est pas recommandé.
J’ai cru, j’ai espéré, j’ai rêvé
que c’était Elle,
la plus belle pretty woman du world
qui était là, tristement seule,
en marche vers un destin gris.
Elle s’est levée, plus tard,
elle était bellement maghrébée,
mais ce n’était pas Elle.
Qui sait si j’étais déçu
ou rassuré ?
Elle !
Mais où est-elle ?
Samedi 12 avril 2008 – 17h29
13:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.04.2008
C’était l’hiver

On the quai.
Du vent et du soleil.
Un teuf-teuf passe.
Sans arrêt.
C’est où la mer ?
Mon Antiopette Australienne,
perdue en mer.
Une fois, je l’ai aperçue,
elle n’était pas rentrée.
Naturalisée australe, Kangouroutée,
Antiopette 1ère, Reine des mers du Sud,
why not ?
Elle le mérite bien,
c’était la meilleure de notre monde.
Trois sœurs étranges,
au destin d’ailleurs.
Il faut bien être à moitié Irlandaise,
pour connaître le vertige
de la création soeuresque et familiale.
Sans oublier le frère,
le plus doué et le plus fou,
oublié Branwell Brontë.
Mes filles, mes déesses
sont trop mignonnes.
C’est marrant, de prendre le train,
comme ça, en milieu de journée,
à travers le soleil.
Tous les piliers sont tagués
et les murs décorés.
Certains graphistes ont plutôt du talent.
Un drôle de wagon, vide et sale.
Une bouteille de champagne vide
se roule par terre,
une guêpe se promène en l’air.
De quoi avons-nous l’air ?
8 février 2007 – 13h18
15:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Equation littéraire

Joyce Carol Oates by Mary Cross
Le mois file et le printemps qui se défile.
Une journée de soleil et de froidure.
Plus j’achète de livres
et moins je lis
mais plus j’écris :
Equation littéraire du troisième degré,
plus fort que la programmation linéaire.
En fait, en ce moment, je lis à petites doses,
je déguste des nouvelles de
Joyce Carol Oates,
recueillies sous le titre de Hantises.
C’est tellement bien, fort et vivant,
cette pureté dans l’expression
me rappelle forcément la Woolfette
qui était, bien sûr, plus à l’intérieur :
elle écrivait autant pour elle
que pour nous.
En fait, l’œuvre de Virginia, c’est sa vie.
C’est comme un immense journal
avec tout ce qu’il est possible d’écrire
puisqu’elle savait tout,
elle comprenait tout.
Bien que malade,
elle était la sagesse de l’Angleterre,
elle portait en elle la flamme de ce peuple
qui le conduit à se dresser jusqu’au ciel.
Virginia qui haïssait la guerre et les uniformes,
Virginia qui nous aimait tant,
nous ses frères.
Virginia, ma sœur
seras-tu ma mère ?
Jeudi 17 avril 2008 – On train à 13h27
12:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Rendez-vous

Nouveau rendez-vous
dans un quartier encore plus chic,
près de la place Victor Hugo.
Un quartier qui me ramène vers plein de souvenirs.
Des désirs et des plaisirs.
Il pleut presque, pas tout à fait.
Les trottoirs sont humides et noirs.
Un temps agréable pour travailler,
penser aux femmes aimées,
aux amours de ma vie,
de toujours.
Je vais dans une école,
donc je vais voir une femme.
L’éducation est dans les mains
des femmes, aujourd’hui.
Elles ont la patience, la tolérance,
la fermeté aussi.
Il leur manque parfois la générosité.
Mais elles ont du mal
à aimer les enfants des autres,
surtout les filles, c’est bizarre, non ?
Pour le reste, elles sont parfaites,
elles maitrisent tous les ressorts
de la communication
et leur intelligence, multitâches,
leur permet d’affronter brillamment
toutes les situations.
Les femmes, c’est bien !
Femmes, je vous aime.
L’expression est quelque peu triviale,
mais c’est vrai.
Je vous aime,
je vous embrasse
et je vous couvre de pensées.
Jeudi 1er aout 2006 – 9h05
11:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2008
Un autre été

Avenue Franklin Roosevelt.
Un rendez-vous dans un Paris touristique
et semi désertique.
Des femmes toujours aussi belles,
des démarches incroyables.
Quand elles ne frappent pas l’air
de leur poitrine invraisemblable,
ce sont les hanches qui les propulsent
comme des sirènes,
mouvements de grâce et de puissance.
L’inconnu de la vie.
L’interrogation de l’été.
Toujours, tous les étés,
on se retrouve,
à un moment ou à un autre,
pensif,
à la terrasse d’un café,
entre Juillet et Aout,
avec toujours des questions
auxquelles ce n’est pas le moment de répondre.
Tous les ans ça revient,
un peu comme la beauté des femmes bronzées,
les shorts, les mini-jupes et les nu-pieds.
Il faut en profiter.
Dans un mois, elles auront rangé
leurs corps de délices
et leurs déguisements
de poupées d’été.
Lundi 29 juillet 2006 – 16h10
05:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.04.2008
Le jour du soleil

Déjà on train.
Pourtant je ne travaille pas ce matin
mais j’ai rendez-vous
avec la femme de ma vie.
Ma commande Virginiesque
est arrivée à la Librairie Gallimard,
donc je courre, je traine, je vole.
Levé tôt ce matin.
Que c’est agréable d’écrire
comme ça, avec le soleil
qui nous tient la main,
qui regarde paresseusement
les mêmes détails, oiseaux
et feuilles qui volent, qui chantent.
Aujourd’hui, c’est le jour du soleil.
J’ai pris un nouveau carnet
qui en fait, est un vieux.
J’ai retrouvé un texte écrit en février,
Je vais le mettre en ligne,
il me plait trop,
une histoire de train et d’Antiopette…
La vie est belle aujourd’hui.
Elle est musicale aussi.
Ce soir M6 nous passe le docu sur Amy,
j’ai bien peur que ce soit le même que le DVD.
A la fin de la semaine, c’est un évènement :
mes filles vont se produire ensemble sur scène
pour la première fois.
C’est un grand jour pour Flora qui va accompagner
sa sœur à la basse.
Juste avant ou en même temps,
elle a un concert avec la chorale,
donc je ne sais pas comment elle va faire,
mais je ne m’en fais pas,
les femmes sont magiques,
c’est comme ça.
Je suis mélancolique car les étudiantes
de dernière année
ont bientôt fini les cours.
Je ne les reverrai plus qu’une fois.
C’est triste.
Elles étaient vraiment attachantes,
généreuses, gaies et courageuses.
Mercredi 16 avril 2008 – 10h25
23:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.04.2008
On the rails again

Snow par Saul Leiter, 1960
Je vais embrasser New York
vu par Saul Leiter.
Puis, j’ai prévu, en rentrant,
un léger détour par
la Librairie Gallimard.
Il suffit, comme dans les westerns,
de sauter d’une ligne à l’autre,
de la 13 à la 12 ou vice versa.
Toujours du vice.
Pendant longtemps, j’ai eu des éditions
ou des collections fétiches.
Il y a eu les Editions de Minuit,
avec leur splendide blancheur
et Marguerite Duras.
Egalement les Editions Julliard,
avec leur bandeau vert, un peu suranné,
le temps de Sagan.
Bien sûr, la NRF, magique,
grandiose et universelle,
et puis, toujours chez Gallimard,
la collection L’Imaginaire,
pas tant pour sa présentation
ni son impression parfois un peu économique,
mais pour la qualité exceptionnelle
des titres choisis.
Aujourd’hui…
Samedi 12 avril 2008 – 14h59
07:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.04.2008
Adory

En route pour l’Amérique.
On train, Soleil,
pavés an’ rails.
Avant de partir,
j’ai inspiré de longues minutes d’Amy,
le dvd de sa vie,
si plein d’émotions.
C’est dingue, quand je vois Amy,
même quand elle ne chante pas,
j’ai envie de pleurer de bonheur,
c’est fou.
J’espère que je pourrai la voir,
à Rock en Seine, cet été.
Même si j’ai horreur de ces trucs là,
plein de monde et tout,
quand même, ce serait géant,
de respirer le même air,
lumière de poussière
qu’Amy, Aimy, Adory Winehouse…
Samedi 12 avril 2008 – 14h56
23:59 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Et la Seine ?

Et la Seine, et les ponts
et les voitures ?
Encore et toujours
immobiles, bouchonnées.
Et les bateaux là-bas
qui m’attendent.
Des familles entières de trains
patientent, bien rangées,
des Corails et des banlieusards mélangés.
Ils dorment, mangent et digèrent.
Je crois qu’ils sont à l’étable
des signaux électroniques.
Le Sacré Cœur est gris aujourd’hui,
il doit être mal réveillé.
Pourtant ça brille,
le soleil est revenu,
même les tags sont en couleur,
la loco 116054 attend,
toute seule,
dans un parking isolé.
Peut être qu’un cavalier
va la prendre et l’enlever,
la faire danser.
Sa robe bleue et grise
à parements rouges,
bien ajustée,
elle nous regarde passer.
Elle…
8 février 2007 - 13h19
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22.04.2008
Une autre année

Dans la glace.
Très bel immeuble, glacé.
Elle me fait attendre pour la forme.
J’ai toujours quelque chose à faire,
même si je dois dire
Que leurs histoires d’entreprises,
ceci et cela,
ça me touche de moins en moins.
Finalement, c’est surtout de l’humain.
L’hôtesse drague en anglais,
avec une vraie voix de nouille, chaude.
Elle croit qu’on croit qu’elle travaille.
Je me suis installé au fond du salon de réception,
près de la grande fenêtre et du climatiseur.
La meilleure place.
Je partirais bien, mais ça ne se fait pas.
J’attends encore un peu.
Je ne suis pas pressé.
J’ai encore le temps,
des années à prendre,
à vivre et à aimer.
Hier, quelle bousculade royale et homérique,
quelle flamme et quel entrain.
Quelle explosion,
des flammes encore dans le cœur
et dans le corps.
Des flammes noires dans tes yeux,
toi qui as failli pleurer d’émotion
et moi avec toi, de ma folie.
Après tout, après, les nuages,
une jolie traîne dans le ciel.
Des fois des avions passent,
les oiseaux regardent.
J’observe les oiseaux, ils chantent,
je rigole avec eux, ils me parlent,
je les regarde.
Les plus belles,
ce sont toujours les Assistantes.
Les autres femmes,
dès qu’elles ont un certain statut,
il faut qu’elles s’habillent,
en chaste ou en mec,
style « rien qui dépasse »,
on range les seins et les cuisses.
On cache même les pieds. Quelle horreur !
C’est dur le travail.
Très dur.
Lundi 29 juillet – 16h33
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21.04.2008
Promesse

rôti de cochon confit au citron et romarin
recette pour six personnes
Ingrédients :
3 citrons confits
4 gousses d’ail
20 grammes de beurre
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1,2 kg de rôti de porc désossé dans l’échine
6 bulbes de fenouil
le jus de 2 citrons
4 branches de romarin
sel
poivre noir du moulin
Préparation :
Coupez les citrons confits en quartiers, épluchez et hachez l’ail. Faites chauffer le beurre avec l’huile dans une cocotte, mettez-y le rôti de porc à dorer sur toutes ses faces puis égouttez la viande.
A sa place faites revenir l’ail haché à feu doux pendant 5 minutes, puis remettez le rôti dans la cocotte.
Versez 15 cl d’eau et le jus de citron, ajoutez 2 branches de romarin effeuillées. Salez, poivrez, portez à ébullition. Au premier bouillon, réduisez le feu, ajoutez les quartiers de citron, couvrez la cocotte et laissez mijoter sur feu très doux pendant 1 heure 15 minutes.
Vingt minutes avant la fin de la cuisson du rôti, lavez les bulbes de fenouil et coupez-les en quatre.
Egouttez le rôti et coupez-le en tranches. Sur un plat de service, disposez la viande et les quartiers de citron confit, entourez avec les morceaux de fenouil et nappez de sauce de cuisson.
Décorez avec les 2 branches restantes de romarin et servez aussitôt.
Buon appetito
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